Chapter Text
Je me réveillai avec la sensation inhabituelle d’avoir passé une très bonne nuit. Mes membres lourds de sommeil étaient réchauffés par un agréable soleil et mes courbatures avaient disparu.
Il me fallut quelques secondes pour réaliser que ma joue reposait sur l’un des pectoraux du dragon. Son visage était paisible. Il semblait dormir encore.
Je sommeillai à moitié sur lui, étendu contre son flanc. Il me tenait d’un bras possessif, et j’avais passé l’une de mes jambes par-dessus les siennes. Le reste de mon corps épousait sa peau. Il était chaud et ferme contre moi, sa peau sentait le soleil et l’herbe humide.
Il avait repris cette forme quasiment humaine que je lui connaissais le mieux. Il n’avait plus d’ailes ni de queue, seulement ses cornes et quelques écailles brillantes sur ses épaules. Je les effleurai du bout des doigts. Le soleil du matin soulignait les vallons de ses muscles et de sa peau rosée. Cela me paraissait toujours aussi incroyable qu’une créature aussi parfaite puisse être attirée par mon corps abîmé.
Ma poitrine se gonfla d’émotion à cette idée. Je ne me pensais plus capable d’éprouver ce genre de sentiments. Je n’étais même pas vraiment certain de savoir ce que c’était. De la gratitude ? J’en ressentais, mais pas uniquement. Ce n’était sûrement pas ça qui guidait mes envies.
Je glissai ma main le long des muscles chauds de son ventre. Je me rappelai très bien de tout ce qu’il m’avait fait subir la veille. Chaque parcelle de mon corps était encore lourde de plaisir et de bien-être. Je me sentais grisé rien qu’en y repensant.
Son sexe était à moitié érigé contre sa cuisse. Je l’entourai de mes doigts pour le caresser lentement, jusqu’à ce qu’il durcisse contre ma paume. Le bassin du drakenide se souleva un bref instant. Je l’entendis pousser un long soupir ensommeillé et sa main effleura le creux de mes reins. Je redressai la tête pour plonger dans son regard brillant. Il avait ouvert les paupières, ses pupilles fendues dilatées par le plaisir.
Je raffermi l’étau de mes doigts autour de sa verge. Son érection était pleinement érigée désormais. Je le caressai avec plus d’insistance, sur toute la longueur de son membre.
J’avais envie de le sentir exploser dans ma bouche, mais j’avais trop mal à la mâchoire pour réitérer ce que j’avais fait la veille. Moins que je l’aurai cru, cependant.
J’emprisonnai son gland dans ma paume pour lui infliger une caresse plus lente et appuyée. Le drakenide gronda de plaisir. Deux de ses doigts glissèrent entre mes fesses pour appuyer contre mon entrée. Je me tendis d’anticipation, tressaillis quand il commença à me masser.
Ses doigts s’enfouirent en moi sans difficulté. Ils se frayèrent un chemin sans me causer de douleur et je sentis une onde de plaisir exploser dans mon bas ventre quand ils eurent trouvé ce qu’il cherchait.
C’était bon. Tellement bon que j’avais l’impression que je ne serais jamais repu. Avant de le rencontrer, je n’avais jamais réalisé que cette sensation purement physique m’avait à ce point manqué. Maintenant, chaque vague de plaisir qu’il provoquait était plus étourdissante que la précédente. Il massait sans répit cette zone sensible à l’intérieur de moi, submergeant mon corps d’une satisfaction continue.
J’avais du mal à me concentrer sur ce que je faisais. J’entendais le drakenide gronder de satisfaction. Son membre engorgé de sang et de désir pulsait contre ma paume.
Ce n’était pas encore assez. Je voulais le faire jouir. Mais la pression de ses doigts à l’intérieur de moi était trop irrésistible.
Je sentis l’orgasme monter comme une bouffée de chaleur irrépressible. Le plaisir enfla, s’intensifia, explosa et se rependit à travers mon corps comme un torrent de lave. Je m’entendis gémir contre son épaule. Je resserrai mes doigts autour de lui, son sexe tressaillit contre ma peau. Son torse se souleva comme en écho à la contraction de mes muscles.
Sa jouissance était presque aussi satisfaisante que la mienne.
