Notes:
Vous êtes sûrement ici en connaissance de cause mais ce chapitre est presque entièrement constitué d'une scène de sexe entre hommes (ne laissez pas n'importe qui lire par dessus votre épaule). N'oubliez pas que c'est une histoire de fantasy érotique et que les pratiques des personnages ne sont pas forcément représentatives de la réalité.
Bonne lecture !
Chapter Text
J’étais fasciné par l’audace dont l’humain faisait preuve en s’agenouillant devant moi.
Soren referma ses doigts tièdes autour de ma verge. Pas avec la précipitation de celui qui veut se débarrasser au plus vite d’une corvée imposée ; il me caressa lentement, en prenant son temps, du geste confiant et sûr de celui qui savait donner du plaisir et qui voulait le faire durer.
Je le laissai faire, ensorcelé.
Sa langue accompagna bientôt sa main. Elle courut sur ma hampe pour en apprivoiser les reliefs. Je grondai de satisfaction quand elle s’attarda sur mon frein. Il lécha longuement mon gland gonflé de désir, l’engloutit enfin entre ses lèvres, dans un spectacle suffocant d’érotisme.
Mes griffes s’enfoncèrent profondément dans la pierre.
Je n’avais pas réussi à maitriser mes pulsions lorsque je l’avais vu nu et ruisselant d’eau. Son corps couvert de cicatrices et de bleus avait embrasé mon excitation.
J’étais entré dans le bassin avec le besoin irrépressible de le faire mien, convaincu que le sortilège aurait en partie rompu sous mes assauts. J’avais si violemment éprouvé le besoin de le prendre que les conséquences d’un tel acte m’avaient paru bien dérisoires.
Voilà que Soren me prenait de court en devançant mes intentions. Mieux, il avait trouvé le moyen d’amadouer la bête en moi, et je brûlai de découvrir ce qu’il me réservait encore. Je ne voulais surtout pas perdre le peu de contrôle que j’avais réussi à retrouver.
Mon membre était encore trop imposant pour qu’il puisse l’engloutir tout entier. Ses lèvres allaient et venaient sur l’extrémité de ma hampe, se concentraient sur mon gland avec une avidité non feinte. J’en bouillonnai de plaisir.
Soren n’avait pas le comportement de quelqu’un qui se forçait. Il donnait plutôt l’impression de vouloir bien faire, frustré par ses propres limites. C’était une qualité que j’appréciai beaucoup dans la vie courante. Dans le domaine du plaisir, elle en devenait étourdissante.
Je l’avais cru austère et réservé. J’entrapercevais maintenant son appétit exigeant, la sensualité débordante cachée derrière sa réserve.
Il avait dû être un homme familier du plaisir avant d’en être privé par la magie noire. Son regard cherchait parfois le mien et j’ignorai s’il guettait mes réactions ou s’il voulait simplement me provoquer. Si c’était le cas, il y parvenait très bien. Le plaisir pulsait dans mes veines, brut et violent. Un grondement animal vibrait en permanence dans ma gorge. Ses mains cajolaient toute la longueur de chair qu’il ne pouvait prendre dans sa bouche. J’avais envie de plus, besoin de plus, mais j’étais tellement fasciné par le plaisir qu’il m’offrait que la frustration en devenait délice. Je ne cherchai pas à retenir la jouissance qu’il essayait de provoquer. Il m’avalait de plus en plus vite, les lèvres resserrées.
J’arrachai mes griffes à la roche, posai avec mille précaution ma main sur son crâne, enfouissant mes longs doigts dans ses cheveux. Soren tressaillit mais ne s’arrêta pas, n’engloutit ma chair dure qu’avec plus d’avidité. Ma main se contracta sur sa tête. Il comprit ce que cela signifiait, ce que j’attendais de lui. J’en rugis de satisfaction et laissai le plaisir brut déferler en moi. Il jaillit de mon aine en de longs et violents spasmes, éclata en abondance dans sa bouche. Je me répandis entre ses lèvres en le dévorant du regard.
Je grondai de plaisir en le sentant avaler jusqu’au dernier jet, le cajolant d’une main ferme et encourageante. Il suçota longuement mon gland, m’arrachant de longs frissons comblés, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et me relâche pour reprendre son souffle. J’effleurai du pouce sa bouche encore maculée de semence.
