Les jours passèrent lentement, sans que rien de significatif ne se produise. Elio se replia sur lui-même, prenant refuge dans ses pensées et ses habitudes. Chaque matin, il se levait tôt pour ses consultations, puis passait l’après-midi dans son chalet, à lire ou à travailler, comme s’il cherchait à échapper à tout ce qui le liait encore au monde extérieur. La neige avait quasiment disparu des montagnes, mais la brume persistait, envahissant chaque recoin du paysage, rendant la vue encore plus floue, comme s’il était prisonnier d’un monde dont il ne pouvait plus se défaire.
De son côté, Levi continuait à mener sa vie comme il le pouvait. Il n’avait pas revu Elio depuis leur rencontre en ville. Il s’était efforcé de ne pas insister, respectant les silences imposés par l’alpha, mais au fond de lui, une frustration grandissait. Il avait le sentiment que, malgré tout ce qu’ils avaient vécu, quelque chose ne tournait pas rond. Leur amitié, aussi fragile et silencieuse soit-elle, avait ses fissures, et Levi sentait qu’il ne pouvait plus rester dans l’ombre d’Elio indéfiniment.
Levi se retrouva à penser à lui presque tous les jours. Parfois, il s’imaginait dans le chalet, face à Elio, lui parlant sans barrières, lui offrant la possibilité de se libérer de son fardeau. Mais il savait que ce n’était pas aussi simple. Elio n’était pas prêt, et peut-être ne le serait-il jamais. Il avait ses blessures, ses démons, et tout ce que Levi pouvait faire, c’était lui laisser de l’espace.
Levi n’en parlait pas à ses amis, ni à ses collègues. C’était un sujet trop lourd, trop intime, et il n’osait pas expliquer pourquoi Elio l’occupait autant, pourquoi il ressentait le besoin de revenir, encore et encore, même si chaque tentative semblait ne mener nulle part.
Ce matin-là, après une longue journée de travail, Levi décida de se rendre au chalet une nouvelle fois. Cette fois, il n’avait pas de plans, pas de grandes attentes. Il avait juste besoin de voir si quelque chose avait changé. Si Elio, de quelque manière que ce soit, se sentirait prêt à faire un pas vers lui. C’était peut-être une idée futile, mais il n’avait pas pu s’empêcher d’y penser.
Il monta dans sa vieille voiture et prit la route sinueuse qui menait au chalet. Le paysage était plus ou moins familier, mais chaque virage, chaque montagne, semblait lui donner un peu plus d’espoir. Il ne savait pas si ce serait une bonne idée de se rendre chez Elio sans l’avertir, mais il avait l’impression que cela ne changerait rien.
Quand il arriva, la porte du chalet était fermée, les volets tirés. Il n’y avait aucune lumière allumée, aucune indication que quelqu’un se trouvait à l’intérieur. Il resta là, immobile, quelques instants, les yeux fixés sur la silhouette de la maison. Rien n’avait changé. C’était toujours aussi isolé, aussi figé.
Levi se décida à partir, mais juste avant de tourner les talons, il aperçut un mouvement derrière une fenêtre. Un éclair de lumière, suivi d’un léger bruit, comme si quelqu’un se déplaçait à l’intérieur. Son cœur se serra. Peut-être qu’Elio l’avait remarqué. Ou peut-être que, tout simplement, il avait décidé d’ouvrir la porte à un autre moment.
Levi hésita encore. Il n’était pas certain de ce qu’il attendait. Après tout, Elio avait été clair. Il avait mis des distances. Il ne voulait pas d’une quelconque amitié ou compagnie. Et pourtant, Levi avait l’impression qu’il restait quelque chose de suspendu entre eux, comme un fil invisible, un lien qui n’avait pas encore été complètement rompu.
Finalement, il fit demi-tour, marchant lentement jusqu’à sa voiture, tout en jetant un dernier regard vers le chalet. Il n’y avait pas de réponse aujourd’hui, pas encore. Mais il reviendrait. Il le savait.
Les jours suivants passèrent sans qu’il n’y ait de nouvelles tentatives. Levi se concentra sur son travail, comme à son habitude, mais chaque soir, avant de s’endormir, il repensait à Elio, à son isolement, à cette distance imposée par le passé. Peut-être que le temps finirait par faire son œuvre. Ou peut-être qu’il finirait par comprendre qu’il n’y avait rien de plus à faire.
Elio, de son côté, vivait dans une sorte de calme apparent. Il n’avait pas revu Levi, mais il savait qu’il était là, quelque part, à attendre, à observer, peut-être même à espérer. Et pourtant, il n’était toujours pas prêt. Son cœur, son esprit, étaient trop marqués, trop pleins de souvenirs, de regrets. Comment pouvait-il, un jour, laisser quelqu’un d’autre entrer dans cette maison vide, dans cette vie qui n’avait plus de place pour les autres ?
La réponse à cette question était incertaine, aussi incertaine que le chemin sinueux qui menait à son chalet. Mais, au fond, il savait que les choses ne resteraient pas en l’état indéfiniment. Peut-être que la fracture serait un jour comblée, peut-être pas. Mais les cicatrices du passé, elles, resteraient à jamais.
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