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PDV MATHER
— Alors qu'en penses-tu ?
Je ne réponds pas. Cette discussion m'intéresse autant que notre nouvelle colocataire, c'est à dire pas du tout. Surtout lorsque nous parlons visiblement d'elle d'après Akke depuis quelques minutes.
— Fais-ce que tu veux Akke, tu es grand. Je m'en fous de cette fille, soupiré-je, lasse.
— Tu aurais dû les voir aussi, au moins tu m'aurais aidé. C'est obligé. Crois-moi, ils sont incroyables, continue d'argumenter mon ami.
— Peut-être ouais, en attendant j'ai pas vu ces putain de dessins donc je m'en fous, essayé-je de finir la conversation.
Je l'entends grogner mais n'y prête pas attention. Ma main s'enroule et se déroule autour de mon pendentif en chaîne fétiche. Celui qui ne me quitte jamais. J'écoute les dires de Akke sans vraiment les écouter. Earl, Garett et Hope sont sortis prendre l'air il y a une petite heure et je me retrouve donc à devoir donner des idées à mon colocataire cherchant désespérément l'idée de génie.
— Tu ne sais même pas de quoi ils parlent. Ils racontent une histoire incroyable, relance le mexicain.
Je sens le mal de tête me gagner au fur et à mesure des mots que j'entends, me faisant grogner. Akke s'arrête net et baille sans délicatesse.
— Désolé, ça me travail tellement que j'en ai pas dormi de la nuit, s'allonge le garçon dans le canapé à côté de mon fauteuil.
« Flash spécial, la dernière brigade de la ville vient de disparaître dans la nature après une escapade dans la forêt maudite. Il semblerait que la police recherchait les traces du gang terrorisant les habitants de Kirwood. Aucun policier des villes voisines ne veut emménager ici pour faire cesser les meurtres et la panique. Les autorités viennent d'annoncer la clôture du dernier poste de police. Nous nous retrouvons seuls, parmi des assassins. »
Je tourne la tête vers Akke, ayant sûrement eu la même pensée que lui. Même si la police était peut-être inexistante dans la ville, certains malades se retenaient quand même par peur de l'affronter. Maintenant, tout le monde est menacé. Heureusement que cela ne s'applique pas dans la forêt maudite et encore moins chez nous. Les gens nous craignent, encore plus que l'endroit où se situe notre habitation. Personne n'oserait toquer chez nous. Autre que cet idiot de gang bientôt éteint.
La porte de la maison s'ouvre d'abord sur Earl et Garett qui semblent heureux de leur petite balade suivit de Hope ayant toujours son allure neutre au visage. Après quelques paroles et un bonjour, ils montent dans leurs chambres respectives pour se changer étant donné les vêtements pleins de boue de Garett et Earl.
Quelques minutes après leur départ à l'étage, des petits crépitements d'ongles sur la table basse du salon me prouvent le mécontentement de mon ami. Devant son air agacé, je comprends que Akke attend toujours un conseil ou une réponse de ma part sur son idée.
— Écoute, soupiré-je. Cette fille m'a peut-être impressionné la dernière fois. J'ai accepté qu'elle vive ici pour Garett et Earl. Elle est même partie s'acheter des putains de fringues il y a trois jours. Pour qu'elle aille bien. Donc je pense que j'ai déjà donné dans son bonheur et que trouver des idées afin qu'elle soit heureuse ne m'intéresse pas, tranché-je finalement.
Enfin, mon colocataire et ami semble avoir compris le message car je l'entends soupirer et lâcher un petit « ok, va te faire foutre ». Des pas résonnent au même moment dans les escaliers et m'obligent à tourner la tête vers eux.
Sans surprise, c'est notre nouvelle colocataire qui se dirige droit vers nous. Comme d'habitude et discrètement, je prends le temps de l'observer. Sa démarche est peu sûre d'elle, ses pas sont légèrement tremblant. Les cheveux roux descendant jusqu'au bas de son dos habituellement sont aujourd'hui attachés en un chignon mal fait. Le bleu-foncé et perçant de ses yeux me met un peu mal-à-l'aise, sûrement leur beauté. Malgré le nombre d'heure qu'elle dort, j'ai bien l'impression que cette rouquine manque cruellement de sommeil. D'après Akke, c'est à cause de ses cauchemars.
