Chapter10:Repas

Notes:

Bonjour ! Après une petite pause estivale, comme l'histoire a malheureusement été supprimée par Wattpad, je vais reprendre les mises à jour ici et sur fictionpress. Bonne lecture !

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Chapter Text

J’enviais le calme de Nerei.

Il ouvrait la voie pour Soren d’une démarche tranquille, alors que je me sentais fébrile rien qu’en les voyants marcher devant moi. Je n’en attendais pas moins d’Amakiroï, le gouverneur de Drakomaï. C’était bien pour cette raison qu’il occupait cette fonction.

Je n’étais pas capable de la même retenue.

Soren était resté très silencieux depuis notre arrivée à Drakomaï. J’ignorai ce qu’il avait éprouvé en pénétrant dans le temple des guerriers. Je ne pouvais que supposer ce qu’il avait ressenti en apprenant pour Nerei et moi. Tout ça me rendait fou. J’avais envie d’attraper sa nuque, d’enfouir mon visage contre son cou maintenant qu’il ne portait plus cet affreux collier suant de magie noire.

Je saisis doucement les doigts de Soren pour le retenir un peu et le garder près de moi. Le savoir enveloppé de l’aura de mon cœur de feu ne me suffisait pas, j’avais besoin de le toucher pour ne pas perdre mon calme.

– Je te demande pardon. J’aurais dû te parler de tout cela plus tôt.

Parce que je comprenais si bien leurs langues, j’oubliais parfois que je ne pensais pas de la même manière que les humains. Ils avaient des préoccupations distinctes de celles des drakenides. Une façon différente de nouer des relations.

Soren s’immobilisa sur les marches.

– Ça me rend furieux, mais Nerei a raison. Tu es libre de faire tes propres choix. J’accepterai la moindre de tes décisions. Une fois libéré de ton maléfice, tu pourras choisir qui tu souhaites. Lui, moi, nous deux ou quelqu’un d’autre. Je veux t’en faire dès maintenant la promesse.

Je me sentais nerveux, suspendu aux lèvres de Soren. J’avais déjà frôlé trop de fois la limite de son consentement. Je savais pourtant qu’hors de Drakomaï, c’était une chose à laquelle nous devions faire attention. Il avait le droit de m’en vouloir. Il pouvait aussi choisir de me repousser. Il y avait désormais quelqu’un qui pouvait le protéger de moi.

Soren entremêla ses doigts aux miens.

– Je croyais que tu m’avais ramené ici pour que je devienne ton esclave ?

Un grondement satisfait monta de ma gorge. Autant à cause de son discret sourire que du fait qu’il m’avait enfin tutoyé.

– C’est toujours mon intention, lui assurai-je. Mais je ne me pardonnerai pas de t’y avoir forcé d’une manière ou d’une autre.

Nerei nous couvait d’un regard intense. Je pouvais percevoir sa fierté, autant que son envie.

– Nous avons une conception différente de ce que vous appelez esclavage, dit-il en reprenant la marche.

Il nous conduisait à travers les coursives et les escaliers dérobés de Drakomaï, des galeries creusées dans la roche que l’on ne pouvait emprunter que sous apparence humaine. Je connaissais par cœur le chemin qui menait à ses appartements.

– Les humains ont toujours le choix, esclaves ou non. Ils sont appelés ainsi parce qu’une fois fécondés par un dragon, ils n’ont plus le droit de quitter Drakomaï jusqu’au terme de la reproduction. Ce qu’ils portent en eux est trop précieux.

Des cristaux s’allumaient à notre passage, réagissant à notre magie. Leur lueur réveillait les reliefs et les couleurs des décorations qui ornaient les murs.

– Ils ne sont pas à votre service ? demanda prudemment Soren.

– Pas au sens où tu l’entends.

Je n’avais pas lâché ses doigts, toujours entremêlés aux miens.

– Durant tout le temps qu’ils passent ici, qu’on le veuille ou non, les guerriers sont tributaires des drakenides, dis-je en caressant la paume de sa main. Mais c’est ici que s’arrête la ressemblance avec l’esclavage que tu as connus.

Je le sentis frémir.

– Il y a autre chose, continua Nerei. Nous accueillons ici des hommes et des femmes venus de toutes les contrées, mais ce sont tous des guerriers. Beaucoup d’entre eux ont déjà combattu et tué. Ils viennent ici pour devenir plus fort. Leur demander de devenir esclave est aussi une façon de s’assurer de leur humilité. Par orgueil, beaucoup renoncent à ce que nous pouvons leur offrir.

