Une présence impossible à ignorer.

Elio pensait qu’ignorer Levi suffirait à le faire partir.

Il s’était trompé.

Le cinquième soir, il entendit, comme d’habitude, le moteur de la moto résonner dans la vallée. Puis les pas familiers sur le perron.

Mais cette fois, Levi ne frappa pas.

Il ne parla pas non plus.

Elio fronça les sourcils en s’approchant de la porte. D’habitude, ce gamin était incapable de se taire. Là, il ne bougeait pas.

Intrigué, il entrouvrit un volet et aperçut Levi, assis sur les marches, les coudes appuyés sur ses genoux. Il regardait la forêt sans un mot, comme s’il était simplement… chez lui.

Elio referma le volet en silence.

Il retourna s’asseoir près du feu, tentant d’ignorer cette présence qui s’imposait peu à peu dans son quotidien.

Mais le silence de Levi était plus agaçant que ses paroles.

Les minutes passèrent, puis une heure.

Quand Elio jeta un nouveau coup d’œil par la fenêtre, Levi était toujours là.

Sans même savoir pourquoi, il ouvrit brusquement la porte.

— Tu comptes rester là toute la nuit ?

Levi tourna lentement la tête vers lui et haussa un sourcil.

— Peut-être.

Elio serra les dents.

— T’es malade ou quoi ?

— Je croyais que t’aimais pas quand je parlais. Je teste autre chose.

Le ton détendu de Levi l’agaçait.

— Tu perds ton temps.

— C’est mon temps, non ?

Elio eut un rictus agacé et secoua la tête avant de refermer la porte.

Levi esquissa un sourire.

Il venait de comprendre quelque chose : Elio pouvait l’ignorer, mais il ne pouvait pas l’oublier.

Et ça, c’était déjà une petite victoire.

Levi commençait à ressentir une étrange familiarité avec le chalet. Il savait qu’Elio l’ignorait sciemment, mais il n’en avait rien à faire. Il y avait quelque chose de fascinant chez cet alpha, quelque chose qu’il ne comprenait pas encore.

Chaque soir, il revenait. Parfois il frappait. Parfois il restait là, sans bruit. Et chaque fois, Elio répondait de la même manière : avec de l’indifférence, des mots froids, une porte qui se refermait sans ménagement.

Mais Levi n’était pas le genre d’homme à se laisser repousser.

Ce soir-là, il avait décidé de ne pas frapper. Il s’assit encore sur les marches, mais cette fois, il ne chercha même pas à capter l’attention d’Elio. Il se contenta de respirer le froid de la montagne, de laisser le vent glacer sa peau.

Dans le chalet, Elio, comme à son habitude, ne prêta aucune attention à l’extérieur. Il s’était habitué à cette présence. Il s’était habitué à la façon dont Levi persistait, jour après jour, sans se laisser abattre.

Mais ce soir-là, une pensée l’effleura. Un sentiment qu’il chassa aussitôt. Il tourna les yeux vers la fenêtre, sans but, et aperçut la silhouette de Levi sur les marches. Il n’était pas en train de frapper cette fois, mais il était là, une simple présence.

Un frisson involontaire traversa son échine. Il secoua la tête, se dirigea vers la porte et l’ouvrit brusquement.

Levi tourna la tête lentement, presque surpris que la porte se soit ouverte.

— Tu vas finir par me laisser entrer, non ? demanda-t-il avec un sourire tranquille.

Elio se força à ne pas répondre.

— Je n’ai pas de temps pour ça, déclara-t-il sèchement.

Levi haussait les épaules comme si ce genre de réponse ne le dérangeait pas.

— C’est toi qui vois. Mais tu sais, l’indifférence, ça ne dure jamais.

Un frisson traversa le regard d’Elio. Il le savait. Il l’avait déjà ressenti, mais il ne voulait pas l’admettre. Il se contenta de répondre, cette fois avec un ton plus distant.

— Ce n’est pas un jeu.

— Pourtant, on dirait que c’en est un pour toi.

Levi se leva et s’approcha de quelques pas, l’air toujours aussi insouciant, mais un brin plus sérieux.

— C’est marrant, je t’avais pris pour quelqu’un de plus… vivant. Mais à te voir, on dirait qu’on te parle d’un cadavre.

Elio ne répondit pas. Son regard se durcit.

— Va-t’en.

— Non. Pas ce soir.

Un silence pesant s’installa. Levi se tenait là, défiant Elio de le renvoyer.

Elio déglutit, une pointe d’agacement perçant dans son regard. Mais il n’avait jamais été du genre à se laisser toucher par les provocations. Il se tourna vers la porte.

— Va-t’en, ou je t’y forcerai.

Levi l’observa un instant, puis, avec une lenteur presque théâtrale, il se dirigea vers la porte. Elio se figea, s’attendant à ce qu’il parte enfin. Mais au lieu de cela, Levi s’arrêta juste devant lui et, d’un geste lent, lui lança un regard perçant.

— Tu sais, tu m’intéresses vraiment, Doc. Mais tu vas devoir admettre que ça ne te fait plus rien.

Levi s’éloigna sans attendre de réponse, et, comme toujours, Elio se retrouva à fixer la porte fermée.

Il avait toujours cette impression étrange qu’un lien invisible s’était créé. Levi n’était pas comme les autres. Il n’était pas aussi facile à ignorer.

Et quelque part, ça le terrifiait un peu.

Episodes

Télécharger maintenant

Aimez-vous ce travail ? Téléchargez l'application et vos enregistrements de lecture ne seront pas perdus
Télécharger maintenant

Bien-être

Les nouveaux utilisateurs peuvent télécharger l'application pour débloquer 10 chapitres gratuitement.

Recevoir
NovelToon
Ouvrir la porte d'un autre monde
Veuillez télécharger l'application MangaToon pour plus d'opérations!