Les jours suivants furent empreints d’un calme étrange. Elio, une fois de plus, s’était renfermé dans son monde. Chaque mouvement, chaque souffle, semblait calculé pour éviter tout ce qui pouvait perturber cette paix fragile qu’il avait construite autour de lui. La visite impromptue de Levi au marché, ses mots qui avaient résonné plus fort qu’il ne l’avait voulu, l’avaient dérangé plus qu’il ne l’admettait.
Il n’avait pas l’habitude de se laisser atteindre par les autres, mais Levi avait cette capacité étrange à faire remonter à la surface des pensées qu’Elio préférait laisser enfouies. Il n’aimait pas cette vulnérabilité qu’il ressentait. Il n’aimait pas l’idée que quelqu’un, même Levi, puisse voir à travers lui, puisse déceler des failles qu’il croyait invisibles.
Le silence s’était installé comme une bulle autour de lui, un cocon étouffant. Elio continuait ses journées sans que rien ne change véritablement, mais il sentait ce vide grandir à chaque heure. Il avait arrêté de sortir, même pour ses courses, et se concentrait uniquement sur ses consultations et ses recherches médicales. Le chalet redevenait ce lieu clos, cette prison qu’il pensait avoir choisi de son plein gré. Mais aujourd’hui, même ses livres, ses papiers, tout semblait manquer de sens.
Levi n’était plus venu.
Au début, Elio avait cru que cela durerait quelques jours. Mais le silence se prolongeait, et à mesure que les journées passaient, une étrange impression de perte se faisait de plus en plus forte. Levi, qui était devenu une figure régulière de sa vie, semblait avoir disparu. Aucun bruit venant de l’extérieur, pas de voiture qui se gare devant la maison, pas de pas sur la terrasse. Rien.
Ce n’était pas qu’Elio s’inquiétait. Non. C’était plutôt ce vide que cela laissait derrière. Comme si la place que Levi occupait, même s’il ne l’avait pas demandée, avait soudainement été arrachée. Elio se surprenait à regarder la porte d’entrée, se demandant quand, ou si, il entendrait à nouveau des coups. Mais les jours se succédaient, toujours plus silencieux.
Le chalet était devenu un endroit trop grand pour lui, un lieu où même les murs semblaient trop bruyants, trop pleins de son propre écho. Il évitait de penser à Levi, à cette discussion qu’il n’avait pas su gérer, à la façon dont il avait réagi, comme s’il n’était pas capable de supporter cette idée de changement, même si celui-ci ne venait que d’un ami.
Et il n’était pas seul dans cette situation. Levi aussi avait choisi de ne plus insister. Il avait arrêté de venir, de se présenter sans prévenir. Au fond, il savait que ses visites n’étaient peut-être pas les bienvenues. Bien sûr, il se posait des questions, se demandant si Elio allait bien, si son silence était dû à un malaise ou à autre chose. Mais Levi n’était pas le genre de personne à insister quand il sentait qu’il n’était pas le bienvenu. Alors, il se contenta de laisser les choses suivre leur cours.
Levi continua de vivre sa vie à son rythme, sans chercher à forcer la main du destin. Ses journées étaient remplies de ses deux petits boulots, de ses rencontres avec des amis, et du peu de temps qu’il passait à réfléchir à ce qui se passait entre lui et Elio. Il n’avait pas cherché à comprendre tout de suite, préférant se concentrer sur l’essentiel : son travail et ses objectifs.
Mais même dans sa routine, Levi ressentait un vide. Ce vide que la présence d’Elio comblait, d’une manière étrange, mais réconfortante. Levi ne savait pas ce que l’avenir réservait, mais il savait que, d’une manière ou d’une autre, il ne voulait pas laisser cette amitié se faner. Mais, pour l’instant, il n’y avait rien d’autre à faire que d’attendre.
Le soir, lorsqu’il rentrait chez lui après sa journée de travail, il jetait parfois un coup d’œil furtif vers les montagnes, se demandant ce que faisait Elio. Il espérait que ce dernier finirait par se rendre compte qu’il n’avait pas besoin de rester seul, que la vie était peut-être plus agréable lorsqu’elle était partagée, même par de simples silences.
Elio, de son côté, n’avait jamais pris le temps de réfléchir à ce qu’il avait perdu. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il avait choisi la tranquillité de sa solitude. Mais au fond de lui, une petite voix, ténue mais persistante, lui soufflait que peut-être, ce silence qui s’était installé entre eux était plus lourd que la douleur qu’il s’efforçait d’éviter.
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