– Ne se rendent ici que ceux qui ont une pleine conscience de ce qui les attend, ajoutai-je en acquiescant.

Je pensais aussitôt aux mercenaires qui avaient exploité Soren. Des individus comme eux se tenaient à l’écart de Drakanea. Ils n’étaient pas prêts à faire ce genre de sacrifices, et c’était tant mieux.

– Il n’y en a jamais qui changent d’avis ? demanda Soren après un instant de silence.

– Les très rares guerriers qui renoncent le font dès leur arrivée à Drakomaï. Ensuite, il faut plusieurs mois avant d’être fécondé. Ceux qui hésitent ou ont des scrupules ont le temps de revenir sur leur décision. Ils sont reconduits aux frontières de Drakanea dès qu’ils en émettent le souhait.

Je me retins à la dernière seconde d’ajouter qu’il pourrait bientôt faire ce choix lui aussi. Son royaume n’existait plus. Il n’avait plus nulle part où aller.

Je ressentis plus violemment l’urgence de le toucher. Je voulais qu’il soit débarrassé de son maléfice, lui faire passionnément l’amour, l’emmener découvrir tout ce que Drakanea avait à lui offrir.

Je voulais tout, tout de suite, dévoré par l'impatience. Mais il ne servait à rien de se précipiter. Il fallait prendre les choses dans l'ordre.

La grande porte d’obsidienne et d’or vibra à notre approche.

Retrouver l'odeur familière des appartements de Nerei m'apaisa. Le soleil jouait avec les nombreux voiles accrochés dans la pièce. Une brise agréable les souleva, emportant avec elle les multiples parfums de la caldeira. Je me sentais chez moi.

En notre absence, Melites avait déjà apporté à manger. De la volaille et du poisson grillé, quantité de fruits et de légumes sauvages.

Mon estomac, resté tranquille depuis des jours, se mit à gargouiller. Cela fit rire Nerei qui s'assit le premier derrière la grosse pierre sculptée qui lui servait de table. Soren nous rejoignit en dernier, intimidé. Il s'agenouilla avec nous sur le sol couvert de tapis et de coussins.

Melites souleva un rideau pour apporter une carafe de cristal qu’il déposa devant nous.

– Je te remercie, Meli. Je n'aurais plus besoin de toi aujourd'hui. Si quelqu’un me demande, répond que j’ai à faire jusqu’à demain.

– À votre service, Kiroï, salua le jeune dragon.

Il s’inclina et disparut sous le regard intrigué de Soren. Je devinai ce qui piquait sa curiosité

– Melites n’est pas un domestique, expliquai-je en arrachant une cuisse pour la dévorer. C’est un juvénile.

– Il est rattaché à mon service, ajouta Nerei. Tu peux t’adresser à lui si tu as besoin de quelque chose.

– Un juvénile ? demanda Soren en osant se servir une généreuse part de poisson.

– Drakomaï n’est pas que le lieu destiné à la reproduction. La plupart de nos enfants grandissent dans la caldeira. Quand ils entrent dans l’âge adulte, les jeunes drakenides passent quelques temps au service de leurs ainés et des esclaves humains. Ils apprennent à prendre soin d’eux-mêmes autant qu’à s’occuper des autres.

Nerei picorait plus qu’il ne mangeait. Pour ma part, je dévorai ma nourriture avec appétit. Soren aussi ne se retenait pas. Cela devait faire des jours qu’il n’avait pas mangé autre chose que ses maigres rations de voyage ou des restes laissés par les mercenaires.

J’appréciais cette gourmandise. Cela signifiait qu’il se sentait à l’aise en notre présence.

– Nous sommes une espèce solitaire, continua Nerei. Il y a peu de villes à Drakanea. Certains des jeunes qui quittent Drakomaï n’y reviendront plus jamais. Avant de les laisser partir, nous devons être certains qu’ils sont capables de se débrouiller seul. Chasser, voler, vivre comme un dragon, cela s’apprend vite. Mais vivre au contact des humains, c’est plus difficile.

– Tous les drakenides ne reviennent pas ici pour se reproduire ?

– Nous sommes comme les humains, répondis-je en nous servant à boire à tous les trois. Certains d’entre nous ne sont attirés ni par le sexe, ni par la reproduction.