– Avale, ordonnai-je d’une voix rauque. N’en perds pas une goutte.
Soren obéit, passant la langue sur ses lèvres gonflées, haletant encore.
C’était un délice de le contempler ainsi, agenouillé entre mes cuisses, les lèvres roses et humides, les tétons dressés par le désir.
Mon membre était encore gorgé d’envie. Je me sentais repu, mais il m’en fallait bien plus pour être satisfait. J’ignorai s’il serait capable de tenir le rythme. Il semblait en avoir conscience lui aussi, les sourcils légèrement froncés. J’imaginai combien tout cela devait être frustrant.
Je repris très lentement une forme un rien plus humaine, rétractant mes ailes, rapetissant un peu.
Il parut prendre sa décision sans que je n’aie rien à dire. Prenant appui contre mes cuisses, sa langue repartit à l’assaut de ma verge.
J’en frémis de plaisir, caressant sa chevelure d’une main encourageante, saisissant de l’autre ma hampe pour faciliter son exploration. Il cajola toute la longueur de ma chair dure, m’arrachant de délicieux frissons. Il redessina de la pointe de sa langue la moindre de mes veines, la fente de mon gland. Il plongea sous mon membre pour mieux lécher mes bourses contractées par le plaisir. Je le sentis les happer entre ses lèvres, les malmener avec autant de douceur que de provocation. C’était si bon, si indécent de sa part qu’il me fallut mobiliser toute ma volonté pour ne pas crisper trop violemment mes griffes sur son crâne.
Soren m’imposa autant de tourments que je l’autorisai à m’infliger. C’était exaltant de le voir si sûr de lui, si décidé à me donner du plaisir.
J’étais certain à présent qu’il ne faisait pas ça pour retarder l’échéance, mais bien parce qu’il en avait réellement envie. Pourquoi il s’était décidé après toute la méfiance qu’il m’avait manifesté, je l’ignorai et à vrai dire, m’en moquait ; je ne voyais que ce que cela présageait pour la suite, et c’était étourdissant.
Il referma de nouveau ses lèvres autour de moi, m’emprisonnant dans un tourbillon de sensations aussi douces que dangereuses. Il me fit reposer contre sa langue pour mieux m’avaler, et je plongeai dans sa bouche avec délice. Ce ne fut qu’après de longues et insoutenables secondes qu’il parvint à m’engloutir presque tout entier.
J’en grondai de plaisir, fasciné. Je ne l’en aurai jamais cru capable. Peut-être que mes fluides avaient déjà portés leurs fruits.
Il se recula lentement, m’arrachant une nouvelle vague de plaisir lancinant, repris brièvement son souffle pour mieux m’avaler de nouveau. Je dû redoubler d’effort pour retenir les mouvements de mes hanches et ne pas m’enfouir de moi-même dans le fourreau de sa gorge. Il ne ménageait pas ses efforts pour moi, et mes pulsions dévorantes avaient déjà été rassasiées.
Il me conduisit à nouveau à l’orgasme avec une assurance déconcertante. Ce fut plus difficile pour lui d’avaler ma semence, mais il s’exécuta sans que je n’aie à le demander. J’en grondai de satisfaction, caressant son visage avec dévotion.
Il me prit dans sa bouche plusieurs fois encore, me laissa jouir entre ses lèvres autant de fois que je l’exigeai. Ce n’était qu’une succession de moments de répits et de plaisirs aussi intenses que vertigineux.
Je sentis pourtant qu’il approchait ses limites. Il les avait même certainement dépassées depuis longtemps mais ne s’en était pas vraiment rendu compte. Je caressai du bout de mes griffes ses lèvres humides, le saisi contre moi pour le hisser sur mes cuisses. Soren s’accrocha à mes épaules, le souffle court.
Il devait avoir aussi mal aux genoux qu’à la mâchoire. Je le sentais à la fois épuisé et excité, frustré que les choses doivent en rester là.
J’étais impressionné par son courage, admiratif de la sensualité qu’il m’avait dévoilé. J’étais pressé d’en explorer les frontières et de le pousser à les dépasser. Mais nous aurions tout le temps de cela une fois à Drakomaï.
Je posai la main sur ses reins, effleurai son bas-ventre de l’autre. Je sentais la magie noire fourmiller contre mes paumes, prête à crépiter à la moindre étincelle.
