Chapter4:Maléfice

Chapter Text

Le dragon parti se rassoir au pied de l’arbre aux fruits brillants, sa queue fouettant l’air comme celle d’un gros chat énervé. Il me faisait penser à un volcan constamment sur le point d’entrer en éruption. J’étais si surpris de ne pas avoir encore subi les conséquences de sa colère qu’un frisson d’appréhension restait accroché à mes entrailles. Jamais l’expression « jouer avec le feu » ne m’avait paru aussi vraie.

– Tu t’appelles Soren, c’est bien ça ?

J’acquiesçai d’un signe de tête, sans oser lui retourner la question. On m’avait raconté que les noms étaient précieux pour les dragons et qu’ils pouvaient en porter plusieurs. Il me donnerait le sien quand il le jugerait nécessaire.

Comme j’étais resté immobile, le drakenide tapota l’herbe de sa grande main griffue pour m’inviter à le rejoindre. Je rassemblai mes maigres affaires avant d’obéir. Je n’avais pas faim et grâce à sa chaleur, pas vraiment froid non plus. L’herbe moelleuse chatouilla ma peau nue mais je m’y allongeai sans rechigner. Je ne me souciai pas des insectes et des bêtes sauvages qui auraient pu m’inquiéter dans d’autres circonstances. La créature la plus dangereuse de Drakanea se tenait déjà derrière moi.

Le drakenide coula son corps souple contre le mien et passa son bras en travers de ma taille pour me rapprocher de lui. Mon dos trouva naturellement sa place contre son torse. Au lieu de me crisper, je sentis mes muscles se dénouer dans la chaleur de son étreinte.

L’eau froide du ruisseau avait glacé mes membres. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti si propre, débarrassé d’un peu de la sueur et de la poussière accumulées sur ma peau. Ce n’était pourtant qu’un soulagement bien dérisoire. Je me sentais toujours aussi fébrile, incapable de mettre de l’ordre dans mes pensées agitées. Je pouvais presque sentir les battements de mon propre cœur se répercuter contre la paume de sa main.

– Que venaient faire des mercenaires à Drakanea ?

Son souffle caressa ma nuque. Je m’étais attendu à ce qu’il pose cette question tôt ou tard. J’avais l’impression que parler avec moi l’aidait à rester calme, tant que je me montrai prudent.

– Ils ne faisaient que passer. Ils revenaient d’une série de pillages près d’Abremai. Ils avaient des sacs pleins d’or et toute une armée aux trousses.

Des trésors qui gisaient maintenant dans les bois sauvages de Drakanea, peut-être pour toujours. C’était sans doute mieux comme ça.

– C’est insensé. Ils n’avaient aucune chance de ressortir vivants de nos terres.

Je restai immobile dans son étreinte.

– C’est pour ça qu’ils m’ont acheté. Ils pensaient que les chevaliers d’Ashkelon combattaient les dragons.

Un rire chaud secoua ses épaules tout contre les miennes.

– Ils n’avaient pas tout à fait tort. Mais ce sont de très agréables combats.

L’amusement faisait ressortir des intonations drakenides dans le ton de sa voix. Il parlait pourtant incroyablement bien la langue humaine.

– Et ce mage noir a accepté de te céder à de vulgaires pillards ?

Une boule d’amertume enfla dans ma gorge. Il me fallut plusieurs secondes pour trouver les mots.

– C’était dans son intérêt, oui. L’Assemblée des mages convoite les cités libres d’Abremai.

Et puis, un esclave usé comme moi avait probablement perdu toute sa valeur. Tout comme Abremai finirait par la perdre au fil du temps, peu importe les ressources dépensées pour l’obtenir.

– Quel rapport avec des mercenaires ? demanda le drakenide avec curiosité.

– Ils ont fait subir la même chose à Ashkelon. C’est comme ça qu’ils agissent pour s’accaparer un royaume. D’abord des attaques constantes de bandits, pour mobiliser leurs ressources et solliciter sans cesse leurs défenses. Puis, quand leurs réserves commenceront à se réduire, des raids plus violents et plus organisés. Et enfin, la magie noire.

Il acquiesça d’un bref son de gorge.

Il avait posé sa main à plat sur mon ventre pour me maintenir contre lui. J’avais une conscience très vive de la chaleur de sa paume et de la pointe de chacune de ses griffes appuyées contre ma peau.