– Tandis que d’autres éprouvent très violemment cet instinct, ajouta Nerei en me dévisageant.

Je lui adressai un regard ardent.

– Nous n’avons pas tous ta réserve, Kiroï.

– Cesse de m’appeler ainsi, gronda-t-il immédiatement.

Je savais très bien que cela l’excitait. C’était bien pour cela que je continuai.

Indifférent à notre dispute, Soren buvait un grand verre d’eau fraîche. Comme dans la salle du trône, il tâchait de se rendre invisible, vacant à ses propres occupations comme s’il n’était pas là avec nous. Il était pourtant bien trop précieux à nos yeux pour que nous puissions l’ignorer longtemps.

– J’imagine que tu dois te poser beaucoup de questions, reprit Nerei d’un ton plus calme. Y a-t-il d‘autres choses que tu voudrais nous demander ?

– Je ne suis pas sûr de comprendre comment fonctionnent vos noms, répondit Soren après un temps d’hésitation.

J’approuvai d’un signe de tête. C’était une question récurrente de la part des humains une fois qu’ils commençaient à fréquenter intimement les dragons.

– Nous avons l’usage de porter deux noms. Notre nom de naissance, donné par nos parents, et notre titre, que nous choisissons une fois adulte. Il peut nous arriver d’en changer au fil des ans, mais une fois adulte et indépendant, notre nom de naissance est réservé à nos proches.

– Donc, Melites… ? dit-il en hochant la tête.

– Oui. C’est un juvénile, il ne s’est pas encore choisi de titre.

Il n’avait pas encore quitté les murs de Drakomaï, c’était trop tôt pour savoir quelle orientation il souhaitait donner à sa vie. Moi, j’avais toujours su ce que je voulais en faire. Je m’étais baptisé très vite.

– Dans tous les cas, nous utilisons notre nom complet de façon formelle. Employer un diminutif est une façon de marquer la proximité ou la familiarité.

– Ou l’insulte, ajouta Nerei. Il faut être prudent quand on s’adresse à un dragon. Mais tu dois déjà le savoir.

Soren hocha la tête. Je me doutais qu’il devait avoir reçu quelques notions floues de notre étiquette. Il avait entendu Zmei m’appeler Skara lorsque nous avions quitté le campement des mercenaires. Pourtant, il s’était bien gardé de m’appeler ainsi avant que je ne lui dise moi-même comment je souhaitais qu’il m’appelle.

– Ce n’est pas qu’une question de politesse, ajoutai-je en adressant une œillade moqueuse à Nerei. Certains d’entre nous sont très excités par la façon dont on les appelle. N’est-ce pas, Amakiroï ?

L’intéressé gronda, le regard brûlant. La chaleur de son cœur de feu attisa volontairement la mienne. Je savais qu’à ce jeu-là, je ne pouvais pas gagner contre lui. Ça ne m’empêchait pas d’adorer le provoquer.

– Tais-toi et mange, m’ordonna-t-il sans cacher son amusement. Ce n’est pas le moment.

J’abdiquai de bonne grâce. Au fil de la conversation, nous avions dévoré presque toute la volaille et le poisson. Soren picorait des cerises avec une gourmandise poliment contenue. Cela me rappela des souvenirs de la veille et de ces mêmes fruits que nous avions grignotés au bord d’un ruisseau.

Il s’était écoulé peu de temps depuis ma rencontre avec Soren. Je me sentais moins impatient maintenant que nous étions à l’intérieur de Drakomaï et surtout, en compagnie de Nerei. Du moins, aussi longtemps que j’arrivais à ne pas repenser à ce que j’avais vu tout à l’heure.

À l’humain quasiment nu sur les genoux de mon compagnon, aussi réactif qu’excité par ses caresses.

Je n’avais plus besoin de me retenir à présent.

Nerei nous fit passer des serviettes imbibées de citron et d’eau chaude pour nous rincer les doigts. Je profitai que Soren soit occupé pour me glisser contre lui et caresser sa gorge, me gorgeant de ses frissons. Sa peau était encore un peu irritée à l’endroit où le collier l’avait serré. Je réalisai que ce n’était pas l’objet en lui-même qui m’avait dérangé, mais le fait qu’il soit imbibé de magie noire et la symbolique qu’il représentait. Je me demandai si Soren accepterait d’en porter à nouveau si j’en trouvais un à sa convenance.

