Chapter 13:Reproduction

bonsoir mes loulous je crois beaucoup n'aime pas se roman mais j'ai décidé de revenir posté 5 chapitre supplémentaires et j'arrête merci et à bientôt

Reproduction

Je restai un moment enlacé par les deux dragons, avec la sensation de flotter plutôt que de dormir vraiment. Je pensai somnoler mais je dû pourtant m'endormir. J'eu un moment l'impression qu'on me faisait manger, puis qu'on me lavait ou bien qu'on me passait de l'onguent. Peut-être les deux à la fois. Les deux dragons ne me quittaient pas, toujours lovés contre moi. Je m'enivrai du parfum et de la chaleur de leurs peaux. Je ne me sentais ni sale ni poisseux, seulement très, très engourdi. Je battis des paupières plusieurs fois, distinguais leurs regards brillants, sentais leurs membres entremêlés aux miens. Ils caressaient parfois mon front ou mon dos, toujours tendres, jamais pressants.

J'étais dérouté par leur affection. Lentement, à travers les brumes du sommeil, le doute s'insinuait dans mon esprit. Après avoir traversé le Naos et vu les guerriers qui se rendaient à Drakanea pour s'offrir aux drakenides, je n'arrivai pas à comprendre que deux dragons aussi fascinants puissent être attirés par quelqu'un comme moi.

On avait usé et abusé de mon corps souillé par la magie noire. On m'avait probablement fait subir tout ce qu'il était possible d'infliger à un homme.

Je n'avais pas la fraîcheur candide d'un jeune chevalier, ni la vigueur enthousiaste d'un soldat accompli. Je n'avais pas même l'innocence naïve de ces hommes mûrs qui avaient combattu toute leur vie sans jamais prendre le temps de s'adonner au plaisir. Il n'y avait rien de beau ni de glorieux dans mes cicatrices. Mon corps était marqué par presque toute une vie d'esclavage et de servitude, bien plus qu'il ne l'avait été par ma courte vie de chevalier.

Pourtant, c'était moi qu'ils avaient choisi.

Une bouffée d'émotion enfla dans ma poitrine. Est-ce que je pourrais seulement leur rendre un jour tout ce qu'ils venaient de m'offrir ? Peu importe qu'ils se lassent maintenant qu'ils avaient profité de moi. Ils auraient pu me faire tout ce qu'ils voulaient, y compris me chasser de Drakanea. Tout me serait égal à présent. Je n'attendais plus rien de la vie et en l'espace de quelques jours, ils m'avaient apporté bien plus que je n'aurais jamais rêvé.

J'entendais leur voix autour de moi. Ils chuchotaient le plus souvent, peut-être pour ne pas me déranger. Je sentis qu'on embrassait ma nuque. Un long et délicieux frisson accompagna ce baiser. J'ouvris les yeux.

Les pupilles noires de Nerei me contemplaient, tout proche de moi. Des cheveux blancs étaient emmêlés à ses cornes. J'aurais voulu les défaire mais je n'avais pas la force de tendre le bras.

– Comment tu te sens ? murmura-t-il en caressant mon visage.

Je fermai un instant les paupières, pressant par réflexe ma joue contre sa paume. Elle était chaude et agréable. Son contact me fit du bien.

– Fatigué, répondis-je d'une voix rauque.

Je sentis Ataek rire plus que je ne l'entendis. Son torse épousait toujours mon dos, comme si nous ne faisions plus qu'un. Il n'était plus à l'intérieur de moi. Je me sentais tellement comblé que ce n'était plus vraiment frustrant. Ce n'était apparemment pas son cas.

– J'ai encore envie de te faire l'amour, susurra-t-il en mordillant le lobe de mon oreille.

Je m'entendis grogner de sommeil autant que d'envie. Son érection durcissait de nouveau contre mes reins.

– Ataek, le menaça Nerei. Il n'est pas en état.

– Je sais, ronronna-t-il contre ma gorge.

Il frottait son sexe dressé contre mes reins. C'était agréable, mais je me sentais trop épuisé pour que cela m'excite aussi. J'aurais voulu tendre la main pour le masturber mais même ce geste-là me demandait trop d'effort.

