Chapter12:Étreinte

Chapter Text

J’entendais une voix douce m’appeler de très loin. Elle était trop calme, trop suave pour que je résiste à son appel. Je papillonnai des paupières avant de réussir à rouvrir les yeux.

– Soren, répéta doucement Kiroï en caressant mon épaule.

Il m’adressa un sourire réconfortant, aussi rassurant que la bulle de chaleur qui m’enveloppa aussitôt. J’oubliai un bref instant la crispation de mes muscles et les nombreuses courbatures qui me lançaient. J’avais l’impression que si je bougeai le moindre de mes membres, des crampes terribles allaient me paralyser.

– Comment est-ce que tu te sens ? me demanda-t-il à voix basse.

Je ne répondis que d’un geignement ensommeillé. Cela le fit sourire.

Quelque chose de chaud se réveilla dans mon ventre.

– Tant mieux, dit-il en remontant les draps sur ma peau.

Je pouvais l’observer plus attentivement maintenant. Il était allongé tout contre moi, si près que mes jambes frôlaient les siennes. Je distinguai dans ses cheveux blancs des reflets irisés révélés par le soleil. Ils avaient l’air très doux. Je n’avais pas l’audace – ni la force – d’y glisser mes doigts pour vérifier.

– Tu as été incroyablement brave hier soir, me félicita le dragon.

Je ne pouvais pas lui répondre. Je n’arrivai presque pas à me rappeler de ce qu’il s’était passé. Je me souvenais de la lumière de la source, de leurs regards brillants. Ensuite, cela devenait douloureux rien que d’y penser.

Je refermai les paupières un court moment. C’était déjà loin.

Nous étions allongés sur un matelas moelleux, enveloppés de draps doux comme de la soie. J’avais la tête callée par de confortables oreillers. Je distinguai les colonnes qui soutenaient le ciel de lit, comme des stalactites torsadées. Des voiles colorés encombraient la pièce, doucement soulevés par le vent. Je me risquai à jeter un œil par-dessus mon épaule. Dans mon dos, une grande et large ouverture dans la paroi de pierre laissait entrer la lumière dorée de l’aube. J’entraperçu une balustrade et en contrebas, probablement une vue imprenable sur la caldeira. Quelque chose d’autre attira pourtant mon attention.

Ataek dormait derrière moi, couché sur le dos. Ses cheveux écarlates auréolaient son visage, emmêlés à ses cornes et ses doigts. Sa position d’abandon trahissait un sommeil lourd. À moitié découvert par le drap, il était comme une délicieuse tentation. Je me sentais bien trop épuisé pour y succomber.

J’entendis Kiroï rire doucement près de moi.

– Je suis désolé de te réveiller si tôt. Tu as encore besoin de dormir toi aussi.

Je me recouchai près de lui en retenant une grimace. Il s’était redressé sur un coude pour nous contempler. Bouger m’était aussi difficile que de réfléchir.

– J’ai quelque chose d’urgent à faire, me chuchota-t-il. Je vais devoir m’en aller mais j’aimerais d’abord te passer un onguent pour te soulager. Est-ce que tu m’y autorises ?

À travers les brumes du sommeil, je me contentai d’acquiescer. J’étais même surpris qu’il demande ma permission pour quelque chose d’aussi anodin. Je refermai les yeux, incapable de les garder ouverts très longtemps.

Je sentis presque aussitôt ses grandes mains glisser sur ma peau, répandant une pommade tiède qui sentait les plantes.

C’était délicieux.

Il commença par mes bras et mon dos, plus facilement accessibles. Peut-être que ce n’était qu’un prétexte et qu’il y prenait du plaisir lui aussi, mais j’étais bien heureux de le lui accorder. Il prit soin du moindre de mes muscles, faisant à peine bouger le matelas sous nos corps. Il me massa de la tête aux pieds, me manipulant avec de troublantes précautions. Ses larges paumes enveloppaient mes membres, caressaient chaque parcelle de ma peau. Je sentais la brûlure de son regard étrange et j’en frémissais de plaisir. La sensation de chaleur n’avait pas quitté le creux de mon aine. Ses mains glissèrent jusqu’à mes fesses. Il les pétrit doucement, m’arrachant de longs frissons.

– Ici aussi, souffla-t-il en glissant un doigt enduit d’onguent tout contre mon entrée.

