Chapter 16: Naos

Je sentis une impulsion briser l'harmonie du Naos. Je me redressai sur mon siège, scrutant l'assemblée à la recherche de ce qui pouvait la perturber.

Nos cœurs de feu battaient à l'unisson dans le temple des guerriers. J'effleurai une à une l'énergie de chaque drakenide, et celles des humains imbibés de leurs essences. La plupart s'en apercevaient à peine. Je savais sonder leurs auras sans me montrer intrusif. Une odeur familière me fit dresser la tête. Je ne compris de qui elle provenait qu'un court instant avant de voir Soren fendre la foule.

C'était ici que je l'avais vu pour la toute première fois. Sa démarche était si différente que j'en fu frappé d'admiration. Je l'avais intercepté alors qu'il traversait la salle en rasant les murs. Il avait alors les épaules basses et le regard fuyant, l'attitude discrète d'un homme habitué à se rendre invisible.

La veille, au bord du lac, j'avais déjà remarqué des changements inconscients dans son attitude ; j'en avais désormais la confirmation.

J'avais l'impression que c'était le véritable Soren qui s'avançait à présent. Un Soren qui devait beaucoup plus ressembler à celui qu'il avait été autrefois.

C'était un homme beaucoup plus sûr de lui qui s'approchait maintenant. Sa nuque était plus droite, son regard plus affirmé. Il avait retrouvé une démarche à la fois tranquille et pleine d'assurance. Il dégageait un charisme naturel, l'ébauche d'une confiance en lui qui ne demandait qu'à éclore et qui me troubla profondément.

Je songeai bien trop tard qu'il n'avait rien à faire ici. Il se tenait déjà debout devant moi, me fixant d'un regard intense.

Il y avait peu d'explications rationnelles pour justifier sa présence. Elles me laissaient toutes dans un état d'excitation insupportable. On ne venait au Naos que pour s'offrir aux dragons. C'était son droit, et il aurait tout à fait pu le faire, mais il ne serait pas venu se présenter ainsi devant moi s'il avait l'intention de se donner à d'autres.

C'était donc pour moi qu'il était ici. Parce que je lui avais fait une promesse, et qu'il voulait vraisemblablement que je l'honore sur le champ.

Même le mont Drakein n'avait jamais connu d'éruption plus violente que celle de mon désir à cet instant. Mes griffes laissèrent des stries dans le bois des accoudoirs de mon trône.

– Tu as encore besoin de repos, grondai-je d'une voix lourde de menaces.

Comme je le redoutais, il ne se laissa pas ébranler.

– Je ne vois pas ce que ça change, dit-il très calmement. La fatigue ne m'empêche pas d'avoir des envies.

Je ne pouvais pas objecter à ça. Pas alors qu'il venait toujours juste de redevenir maître de ses désirs et de retrouver le droit de les assouvir.

Il n'était plus temps de douter de notre attirance respective. Je le voulais depuis que je l'avais aperçu pour la première fois, à ce même endroit, déboussolé et amer. Depuis que j'avais découvert son tatouage et sentis l'essence d'Ataek qui l'imprégnait. Et je n'ignorais pas qu'il me désirait lui aussi.

– Et j'avais envie de venir ici.

Il était peut-être temps que je cesse de me poser tant de questions. Je n'oubliais pas que c'était encore trop tôt, trop éreintant, presque inconscient.

Mais il me désirait, et moi aussi. La raison n'avait plus d'importance.

– Approche.

Il n'était pas le premier humain qui me convoitait, ni le premier à qui je brûlai d'envie de faire l'amour. Mais parce que c'était lui, tout était différent.

Même s'il n'avait subi qu'un fragment des sévices que je soupçonnais, il aurait eu toutes les raisons du monde de se fermer à tout jamais au plaisir. De redouter les relations charnelles et de ne plus jamais laisser personne le toucher. J'étais probablement loin d'imaginer toutes les épreuves qu'il avait traversées.