Cela aurait pu me mettre furieusement en colère si je ne percevais pas aussi mon essence se répandre à travers lui. Ma propre magie l’imprégnait peu à peu, amplifiée par l’énergie de la source.
– Le sortilège s’affaiblit déjà. Nous n’aurons aucun mal à le rompre.
Si je n’y parvenais pas, Nerei, lui, le ferait sans difficulté.
Je sentis Soren tressaillir à ces mots, ébranlé par cette nouvelle. C’était troublant de le voir si fragile après la volonté de fer qu’il venait de manifester. Son relâchement ne dura qu’un instant fugace.
– Dites-moi ce qu’il faut que je fasse, dit-il d’une voix rauque.
Son opiniâtreté me fit rire. Il s’imaginait peut-être que ce qu’il venait de m’offrir n’était qu’un prélude, pour rassasier l’appétit de la bête en moi avant que je ne puisse passer aux choses sérieuses. Il s’attendait encore à ce que je le prenne, déjà préparé à souffrir le martyre. Je l’admirai un peu plus à chaque nouvelle seconde.
– Tu as déjà fait beaucoup, dis-je en caressant ses reins.
Il n’en avait pas la moindre idée, j’en avais la certitude. Ce n’était pourtant pas le moment de m’étendre en explications. J’avais un bien meilleur projet en tête.
– Il y a des failles que je peux exploiter.
La magie grésillait sous mes doigts. Aidé par l’énergie de la source, je remontai les fils et les nœuds du sortilège brodé en lui. Des volutes sombres apparaissaient sur sa peau au contact de ma magie. Si la sensation lui était désagréable, il n’en montrait rien.
– Ici, dis-je en appuyant au creux de ses reins.
Je rompis les liens d’un coup sec. Il tressauta, comme agité par une décharge électrique. Je caressai aussitôt ses reins et la courbe de ses fesses pour me faire pardonner cette douleur imprévue. Ses mains s’étaient crispées sur mes épaules.
– Et là, aussi, dis-je en m’égarant dans ses yeux couleur d’orage.
Je glissai mes doigts plus bas pour frôler l’entrée de son corps. Je vis le trouble passer dans ses prunelles alors que je caressai son anneau de chair souple. J’avais senti les muscles de son ventre se contracter contre la paume de ma main. Il était aussi inquiet que désireux.
– Pas assez pour que je puisse te prendre, avouai-je à contrecœur. Mais je vais pouvoir te rendre un peu de ce que tu viens de me donner.
Je relâchai ses reins pour rétracter mes griffes. Elles s’enfoncèrent dans mes doigts jusqu’à disparaitre.
Le sortilège tenait bon malgré mon intervention. Il s’agitait sous la paume de mon autre main, que j’avais gardé plaquée sur son ventre. Dans le creux de ses reins en revanche, une partie du maléfice s’était disloquée. C’était une tapisserie de sorts complexes, destinés à réagir au plaisir sexuel ainsi qu’à la stimulation de certains nerfs. Le maléfice se réveillerait si j’avais le malheur de toucher au membre à demi-érigée de Soren. Certaines parties de l’ouvrage semblaient pourtant plus fragiles que d’autres.
Je ne pouvais pas imaginer qu’il puisse s’agir de négligence. Peut-être que le mage noir ignorait certaines choses du plaisir masculin, ou bien qu’il n’avait pas imaginé que quelqu’un chercherait à satisfaire son esclave de cette façon.
Je caressai doucement son anus, conscient de la tension de ses muscles et des tressaillements qui agitaient son corps.
– Je vais te faire mal, dis-je contre son oreille. Mais je sais que tu peux le supporter.
Soren acquiesça d’un signe de tête, les mains serrées sur mes épaules. Je massai doucement l’anneau de muscles avant d’immiscer mon doigt entre ses chairs. Cela nous fit l’effet d’une décharge électrique, brève et douloureuse. Il gronda entre ses dents serrées et se contracta autour de moi.
C’était déjà fini. Le sortilège s’effilochait, partiellement rompu. Bien trop peu pour me permettre de lui faire subir tout ce dont j’avais envie mais pour ce soir, je saurais m’en contenter.
Je bougeai tout doucement mon doigt en lui. Soren était encore crispé. Son inconscient s’attendait sans doute à ce que la douleur s’abatte sur lui d’un instant à l’autre.