J’acquiesçai en retenant mon souffle. C’était à cause du sortilège, j’en avais conscience. C’était pour cela qu’il demandait ma permission.

Il s’immisça sans susciter le moindre tiraillement. Il ne chercha pas ma prostate, se contenta d’assouplir et dilater mes muscles, enfouissant tour à tour plusieurs de ses doigts en moi. Ma respiration et le rythme de mon cœur s’étaient tous les deux emballés. Il m’avait rapproché de son large torse, m’étreignait de ses bras puissants. Ses doigts me fouillaient comme s’il me connaissait par cœur.

J’en tremblai de frustration lorsqu’il se retira. La sensation de vide était terrible. Il massa une dernière fois mes fesses, sans doute plus pour le plaisir que pour y étaler l’onguent. J’entendis le bruit d’un pot que l’on refermait.

J’étais entièrement recouvert de pommade. J’avais eu peur de me sentir poisseux, mais ce n’était pas désagréable. Elle sentait bon et réchauffait mes muscles, leur apportant un délicieux engourdissement.

Le poids de son corps quitta le lit.

Je rouvris péniblement les yeux pour le chercher dans la pièce.

– Vous ne restez pas ?

Ma voix était rauque. Comme abimée.

Il s’était redressé près du lit, debout, m’offrant la vue de son corps nu. Il était en train d’accrocher quelque chose sur ses cornes, probablement un bijou.

– J’espère bien revenir à temps pour vous interrompre, me glissa-t-il d’une voix aussi chaude que basse. Mais mon devoir ne peut pas attendre, et tu as encore besoin de dormir.

Je n’étais pas certain d’avoir compris, mais je savais qu’il avait raison. Malgré la frustration qu’il avait réveillée en moi, la torpeur avait déjà envahi mes membres. J’ignorai si c’était à cause de l’onguent, de son cœur de feu, de mon propre épuisement ou bien de ces trois choses à la fois.

Mes paupières se refermaient déjà lorsqu’il se pencha sur moi.

– Tu peux m’appeler Nerei, murmura-t-il avant d’embrasser mon front.

Ce fut la dernière chose que je sentis avant de me rendormir.

Une étouffante sensation de chaleur me réveilla de nouveau. Je m’agitai dans mon sommeil pour me débarrasser du drap qui me recouvrait. Battant des paupières, je réalisai que je m’étais retourné. Une lumière brillante avait remplacé le timide soleil de l’aube. C’était encore le matin.

J’avais toujours chaud. Ce n’était pas à cause du lit ni de l’aura d’un cœur de feu. La sensation était intense, pas désagréable, mais inhabituelle. Elle irradiait jusqu’à l’intérieur de mon corps.

Je réalisai que c’était l’onguent que Nerei m’avait appliqué. J’avais l’impression que ses doigts étaient encore en moi, élargissaient mes chairs pour me maintenir ouvert, entretenant cette perception brûlante. Je remuai sur le lit en grognant d’inconfort.

Les yeux dorés d’Ataek me fixaient dans la clarté du jour. Je restai prisonnier de son regard, envouté par la lueur de ses pupilles. Elles étaient presque aussi ardentes que le feu qui brûlait en moi.

Il était encore allongé sur le dos, un bras étendu au-dessus de sa tête, gisant sur l’oreiller. L’autre reposait en travers de son ventre, juste au-dessus de son membre en érection.

Son corps baigné de soleil ne m’avait jamais paru aussi beau.

Il tendit paresseusement la main pour caresser mon visage, enveloppa ma joue de ses longs doigts griffus.

– Nerei a levé ton maléfice.

La chaleur devint suffocante. Pas seulement à cause de sa voix chaude. Je réalisai soudain que plus aucune magie noire ne m’entravait. J’en fus si violemment ébranlé que j’eu l’impression de sentir le matelas s’affaisser sous mon poids, comme s’il cherchait à m’engloutir.

Je m’extirpai de force à cette émotion bouleversante. Je poussai sur mes bras pour me redresser.

La sensation de vide était devenue insupportable. J’éprouvai le besoin urgent de le combler. L’envie furieuse de chevaucher Ataek.

Ce n’était pas l’onguent qui avait mis mon corps en feu. Pas seulement. C’était toute l’ampleur de mon désir enfin libéré.