– Je crois qu’il est temps de briser ce sortilège.

Nerei se rapprocha lui aussi. Je sentis Soren se tendre, peut-être inconsciemment.

– Tu nous as interrompus pendant que je m’en occupais.

Je grognai pour toute réponse.

– Je dois encore l’observer, continua Nerei en retrouvant son sérieux. Et comme je te l’ai dit tout à l’heure, Soren, j’ai besoin que tu sois excité.

Je grondai de nouveau, de satisfaction cette fois, et hissai d’autorité l’humain sur mes cuisses. J’enfouis mon visage contre sa gorge pour embrasser sa peau, l’aspirant jusqu’à la marquer. Il enfonça ses doigts dans mes épaules.

– Je ne vais pas me plaindre, l’entendis-je avouer dans un souffle.

– Ce sera sûrement la partie la plus agréable, en effet, répondit Nerei d’une voix amusée.

Je parcourus sa gorge de baisers, ponctuant ma route de suçons qui le faisaient immanquablement tressaillir. J’aurais voulu le toucher et le faire jouir dans ma main mais je ne pouvais rien faire d’autre tant que le maléfice n’était pas levé. Je caressai ses flancs en me gorgeant des frissons qui traversaient sa peau. Nerei avait posé les doigts sur son dos pour sentir les flux de magie noire s’éveiller dans son corps. Il avait une perception bien plus accrue que la mienne pour ces choses-là.

Je sentis l’une des mains de Soren se décrocher de mon épaule pour glisser entre nos torses. Je la saisis avant qu’elle ne puisse descendre trop bas, pour l’obliger à la replacer contre ma nuque.

– Non, grondai-je contre sa gorge. Juste toi. Sinon, je ne pourrais pas me retenir.

Il souffla de frustration. Je partageai son sentiment, mais je devais écouter la voix de la raison. Je n’étais capable de me contrôler que parce que nous étions à Drakomaï. Sinon, j’aurais de nouveau ressenti le besoin urgent de le marquer et de l’imprégner de mon essence. Je sentais la magie de Nerei se répandre à travers lui, frôler parfois la mienne sans venir à mon contact. Il devait rester concentré. Ce n’était pas mon cas.

Les soupirs de Soren étaient un délice à mes oreilles. Je suçotai l’un de ses tétons jusqu’à le faire durcir contre ma langue, m’attaquai au second avec la même dévotion. Il était sensible à cet endroit, malgré tout ce qu’il avait dû vivre. Je trouvais cela adorable. Cela me donnait envie de découvrir la moindre de ses faiblesses.

– J’ai tellement hâte de te faire jouir, Soren.

Sa respiration s’accéléra contre mon oreille. Les mots non plus ne le laissaient pas indifférent. Je suçotai le lobe de son oreille, faisant rouler ses mamelons durs entre mes doigts.

– Tu as visité le Naos. Raconte-moi. Dis-moi ce que tu as pensé du temple des guerriers.

Nerei lui avait déjà posé la question mais j’avais envie de l’entendre y répondre à nouveau. De l’entendre me répondre à moi.

Une bosse soulevait le tissu de son sous-vêtement. Cette vision était si érotique que pour une fois, je ne regrettai pas qu’il ne soit pas complètement nu.

– C’était… différent de ce que j’avais imaginé, souffla-t-il d’une voix plus rauque.

Je vis Nerei esquisser un sourire par-dessus son épaule.

– Tu aurais été bien plus intéressé si Ataek avait été là-bas avec toi, n’est-ce pas ?

Le contact de ses paumes sur ses reins ne laissait pas Soren indifférent, je pouvais le sentir à travers les réactions de son corps. La peau de l’humain avait un léger goût de sel. Je redessinai de ma langue les sillons des muscles fermes de son torse. Il me regardait par en dessous, et je pouvais voir le désir que cette vision réveillait en lui.

– Peut-être, avoua-t-il à voix basse.

J’empoignai ses fesses pour les pétrir avec avidité.

– Nous pourrons bientôt y aller, dis-je contre sa peau. Nous t’y emmènerons tous les deux. J’adorerai voir Kiroï te faire l’amour sur son trône.

Un soubresaut de désir souleva son torse. J’entendis Nerei gronder, aussi excité que nous par cette idée. Le fait que Soren ne soit pas réticent à l’idée d’être partagé m’enthousiasmait dangereusement.