– Est-ce qu’on t’a déjà touché ici ?
Je pouvais deviner à ses réactions que c’était le cas. Il savait quel genre de plaisir on pouvait éprouver ainsi et malgré ses réticences, je sentais tout son corps en trembler d’impatience.
– Oui, souffla-t-il d’une voix rauque.
Ses chairs s’assouplissaient peu à peu autour de moi. Nous n’étions pas placés de la meilleure façon pour ce que je souhaitais faire mais j’avais trop envie de le garder face à moi. Je voulais pouvoir le contempler.
Voir son corps d’homme, abîmé et endurci par la vie, si puissant et si dur, vaciller peu à peu sous les assauts du plaisir.
J’amplifiai la chaleur de mon cœur de feu pour l’aider à se détendre. Je trouvai sans mal le renflement que je cherchai à l’intérieur de son corps. Je n’aurais pas pu aller beaucoup plus loin sans provoquer de nouvelles souffrances.
Je frôlai doucement la glande en forme de châtaigne que je sentais sous la pulpe de mon doigt. Je l’effleurai à peine, me gorgeant du moindre frisson qui traversa son corps. Je sentis Soren se contracter autour de moi.
Ce n’était pas de l’inquiétude, cette fois.
J’entamai un massage aussi précis que rigoureux sur cette masse de chair sensible. Elle gonfla et durcit délicieusement sous mon doigt, m’incitant à insister encore davantage. La respiration de Soren accéléra. Son regard orageux se troublait de nuages, ses pupilles se dilataient sous l’effet du plaisir. C’était bouleversant de voir les sensations se réveiller et se propager à travers lui. Il ne s’agissait pas seulement de l’orgasme ; il n’avait peut-être pas éprouvé de plaisir sexuel depuis des années. Son corps semblait redécouvrir cette satisfaction physique intense que l’on ne pouvait atteindre qu’à travers le plaisir de la chair.
J’aurais aimé lui faire goûter infiniment plus. Lui faire l’amour au milieu de cette source, m’enfouir en lui tout entier, le caresser jusqu’à ce qu’il demande grâce. Je l’aurais pris de toutes les façons qu’il était possible de prendre un homme. Il me faudrait encore me montrer patient.
Son corps s’agitait au-dessus du mien, agité par des ondes de plaisir qui devaient être de plus en plus intenses. Je le sentais bouger et se contracter autour de moi, peut-être pour rechercher inconsciemment l’extase qui devenait si proche. Je ne savais pas s’il essayait de lutter pour la retarder. Je fis plutôt mon possible pour l’y précipiter, massant avec plus d’exigence cette boule de chair sensible au creux de ses reins.
Je vis la vague arriver et déferler sur lui, implacable.
Je le trouvais déjà beau ; l’orgasme le rendit magnifique. J’ignorais qu’il serait capable d’exprimer autant d’abandon, d’avoir l’air si vulnérable et si fort à la fois. Son corps était secoué de spasmes de plaisir que j’accompagnais de mes caresses, des sons de plaisir étourdissant vibraient dans sa gorge.
Il n’avait pas éjaculé, mais des fluides que je brûlai de goûter perlaient à l’extrémité de son membre. J’aurais voulu pouvoir l’avaler tout entier pour m’en repaître. Encore un délice qui devrait attendre.
Soren me contempla d’un air aussi hagard qu’épuisé. Son orgasme avait semblé à la fois intense et long. Il caressa ma nuque, l’air bouleversé. J’avais l’impression d’avoir fait voler son âme en éclat. C’était satisfaisant et en même temps, cela me rendait furieux. Je savais qu’il n’était pas troublé pour les bonnes raisons. Ce n’était pas l’expression égarée d’un homme qui expérimentait pour la première fois quelque chose d’inconnu.
C’était plutôt la réalisation amère de l’ampleur de ce qu’on lui avait volé.
– Ce n’était que le début, dis-je en caressant sa hanche. Je vais te faire jouir encore, Soren.
Une expression surprise traversa son visage. Je ne lui laissais pas le temps de reprendre ses esprits.