– Continue, me contentai-je de murmurer en enfouissant ma joue dans l'oreiller. J'aime quand tu fais ça.

Je n'avais jamais eu honte de mes envies. Je n'allais pas commencer maintenant.

Ataek gronda de désir. Pourtant, il resta sage. Tout autant que Nerei dont le membre ne s'était pas érigé contre ma cuisse. Ce dernier passa pourtant un bras en travers de mon corps, resserrant un peu plus son étreinte. Pas pour caresser le sexe gorgé de sang d'Ataek, qui pressait toujours contre mes fesses. Mais j'entendis le drakenide laisser échapper un son de volupté et son corps tressaillir contre le mien. Je devinai que Nerei intervenait pour accélérer sa jouissance. Son bras, en travers de ma taille, passait aussi par-dessus les hanches d'Ataek. J'imaginai sans mal ses doigts élargir ses chairs comme ils avaient fouillé les miennes. Le souffle d'Ataek devint plus chaud et plus rapide contre ma nuque. Il embrassa ma peau, l'aspira jusqu'à me faire sursauter et sûrement laisser la marque d'un nouveau suçon. Je sentis son gland se presser contre mon intimité, sans forcer l'entrée. Le bras de Nerei bougea un peu plus vite contre nous.

Ataek se tendit, grogna, tressaillit. Sa semence éclaboussa ma peau. Je la sentis gicler lentement, épaisse et chaude, me faisant frémir.

– Merci, ronronna-t-il contre ma peau.

Il m'enlaça étroitement contre lui. Son sexe répandait encore sa semence contre la chute de mes reins. J'avais longtemps détesté cette sensation. À présent, ça ne me semblait plus si gênant. C'était même grisant.

Je m'étirais entre eux en poussant un soupir ensommeillé. Mon corps était bien plus lourd de sommeil que mon esprit, un peu plus alerte malgré le fil confus de mes pensées.

– Est-ce que vous allez pouvoir me féconder, maintenant ?

Il fit soudain si chaud que j'eu l'impression de suffoquer. Les yeux des dragons luisaient, un grondement sourd faisait vibrer leur gorge. J'aurais dû me montrer plus prudent. Je n'avais pas envisagé l'effet que leur ferait cette simple question.

– Non, pas encore, répondit Ataek. C'est bien plus long.

Nerei saisit mon visage entre ses mains. Ses yeux aux sclérotiques noires me fixaient d'une manière intense. Sa pupille était réduite à une fente blanche qui rougeoyait dans la lumière du soleil couchant.

– Tu veux savoir comment ça va se passer ? dit-il en passant ses pouces sur mes joues.

Ma respiration s'était figée, suspendue à ses lèvres. Je me contentai d'hocher la tête pour acquiescer. Il ne s'agissait pas que de satisfaire ma curiosité. Je voulais savoir, oui.

Je voulais savoir ce qui m'attendait.

– Nous allons te faire l'amour, gronda-t-il d'un ton brûlant. Nous allons te faire l'amour aussi souvent que tu le réclameras.

Sa voix rauque embrasa mon échine. Si je ne m'étais pas senti si fatigué, j'aurais bandé aussitôt, j'en étais certain.

– Nous sommes faits de chair autant que de magie, expliqua Ataek en embrassant ma nuque. Notre sang, nos os, notre sperme, ils contiennent un peu de notre énergie et il est possible de l'absorber lorsqu'on les consomme.

Nerei glissa sa main le long de mes reins.

– Recevoir nos fluides en toi va petit à petit te rendre plus fort. Tu deviendras plus solide, plus résistant. Tu guériras plus vite et il sera moins facile de te blesser.

Je m'en étais douté. C'était ce que venaient chercher les guerriers à Drakomaï. La force des dragons.

Je l'avais constaté plusieurs fois depuis que j'avais rencontré Ataek. Dans la source des montagnes, il m'avait ordonné d'avaler sa semence. Je me rappelai que j'avais eu bien moins mal que ce que je craignais après l'avoir sucé si longtemps, et que mes bleus avaient pratiquement disparu le lendemain.