Il s'approcha pourtant avec une confiance désarmante. Il grimpa à cheval sur mes cuisses, me laissa caresser son corps nu. Je suivi l'arrondi de ses fesses, frôlait son intimité humide. Découvrir qu'il s'était préparé pour moi me fit gronder de désir.

C'était bouleversant qu'il veuille encore se donner à quelqu'un, et plus encore, redécouvrir ce plaisir avec Ataek et moi. J'avais rapidement compris que derrière sa résilience, il cachait une sensualité débordante. Avant d'être un esclave, lorsqu'il était encore chevalier, je devinai qu'il avait pu explorer sa sexualité sans honte et qu'il savait très précisément ce qu'il aimait.

Il ignorait en revanche à quel point il était dangereux de rendre un fou de désir un seigneur drakenide, et je n'étais pas certain de pouvoir me contrôler pour deux.

– J'imagine que ce n'est pas Meli qui t'a montré le chemin.

Sa peau était brûlante contre mes paumes. Je le sentis frémir.

– Non. J'ai demandé à Ataek.

Je prenais plaisir à le toucher de nouveau. Je n'avais plus besoin de me concentrer sur l'étude de son maléfice ou d'étaler de l'onguent sur ses muscles endolori. Cela m'avait plu de le faire mais j'étais satisfait de pouvoir explorer son corps au gré de mes envies. Il avait posé les mains sur mes épaules, ses genoux contre mes cuisses. Je caressai longuement ses flancs couverts de cicatrices, ses hanches puissantes, les muscles fermes de son fessier.

Je ne sentais pas le cœur de feu d'Ataek dans le Naos, mais j'étais certain qu'il était déjà là, quelque part dans la foule, à nous observer. Un grondement sourd vibra dans ma gorge.

J'happai l'une des tétons qui me narguait, suçotait son aréole jusqu'à ce que son mamelon devienne dur de plaisir contre ma langue, pinçant l'autre entre mes doigts. Soren tressaillit. Son érection s'était redressé, pas encore autant que la mienne. Je grondai de plus belle lorsqu'il chercha à l'entourer de ses doigts.

– Non. Pas encore. Laisse-moi d'abord profiter de toi. J'ai envie de te toucher.

Il frémit de nouveau. J'avais déjà remarqué à quel point il était sensible aux paroles provocantes, surtout à celles d'Ataek. Skarana était un excellent interprète et devenait redoutable quand il s'agissait de manier les mots. Mais c'était auprès de moi qu'il avait appris leur pouvoir érotique.

– Pourquoi venir jusque dans le Naos, Soren ? J'aurais fini par vous rejoindre et vous savez bien vous entendre pour me tendre des embuscades.

– Il n'y a pas de trône dans tes appartements, répondit-il avec un grand détachement.

J'en grondai à nouveau de désir, saisissant sa nuque pour m'emparer de sa bouche. Il rendit les armes sans luter et me laissa le conquérir avec toute l'ardeur que je désirai. Je ne le relâchai qu'une fois certain qu'il serait à bout de souffle, le regard un peu perdu et les lèvres gonflées.

– Commençons par faire sortir Ataek de sa cachette. Il me semble qu'il était le premier à vouloir te voir sur mon trône.

Je le fis se retourner sur mes cuisses, caller son dos contre mon torse pour qu'il soit face à l'assemblée. J'étais familier du Naos. L'énergie conjuguée de tous les cœurs de feu réunis accaparait bien plus mon attention que ce qu'il s'y passait vraiment. Il était rare que ce qui j'y voyais m'émoustille. Ce n'était pas le cas des humains.

Je laissai ma main errer sur le torse ferme de Soren, sentant ses muscles rouler sous sa peau. Je maintenais mon érection contre ses reins, sans bouger, contenté par le poids de son corps nu contre le mien.

Je n'avais plus à me retenir de le toucher cette fois. Il n'était plus l'étranger au regard hésitant qu'Ataek venait tout juste de ramener à Drakomaï. Les mains agrippées aux accoudoirs, il s'était pourtant tendu contre moi. La première fois, j'avais mis cela sur le compte de la situation autant que de son maléfice. Je le connaissais désormais beaucoup plus intimement.