– Ces pillages, tu y as participé ?

Malgré l’importance de la question, le ton de sa voix était désinvolte, comme si ma réponse ne l’intéressait pas vraiment

– Non. Ils avaient trop peur que je profite du chaos pour m’enfuir.

– Tu l’aurais fait ?

Cette fois, sa voix semblait presque amusée. Je callai mes propres mains sous ma joue, le plus lentement possible.

– Probablement.

Je n’avais aucune idée de l’endroit où je serais allé si j’avais réussi. Tout comme je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il se serait passé si j’avais pu m’enfuir dans les bois après l’attaque des drakenides. Mais ce n’était apparemment pas ça qui l’intéressait.

– C’est bien, dit-il d’un ton satisfait. Ça prouve que tu as encore envie de te battre. Un esprit fort et de la volonté, c’est important pour les couvées.

Je ne répondis pas. Pour moi, l’instinct de survie n’avait rien à voir avec la volonté. Même un animal mourant s’accrochait encore à son envie de vivre.

Les seules choses qui me venaient à l’esprit étaient des pensées amères et je ne voulais pas risquer de le contrarier de nouveau. Il ne me demanda plus rien et le silence s’installa durablement sur la clairière. J’en conclus qu’il était temps d’essayer de dormir.

J’eu beaucoup de mal à y parvenir. Pas à cause du sol dur et de l’absence de couverture ; j’avais déjà connu des conditions bien pire et mon corps épuisé n’aurait eu aucun mal à sombrer. Le contact du dragon était étrange et chaud, mais pas désagréable. C’était comme être enveloppé par le soleil lors des premiers beaux jours du printemps. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas connu cette sensation que j’étais même surpris de m’en rappeler.

Son pouvoir avait dû s’amenuiser car autour de nous, la nature avait fini par sombrer dans la pénombre. Je n’entendais que le vent bruisser dans les arbres et son souffle régulier frôler ma nuque.

Je me demandai si le dragon s’était endormi. J’étais presque certain que si je bougeai ou que j’essayai de me retourner, il se réveillerait aussitôt.

Je l’enviai. J’étais bien trop préoccupé pour donner à mes muscles le repos qu’ils essayaient désespérément de trouver. Mes pensées bourdonnaient sans que j’arrive à les calmer, chargées d’émotions vives et contradictoires. Je ne grappillai que quelques instants de sommeils lourd et confus, avec l’impression de somnoler plutôt que de dormir vraiment.

Mon pèlerinage à Drakanea aurait dû être l’aboutissement de ma vie de chevalier. J’avais passé la moitié de mon existence à en rêver, et l’autre moitié à le regretter. C’était resté l’une de mes plus cruelles déceptions. On n’était pas vraiment chevalier d’Ashkelon tant que l’on n’était pas revenu de la terre des dragons.

Je croyais pourtant avoir renoncé depuis longtemps à cette chimère.

Pénétrer Drakanea m’avait déjà semblé être un sacrilège. J’étais persuadé que si les dragons nous trouvaient, ils me tueraient, dégoûtés par ce que j’avais fait alors que j’étais un ancien chevalier.

C’était inespéré que j’ai pu rencontrer des drakenides et m’en sortir vivant. C’était une autre forme de transgression, aussi. Les chevaliers devaient traverser seuls Drakanea pour se présenter aux dragons. Je ne pensais pas que je vivrais assez longtemps pour ça.

– Si tu n’arrives pas à dormir parce que ton corps n’est pas assez fatigué, je peux remédier à ça.

Ma respiration se figea. La voix chaude et rauque du drakenide m’avait surpris.

– Je croyais que vous dormiez, dis-je sans oser me retourner.

Son corps remua contre le mien alors qu’il poussait un profond soupir ensommeillé.

– Je dormais, dit-il à voix basse. Je rêvais de toi.

Sa main s’anima sur ma peau, me saisit par la taille pour me ramener tout contre lui. J’eu soudain l’impression que l’air devenait plus chaud. Je compris rapidement pourquoi.

– Vous êtes excités.

Son érection s’éveillait contre mes cuisses. Il se mit à rire en m’entendant le constater à voix haute.

– Je suis un drakenide. Je suis tout le temps excité. Sauf quand je suis furieux.