– Tout ton organisme va se renforcer. Mais tes organes aussi vont se transformer.

Nerei glissa ses doigts entre mes fesses, pressa doucement mon intimité encore humide de semence.

– Tu ne le sentiras pas. Cela se passera à l'intérieur. Une sorte d'utérus va se former près de tes organes reproducteurs. Quand cette poche sera complète, tu seras prêt à être fécondé.

Ataek saisit ma main pour me la faire poser contre mon propre ventre. J'en frémis, troublé. C'était comme s'il pouvait déjà sentir mon corps se préparer pour accueillir le fruit de ses entrailles.

– Il y a plusieurs façons de faire, expliqua-t-il d'un ton très savant. Selon moi, la meilleure est d'être ensemencé souvent, et par le même drakenide.

Sa taquinerie me fit sourire.

– C'est souvent à ce moment-là que les humains quittent le Naos et choisissent de ne devenir l'esclave que d'un seul dragon, renchérit Nerei. Mais il y a beaucoup d'autres méthodes. Tout dépend ce que souhaitent les humains et les drakenides concernés.

La paume d'Ataek devint brûlante contre le dos de ma main.

– Quand ce sera fait, un œuf se formera à l'intérieur de toi. Tu devras continuer de recevoir régulièrement nos fluides. Pour qu'il devienne fort et solide, et que ton corps soit assez résistant pour l'accepter. L'oeuf grossira jusqu'à être assez imbibé de magie pour se développer de lui-même.

– Ensuite, il y aura la ponte, continua Nerei d'une voix un rien plus amusée. Cette partie-là est la plus évidente. Le rôle des humains s'arrête ici. Les œufs terminent seuls leur croissance jusqu'à l'éclosion. Certaines femelles les couvent mais à Drakomaï, il fait assez chaud pour que ce ne soit pas nécessaire.

Je savais qu'il y avait peu de femelles drakenides. Je n'en avais pas croisé une seule durant ma brève traversée de Drakomaï. J'imaginai que contrairement aux mâles, elles n'avaient aucun besoin des humains pour se reproduire.

Je restai songeur un long moment. Il ne me restait qu'une seule question à poser.

– Je ne porterai qu'un seul œuf ? demandai-je en frissonnant.

Ils grondèrent à l'unisson. Je fus de nouveau accablé par une chaleur étouffante. Ils avaient perçu le sens caché de ma question et je pouvais sentir à quel point ils en étaient satisfaits. Il leur fallut de longues secondes avant de se calmer.

– Non, répondit Nerei d'une voix rauque. Tu peux en porter autant que tu laisses de drakenides te féconder. Certains humains peuvent en recevoir jusqu'à une dizaine. Mais la plupart n'en acceptent qu'un à la fois.

J'essayai d'imaginer ce que cela ferait de sentir une dizaine d'œufs grossir dans mon ventre. Cela me fit aussitôt grimacer.

– Les femmes ont plus de courage de ce côté-là, continua Nerei d'un ton plus amusé. Beaucoup d'entre elles n'ont pas peur de voir leur ventre se tendre et se remplir de vie. Les hommes sont bien plus réticents.

– C'est pourtant très beau, ajouta Ataek. Mais si tu ne portes qu'un ou deux œufs, tu ne sentiras pas vraiment la différence. Très souvent, ça ne se voit même pas. Les œufs se développent profondément à l'intérieur du corps des humains et ils ne deviennent pas si gros que ça.

Leurs mains glissèrent sur ma peau, provoquant de nouveaux frissons sur mon épiderme. J'avais l'impression qu'ils imaginaient déjà la vie grandir en moi.

– Donc, je dois juste recevoir votre semence, murmurai-je en refermant les yeux.

Certaines choses étaient devenues limpides dans mon esprit.

– Oui. Pendant longtemps, ronronna Ataek avec un plaisir évident. Il faudra plusieurs mois pour que ton corps puisse être fécondé. Ensuite, tu porteras nos œufs pendant un aussi long moment. Tout ça peut durer plus d'un an.