Cet endroit le mettait mal à l'aise. Je le réalisai subitement. J'avais aussi l'impression que ce n'était pas la pudeur qui provoquait sa gêne, ni toutes les autres raisons triviales ou morales qui bloquaient d'ordinaire les autres humains. La raison était bien plus profonde.

Cet endroit réveillait en lui des mauvais souvenirs.

Il l'avait redouté, peut-être inconsciemment. Il avait dû passer des heures à se demander si ce serait différent. Et il était venu pour exorciser cette crainte.

Une bouffée de fierté souleva ma poitrine, accompagnée d'une pointe d'inquiétude et d'un frisson de colère.

Sa force de caractère était aussi fascinante que terrifiante. C'était comme s'il voulait effacer le plus vite possible tous les stigmates de son passé d'esclave.

Ataek avait déjà essayé de me mettre en garde. J'allais devoir me montrer encore plus prudent à l'avenir.

– Soren, grondai-je en embrassant sa nuque. Tu vas beaucoup trop vite.

Je pouvais enfouir mon visage contre sa gorge à présent. Je ne m'en privai pas, aspirant sa peau jusqu'à y laisser une marque au milieu de toutes celles qu'Ataek lui avait laissé.

Il tressaillit, avant de se cambrer dans mes bras. Je caressai son érection naissante dans la chaleur de ma paume. Il avait fermé les yeux, peut-être pour essayer de s'abandonner sans penser au reste.

J'aurais aimé qu'il se confie à nous à propos de ce qu'il avait subi. C'était encore trop tôt pour qu'il soit prêt à le faire, et peut-être même qu'il ne le serait jamais, mais cela m'aurait permis d'anticiper certaines choses.

La colère s'ajoutait dangereusement à mon désir. Chaque conséquence de son passé d'esclave me rendait un peu plus furieux.

– Ouvre les yeux Soren, grondai-je d'une voix aussi douce qu'il m'était possible. Je sais ce qui te rend nerveux.

Il battit des paupières, me fixa de son regard qui me rappelait un ciel d'orage. Le plaisir dilatait des pupilles alors que je le masturbai lentement, prenant tout mon temps, faisant aller et venir ma main autour de son membre qui durcissait encore. Le mien se pressait contre ses reins. Du liquide séminal perlait de mon méat, suintait contre sa peau.

– J'ignore ce qu'on t'a forcé à faire quand tu étais esclave, mais regarde. Est-ce que ça ressemblait à ce qu'il se passe autour de toi maintenant ?

Il appuya sa tête contre mon épaule. Son front touchait ma joue. Il contempla avec moi la scène qui nous entourait.

Des dizaines d'humains et de drakenides mangeaient, buvaient, jouaient, riaient ensembles. Des couples s'unissaient sans pudeur sur les tapis, les coussins, les tables, contre les murs et les colonnades qui soutenaient la voûte. Les partenaires s'échangeaient et se mélangeaient sans honte. Il suffisait d'un regard, d'un mot pour s'inviter à l'étreinte ou au contraire, pour s'en retirer. Il n'y avait pas de peur, de tension, de crainte. Quand il y avait de la douleur, elle était consentie, parfois même recherchée. Tout le reste n'était que volupté.

– Non, souffla Soren en expirant. Non. Pas du tout.

Il tendit un bras dans son dos, caressa ma nuque pour mieux s'y agripper. J'embrassai de nouveau sa gorge, délaissai son érection désormais pleinement érigée pour empoigner à pleine main ses pectoraux. Les muscles étaient aussi moelleux que fermes dans le creux de mes paumes et je les pétris avec plaisir.

– C'est toi qui as le contrôle ici, Soren. Personne ne te fera rien contre ta volonté.

Mon trône offrait une vue centrale sur tout ce qu'il se passait dans le Naos. La pièce était envahie par les rires, les conversations et les sons érotiques. Une odeur de nourriture et de parfum flottait dans l'air, couvrait les effluves plus entêtants de musc et de sexe. Quelques drakenides nous jetaient parfois des regards attentifs. Quelques humains aussi, avant que les premiers ne viennent les solliciter.