Son souffle caressa mon épaule, aussi suave que la paume de sa main contre ma peau.

– Ou que je suis furieusement excité.

Il remonta sur ma hanche en m’arrachant un long frisson. Je cherchai machinalement à remuer mais il me bloqua d’une poigne ferme.

– Ne bouge pas. Tu ne sais pas à quel point j’ai envie de toi.

Et lui ne savait pas à quel point c’était déboussolant de l’entendre dire ça. J’inspirai profondément, en vain. Le rythme de mon cœur était déjà incontrôlable.

– Alors ne vous retenez pas, soufflai-je sans me retourner.

Sa main se figea sur mon ventre.

– Je t’ai déjà dit que j’avais d’autres projets pour toi, dit-il après un instant. Ce serait délicieux de te prendre, c’est vrai. Mais ça le sera encore plus quand tu me réclameras de le faire.

L’amusement rendait sa voix plus chaude et plus douce. Sa large paume glissait partout sur ma peau et sa fébrilité me contaminait peu à peu.

– Qu’est-ce qui vous dit que je n’en ai pas envie ?

Ma voix était restée calme et mesurée, mais je frissonnai des pieds à la tête. Il ne pouvait pas l’ignorer. Pas alors que son corps épousait le mien plus intimement que personne ne l’avait jamais fait ces dernières années.

– Tu as encore trop peur. Je ne sais pas de quoi, mais je peux le sentir.

Je tressaillis malgré moi. J’étais surpris qu’il ait pu le percevoir, encore plus qu’il en tienne compte. Je n’avais pas peur de lui, ni d’être touché par un homme, pas plus que de subir ses pulsions drakenides, de gré ou de force. C’étaient mes propres réactions qui m’effrayaient. Je ne savais pas ce qu’elles pourraient déclencher. Ou plutôt si, je ne le savais que trop bien. Mais c’était inutile d’en parler au dragon. Il y avait peu de chance que quoi que ce soit ne se manifeste.

– Vous n’allez pas rester comme ça toute la nuit.

C’était une évidence. Son sexe était si dur contre mes reins qu’il aurait pu me pénétrer d’une seule poussée. Je m’attendais à ce qu’il le fasse d’un instant à l’autre, mais il ne semblait pas disposer à s’exécuter. Pas plus qu’il ne semblait résolu à cesser de caresser ma peau. J’imaginai sans mal son regard luire dans la pénombre.

– Non, c’est vrai. Je vais devoir te marquer.

Un nouveau frisson dévala mon échine. Il allait jouir à nouveau contre moi. Ma respiration s’emballa sous l’effet conjugué de la crainte et de l’excitation.

– Je serai moins pressé de te prendre si je sens mon odeur sur toi. Mon instinct sera satisfait.

J’avais l’impression étrange qu’il cherchait à s’excuser de s’être soulagé sans la moindre explication tout à l’heure. Le ton de sa voix n’exprimait pourtant pas la moindre once de regret. Il ne me demandait pas mon avis, il m’avertissait de ce qu’il allait se passer.

Il pressa son érection brûlante contre moi, écartant les lobes de mes fesses pour se glisser entre elles sans chercher à me pénétrer. Il entama un va-et-vient lent et régulier, pressant chaque once de son membre épais contre ma peau. Comme l’aurait fait un amant lascif en train de me faire l’amour.

Le torrent d’émotions que cela fit naître en moi était inexplicable.

Être un objet de désir était une chose dangereuse. Cela n’impliquait pas toujours d'être traité avec déférence. Je n’aurais jamais imaginé être traité avec tant de considération de la part d’un drakenide. Pas après tout ce qu’on m’avait raconté sur eux et leurs instincts sauvages.

Mes mains se crispèrent dans l’herbe moelleuse. Je n’osais pas bouger, les muscles tendus malgré la chaleur qui déferlait en moi. Son souffle et son nez frôlaient mon épaule, sans doute volontairement. Je frémissais à chaque fois, troublé par la sensation autant que par l’intimité qu’elle impliquait.

Il bougeait contre moi en prenant tout son temps, aussi avide que patient. Chacun de ses mouvements de hanche, amples et lents, amplifiait un peu plus le trouble de mes émotions.