J’avais le besoin impérieux de l’assouvir. Maintenant.

Je grimpai à califourchon sur Ataek, emprisonnant ses hanches entre mes jambes. Sa peau était brûlante, presque autant que le désir qui embrasait mon aine. Il caressa mes cuisses sans cesser de me dévorer de son regard intense. Sa verge palpitait contre ma main. Je la caressai longuement pour la faire durcir encore. Je me sentais fébrile, fiévreux, enivré. Le simple fait d’être assis sur son corps puissant me faisait bander. Il voulut enrouler ses doigts autour de moi. Je me hissai sur les genoux avant qu’il ne puisse y parvenir.

Mon aine était en feu. J’avais l’impression que l’on avait fait céder un barrage et que des flots furieux déferlaient sur moi.

Je n’avais pas lâché son membre brûlant. D’une main sûre, je le guidai contre mon entrée. Il m’écartela lentement, m’arrachant des frissons de délices et me faisant grogner. Je me laissais peu à peu retomber pour m’empaler sur lui.

Sa hampe s’enfonça enfin au creux de mes reins.

Malgré les attentions de Nerei et l’onguent qui m’imprégnait encore, mon corps souffrait pour accepter cette verge imposante. Cela ne m’arrêta pas. La douleur était aussi vive que brève, aussitôt remplacé par une impression familière. Je ne fus satisfait que lorsque je sentis Ataek profondément enfoui en moi.

Il n’y avait pas eu d’éclair noir, pas de douleur, pas de marques sombres sur ma peau. Rien d’autre que l’’étourdissante sensation de son sexe qui m’écartelait.

Le bassin dAtaek s’était soulevé pour venir à ma rencontre, enfoncé jusqu’à la garde. J’étais complètement assis sur lui, les genoux serrés autour de ses hanches. Il caressait toujours mes cuisses et me fixait de son regard incandescent. J’avais l’impression qu’il avait retenu son souffle tout le long de la pénétration.

Il était enfin en moi à présent. Il me possédait tout entier. J’avais l’impression de sentir son membre pulser aux creux de mes reins.

C’était bon. Tellement bon que j’en étais étourdi. Je pris appuis contre son torse, les mains à plats sur les muscles chauds de son ventre. C’était tellement bon de le sentir en moi que je n’avais déjà plus mal. C’était tellement bon que j’en voulais encore.

Je bougeai mes hanches sur lui, d’avant en arrière, contracté autour de ce mât de chair qui me fouillait. J’en grondai de plaisir, incapable de me contrôler. Son membre imposant m’élargissait encore, plus brûlant que jamais. Sans le quitter des yeux, je soulevai doucement mes cuisses pour le faire coulisser hors de moi. M’empaler de nouveau sur lui me procura un plaisir si violent que je m’entendis gémir. Ses griffes s’enfoncèrent dans mes cuisses.

Personne ne m’avait jamais regardé avec autant de désir. C’était presque aussi intense que de sentir sa verge me posséder. J’avais le sentiment que je ne serais jamais rassasié de cette sensation.

Je n’avais plus éprouvé cette impression de plénitude depuis très longtemps. Mais ce n’était pas ça qui me bouleversait, j’en avais la conviction.

C’était lui. C’était uniquement parce que c’était lui. C’était Ataek que je sentais pulser à l’intérieur de moi, dur, et chaud, et gorgé de désir. Ce drakenide au regard brillant qui m’avait accepté auprès de lui et conduit jusqu’à Drakomaï. C’était sur sa verge que je m’empalai enfin, son corps brûlant qui épousait le mien, peau contre peau. Il caressait mes jambes sans me quitter de ses prunelles ardentes, me laissait maître de notre plaisir, à la fois alangui et tendu entre mes cuisses.

Je le chevauchai avec ardeur, étourdi par les vagues de sensations délicieuses qui me submergeaient chaque fois que son membre bougeait entre mes reins. Sa chair dure s’enfouissait en moi en vrillant mon aine d’un plaisir insoutenable. Je n’allais pas tarder à jouir, je le savais déjà. C’était bien trop bon pour que je puisse résister. Je bougeai sur son membre avec délice, traquant ce plaisir intense que je sentais tout proche de me submerger. Je m’empalai plus fort, plus vite à mesure que je sentais l’orgasme monter.