Le corps de Soren était bouillant. Il s'était détendu mais je savais qu'il était capable de s'abandonner bien plus encore. Je l'avais déjà vu bien plus confiant entre les bras d'Ataek.

Pourtant, il vint chercher mes lèvres de lui-même, son corps à moitié retourné vers le mien. Sa façon d'embrasser, toujours très douce malgré sa passion, contrastait avec son corps puissant. J'aimais ça, autant que j'aimais la fougue d'Ataek.

– Je suis impatient de te prendre, avouais-je en caressant son visage. Je veux me répandre dans ton ventre et sentir mon essence en toi.

Un éclair de désir illumina son regard orageux. Je peinai à contenir l'ampleur du mien. Il le fallait, pourtant.

– Moi aussi, je sais ce que je veux, gronda-t-il contre ma bouche.

Il échappa soudain à mon étreinte.

Il s'agenouilla devant moi, sur l'épais tapis. La chaleur de mon cœur de feu augmenta considérablement. Je m'efforçai d'en garder le contrôle. Le simple fait de le voir à genoux aux pieds de mon trône m'excitait bien trop dangereusement. Il saisit mon sexe entre ses doigts pour me caresser de sa langue, m'arrachant de longs et terribles frissons de plaisir. J'aimais le voir aussi confiant.

Le sang affluait par torrent dans mon aine en éruption. Il m'avait déjà prouvé qu'il savait satisfaire un homme avec sa bouche, et qu'il y prenait du plaisir. Il allait plus lentement cette fois, s'octroya le temps de me faire bouillir en léchant toute la longueur de mon membre. Mon sexe frotta contre sa joue. La vue en elle-même était délicieuse.

Mes griffes arrachèrent des éclats de bois quand il m'engloutit dans la chaleur de sa bouche. Je m'entendis grogner, aussi satisfait que contrarié. J'avais abimé peu de trônes au cours de mon règne, même si celui du Naos, en bois, souffrait forcément bien plus que le siège de marbre immuable de la salle d'audience. Mais sentir la douceur de ses lèvres resserrées autour de moi valait bien quelques échardes.

Il me faisait aller et venir dans le fourreau de sa bouche, ses doigts resserrés autour de la base de mon membre. J'étais trop épais pour qu'il puisse m'avaler tout entier et je pouvais voir à ses yeux que cela le frustrait. Amusé, je glissai avec précaution une main caressante dans ses cheveux courts.

J'observai le Naos, les corps qui s'unissaient partout autour de nous tandis que le plaisir pulsait dans mon membre. Il suçota longuement mon gland, le garda dans sa bouche pour le caresser de sa langue. Je soulevai mon bassin en grondant de désir.

– Continue, Soren. Je veux jouir dans ta bouche.

Il me lança un regard brûlant, redoubla d'attentions autour de mon membre, comme si je lui avais lancé un défi. C'était délicieux de le voir reconquérir sa sexualité avec autant d'aisance. Presque aussi délicieux que l'ardeur qu'il mettait à me sucer.

Je ne retenais pas le plaisir qui montait en moi. J'aurais pu le contenir, faire durer le moment mais j'étais trop impatient. Il ne demandait qu'à jaillir hors de moi.

Je crispai les doigts dans ses cheveux et me tendit un bref instant. J'éjaculai dans sa bouche, dans un orgasme rapide mais satisfaisant. Il déglutit plusieurs fois pour avaler ma semence, son regard ancré dans le mien. Il me relâcha enfin, le souffle court et les lèvres humides. Je les essuyai du pouce avant de caresser son visage. Cette seule vision me donnait de nouveau envie de jouir. Il allait bientôt être imprégné par mon essence, pas encore assez à mon goût.

– J'adore sentir tes lèvres autour de moi, Soren. Mais maintenant, je veux savoir ce que ça fait d'être vraiment en toi.