Il me fallut quelques secondes pour retrouver mes esprits. Je restai étendu contre lui, savourant la sensation de plénitude qui m’avait envahi. Je le caressai plus doucement, les doigts poisseux de sa semence chaude. Il retira les siens pour mieux frôler mes reins.
Son sexe dur semblait encore plein de réserves. Je ne pouvais pas non plus ignorer mon propre état. Il venait de me donner un orgasme intense mais j’avais déjà envie d’en éprouver un second.
Non. C’était même pire que ça.
Je me redressai en prenant une grande inspiration, me hissait sur ses cuisses pour le chevaucher. Le drakenide me couvait d’un regard aussi amusé que gourmand. Son corps était brûlant entre mes cuisses.
J’avais une envie étourdissante de m’empaler sur lui. Je voulais le sentir s’enfoncer en moi, me fouiller jusqu’à satiété. Je voulais qu’il jouisse au plus profond de mon ventre et me remplisse de sa semence.
C’était terriblement frustrant. Un peu inquiétant aussi. Je n’avais jamais eu honte d’éprouver du désir, mais je n’avais pas l’impression d’en avoir déjà ressenti d’une façon aussi intense et débridée. Est-ce que c’était sa nature drakenide qui m’influençait ? Je n’en avais pas le sentiment. Je me sentais maitre de moi et de ma conscience, bien plus que je ne l’avais jamais été ces dernières années.
– Je sais à quoi tu penses, me dit-il d’une voix chaude. Sache qu’il n’y a rien qui me fasse plus envie, à moi aussi. Mais plus vite nous serons à Drakomaï, et plus vite je pourrais te le donner.
Il saisit ma main pour la nettoyer du bout de sa langue. C’était indécent, et je cru que cela ne faisait que présager beaucoup d’autres délices impudiques.
Mais non. Il me relâcha et ses mains se posèrent sur mes cuisses, bien trop sages. Je regrettai presque son appétit vorace de la veille et grommelait de frustration.
– Je ne pensais pas qu’un drakenide pouvait être si raisonnable.
Il rit alors que je m’étendais de nouveau contre lui.
– Les dragons maîtrisent bien mieux leurs pulsions que les hommes. Nous sommes à moitié fait de magie. Votre espèce aime se considérer comme quelques choses de différent, mais au fond, la seule chose qui vous distingue des autres animaux, c’est que vous êtes doués de raison.
Il tourna la tête vers moi pour m’adresser un sourire, le regard pétillant de malice.
– Et ma raison à moi me dicte de te ramener aussi vite que possible à Drakomaï pour que je te puisse te féconder.
J’appuyais ma joue contre ma paume pour me servir d’oreiller dans l’herbe tiède. J’avais appris de force à vivre avec ma frustration et à réfréner mes envies. Pourtant, le plaisir que m’avait donné le dragon rendait les choses difficiles. L’anticipation de ce qu’il me réservait l’était plus encore. Malgré sa nature, il semblait bien plus à l’aise que moi avec ses désirs.
– Vous n’avez jamais honte de vos pulsions ?
– Parfois, oui, dit-il en croisant les mains sur sa poitrine. Comme les humains peuvent avoir honte quand ils se laissent aller à leurs instincts primaires.
Je repensai avec une pointe d’amertume aux mercenaires de Goltar. À tout ce qu’ils avaient fait à Abremai.
– Tous les humains ne ressentent pas cette honte-là, dis-je d’une voix sombre.
– Tous les drakenides non plus, malheureusement.
Ses mots me firent repenser à Zmei et aux autres drakenides que j’avais rencontrés ce fameux soir. J’étais pressé d’atteindre Drakomaï et en même temps, je ne me sentais pas serein. J’ignorais encore ce qui m’attendrait vraiment une fois là-bas.
– On me laissera rentrer, maintenant ?
J’avais vaguement compris que l’eau de la source chaude avait servi à me purifier. Il avait pu défaire une partie de mon maléfice, mais je ne savais pas jusqu’à quel point.
Il m’adressa un sourire mystérieux, joua des épaules pour se retourner sur le ventre, se rapprochant de moi au passage.
– Oui. Regarde.