J'acquiesçai d'un bref son de gorge. Je savais que le processus prenait du temps. C'était pour cela que les chevaliers avaient cessé d'effectuer leurs pèlerinages. Il était venu le moment où Ashkelon n'avait plus pu se permettre de se séparer du moindre de ses guerriers, surtout pour une aussi longue période.

– Ataek va s'en servir comme prétexte pour te faire très souvent l'amour, s'amusa Nerei en se redressant sur un coude. Tes désirs doivent passer avant toute chose. N'hésite pas à restreindre ses ardeurs.

J'entendis l'intéressé gronder dans mon dos. Je me demandai comment je pourrais restreinte les envies du drakenide alors que le simple fait de le sentir durcir contre moi pouvait me rendre fou. Quant à mes propres désirs, il y avait longtemps que je n'en avais plus.

C'était du moins ce que je pensais avant de les rencontrer.

Mais il y en avait bien un qui s'était manifesté, et que je voulais maintenant à tout prix satisfaire.

Le désir de les combler.

– Nous avons tout le temps d'y réfléchir, conclut Nerei en se rallongeant. Pour l'instant, tu dois d'abord reprendre des forces et laisser ton corps se reposer.

Sa réserve était touchante. Je comprenais que même si Ataek et lui se montraient pressants, il voulait me laisser la possibilité de reculer. Il faisait en sorte que je puisse avoir le temps de réfléchir à mes choix. Je n'aurais jamais cru qu'on me témoignerait un jour tant de prévenance après tout ce que j'avais vécu.

Ils m'entourèrent de nouveau dans la chaleur de leur bras. Je sombrai peu de temps après dans un sommeil lourd.

Je fus réveillé par des mouvements sur le lit. Je sentis des courbatures lancer mes muscles, un poids peser sur mes paupières. Je les ouvris pourtant. La lumière des deux lunes inondait une partie de la pièce, découpait des silhouettes et des ombres sur les draps. Nerei n'était plus allongé près de moi. Il était étendu derrière Ataek, soulevant d'un bras l'une de ses jambes pour lui faire passionnément l'amour. Les yeux dorés du drakenide luisaient dans la pénombre. Ils s'accrochèrent à moi.

Ils étaient magnifiques. Aussi sensuels que puissants.

Ataek s'abandonnait à l'extase, ravagé par les coups de reins féroces de son amant. Il s'était accroché d'une main à la nuque de Nerei, gémissait sans honte en se mordant les lèvres.

Ils jouirent ensemble, pendant de longues secondes aussi belles qu'irréelles, leurs yeux rivés sur moi. Leurs corps s'entremêlaient dans un spectacle fascinant. J'avais l'impression de rêver. Je n'avais jamais rien vu d'aussi beau et d'aussi parfait.

Leurs corps étaient pourtant humides de sueur et brûlants de plaisir quand ils se lovèrent de nouveau tout contre moi. Ils m'étreignirent l'un et l'autre en m'emprisonnant de leurs bras, encore haletants et repus de plaisir. Leur chaleur eu raison de ma fatigue et je m'endormis une nouvelle fois.

J'eu le sentiment de les sentir bouger à plusieurs reprises, peut-être se relayer auprès de moi. Il me semblait parfois que le matelas s'affaissait. S'ils firent de nouveau l'amour, je ne m'en rendis pas compte. J'étais trop épuisé pour que cela me réveille. J'avais peut-être imaginé les avoir vus faire. Les deux drakenides avaient offert bien trop de liberté à mes désirs réprimés depuis des années par la magie noire.

Ce fut la faim qui me réveilla pour de bon. Mon ventre tiraillait autant qu'il gargouillait et j'éprouvai le besoin d'ouvrir les yeux. J'avais le sentiment d'avoir beaucoup trop dormi. Cela m'avait donné mal au crâne. Je remuai sur les draps en grognant.

Je tombai aussitôt sur le regard de Nerei. Il rangea le rouleau de parchemin qu'il était en train de lire et passa une main tiède sur mon front.

– Comment est-ce que tu te sens ? demanda-t-il d'une voix douce.