Quelques gouttes de plaisir avaient perlé de l’extrémité de son membre. Suffisamment pour rendre humide le tissu qui le couvrait. À cet endroit, l’étoffe était devenue transparente et laissait deviner les contours de son sexe épais.

Je grondai de désir à cette vue. J’avais envie de l’engloutir tout entier.

Je croisai pourtant le regard concerné de Nerei par-dessus son épaule.

– Fais le jouir, s’il te plait, dit-il d’un ton étonnement concentré pour une telle proposition.

La demande m’embrasa autant que Soren, me faisant ignorer l’inquiétude fugace que son air sérieux avait réveillé.

Nerei caressa les flancs de Soren pour mieux le dérober à mon étreinte et le percher sur ses propres jambes. Passer d’un dragon à l’autre provoqua quelques secondes d’étonnement, mais l’humain laissa bientôt aller son dos contre le torse de Nerei. Aussi docile que fébrile, il le laissa lui écarter les cuisses et dénouer lentement la bande de tissu qui lui ceignait les hanches. Soren se retrouva nu et offert à ma vue, abandonné contre le corps de mon compagnon qui l’avait dénudé pour moi, les jambes largement ouvertes.

Un volcan menaça d’entrer en éruption dans mon aine. Si la chaleur de l’aura de Nerei n’avait pas contenu la mienne, complice et rassurante, j’aurais sûrement perdu le contrôle. Je me serai enfoui entre les reins de l’humain d’une seule poussée.

Je m’agenouillai devant eux en me léchant les lèvres. Sous la verge tendue de Soren, ses testicules s’étaient contracté de plaisir. L’anneau rose de ses muscles était comme une invitation et tressaillit délicieusement contre ma langue. Je saisis la chair tendre de ses cuisses pour mieux le taquiner. Nerei, les mains plaquées sur son bas ventre, gronda à son tour en dépit de toute sa concentration. J’imaginais que cette vue ne le laissait pas non plus indifférent.

J’humidifiai longuement le délicat anneau de muscle, l’assouplissant du bout de ma langue. Je savais que Soren se laissait facilement pénétrer mais j’avais envie de le faire languir. Il haletait à présent, les muscles tendus. Il avait laissé aller sa nuque contre l’épaule de Nerei, qui nous dévorait des yeux. Je leur rendis à tous les deux un regard brûlant avant d’enfouir ma langue entre ses chairs frémissantes. C’était un délice de le sentir tressaillir à chacun de mes mouvements. Un grondement de désir vibra dans ma gorge quand je l’entendis enfin gémir. Il était sur le point de prononcer mon nom, j’en étais certain. Il s’abstint de justesse, peut-être conscient que s’il faisait ça maintenant, je ne répondrai plus de mes actes.

Je le léchai jusqu’à le laisser essoufflé et tremblant. Puis, rétractant mes griffes, j’enfonçai doucement mes doigts à l’intérieur de lui. Je ne rencontrai aucune résistante. Quand je frôlai sa prostate, il se contracta autour de moi, les chairs humides et frémissantes, impatient de recevoir le plaisir que j’allais lui donner.

De mon autre main, je lui fis passer les bras autour de mes épaules, me rapprochant d’eux pour l’emprisonner entre nos deux corps. Je laissai de nouveau la marque brune d’un suçon sur la peau brûlante de son cou. Puis je le conduisis à l’orgasme en le massant avec une redoutable précision. Je vis les ondes de plaisir soulever son torse, l’orage menacer dans ses yeux gris. Submergé par notre chaleur autant que par le plaisir, il se tendit comme la corde d’un arc et jouit sans retenir un gémissement de pure volupté.

Un grognement sourd, presque un ronronnement, vibrait dans nos gorges de drakenide. C’était aussi délicieux que frustrant. Son corps, aussi masculin que malmené par tout ce qu’il avait vécu, succombait pourtant au plaisir avec un abandon inattendu. J’aurais aimé lui offrir bien plus. Son maléfice limitait cruellement mes envies.

Nerei caressa doucement son torse pour l’aider à reprendre ses esprits.

– Tu as été magnifique, souffla Nerei. Vous l’avez été tous les deux. Mais tu as besoin de repos maintenant. Je vais t’endormir.