Sans un mot, elle vient s'assoir sur un des canapés du salon. Mon ami présent la fixe, intrigué. Même si mon attitude paraît lasse et détachée, je fais toujours attention à mon environnement et à mes colocataires. J'ai donc pu remarquer que l'arrivée d'une fille, qui plus est la meilleure amie de Kerry ne laisse personne de marbre ici.
Garett nous parle beaucoup d'elle, comme quoi il voudrait lui demander l'origine des marques encore un peu présentes sur son visage, le bleu disparaissant au niveau de la mâchoire, sa maigreur... mais nous avons été formels : il est interdit de poser la moindre question.
Alors en attendant que la rouquine se livre, ce qui n'arrivera peut-être jamais, Garett, Earl et maintenant Akke font beaucoup pour que la jeune fille se sente parfaitement à l'aise en notre présence.
Environ une heure passe dans un silence seulement rempli par la télévision. Alors que je commence à m'apaiser, un grand boum résonne à l'étage, faisant trembler les murs et sursauter la gamine qui s'était endormie. Après un regard complice à Akke et avoir rechargé le plus rapidement possible nos armes, nous montons tous les deux prudemment les escaliers. Un autre boum, cette fois plus puissant que le premier fait accélérer mon cœur et ma fréquence de pas.
En arrivant dans le grand couloir, j'y vois Earl sortant de sa chambre et qui semble comme nous, inquiet de ce bruit stressant faisant trembler le sol. Un cri aigu hérisse mes poils, notre colocataire est en danger. Une invasion, le gang des idiots à capuche ?
— Garett ! s'exclame Akke, paniqué en courant vers la source du cri.
— ATTENTION ! nous prévient horrifié le concerné lorsque Earl tourne la poignée de sa chambre.
Les deux garçons crient à l'unisson tandis que je réprime une grimace de peur en voyant ce qu'il se passe dans la chambre. Ils reculent en un timing parfait dans le couloir comme pour essayer de s'échapper. Ce qu'ils réussissent parfaitement à faire en lançant un petit « maman ! ». Malheureusement, le pauvre Garett lui, ne peut rien faire à part rester sur sa chaise, frigorifié.
Je préfère aussi abandonner mon colocataire en m'écartant de quelques pas dans le couloir. J'ai l'impression qu'elle me regarde avec ses yeux voulant me tuer sur place et cette sensation n'est pas très plaisante.
Au même moment, la rouquine débarque à son tour, ayant sûrement été avertie par nos cris. Un boum recommence, Garett est férocement encouragé par Earl et Akke dans sa tâche tandis que la fille marche dans notre direction afin de voir ce qu'il se cache dans la chambre.
— Hope ne t'approche pas ! commence Earl en regardant toujours son ami se battre avec peur et acharnement.
La concernée fronce les sourcils mais ne perd pas son courage et fonce presque jusqu'à nous.
Pourtant, je peux voir sa mine confuse lorsqu'elle cherche partout à l'entre bâillement de la porte la raison de ce massacre. Le seul problème pouvant être relevé pour l'instant et que Garett est en caleçon, debout sur une chaise avec un balai à la main et qu'il tape sur le sol de toutes ses forces. Mon ami n'est pas très précis, outre sa force, il ne gagnera pas comme ça.
Voyant que la fille à mes côtés ne trouve toujours pas le problème, je décide de l'aider un peu :
— Baisse la tête.
Elle s'exécute directement et la voit enfin. Ses yeux s'écarquillent et alors que nous nous attendions à ce qu'elle parte en courant, elle parvient à surprendre de nouveau. En effet, il suffit de dix petites secondes pour que Garett soit viré de sa chaise avec précaution et sous ses cris de terreur.
Une fois mon colocataire dehors, la rouquine soupire d'exaspération en l'entendant crier et courir dans le couloir. Puis, s'abaisse doucement pour poser sa main à terre, paume vers le ciel afin que la chose puisse monter dessus. Les hurlements s'arrêtent lorsque la créature aux huit pattes et yeux ne bouge plus et attend d'être sortie par ma colocataire.