Il fouilla les brins d’herbes avant de soulever son index. Un petit insecte à la carapace rouge et bombée courrait sur le dos de son doigt.
– C’est une coccinelle, dis-je très sobrement.
Je ne voyais pas exactement où il voulait en revenir.
– Oui. Mais il n’y a pas qu’elle. Regarde autour de nous.
Perplexe, je me redressai sur les coudes pour observer les environs. Nous étions étendus au milieu d’une prairie d’herbe moelleuse, aux abords d’une forêt de sapin. Je distinguai non loin les rochers qui entouraient la source chaude. Le chant des oiseaux couvrait celui de la cascade. Un papillon blanc volait paresseusement au-dessus des herbes hautes.
Tout semblait normal.
Bien plus normal que tout ce que j’avais vécu depuis que je foulais le sol de Drakanea.
– Les animaux, réalisais-je soudain.
Les premiers que je voyais s’approcher de moi depuis des jours.
Ce n’étaient pas du dragon dont ils avaient eu peur. Ni du raffut causé par les mercenaires et leurs chevaux.
– C’était à cause de moi qu’ils ne s’approchaient pas ?
Le dragon s’étendit de nouveau sur le dos, chassant les brins d’herbes collés à sa peau.
– J’ai pu défaire la partie superficielle de ton sortilège. Il reste la partie la plus profonde, mais pour la plupart des êtres vivants, tu n’es plus une menace.
– Ils sentaient la magie noire à l’intérieur de moi, dis-je en touchant l’anneau d’acier de mon collier.
J’aurais dû m’en douter plus tôt. Il y avait tellement de choses étranges à Drakanea que je n’avais pas fait plus tôt ce rapprochement pourtant évident.
– La magie est une énergie brute, expliqua le dragon. Elle circule partout et en tout chose. C’est une source de vie. Ce qu’on appelle la magie noire, c’est ce qui est créé quand on utilise cette énergie pour nuire. Pour absorber et annihiler la vie.
Il saisit ma main pour me la faire poser à plat sur son torse. Je pouvais sentir la chaleur intense de sa peau, son cœur qui battait contre ma paume.
– Cette énergie qui réside en nous, nous l’appelons le cœur de feu. Ce serait difficile d’expliquer avec des mots en quoi cela consiste vraiment. C’est ce qui nous relie à Drakanea et à tout ce qui nous entoure.
Je savais déjà certaines de ces choses. D’autres, en revanche, étaient nouvelles.
– Vous pouvez le contrôler ? demandais-je en frissonnant.
– Oui. Bien-sûr. Tous les drakenides le peuvent.
C’était pour cela que je n’avais pas éprouvé la même sensation de chaleur au contact des autres drakenides. Lui, en revanche, avait tout de suite essayé de m’atteindre pour me faire entrer dans son monde.
– Tout ce qui vit à Drakanea interagit en permanence avec cette énergie. C’est pour cela que la magie noire n’est pas permise. Les êtres vivants sentent qu’elle est néfaste. Mais il y a un peu de mon essence en toi maintenant. Drakanea t’accepte.
Je m’assis en tailleur sans rien dire, troublé par ces mots. Je n’étais même pas certain d’en saisir toute la portée et pourtant, ils provoquaient en moi quelque chose d’inexplicable. C’était à la fois déroutant et réconfortant.
Le drakenide se redressa à son tour pour s’agenouiller près de moi. Il suivit avec intérêt les lignes de mon tatouage, les runes et les formes géométriques qui formaient des frises à l’encre noire sur le haut de mon bras droit. Tout comme le dessin tatoué sur mon dos, ce n’était pas la première fois qu’il l’observait. Il sembla sur le point de me poser une question mais se ravisa.
– Tu dois avoir faim. Si tu n’as pas assez de provisions, je peux aller chasser.
– Ça devrait aller, dis-je en secouant la tête. Mais vous n’avez rien mangé depuis hier après-midi.
Il esquissa un autre de ses mystérieux sourires.
– L’énergie de la source me suffit pour l’instant. Les drakenides sont faits de chairs autant que de magie. Nous n’avons pas besoin de manger beaucoup.