Soren, fébrile, nous regarda tour à tour avant de consentir d’un mouvement de tête. Je lui servis un verre d’eau qu’il avala d’un trait. Puis Nerei posa la main sur son front et le força à basculer dans le sommeil.

Je restai assis sur le tapis, ma queue de dragon fouettant l’air, aussi préoccupé que frustré. Nerei le souleva dans ses bras pour l’emporter sur le lit. La tension qui m’habitait redescendit aussitôt. Mon compagnon avait l’air soucieux, et cela étouffa mon désir plus vite qu’un plongeon dans le lac de Drakomaï.

– Qu’est-ce qui se passe ? demandai-je en me redressant.

Nerei me rejoignit après avoir refermé les voiles qui protégeaient son lit. – C’est le maléfice ?

Est-ce qu’il y avait une chance qu’il ne puisse pas le briser ? Je n’avais pas cru cela possible jusqu’à présent. Je ne connaissais aucun sortilège qui puisse résister à la magie de l’Amakiroï de Drakomaï.

– Oui, dit-il enfin. Défaire ce sortilège va être difficile. Et violent.

– J’ai pu en briser une partie hier soir, dis-je sans comprendre.

– Tu l’as conduit à une source d’énergie dans les montagnes, c’est bien ça ?

– Oui. Et il a bu mon essence. Beaucoup, ajoutai-je après un instant de réflexion.

– Il y a énormément de magie noire en lui. Beaucoup plus que ce que tu peux percevoir. Elle est enfouie profondément, dans des plaies qui ont cicatrisé depuis longtemps. Le maléfice a été consolidé autour de ces vestiges.

Nerei était déjà en train de saisir une aiguière de cristal. Il la posa sur un meuble de bois sculpté duquel il tira un long poignard.

– Nos fluides ne suffiront pas. Il va falloir du sang. Pas seulement le mien, précisa-t-il aussitôt. Il me faudra sûrement le tien aussi. Je me demande même si je ne devrais pas demander celui d’Agisken.

Cette nouvelle me glaça de l’intérieur. Je ne réagis pas tout de suite, ne compris qu’avec un temps de retard, quand je le vis s’entailler profondément l’arrière du poignet au-dessus du récipient. J’en feulai de détresse, les entrailles nouées. L’odeur de son sang me faisait paniquer. La chaleur de son cœur de feu m’enveloppa aussitôt, familière et rassurante. Je me fis violence pour ne pas me jeter sur lui. Il m’enlaça d’un bras puissant, son poing crispé au-dessus du col de l’aiguière. Son sang rouge et épais coulait dans la carafe de cristal.

– Et ça suffira ? demandai-je en me forçant à relever les yeux vers lui.

– Je ne sais pas. Je n’avais jamais rencontré une telle magie. Je ne pensais pas que les humains pourraient atteindre si vite un niveau pareil de maîtrise.

Les sourcils froncés, je restai silencieux. Le poignard reposait sur le petit meuble à côté de l’aiguière. Je m’en saisis pour me trancher la peau d’un geste déterminé. La morsure de l’acier me fit grimacer de douleur, aussi douloureuse que brève. Ce fut au tour de Nerei de gronder de colère. Je l’apaisai de la même manière qu’il l’avait fait pour moi. Il noua plus étroitement son bras autour de ma taille alors que j’entremêlai mes doigts ensanglantés aux siens. Son regard noir se radoucit, mais la fureur passagère fut remplacée par l’inquiétude.

– Je me demande surtout s’il pourra le supporter. Arracher de force un maléfice aussi complexe, ce n’est pas anodin.

Je me rappelai des sursauts de douleur de Soren quand j’avais brisé une partie du sortilège. Une infime partie, à en croire Nerei. Je frémis malgré moi.

Nos sangs se mélangeaient dans la carafe de cristal. Ils ressemblaient à un vin aussi dangereux qu’empoisonné, lourd de notre magie et de nos essences. Un regain de confiance souleva ma poitrine.

– Il est fort, dis-je avec détermination. Beaucoup plus qu’on ne l’imagine.

Nerei appuya son front contre le mien. J’inspirai profondément le parfum de sa peau, enveloppé par sa présence.

– Je l’espère, Ataek, me dit-il à mi-voix. Mais si tu lui fais confiance, alors moi aussi.

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Comments

ZOREL08

ZOREL08

j adore la suite stp 🥰

2022-09-06

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