Un voile brumeux troubla un instant ses yeux d'orage. Il appuya sa joue contre ma paume. Quand je voyais quelles émotions je pouvais réveiller en lui avec des promesses aussi sages, je ne pouvais m'empêcher de rêver à quelles tempêtes je pourrais déchaîner avec des mots plus crus. Mais je voulais garder certains délices pour plus tard. Je redressai le regard, avant de sourire.

– Tu as réussi à faire sortir le dragon de sa tanière.

Ataek venait de surgir devant nous. Caché dans l'intimité et l'anonymat de la foule, il avait dû profiter du spectacle car son érection était déjà complètement dressée. Il s'agenouilla derrière Soren et se pressa contre son dos, l'entourant de son étreinte. Il embrassa son épaule avant d'y appuyer son menton pour mieux me lancer un regard ardent.

– J'ai essayé de résister plus longtemps, avoua-t-il d'une voix rauque. J'ai vraiment essayé.

C'était plaisant de les voir ainsi, enlacés et à genoux au pied de mon trône. J'aurai eu du mal à dire lequel des deux était le plus excité.

D'une main, Ataek saisit le menton de Soren pour lui faire tourner la tête et l'embrasser à pleine bouche. De l'autre, il enserra son membre pour le masturber lentement. Soren se cambra, glissa un bras dans son dos pour s'agripper à la nuque du drakenide. Son gland rouge de désir disparaissait dans le poing serré d'Ataek. La vision était aussi érotique qu'hypnotisante.

– J'ai envie de voir Nerei te prendre, gronda-t-il contre la bouche de Soren.

Au lieu de répondre, l'humain redressa la tête vers moi. Le souffle court, les yeux brillants et les pupilles dilatées, il était pour moi la tentation incarnée. J'aimais le voir ainsi. Il était toujours si calme et réservé que j'étais toujours agréablement surpris par la facilité avec laquelle il s'abandonnait au plaisir. Je m'accoudai à mon trône, me caressant d'une main. Je vis le désir enflammer leurs regards.

– Je veux te saillir sans douleur, Soren. Ataek va t'élargir pour moi. Ce sera délicieux de s'enfoncer en toi quand il t'aura ouvert et rempli de sa semence.

Ataek savait que je lui demanderai ça. Sa queue drakenide s'était enroulée autour des cuisses de Soren, et il le contemplait avec un sourire aussi complice que gourmand. Il attendait son accord silencieux, le caressant toujours, son autre main glissant déjà sur ses reins.

Soren l'embrassa de nouveau, éperdument. Ataek y répondit avec tant de fièvre que je pu sentir son aura s'embraser. Il utilisa son propre liquide séminal pour humidifier ses doigts et les glisser au bas des reins de Soren. Il y avait quantité de flacon d'huiles et de lubrifiants dans le Naos, mais aucun n'était autant imbibé de magie que les fluides des drakenides.

Le dos de l'humain s'arqua à l'intrusion de ses doigts, m'offrant une vision délicieuse de son corps arc-bouté, de ses tétons et de son sexe dressés de plaisir. Ataek mordilla le lobe de son oreille, faisant jouer ses doigts en lui avec une satisfaction évidente. Je grondai de frustration.

Ataek sourit contre la nuque de Soren, immobilisa ses hanches et s'enfonça lentement en lui.

L'humain se tendit. Sa brève grimace de douleur fut rapidement remplacée par une expression satisfaite. Il ferma les yeux, peut-être pour se concentrer sur les sensations et mieux pouvoir les dompter. Les yeux d'Ataek étaient deux lacs de lave. Il donna ses premiers coups de rein, faisant gémir Soren qui se cambra de nouveau pour mieux l'accueillir.

Quelques drakenides nous observaient de loin, je sentais leurs regards, l'aura de leurs cœurs de feu frôler les nôtres. Aucun n'approcha. Ils avaient compris que nous n'avions pas l'intention de partager cet esclave.

Les mouvements d'Ataek étaient brusques sans être violents. Il possédait Soren avec vigueur, maintenant ses hanches pour faire claquer son bassin contre le sien.