J'avais l'impression qu'il m'avait posé cette question plusieurs fois ces dernières heures. Je restai silencieux quelques secondes, le temps de faire l'inventaire de toutes les courbatures qui tendaient mes muscles.

– Encore plus mal qu'hier.

Il rit doucement. Je le sentis remettre de l'ordre dans mes cheveux courts.

– Nous t'avons sans cesse enduit d'onguent pendant que tu dormais, mais je crois que ça n'a pas suffi. Nous avons fait subir trop d'épreuves à ton corps après ce que tu as vécu.

Un torrent de feu dévala mes veines au souvenir de la veille. Je pouvais encore sentir le membre d'Ataek s'imposer en moi. Les événements plus anciens, en revanche, me paraissaient très flous. Le plaisir avait anéanti la douleur dans ma mémoire. Peut-être une réaction inconsciente de mon esprit.

– Je ne regrette pas, grognai-je d'une voix rauque.

– Je sais, répondit Nerei en riant. Moi non plus. Mais ça t'a quand même fait plus de mal que de bien. Tu as eu un sommeil trop lourd et ton corps s'est engourdi.

J'étais à peu près sûr que sommeil trop lourd ou pas, j'aurais eu un réveil tout aussi difficile. J'avais l'impression d'avoir été piétiné par un dragon furieux. Mais j'avais déjà rouvert les yeux dans des états bien pires. J'étais dans un lit chaud, couvé par le regard d'un dragon. J'en frémis, un instant étourdi.

– Ataek a dû partir, m'expliqua doucement Nerei. Le retour de Skarana était très attendu. Nous pouvons aller le rejoindre si tu t'en sens capable. Je te ferai visiter une partie de la caldeira.

– D'accord, dis-je en me redressant sur le lit. J'aimerais beaucoup.

Son sourire était si doux et satisfait que je compris à quel point ma réponse lui faisait plaisir. C'était troublant. Ma réponse était pourtant sincère. Bouger me ferai sûrement du bien et une partie de moi s'impatientait de visiter le reste de Drakomaï.

Je ramenai mes genoux vers moi en me frottant la nuque. J'avais mal absolument partout, jusqu'au moindre de mes tendons. Et toujours aussi faim.

Il le devina – ou bien avait entendu mes gargouillements– et me tendit un grand bol de fruit que je dévorai avec appétit. Je bus aussi sans poser de questions l'infusion de plantes et de fleurs qu'il me servit. Pendant que je mangeai, Nerei passa dans mon dos pour le masser avec de l'onguent. J'avais l'impression de me liquéfier de bien-être. Je m'arrêtai de manger un bref instant pour calmer mes pensées autant que ma respiration.

Je n'avais pas réalisé jusqu'alors à quel point son lit était immense. Il aurait probablement pu y dormir sous sa forme de dragon. Le ciel de lit était incrusté de pierres précieuses, les colonnes qui le soutenaient ressemblaient à des stalactites sculptées. La pièce était entièrement décorée de voiles délicats et colorés, que la brise soulevait de temps à autre. Il ne possédait que très peu de meubles, taillés dans un bois sombre.

– Est-ce que j'ai dormi longtemps ?

– Presque toute la journée, m'expliqua Nerei pendant que je mangeai. Tu es arrivé à Drakomaï avant-hier.

– Oui. Je m'en souviens.

Ma voix était rauque, aussi abimée que le reste de mon corps. Elle l'était probablement depuis la veille. J'ignorai si c'était à cause de mes cris de douleur ou bien de mes gémissements. Peut-être les deux.

Le mal de tête passait, mais pas les courbatures malgré l'onguent qui réchauffait ma peau. Il me fit bien moins d'effet que la veille, à mon grand soulagement. Je n'étais pas sûr de pouvoir gérer de nouveau un tel déferlement d'émotions. J'appréciai le calme et la tranquillité de Nerei.

Quand j'eu terminé de manger, il me conduisit par-dessous les voiles de sa chambre jusqu'à une série de pièces attenantes. J'y trouvai un bassin sculpté dans une pierre colorée qui ressemblait à du granit poli. Un filet d'eau coulait en continu de la paroi. Elle était agréablement tiède.