Son gland se pressa volontairement contre l’entrée de mon corps et tous mes muscles réagirent par anticipation. Il ne me fallut qu’un instant pour l’imaginer en train de s’enfoncer en moi. Le ressentir profondément enfoui dans mes chairs, aussi épais que brûlant.

Je ne pouvais pas nier l’évidence.

J’avais envie qu’il me prenne.

Cela fit naitre en moi une frustration terrible. J’agrippai son bras avec empressement, étouffant un son rauque entre mes dents serrées. Il rit contre ma peau et je sentis son torse s’agiter contre mon dos. Sa main plongea entre mes jambes pour en soulever une brièvement. La sensation de ses doigts chauds sur ma chair sensible était pire que tout.

Son membre s’enfouit entre mes muscles et je réalisai à quel point j’étais excité, moi-aussi. Son érection se pressa lentement contre mon périnée, mon scrotum, mon sexe déjà quasiment dressé. Il reprit ses va-et-vient terribles, entre mes cuisses cette fois. La moindre des sensations en était décuplée. Les premières ondes de plaisir se propagèrent depuis mon aine, ma respiration devint hors de contrôle.

Je resserrai mes cuisses autour de lui, jouant inconsciemment de mes muscles contre son membre tendu. Je l’entendis gronder de satisfaction contre ma nuque.

Il empoigna mes pectoraux pour les presser avec avidité. Il pinça l’un de mes tétons, le fit rouler entre ses doigts, m’envoyant une décharge de sensations si vives que je laissai échapper un hoquet surpris. Sa queue de dragon s’enroula autour de ma jambe et les écailles chaudes et lisses m’entourèrent comme une seconde peau.

Je n’avais plus l’habitude d’être touché comme ça. Ses longs doigts glissaient sur moi en ne laissant qu’une trainée de frissons, sa paume épousait mon corps en me donnant l’impression d’être partout à la fois. J’avais le sentiment que personne ne m’avait jamais touché avec autant de convoitise.

Ma respiration hachée se chargea de gémissements rauques. Il cherchait son plaisir entre mes cuisses resserrées, frottait son sexe gorgé de désir contre le mien, pressait son gland contre mes bourses. Je m’agrippai plus fort à lui sans pouvoir retenir le plaisir intense qu’il faisait déferler sur moi. Je sentis son sexe tressaillir entre mes muscles, mon cœur gonfler alors qu’une sensation nouvelle m’envahissait.

La souffrance éclata si brusquement dans mon bas-ventre qu’elle me terrassa en un instant.

J’eu soudain l’impression que des milliers d’aiguilles transperçaient mon corps. La douleur m’aveugla, mes oreilles bourdonnèrent. Je me recroquevillai en poussant un grognement d’animal blessé, les membres crispés, mes doigts raclant le sol.

J’entendis le drakenide gronder, de colère ou bien d’incompréhension. J’avais si mal que sa voix me paraissait lointaine. Des spasmes de douleurs contractaient mes muscles. C’était si insupportable que j’avais envie de hurler, mais les sons s’étranglaient dans ma gorge.

Tout cessa aussi vite que c’était arrivé, comme un ras de marrée qui reflua en me laissant vide de toute force. J’étais à bout de souffle, encore tremblant, aussi nauséeux que désorienté. Il me fallut un moment pour prendre conscience de la paume brûlante posée contre mon front. Deux billes incandescentes me fixaient dans la pénombre. C’était tout ce que je pouvais distinguer à travers mon regard embué.

– C’est fini. Le sortilège s’est arrêté.

Sa voix était menaçante, mais j’étais incapable de dire s’il était inquiet ou furieux. Ma poitrine se soulevait au rythme de ma respiration erratique, mes poumons cherchant en vain cet air qui leur manquait.

Il me fit rouler sur le dos, m’écarta les genoux comme si je n’étais qu’un pantin de chiffon. Je retrouvai assez d’esprit pour me redresser péniblement sur les coudes.

Un fluide blanc et épais maculait mes cuisses. Il me fallut quelques secondes pour comprendre qu’il s’agissait de sa semence. Je ne l’avais même pas senti jouir.

Sous le liquide chaud, des lignes noires se propageaient sur mon aine. Des volutes sombres s’étendaient partout depuis mon bas-ventre, comme un tatouage de magie noire sur mon épiderme. Le drakenide les observait en fronçant les sourcils.