Je n’avais pas particulièrement faim non plus, à vrai dire. Je dépliai tout mon corps engourdi avant de m’étirer longuement. Mes affaires gisaient près de nous. J’attrapai mon sac pour en tirer mes vivres et ma gourde. J’en profitai aussi pour renouer autour de mes hanches la bande de tissu que j’avais arraché de ma cape. Comme la veille, je pouvais sentir le regard désapprobateur du drakenide posé sur moi.
– Ce n’est pas de la pudeur, dis-je en passant l’étoffe en travers de mes cuisses. C’est du confort. Personne ne porte de vêtements à Drakomaï ?
– Si, admit-il à contrecœur. Pour l’esthétique.
Il me dévisagea de haut en bas, le regard pétillant.
– Il faut que je réfléchisse à ce que je te ferai porter quand nous serons là-bas. J’aime trop te voir nu.
– J’avais compris, oui, répondis-je d’un ton plat.
Le bleu sur mon ventre, dû au coup de queue d’un autre dragon, avait pratiquement disparu. De même que la plupart de mes égratignures. Je supposai que c’était l’un des pouvoirs de la source magique.
Je terminai mes toutes dernières provisions humaines sous ses yeux rieurs. Je n’avais plus rien à ranger dans ma besace et me posai soudain la question de son utilité. Elle ne me servirait à rien à Drakomaï. Pire, c’était les mercenaires qui me l’avaient donné. J’en renversai tout le maigre contenu avant de l’enterrer sous des rochers. Quand je revins près du Drakenide, il s’était mis debout pour m’attendre.
– Tu es prêt à partir ?
– Oui, si vous l’êtes aussi.
– Seulement si tu arrêtes de me vouvoyer.
Il tendit sa main vers moi. Je la saisis sans hésiter. Je supposai qu’il n’avait pas besoin de me marquer après tout ce que nous avions fait la veille, mais son contact restait troublant.
– Mon nom est Ataeklios Skarana.
Un long frisson dévala ma colonne vertébrale.
– Mais toi, tu peux m’appeler Ataek.
Son regard me transperçait, plus brûlant que le soleil. Je ne m’attendais pas à ça.
– Répète-le, dit-il en me serrant tout contre lui. Je veux l’entendre dans ta bouche.
Il effleura mes lèvres de l’un de ses pouces griffus. Son corps changeait déjà. Ses ailes se déployèrent, immenses et magnifiques.
– Ataek, soufflais-je avec l’impression de transgresser un interdit.
Il me sourit. Un grondement satisfait s’échappa de sa gorge.
– Il me tarde de t’entendre gémir mon nom.
Le drakenide souleva ma main pour embrasser mes doigts. Puis il me relâcha, et s’écarta pour reprendre sa forme de dragon.
Il me fallut de longues secondes avant de parvenir à me reprendre. Il ne fit aucun commentaire et me laissa m’installer sur lui avant de s’envoler. La frayeur des premières secondes chassa bien vite le trouble qui m’habitait.
Comme la veille, il resta à basse altitude, survolant le sommet des collines.
– Les autres drakenides m’appelleront Skarana. C’est un ancien terme qui veut dire « interprète ». C’est le titre que je me suis donné, et ma fonction à Drakomaï.
Sa voix rauque me parvenait à travers le sifflement du vent.
– J’aimerais progresser dans votre langue, avouais-je en me penchant sur lui. Je voudrais la parler aussi bien que je la comprends.
– Alors à partir de maintenant, je ne te parlerai qu’en drakenide, dit-il en s’exécutant d’une voix plus chantante.
Il avait repris la direction de Drakein et des hautes montagnes qui entouraient le volcan. Je dus chercher les mots dans ma tête avant de réussir à exprimer ce que je voulais.
– Est-ce que je dois dire dragon, ou drakenide ?
– Pour nous, c’est la même chose. Que je t’appelle « humain » ou « homme », cela ne change pas ce que tu es. D’ailleurs, il y aura aussi beaucoup d’humains qui ne parleront pas ta langue. Drakomaï est la cité des guerriers. Nous y conduisons tous ceux qui franchissent nos frontières, et elles sont vastes.
– Les chevaliers d’Ashkelon devaient y aller seul, soufflais-je après une longue hésitation.
– Je sais. Je comprends tes regrets.