– Prends ton temps, me conseilla Nerei. Je vais te laisser te laver seul. Je serai à côté si tu as besoin de quelque chose.

Je le remerciai d'un signe de tête. Je me glissai avec délice dans le bassin. Un mécanisme de métal doré permettait de boucher l'évacuation pour le remplir d'eau tiède. Je me lavai avec plaisir. Sur le moment, je me rappelai d'avoir apprécié que les dragons me couvrent de leurs fluides. Mais ils n'étaient plus là et le désir ne me taraudait plus. Cela me fit du bien de me sentir propre.

Nerei m'avait laissé le pot d'onguent, dont je me badigeonnai de nouveau, des pieds à la tête. Ma peau était couverte de marques de suçons. Je ne savais pas vraiment quoi en penser.

Je trouvai Nerei dans la pièce voisine, un petit corridor qui menait à sa chambre dont les murs étaient creusés de niches et d'étagères. Le drakenide était en pleine réflexion. Cette pièce devait lui servir de vestiaire. Il y avait quantité d'étoffes et d'accessoires rangés avec précautions dans les nombreuses aspérités des murs.

Il me tendit finalement un vêtement de tissu blanc soigneusement plié, ainsi qu'une paire de sandales.

– Tiens. Cela devrait être à ta taille.

– Ataek m'a dit que les drakenides n'aimaient pas les vêtements, demandai-je avec une pointe de perplexité.

– C'est plutôt que nous avons rarement l'habitude d'en porter. Ils nous encombrent quand nous voulons nous transformer. Mais moi, je les apprécie. Et je pense que tu seras plus à l'aise avec ça.

Je n'allais pas le contredire.

Il m'avait confié un pantalon de toile blanche ample et confortable, ainsi qu'une large ceinture de tissu que je nouais sur ma taille. Nerei enroulait autour de son cou la longue écharpe de soie noire que je l'avais vu porter à mon arrivée. Elle soulignait son port de tête et ornait mieux que n'importe quel vêtement son torse aux muscles saillants.

Il s'immobilisa un bref instant, puis m'adressa un chaleureux sourire.

– Est-ce que je te plais ?

Je réalisai que j'avais dû le fixer avec un peu trop d'insistance.

– Vous en doutez ? répondis-je en le fixant dans les yeux.

Ceux de Nerei pétillèrent de malice. Mon compliment détourné semblait lui faire plaisir.

On aurait pu ne pas le trouver beau, mais je doutais qu'on puisse rester indifférent face à lui. Ni être fasciné par son apparence. Il était différent d'Ataek, plus grand et mieux bâti à côté de la silhouette élancée du dragon écarlate. Ils me plaisaient tous les deux. Ils me plaisaient même tellement que je me demandais si j'avais vraiment le droit de les désirer autant.

Nerei m'invita à le suivre jusqu'au balcon de sa chambre. Je m'avançai jusqu'à pouvoir prendre appui sur la balustrade de marbre blanc. Je n'avais fait qu'entrapercevoir la vue sans jamais pouvoir la contempler.

Ses appartements, creusés dans la falaise, dominaient toute la beauté de la caldeira. Je pouvais apercevoir l'ensemble des montagnes qui encerclaient Drakomaï. Des eaux calmes miroitaient au milieu des forêts luxuriantes qui avaient poussé dans l'ancien cratère. J'ignorai s'il s'agissait de plusieurs petits lacs ou d'un seul, aux multiples bras.

Nerei s'approcha de moi. J'eu l'impression d'avoir plus chaud, pendant un très bref instant. Comme s'il était tellement fier de me montrer son domaine que durant une courte seconde, il s'était laissé déborder par ses émotions.

Ses épaules, ses bras et ses cuisses se couvrirent d'écailles noires et dorées. Ses oreilles s'allongèrent, et de grandes ailes sombres se déplièrent dans son dos. Il tendit la main vers moi comme une invitation.

J'imaginai que descendre à pied dans la caldeira nous demanderait trop de temps. Je poussai un soupir résigné.

Il m'emprisonna solidement dans ses bras et s'envola d'une simple impulsion du talon.

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