Je nous immergeai tous les deux dans la chaleur de la source chaude. Il se laissa manipuler sans broncher, obéissant avec docilité à mes ordres silencieux. Il calla son dos contre mon torse et je le serrai contre moi d’une étreinte possessive, glissant ma main entre ses cuisses pour revenir effleurer l’entrée de son corps. J’avais ainsi une bien meilleure position pour reprendre mes massages langoureux. Je ne pouvais pas risquer de trop stimuler son sexe et de réveiller le sortilège insidieux toujours tapis dans ses entrailles. L’eau régénérante de la source amplifierait les effets de ma propre magie, sans parler de tout le bien-être que sa chaleur nous prodiguait.
Il s’agrippa à moi alors que j’enfouissais de nouveau mes doigts en lui pour jouer avec son corps. J’en glissais deux cette fois, avides et pressants. Je ne voulais plus lui laisser un instant de répit. Je repris mes caresses et mes massages avec une précision pleine de luxure, le sentis rapidement tressaillir entre mes bras.
Son second orgasme survint beaucoup plus rapidement que le premier. Je savais comment faire pour lui en imposer encore beaucoup d’autre, et j’en apprenais un peu plus à chacun d’entre eux pour mieux provoquer le suivant.
Soren ne chercha pas à s’y opposer. Il s’abandonna à moi avec une confiance et une dévotion qui me laissèrent admiratif. Son corps était en permanence secoué de spasmes érotiques, tremblant et frissonnant sans relâche. Sa voix chargée de plaisir et de luxure couvrait le son de la chute d’eau. Certains de ses orgasmes s’enchainaient en quelques secondes à peine, d’autres montaient lentement, doucement, pour éclater enfin et le hanter pendant de longues minutes.
J’accordai à Soren aussi peu de répit que tout à l’heure, d’autant plus exigeant que c’était lui qui recevait maintenant ce déferlement de plaisir. Je savais que c’était aussi délicieux qu’éprouvant. Je ne m’arrêtai que lorsque que je le sentis rassasié, éreinté, épuisé par l’ouragan de d’extase que je lui avais fait subir.
Son corps puissant reposait contre le mien, aussi essoufflé que tremblant. Je quittai l’écrin de son corps presque à contrecœur, caressai ses cheveux pour l’aider à revenir à lui. Soren haletait, la voix brisée et le souffle rauque. Il n’avait pas pu retenir tous les gémissements d’extase que je lui avais arrachés et ces sons délicieux hantaient encore mes oreilles.
Je le soulevai hors de l’eau pour l’emporter avec moi. Je l’enveloppai de la chaleur de mon cœur de feu pour le préserver du froid de la nuit. Je restai assis au bord de l’eau un moment, le temps pour lui de calmer son cœur affolé, pour nos corps de s’égoutter.
Soren dut mobiliser ses dernières forces pour m’entourer de ses bras. Il y avait quelque chose de désespéré dans cette étreinte et j’en fus aussi touché qu’attristé. Beaucoup trop d’émotions semblaient s’agiter dans son esprit bouleversé. Je caressai doucement son visage, chassai les cheveux trempés qui collaient à sa peau. J’aurais voulu arracher le collier de cuir qui me rappelait si péniblement qu’on me le refusait encore.
Son regard était aussi troublé que perdu. Il haletait toujours, abandonné à mon étreinte. Soren s’accrocha à ma nuque et appuya son front contre le mien en fermant les yeux.
J’eu le sentiment que je venais de gagner quelque chose, à cet instant précis. Je ne savais pas encore exactement quoi, mais je compris que c’était important et précieux. Plus précieux que tout ce qu’il ne pourrait jamais me donner. Et que si je n’y faisais pas attention, Soren ne m’accorderait plus jamais ce cadeau.
Je caressai longuement son dos, ma queue enroulée autour de nous. À bout de force, il enfouit son visage contre ma gorge.
Je me demandai s’il avait déjà volontairement laissé quelqu’un le voir aussi vulnérable. S’il le referait seulement un jour.
J’avais conscience qu’il avait traversé beaucoup d’épreuves en peu de temps. J’avais fait subir de nombreuses émotions nouvelles à son esprit, alors qu’il n’était sans doute plus habitué à en éprouver.
Je ne le regrettai pas. Pas alors que son souffle erratique caressait ma peau, que ses bras si forts s’agrippaient à moi, encore secoués de spasmes. Ils se calmèrent bientôt, en même temps que sa prise se relâcha.
Je raffermi la mienne pour soulever son corps éreinté. Nos deux corps ruisselants laissèrent derrière nous un chemin de flaque d’eau lumineuses
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