J'avais rarement connu des humains avec des expressions de visage aussi belles que celles de Soren lorsqu'il prenait du plaisir. Il s'offrait à nous avec une confiance déroutante, donnait l'impression de se laisser emporter par le courant des sensations avec sincérité et naturel.

Un coup de rein plus ample le déséquilibra en avant. Il se rattrapa au rebord de mon trône, les reins cambrés. Ataek le saisit doucement par l'épaule pour le redresser sur ses genoux, glissa son bras en travers de sa taille pour le maintenir contre lui et le besogner avec plus de force.

La queue d'Ataek s'enroula autour des cuisses de l'humain. Je vis son corps changer de façon à peine perceptible, les écailles s'étaler sur sa peau, ses oreilles s'étirer. Soren écarquilla les yeux un bref instant. Le sexe d'Ataek aussi avait dû s'épaissir et s'allonger à l'intérieur de lui. Le drakenide ne se transforma pas plus. Il saisit de nouveau le menton de Soren pour lui réclamer un baiser ardent, que l'humain lui rendit aussitôt. Les griffes d'Ataek se crispèrent sur les hanches de Soren, laissant des marques rouges sur sa peau. Un grondement sourd vibrait dans ma propre gorge. Ils étaient fascinants.

Ataek ne chercha pas à faire jouir Soren. Il se concentra sur son propre plaisir, le prit avec plus de force, amplifia ses derniers mouvements. Il se tendit contre son corps arc-bouté et je vis exactement à quel instant il laissa l'orgasme l'emporter. Soren tressaillit en le sentant jouir au creux de ses reins. Ataek le serra contre lui pendant de longues secondes, aussi belles qu'envoûtantes. Puis il embrassa son épaule et se retira, le couvant d'un regard repu.

Ce n'était pas mon cas. Ni celui de Soren, qui haletait encore, à genoux sur le tapis. Même sans cœur de feu, je pouvais sentir à distance l'ampleur de sa frustration et de la sensation de vide qui l'habitait.

– Viens, Soren, l'appelais-je d'une voix rauque.

Il ne se fit pas prier, et je l'aidai à se caler de nouveau sur mes cuisses. Il s'adossa contre moi sans protester, et je lui fis passer les jambes par-dessus les accoudoirs de bois.

Je glissai mes doigts en lui pour maintenir l'anneau de ses muscles délicieusement ouvert. La semence d'Ataek s'écoulait avec abondance hors de son intimité. L'intéressé, toujours agenouillé devant nous, se lécha les lèvres avec un air gourmand. Je ne connaissais que trop bien cette expression et j'imaginai très bien ce qui la provoquait.

Soren était nu contre moi, encore dégoulinant de ses fluides, le corps offert, ouvert, prêt à être de nouveau pénétré. Au cœur du Naos, cela n'avait rien d'extraordinaire. Mais pour nous deux, c'était étourdissant de le voir ainsi. Ataek l'avait laissé aux portes du plaisir, aussi frémissant qu'étourdi.

– C'est à mon tour de te prendre, Soren. Accroche-toi à moi.

Je saisis l'un de ses bras pour le lui faire passer en travers de ma nuque.

J'attrapai ensuite ses cuisses pour le soulever contre moi. Il ne pesait rien pour la force d'un drakenide. Je pris le temps de caresser à pleine main les muscles contractés de son torse. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas tenu un chevalier ainsi contre moi, prêt à m'accueillir en lui. J'embrassai doucement son épaule, puis le sommet de son dos, juste au-dessus de son tatouage recouvert de cicatrices.

Je m'enfonçai en lui d'une lente poussée. L'anneau de ses muscles de contracta autour de mon gland et me fit gronder de plaisir. J'abaissai ses hanches sur moi en même temps que je soulevai mon bassin pour venir à sa rencontre. Je le sentis se tendre, les dents serrées. J'étais plus imposant qu'Ataek et son corps résistait. Je n'avais pas l'intention de m'arrêter avant d'avoir pris pleinement possession de lui.