— Repose la, elle ne mérite pas de vivre ! continu Garett en se blottissant dans les bras de Akke qui en fait de même.
La rouquine mime un « mauviette » sur les lèvres en se dirigeant vers la fenêtre, avec petit sourire visible. Impressionné par cet élan de joie que je ne vois jamais chez elle, mon regard reste fixé sur l'image devant moi.
Elle pouffe en mettant sa main libre quelques secondes devant sa bouche puis caresse doucement la bête dans sa main en la regardant gentiment. Malgré mon dégoût profond pour cette chose, je ne peux m'empêcher d'être subjugué par tant de courage.
Finalement, l'araignée est libérée et la rouquine quitte la pièce dans un coup de vent.
Nous laissant là, comme des idiots toujours figés dans le couloir avec deux d'entre nous s'enlaçant de peur.
∞
La nuit, un moment censé être reposant et calme. Pourtant, voilà trois heures que je regarde le plafond en cherchant le sommeil que je ne trouve visiblement pas. Je déteste ça, n'avoir rien à faire et pas dormir. C'est toujours dans ces moments que mes souvenirs apparaissent et embrouillent mon esprit.
Déterminé à m'occuper, je choisis d'abord de quitter ma chambre. Dans le couloir, il fait noir (nda : pouah ça rime). Comme aucune fenêtre n'a été installée et que toutes les portes sont fermées, il m'est impossible de voir à plus de trente centimètres devant moi. Je me prends les pieds dans divers objets en me dirigeant à l'aveuglette vers la salle de bain.
Comme ma chambre est en face de la sienne, une question fait mouche dans mon esprit : et si j'y jetais un œil ? Simplement pour aider Akke comme je l'ai envoyé balader tout à l'heure bien sûr...
Décidé, je pose ma main sur la poignée et m'apprête à l'ouvrir. Pourtant, quelque chose cloche. Il doit être deux heures du matin et pourtant, de la lumière glisse sous la porte de ma colocataire. J'ouvre discrètement celle-ci, voulant vérifier si elle dort bien à une heure si tardive.
En tailleur sur son lit, la jeune fille donne des coups de crayon sur le carnet dont Akke m'avait parlé. Tellement concentré, la rouquine ne remarque même pas que quelqu'un l'observe par l'embrasure de sa porte. Après quelques secondes où seulement ses mains bougent et son corps est figé, sa tête quitte le dessin pour observer la fenêtre à sa droite.
Malgré ma distance, je peux voir le regard perdu de ses iris devant la lune. Elle prie peut-être la planète de lui venir en aide. Je ne sais pas. Son visage si neutre habituellement est ce soir implorant et d'une grande tristesse. En tout cas, l'image devant moi me touche bien plus que voulu.
Ce n'est que maintenant que je m'en rends compte. Devant le portrait d'une fille regardant le ciel étoilé en soupirant, celui-ci se reflétant dans ses iris pour lui donner un regard galactique impressionnant.
Akke avait raison.
❝ Elle a besoin d'aide. ❞
© 2020-M
∞
HELLO, ça va bien ?
J'ai beaucoup rigolé en écrivant ce chapitre donc dites-moi ce que vous en avez pensé et si j'ai été la seule à sourire en écrivant et me relisant !
Un gros gros bisou à vous et merci beaucoup de me lire.
Prenez soin de vous
𝕃𝕠𝕧𝕖 𝕪𝕠𝕦 𝕞𝕠𝕣𝕖 𝕥𝕙𝕒𝕟 𝕚𝕥'𝕤 𝕡𝕠𝕤𝕤𝕚𝕓𝕝𝕖
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80 épisodes mis à jour
Comments
Eva Alsteen
j ai rigoler .j ai adore comme d habitude
2021-03-25
2
nilam chenafa
l'histoire est bonne mes il y a beaucoup de faut de grammaire. d'ailleurs dans quel langue d'origine est écrite le roman c'est peut-être un problème de traduction
2021-03-24
1