Mon dos s’arqua soudain et l’extase me transperça. Ma vue se brouilla, mes pensées s’éteignirent. Je m’entendis gémir, ou peut-être crier, tous les muscles contractés par les sensations violentes qui me traversaient. Mon sexe tressaillit et le plaisir jaillit hors de moi.

Un orgasme comme je n’en avais pas connu depuis longtemps m’ébranla pendant de longues secondes. Le premier depuis des années.

Je sentis la main d’Ataek caresser ma nuque, prendre mon visage en coupe. Je réalisai que je m’étais pratiquement effondré en avant, les bras tendus et les doigts crispés. Je m’étais resserré autour de sa hampe. Je me sentais aussi sonné qu’étourdi. Je m’entendais haleter, secoué de spasmes incontrôlables.

Ataek se redressa en prenant appui sur son autre bras. Il était toujours profondément enfoui en moi. Il passa la main dans mes cheveux. Je m’accrochai à lui pour ne pas basculer. Sa bouche chercha la mienne, caressante, son souffle frôla mes lèvres sans rien m’imposer. Je compris ce qu’il attendait. Il voulait que j’aie complètement repris mes esprits avant de m’embrasser.

C’était presque aussi étourdissant que l’orgasme que je venais de vivre. Son baiser ardent réveilla la tempête qui venait tout juste de s’apaiser. Mon cœur était gonflé jusqu’à l’implosion, débordant d’émotions autant que de sensations. Il m’avait fait jouir, il était toujours enfoui en moi, sa langue me rendait fou. Il m’embrassa longtemps, passionnément, ses doigts fourrageant dans mes cheveux en envoyant une série de frisson dans mon échine malmenée.

– Voilà, chuchota-t-il contre mes lèvres. C’est exactement comme ça que je t’imaginai me chevaucher.

Je m’agrippai à sa nuque pour l’embrasser encore. C’était tellement bon que j’avais l’impression d’être ivre. Je me sentais grisé par sa présence. Mais ce n’était pas fini. Je n’en avais pas assez. Je ne me sentais pas satisfait.

Je voulais le sentir jouir à l’intérieur de moi.

Je soulevai mes cuisses pour recommencer à le faire aller et venir au creux de mes reins. Il gronda contre ma bouche. Il replia ses jambes et j’enfonçai mes genoux dans le lit pour mieux pouvoir m’empaler sur sa hampe. Il empoigna mes fesses à pleine main, pétrissant mes muscles, écartant mes chairs. Cette fois, il saisit mes hanches pour me dire comment je devais bouger. Tout à l’heure, il m’avait laissé savourer sa verge comme j’en avais envie. À présent, c’était à son tour de satisfaire ses pulsions. Je n’en demandais pas moins.

Je le chevauchai avec toute l’ardeur qu’il me réclamait, guidé par sa poigne et ses hanches qui venaient à la rencontre des miennes. Sa langue avait envahi ma bouche, ses lèvres malmenaient les miennes, me laissant aussi quémandeur qu’essoufflé. Quand elles ne me soulevaient pas pour m’empaler profondément sur lui, ses mains courraient sur ma peau couverte de sueur.

Je pressai les miennes sur son torse pour le repousser brusquement. Je le plaquai sur le matelas pour mieux l’emprisonner sous mon corps. Il feula de contrariété mais je pouvais voir le désir embraser son regard. Il caressa mes bras sans chercher à me faire relâcher ma poigne. Je bougeai plus lascivement sur sa hampe, bougeant d’avant en arrière, la faisant lentement coulisser hors de moi. Il gronda de nouveau, frémissant de plaisir. Il souleva doucement son bassin pour venir à ma rencontre. Je vis chacun de ses muscles rouler sous sa peau et ses écailles.

Je le maintenais plus fermement sur le lit pour mieux recommencer à m’empaler sur sa verge. J’avais oublié à quel point c’était bon de satisfaire un homme. À quel point c’était bon de faire l’amour avec quelqu’un que je désirai.

