Les jours passaient, et la routine qui s’était installée entre Elio et Levi se consolidait peu à peu. Levi continuait de venir, souvent sans préavis, et bien qu’Elio ne lui fasse aucun reproche, une partie de lui se demandait pourquoi il n’avait pas simplement mis fin à cette nouvelle dynamique. Il se surprenait, parfois, à attendre Levi, à espérer sa visite d’une manière qu’il n’avait jamais ressentie auparavant.
Le chalet, qu’il avait autrefois perçu comme une forteresse de solitude, semblait moins oppressant. La présence de Levi, bien que surprenante, apportait une sorte de calme qu’Elio n’avait pas anticipé. Mais même si ces rencontres étaient devenues régulières, il restait une part de lui qui se sentait toujours sur la défensive.
Ce matin-là, comme à son habitude, Elio se leva tôt. Il n’y avait pas de bruit dans la maison, rien de plus que le crépitement du feu dans la cheminée. Il se rendit dans la cuisine pour préparer son café, le parfum du grain fraîchement moulu envahissant doucement la pièce. Un geste quotidien, une constante. Pourtant, une étrange impression s’insinuait en lui : il attendait quelque chose.
Il n’eut pas longtemps à attendre. À peine s’était-il installé près de la fenêtre pour boire son café qu’un bruit familier se fit entendre à la porte. Levi.
— T’as l’air de m’attendre, dit Levi en franchissant la porte sans même frapper, un sourire décontracté sur le visage.
Elio ne répondit pas immédiatement, comme il le faisait habituellement, mais il ne put s’empêcher de lever les yeux vers lui. Levi semblait plus décontracté que jamais, ses cheveux éparse et un petit sac de courses en main.
— Qu’est-ce que tu as encore amené ? demanda Elio, curieux malgré lui.
Levi secoua le sac, l’ouvrant pour révéler une bouteille de vin et quelques collations.
— Un petit quelque chose pour changer. Si tu veux bien.
Elio haussait les sourcils, un léger sourire se formant sur ses lèvres. Il n’était pas du genre à recevoir des surprises, mais l’idée de passer un moment tranquille ne le dérangeait pas.
— Je ne bois pas beaucoup, tu sais.
Levi haussait les épaules, un air malicieux dans les yeux.
— Juste pour ce soir. Rien de grave. Et puis, ça me semble mérité, non ?
Elio se leva et alla chercher deux verres. Il n’eut pas à dire grand-chose pour que Levi commence à s’installer confortablement, comme à son habitude. Ils se posèrent dans le salon, chacun avec son verre, et regardèrent le feu crépiter dans la cheminée.
Le silence entre eux ne pesait pas, comme d’habitude. C’était un silence confortable, agréable, un silence de ceux qui savent qu’ils partagent un moment sans être forcés de se livrer.
— Tu sais, Levi, tu m’as presque fait oublier ce que c’était que d’avoir de la compagnie, dit Elio en souriant légèrement.
Levi éclata de rire, son rire facile et léger.
— Je suis content de voir que tu t’y habitues. Franchement, tu me fais presque de la peine, tu sais ? Un type comme toi, toujours enfermé dans sa tour d’ivoire.
Elio haussait un sourcil, un sourire en coin.
— Je vais bien, ne t’inquiète pas. J’aime bien mon espace.
Levi prit une gorgée de son verre de vin et le reposa doucement sur la table.
— Ouais, je l’ai bien remarqué. Mais t’as pas l’impression de passer à côté de certaines choses ? De profiter de certaines opportunités ?
Elio leva les yeux, pensif.
— Comme quoi ?
Levi le regarda un instant, comme s’il pesait chaque mot qu’il allait dire.
— De vivre, Elio. De ne pas simplement exister. Tu pourrais être plus heureux que ça.
Elio fixa Levi un moment, ses yeux se perdant dans l’intensité de son regard. Il n’avait jamais pensé à tout ça de cette manière. Il avait toujours fonctionné dans la stabilité de la routine, une routine qu’il avait construite pour éviter la douleur, pour éviter tout ce qui pouvait le déranger. Levi, cependant, semblait pointer là où il y avait des failles.
— Je suis déjà heureux, répliqua Elio, une pointe d’amertume dans la voix.
Levi secoua la tête doucement, un sourire triste se dessinant sur ses lèvres.
— Ce n’est pas ce que je vois.
Elio ne répondit pas, laissant le silence s’installer de nouveau entre eux. C’était étrange, mais ce silence était plus lourd que les autres. Un poids qu’il n’avait pas l’habitude de ressentir. Peut-être que Levi avait raison. Peut-être qu’il vivait dans l’ombre de son propre passé. Mais une partie de lui résistait encore, ne voulant pas trop s’ouvrir, ne voulant pas risquer de perdre cette fragile tranquillité qu’il avait construite.
— Je n’ai pas besoin de plus, Levi. Et je préfère que tu arrêtes de me forcer à… penser autrement.
Levi se leva lentement, son regard se faisant plus sérieux.
— Je ne te force à rien, Elio. Je veux juste que tu saches qu’il y a plus, et que tu ne dois pas avoir peur de l’atteindre. Quand tu seras prêt.
Elio le regarda partir sans un mot. C’était étrange, ce qu’il ressentait. Mais au fond, il savait que Levi n’était pas là pour le forcer à changer. Il n’était là que pour lui rappeler qu’il était encore vivant.
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