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PDV HOPE
Tout est passé si vite. L'arrivée de mes autres colocataires en entendant Earl crier à la route vers l'hôpital. Je n'ai pas vraiment eu le temps de voir les dégâts de la maison des garçons mais cela semblait sérieux. Pas autant que la blessure de Mather. En descendant les escaliers avec le blessé sur le dos de Akke, les morts et blessés étendus sur le sol m'ont donné la nausée.
Dans la voiture huit places, cela n'est pas mieux. Earl au volant, moi devant avec Garett et Akke qui essaient de réanimer le garçon en tenant doucement sa tête, l'endroit blessé. La mienne, cachée derrière une capuche noire, semble réussir à ne pas se faire remarquer. Malgré le sang dégoulinant encore dans mon cou, mes colocataires semblent penser que je n'ose pas me montrer, trop honteuse.
Une partie de cela est véridique. Mather était peut-être celui avec qui je m'entendais le moins, mais de là à le blesser alors qu'il a accepté de m'héberger ? jamais. De l'autre côté, je ne veux pas plus les déranger que je ne l'aie déjà fait. Un coup rapide aux toilettes et tout ira mieux pour moi.
Dans tous les cas, personne ne te pleurera.
N'écoutant cette voix inconnue qui obscurcit chacune de mes pensées, je me contente de fixer la route. Dans l'habitacle, personne ne parle. Earl, tenant le volant les poings plus que fermés semble se retenir d'entrer dans une colère noire. Je le comprends. Le voyage semble durer des heures alors qu'il n'a commencé que depuis cinq petites minutes.
Malheureusement, je ne peux pas plus évaluer la situation car un mal de tête intense emprisonne mon esprit. Ma vue se brouille et il me faut quelques secondes pour que celle-ci revienne à la normale. Mon corps semble lourd d'un coup. Ils ne doivent pas s'en apercevoir.
Personne ne demande d'explications, comme si la raison et la personne qui a blessé leur chef et ami n'a pas d'importance. Alors que bien sûr que si, cela en a. C'est...
C'est ta faute.
Comme toujours.
Petite idiote, crève.
Comme tout à l'heure, un bourdonnement me vrille les oreilles. Je n'entends plus l'air embarquer dans la voiture, juste un son strident.
Encore ?
Tout devient noir, mon esprit me quitte. Pourtant, mes yeux sont juste fermés, il me suffit de les ouvrir pour voir la lumière. Celle-ci me semble bien loin en ce moment.
En à peine quelques minutes de plus, nous voilà arrivés devant un hôpital. Sans attendre, tout le monde sort rapidement du véhicule. Il n'y a que moi qui reste, à regarder le vide, devant moi.
Il me semble que des docteurs et infirmiers prennent en charge mon colocataire très rapidement. Je ne sais pas, je ne sais plus, n'entends plus, ne parle plus. Je ne suis plus.
Seule dans cette grande voiture, je peux enfin réfléchir et essayer de mettre au clair mes pensées.
Pourquoi ai-je fait ça ?
Je ne voulais pas le blesser.
Surtout pas.
Jamais.
J'ai peur.
Je suis...
Un monstre.
Non, je ne suis pas un monstre !
Je suis juste, seule.
Quelques minutes passées, les vertiges apaisés et la tête bien cachée, je décide de faire face à mes erreurs et sors doucement de la voiture. C'est difficile, aussi bien physiquement que mentalement. Assumer les actes, regretter, s'excuser.
Je claque la portière et avance doucement, dans la nuit vers l'entrée de l'hôpital. Quelque chose me met mal à l'aise. Ce n'est pas l'appréhension, non. J'ai l'impression que quelqu'un m'observe.
La tête toujours baissée et la capuche relevée, je cherche discrètement des yeux quelqu'un de louche me fixant. Mon corps de fige tout seul lorsqu'il me semble voir l'ombre de mon passé disparaître derrière une voiture. Ramiro ?
Avant que je puisse aller vérifier, une petite voix me
sort des songes.
— Êtes-vous Mme Murky ? intervient une jeune femme en blouse blanche.
Surprise d'être accostée, j'opine en levant le pouce discrètement.
— Je me présente, Mme Ortiz. Je suis médecin et des garçons m'ont demandé de venir à votre rencontre afin de vous ausculter, m'apprend la vieille femme d'une voix douce.
Environ ma taille, des yeux bleus perçants et quelques cheveux blancs dissimulés par un chignon évasé, je ne peux me concentrer plus sans en avoir le tournis.
Ne m'attendant pas à ce que les garçons veuillent encore de mes nouvelles, j'acquiesce gentiment et suis le docteur jusqu'à l'intérieur. Je pensais tenir plus longtemps mais malheureusement, seulement deux pas sont passés que mon corps semble s'effondrer.
Pour une raison x, ma bonne étoile ne m'a pas abandonné car quelqu'un me rattrape in extremis avant que mes genoux n'éclatent sur le carrelage de l'accueil.
Deux bras passent sous mes aisselles et me retiennent en l'air. Sonnée, ma tête se relève et ma capuche tombe, malheur !
— Ça va ?
Au départ éblouie par la lumière, je finis par pouvoir observer la personne m'ayant aidé. Un homme, grand, aux yeux bleus perçants et à la carrure d'un athlète. Il ne porte pas de blouse, juste des vêtements noirs lui donnant un look mauvais garçon.
Avant que je ne puisse le remercier, deux autres hommes arrivent en faisant rouler à vive allure un brancard.
— Allongez la, elle perd énormément de sang ! s'écrie brusquement un des deux hommes qui cette fois, travaille bel et bien ici.
On me tire, mon regard plongé dans celui de cet inconnu reste figé sur lui sans jamais lâcher malgré les deux infirmiers essayant de forcer mon corps à s'allonger.
— Mike, pose la sur le brancard ! demande le docteur gentiment.
En moins de deux, je comprends que Mike a mon âge et que le docteur est sa mère. Le garçon écoute cette dernière et me soulève du sol afin que je puisse m'allonger.
Rapidement, je suis transportée loin du jeune homme et des gens s'activent autour de moi. Le sang poisseux colle dans mon cou mais à cet instant, je n'en ai rien à faire.
— Ça va aller jeune fille, je suis là, chuchote Mme Ortiz en me prenant la main.
En regardant le plafond carrelé défiler et la lumière m'éblouir à chaque passe sous une ampoule, je me demande si la vie tranquille que je pensais mener aux côtés de mes colocataires existera un jour.
Je ne sais même plus quand mon ouïe est revenue. En ce moment, je ne sais qu'une chose :
Je ne sortirai pas idem de ces nouvelles rencontres.
❝ La cloche du malheur attendait l'arrivée de la tranquillité pour sonner. ❞
© 2020-M
∞
bonjour !
Un petit chapitre pour commencer la semaine en beauté !
J'espère que votre vie se passe bien, n'oubliez pas que je suis toujours disponible si vous voulez parler !
Comme avez vous trouvé ce chapitre ?
Une nouvelle rencontre pour notre petite Hope ! Qu'est ce que cela nous réserve ?
prenez soin de vous
𝕃𝕠𝕧𝕖 𝕪𝕠𝕦 𝕞𝕠𝕣𝕖 𝕥𝕙𝕒𝕟 𝕚𝕥'𝕤 𝕡𝕠𝕤𝕤𝕚𝕓𝕝𝕖
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80 épisodes mis à jour
Comments
Kirby
J'espère que les gars vont pas être fâchés contre Hope🙏🙏
La pauvre sa vie est dure😭😭
2021-04-07
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