Ataek ne protesta que pour la forme. Je pouvais voir à quel point tout ça lui plaisait. C’était incroyablement grisant de le tenir à ma merci, de chevaucher son puissant corps de dragon. Il me confiait son plaisir avec une confiance aveugle et j’avais envie de lui donner bien plus encore que ce qu’il demandait. Je ne le quittai pas des yeux, mon regard ancré dans le sien. Je voulais voir le moindre tressaillement de ses muscles, le moindre trouble apparaître dans ses pupilles de topaze. Je voulais voir le plaisir le submerger, découvrir ce qu’il aimait, de quelle manière il préférait me prendre. Je bougeai sur sa hampe de manière plus ample et frénétique, gagné par sa fièvre et le besoin urgent de le satisfaire.

Il empoigna mes fesses pour les saisir fermement. Je ne le repoussai pas cette fois, contractait mes muscles autour de lui. Le corps d’Ataek se souleva sur les draps. Il gronda de plaisir, le dos arqué, basculant la tête en arrière. Ses griffes s’étaient enfoncées dans mes chairs. Je le sentis se répandre dans le creux de mes reins.

Je ne m’attendais pas à le percevoir aussi distinctement et j’en tressaillis de plaisir. Sa semence jaillissait en moi, abondante et chaude. C’était presque aussi grisant que de le sentir me pénétrer.

Je bandai de nouveau. Je relâchai pourtant la tension de mes muscles, fébrile. La fièvre était toujours là mais l’épuisement rôdait non loin. Il était peut-être trop tôt pour que mon corps soit remis à l’épreuve après ce que j’avais vécu hier.

Mais je ne regrettai pas. C’était bien trop bon.

J’en voulais encore.

Le dragon me contemplait d’un air aussi satisfait que repu. Entre mes cuisses, son membre était encore dur. Il ne redevenait jamais flasque après l’éjaculation.

– Je pourrais rester comme ça des heures, gronda-t-il à voix basse. Enfouis à l’intérieur de toi, à te remplir de ma semence.

J’en tremblai de plaisir. À cet instant, je ne pouvais rien désirer de plus.

Ataek entoura ma taille de l’un de ses bras pour nous redresser légèrement sur le lit, callant son dos contre un épais oreiller. Je frissonnai en le sentait bouger. Le déferlement d’émotions se calmait à peine. Le temps s’était suspendu à lui, à sa respiration qui rythmait mes secondes.

Son torse était brûlant contre mes paumes. Il caressa doucement mes reins et je vis son regard errer sur mon corps, me faisant frémir sans raisons. Il s’attarda un instant sur mon sexe de nouveau dressé avant de contempler quelque chose par-dessus mon épaule.

– Mais je peux aussi te proposer quelque chose d’encore mieux, gronda-t-il d’une voix rauque.

Nerei soulevait les voiles qui décoraient sa chambre.

Son regard s’enflamma dès l’instant où il se posa sur nous. Il en fut de même pour le brasier qui couvait dans mes reins.

La même envie qu’Ataek s’animait en moi.

– Je reviens au bon moment, dit Nerei avec malice.

Je le trouvais encore plus beau que tout à l’heure. J’étais à moitié engourdi de sommeil quand il était parti. J’étais maintenant parfaitement réveillé.

Il avait accroché des bijoux précieux autour de ses cornes et de ses oreilles, soulignant son port de tête et son aura de puissance. Il les retirait nonchalamment, comme si nous n’étions pas là. Le reste de son corps splendide était nu, ses écailles noires et or pour seul ornement. Pourtant, nous voir tous les deux enlacés réveillait son érection.

– Continuez. Je ne voulais pas vous interrompre.

– La vue te convient ? susurra Ataek. Parce que nous pouvons la rendre encore plus intéressante.

Il mordilla le lobe de mon oreille et me désigna Nerei d’un geste du menton. Je compris ce qu’il avait en tête. Il voulait m’utiliser pour provoquer le désir de son compagnon. Cela aurait peut-être dû me faire honte. C’était au contraire incroyablement grisant.

Je me soulevai pour qu’il se retire de moi. La sensation de vide ne dura que quelques secondes. Il m’aida à me retourner et m’accueillit de nouveau contre lui pour que nous soyons tous les deux face à Nerei. Mon dos reposait contre son torse. Ataek souleva mes hanches et pénétra de nouveau mon corps encore rempli de sa semence, sous le regard brûlant de l’autre dragon. Je pris appuis sur ses genoux, gémissant de plaisir alors qu’il s’enfonçait jusqu’à la garde.