– Qu’est-ce que c’est, une ceinture de chasteté magique ?

Je me laissai retomber en arrière pour me frotter le visage, vaincu par l’épuisement. Les étoiles recouvraient le ciel comme des grains de sable. Je le sentis suivre du doigt les stigmates de magie noire sur mon bas-ventre, comme s’il essayait de déchiffrer un parchemin.

– Non. Si c’était ça, le maléfice ne se serait pas déclenché comme ça, dit-il pour lui-même.

Je pris une grande inspiration pour réunir mes forces.

–Adraxas a dit aux mercenaires que leur bite tomberait s’ils essayaient de me prendre.

J’en doutais. Ce salaud avait surtout imaginé que, d’une manière ou d’une autre, je puisse aimer ça s’ils essayaient de me violer.

Le dragon dû en arriver à la même conclusion. Heureusement, parce que je n’étais pas en état de lui expliquer quoi que ce soit d’autre.

– Il t’a jeté un sort pour que tu ne puisses pas prendre de plaisir sexuel, dit-il en retirant sa main.

Son regard d’ambre me brûla dans la pénombre.

– Pourquoi est-ce que tu ne m’en as pas parlé ?

Je ne répondis pas. J’y avais pensé, à vrai dire. Seulement, je n’aurais jamais imaginé qu’il pourrait vraiment me donner du plaisir. Jusqu’à cette nuit, je ne pensais même pas que j’étais encore capable d’en éprouver. Pas seulement à cause de cette menace constante qui pesait sur moi, d’ailleurs.

– C’est de ça que tu avais peur, dit-il en coulant de nouveau son corps contre le mien. C’est pour ça que tu es si tendu quand je te touche.

Sa voix était chargée de colère, mais aussi d’autre chose que je n’arrivai pas à identifier. De la satisfaction ?

– Tourne-toi sur le côté.

Je dégluti avec peine et roulait sur le flanc pour lui tourner le dos. Mes muscles étaient si tendus que j’avais l’impression que le moindre mouvement trop brusque me donnerait des crampes affreuses.

Sa grande main chaude se posa de nouveau sur mes hanches, sur mes reins, sur mes fesses. Cela n’avait rien à voir avec ses caresses et si je frémi à son contact, c’était par simple réflexe mécanique.

– Je pourrai peut-être lever ce sort, dit-il après un long moment. Mais ça ne te plaira pas.

Je sursautai aussitôt, cherchant à me redresser. Une explosion de colère souleva ma poitrine. J’étais trop épuisé pour réfléchir correctement.

– Ça m’est égal. Faites-le. Débarrassez-moi de ça.

De toute la magie noire qui imprégnait mon corps, mon esprit, mon âme Ce poison se répandait en moi depuis beaucoup trop longtemps et je ne pouvais plus le supporter. S’il y avait une toute petite chance qu’il puisse le purger, alors je voulais qu’il le fasse.

Peu importe s’il devait m’arracher les entrailles ou me violer jusqu’à me briser en deux.

Je ne voulais plus jamais ressentir cette énergie maléfique couler dans mes veines.

– Non, répondit le dragon d’une voix beaucoup trop calme. Tu n’es pas en état.

Il me força à me rallonger d’une main aussi ferme que rassurante. Je me sentais trembler de colère et de frustration. Ma respiration s’était de nouveau emballée.

– Je ne suis même pas sûr de pouvoir t’en débarrasser complètement. Pas avant d’être allé à Drakomaï.

Ses bras m’enveloppèrent comme un étau. Je sentis sa queue s’enrouler de nouveau autour de mes jambes, peut-être pour contenir les soubresauts qui agitaient encore mes membres.

– Mais je ne tiendrai pas jusque-là sans pouvoir te toucher, souffla-t-il

contre ma nuque. Et toi non plus, il me semble.

Il m’avait ramené contre lui, son corps épousant le mien, recroquevillé en chien de fusil. Il posa sa main sur mon visage pour me bander les yeux. Sa peau était brûlante.

– Dors, dit-il finalement. Tu as besoin de repos. Et moi, je dois réfléchir.

La chaleur devint soudain aussi lourde que suffocante. Je sombrai sans lutter dans un sommeil de plomb.

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ZOREL08

ZOREL08

la suite stp 🥰

2022-09-04

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