Il tourna sa large tête un bref instant pour m’adresser un regard. Je pouvais sentir la chaleur de ses yeux d’ambres.
– Mais si ça peut te consoler, très peu d’humains le font. Vous étiez les plus proches de Drakomaï. Peut-être aussi les plus aguerris pour faire un tel périple. Mais pour beaucoup d’humains, le voyage serait bien trop long, et nous ne laissons jamais des étrangers fouler seul plus de quelques jours le sol de Drakanea.
J’imaginai qu’il y avait beaucoup de choses à dire sur ces nombreux voyages, et autant d’informations que j’ignorai sur la terre des dragons. Elles étaient pour l’instant trop loin de mes préoccupations.
Je n’étais pas encore certain de ce qui m’attendait réellement là-bas.
La nature sauvage avait repris ses droits autour de nous. J’apercevais maintenant le gibier qui vivait dans les plaines et les forêts. Il ne fuyait qu’au tout dernier moment, affolé par l’ombre gigantesque du dragon qui rasait les bois. Les oiseaux volaient bien plus près de nous. Mais ce ne fut qu’une fois rapproché de la silhouette du volcan de Drakein que je distinguai d’autres ombres noires fendre l’azur.
C’était la première fois depuis mon arrivée que je voyais des dragons dans le ciel de Drakanea. Ils étaient très loin de nous mais leurs formes ne laissaient aucun doute. Ataek les ignora. Aucun d’entre eux ne s’approcha non plus.
– Nous arrivons, rugit la voix calme du drakenide.
Je distinguai les contours de la caldeira devant nous, un anneau de de roches grises recouvert de forêts. Les eaux calmes d’un grand lac scintillaient au centre de l’ancien cratère.
Les battements de mon cœur s’étaient emballés. J’avais attendu cet instant la moitié de ma vie durant.
Ataek vola vers une falaise à l’extérieur de la caldeira. Au milieu des arbres, je distinguai un grand disque clair bâti sur un promontoire rocheux. Le dragon atterri souplement sur l’esplanade pavée.
– Bienvenue à Drakomaï, dit-il en courbant l’échine.
Je me laissai glisser le long de son dos, la gorge nouée. Les dalles formaient des motifs géométriques sur le sol. La falaise s’ouvrait sur une énorme cavité décorée d’ornements sculptés. Deux grandes statues de pierre en gardaient l’entrée, un homme et une femme aux proportions parfaites. Leurs visages avaient été poli par le temps, leur offrant une expression aussi calme que solennelle. Ils tendaient chacun un bras accueillant en direction de l’esplanade. Vers moi.
– Suis-moi, m’invita Ataek en me devançant.
Sa longue queue frôla brièvement mes jambes. Il ne reprit pas forme humaine, les ailes plaquées contre ses flancs. Il avança d’un pas calme pour que je puisse marcher à sa hauteur.
Un dragon d’argent déploya son long corps hors de l’entrée. Il était aussi grand qu’Ataek et de longues épines brillantes jaillissaient de sa tête allongée. Coincé entre les deux immenses créatures, je me sentais soudain aussi petit que fragile.
– Skarana, dit-il en s’inclinant. C’est un plaisir de te revoir.
– Un plaisir partagé, Agisken, répondit Ataek en rendant le salut.
Je savais ce que ce nom signifiait. Ce dragon était un gardien. Je me figeai.
J’avais l’impression que mon collier s’était resserré jusqu’à m’étouffer. J’étais pris à la gorge par un sentiment de panique aussi soudain qu’incontrôlable. Si le drakenide percevait la magie noire qui me souillait, il pouvait me refuser d’entrer.
Le dragon d’argent posa sur moi son regard de mercure liquide. Il me scruta de haut en bas. La chaleur d’Ataek, qui m’enveloppait constamment, sembla augmenter de quelques degrés.
Le gardien s’inclina de nouveau et s’écarta pour nous laisser passer.
Je pris une grande inspiration. L’air envahi de nouveau mes poumons, chassa l’angoisse qui m’avait brièvement submergé.
Ataek inclina la tête devant son congénère avant de me pousser des naseaux.
Nous franchîmes ensemble le portail de Drakomaï.
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