Il me fit ouvrir largement les cuisses, m’incita à soulever mes jambes pour les faire passer par-dessus les siennes. J’aurais pu me sentir humilié par cette position. Cela me faisait que m’exciter davantage.

– Je n’en demandai pas tant, gronda Nerei sans contenir son excitation.

Il avait une vue plongeante sur mon corps offert, sur le membre d’Ataek complètement enfoui en moi.

Ce dernier pinça mes mamelons entre ses doigts, sans doute autant pour le provoquer que pour notre propre satisfaction. Il les tira doucement, envoyant des dizaines d’étincelles dans mon épiderme et tout autant de frissons. Je me cambrai de plaisir contre lui.

Je voulais que Nerei vienne avec nous. Et Ataek, qui le connaissait déjà intimement, le désirait encore plus violemment que moi.

– Si tu n’as pas l’intention de nous rejoindre, c’est inutile que tu restes là à nous tenter, grogna-t-il à son attention.

Nerei étrécit ses yeux noirs.

– L’un de nous trois doit rester raisonnable. C’est beaucoup trop tôt pour tout ce que tu as en tête.

– Et comment peux-tu être si sûr de ce que j’ai en tête ?

Il embrassa ma gorge, tira un peu plus fort mes mamelons. J’ignorai comment il pouvait tenir une conversation. J’étais si enivré de désir que je n’arrivai même plus à réfléchir. Je tendis un bras en arrière pour m’agripper à sa nuque, soulevai instinctivement mes hanches pour le faire bouger entre mes reins. Si Nerei ne voulait pas nous rejoindre, je voulais au moins qu’Ataek se répande de nouveau en moi.

– Parce que nous pensons tous les trois à la même chose, répondit Nerei d’une voix rauque.

Les longs doigts d’Ataek s’enroulèrent autour de mon sexe et je m’arc-boutais aussitôt contre lui. Le plaisir vrillait mon aine, intense et suffocant. Cela faisait beaucoup trop longtemps que personne ne m’avait touché. Cela faisait même des années que je n’avais pas pu me toucher moi-même. Il allait me faire jouir rien qu’avec quelques allées et venues. Je saisis son poignet en gémissant son nom.

Ataek rugit de désir. Il me relâcha pour mieux soulever mes hanches et m’empaler fougueusement sur lui. Je sentais sa verge s’enfouir en moi avec puissance et énergie. Il m’avait tellement rempli de sa semence qu’elle devait maculer sa hampe autant que mon intimité. J’espérai que le spectacle soit aussi indécent que je l’imaginai, même pour un drakenide.

Ça l’était. Je pouvais le lire dans le regard incandescent de Nerei.

– Kiroï, l’appelai-je d’une voix rauque de plaisir.

Je vis très distinctement sa résolution vaciller.

J’en grondai de contentement, en même temps qu’Ataek.

Ce dernier se laissa aller en arrière contre l’oreiller, m’entrainant avec lui, sans cesser ses amples allées et venues en moi. Nerei nous rejoignit pour se glisser entre nos jambes. Sa peau était brûlante. Il glissa une main dans mes cheveux, l’autre sur la joue d’Ataek. Je devinai ce qu’il désirait. Il se hissa sur les genoux pour que son sexe soit à ma hauteur.

Je le saisis entre mes doigts avec l’impression grisante de transgresser un interdit. Il était presque trop long et trop large pour que je puisse l’entourer de mes deux mains. Je caressai de ma langue les contours de son gland aussi chaud que soyeux. Les doigts de Nerei se crispèrent dans mes cheveux. Ataek ralentit ses coups de rein. Il s’enfouit en moi plus lentement, avec des mouvements amples, me donnant une conscience accrue de toute la longueur de son membre chaque fois qu’il me pénétrait.

J’avais l’impression de tenir le plaisir de Nerei dans le creux de mes paumes. Je m’attardai longuement sur son frein, découvrant son membre avec ma langue. Chaque tressaillement, chaque frisson, chaque son qu’il laissait échapper étaient autant de coups de tisonnier dans les braises de mon propre désir.

Leurs deux corps enveloppaient le mien et je me sentais galvanisé par la chaleur de leurs peaux. Sentir le buste d’Ataek tout contre mon dos me faisait ignorer les courbatures et les crispations qui auraient dû me lancer.