C'était suffocant. La semence d'Ataek agissait déjà pour renforcer et assouplir ses muscles, faciliter la reproduction. C'était aussi incroyablement délicieux de me sentir coulisser dans un corps rempli par les fluides de mon propre compagnon. Ses chairs s'étiraient pour moi mais Soren tenait bon. Son corps était un fourreau brûlant autour de ma hampe. La chaleur et le plaisir irradiaient depuis mon aine.

– Ataek avait raison, grondai-je contre son oreille. C'est délicieux d'être en toi, Soren.

Il haletait contre moi, les muscles tendus et contractés. Je le laissai s'habituer à ma présence.

– Tu es très doux, dis-je en caressant son ventre. J'aime sentir ton corps qui m'entoure.

Il étouffa un son de désir entre ses dents serrées. Mes mots le faisaient tressaillir comme s'ils l'électrocutaient. Ataek s'était rapproché de nous, se caressait comme je le faisais un instant plus tôt en les regardant. Son regard était aussi avide qu'intense.

Je soulevai les cuisses de Soren pour faire coulisser mon membre hors de lui. Il gémit et se crispa contre moi. Je m'enfonçai de nouveau en lui en grondant de délice. Je glissai facilement entre ses chairs lubrifiées par la semence d'un drakenide. Je tenai fermement ses jambes pour l'empaler sur moi, donnant d'amples coups de bassin pour venir à sa rencontre. Il cherchait déjà à bouger avec moi, contractant ses muscles autour de ma hampe.

– Je vais jouir en toi, Soren. Je vais remplir mon ventre de ta semence. Exactement comme tu sens ma verge à l'intérieur de toi.

C'était délicieux de s'enfoncer dans son corps étroit. Je me sentais insatiable et je le pris avec autant de plaisir que de passion. Il s'abandonnait contre moi, tête basculée contre mon épaule. Des spasmes de plaisir soulevaient son torse. Il griffa plusieurs fois ma nuque quand il n'essayait pas de s'agripper à mes bras. Il haletait autant qu'il gémissait, le dos cambré contre mon corps.

Je l'empalai sur toute la longueur de mon membre, m'enfonçant avec délice dans cet écrin aussi chaud que resserré. Il me démontrait avec passion toute la force de ses cuisses, accompagnant mes coups de reins puissants. La chaleur du Naos était devenue suffocante, presque autant que le plaisir qui ne quittait plus mon aine, bouillonnant comme le lac de lave d'un volcan.

Son anneau de muscle se contracta soudain. Soren se tendit comme un arc et sa semence éclaboussa son ventre. Je grondai de plaisir, le pris avec plus de force. Je n'avais pas de raisons de repousser l'extase. Je jouis à mon tour, profondément enfoncé au creux de ses reins, l'inondant abondamment de mon essence. Je le sentis trembler contre moi. Je relâchai doucement ses jambes pour le laisser reposer contre mon torse, l'enlaçant étroitement. Sa peau était brûlante, humide de sueur. Je caressai son torse, étalant les fluides qui le maculait. Je sentis la langue d'Ataek chatouiller mes doigts. Il s'attelait à nettoyer Soren, aussi malicieux que gourmand. Il avait jouit de nouveau lui aussi, dans sa propre main.

Je me sentais repu. Temporairement, du moins. Les chairs frémissantes de Soren palpitaient encore autour de mon membre. J'embrassai son front après avoir chassé quelques cheveux collés à ses tempes. Il resta alangui contre moi quelques secondes. Puis il se redressa, me jeta un regard troublant par-dessus son épaule. Il contempla aussi Ataek, dont les pupilles scintillaient comme deux braises.

Je devinai quelles pensées hantaient son esprit. Il voulait faire jouir Soren, l'avaler dans sa bouche. Et peut-être s'enfouir à son tour entre ses lèvres.

Soren y pensait aussi. Son regard ne laissait aucun doute sur ses intentions.

– Encore, réclama-t-il d'une voix brûlante.

Mon cœur de feu s'embrasa de nouveau, aussi violemment que mon désir.

Je le prendrai aussi longtemps qu'il le voudrait je le lui avais promis.

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