Nerei s’accrocha soudain à ma nuque. Je venais de l’engloutir dans ma bouche. Je frissonnai plus que de raison au contact de ses doigts. Je n’étais plus habitué à ce qu’on me touche ici, à l’endroit où se trouvait le collier. Je resserrai étroitement mes lèvres autour de sa chair dure, le faisant glisser sur ma langue. J’aurais aimé pouvoir le laisser s’enfoncer plus profondément dans ma gorge mais je me sentais trop fébrile, trop impatient pour m’imposer assez de contrôle. Pas alors que le membre d’Ataek fouillait toujours mes reins, que ses mains glissaient sur ma peau. Il saisit à pleine main mes pectoraux pour les pétrir avec fièvre. J’étais pris en étau entre les deux drakenides, tous mes sens saturés par leur présence. Pas une seule parcelle de mon corps n’échappait à leur contact. Ils m’envahissaient dans tous les sens du terme.

Et j’adorai ça.

Je fils aller et venir plus ardemment le sexe de Nerei dans la chaleur de ma bouche. J’avais rarement goûté un membre aussi dur. Ataek massait toujours mes muscles à pleine main, m’arrachait des grondements de plaisir à chacun de ses mouvements. Il appuya son front contre ma nuque, son souffle erratique caressant ma gorge. J’hoquetai de plaisir quand il mordit mon épaule. Les yeux noirs de Nerei étaient rivés sur nous. Il avait enfoui ses deux mains dans mes cheveux et toutes leurs caresses sur mon corps étaient en train de me rendre fou, presque aussi délicieuses que les allées et venues de leurs membres qui me remplissaient. J’aurais voulu que cet instant dure des heures. Qu’ils savourent et profitent de mon corps pour se satisfaire tout en me submergeant de plaisir.

Ataek me prit soudain avec plus de vigueur. Il referma ses doigts autour de ma verge, me faisant me tendre et me contracter autour de lui. Les doigts de Nerei immobilisèrent sur ma tête, son gland s’enfouit entre mes lèvres. Son membre tressaillit presque en même temps que le mien. Sa semence épaisse et chaude éclata dans ma bouche. Je sentis Ataek se répandre au creux de mes reins.

Une bouffée de plaisir explosa dans mon aine. Violente, intense, elle m’emporta aussitôt. Pendant de longues et étourdissantes secondes, j’eu l’impression que tout devenait blanc autour de moi. Mon esprit était saturé par l’orgasme, incapable de supporter tant de sensations.

Quand je repris le contrôle de mes pensées, je m’étais complètement effondré contre le torse d’Ataek. J’avais jouis entre ses doigts. Des spasmes agitaient encore mes muscles tremblants. Je sentais de nouveau sa semence me remplir, couler hors de moi. Le goût particulier de celle de Nerei envahissait encore ma bouche. Je passai machinalement la langue sur mes lèvres maculées, haletant.

Des doigts tendres caressaient doucement mes tempes. Ceux de Nerei, qui se pencha pour embrasser mon front, puis mon visage. Quand je le sentis laper ma joue, je compris qu’il avait en partie joui sur moi et qu’il me nettoyait.

Un rire chaud secouait le buste d’Ataek pressé contre mon dos. J’avais encore l’impression de flotter, comme si l’orgasme avait engourdi mes muscles, enivré mes membres de bien-être.

Les bras d’Ataek se refermèrent autour de ma taille. Sans quitter mon corps, il nous fit rouler sur le côté. Je peinai à garder les yeux ouverts. Je sentis Nerei se presser tout contre mon moi. J’étais pris en étau entre les deux dragons, emprisonné par la chaleur de leurs corps fermes et puissants. Des jambes s’emmêlèrent au mienne. Nerei me fit passer les mains autour de son cou. Leurs respirations s’entrechoquaient sur ma peau. Je n’avais toujours pas calmé le rythme de mon propre souffle.

Je n’arrivais pas à réaliser la portée de tout ce que je venais de vivre.

Je me sentais trop bien pour réfléchir et succombai lentement à la torpeur.

Je me laissai aller dans leur étreinte, serré entre leurs bras puissants.

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mei isagiri

mei isagiri

ah wai 🤭

2024-04-14

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