Les jours suivants, Elio reprit sa solitude sans plus y réfléchir. La rencontre avec Levi, bien que marquante, n’avait pas suffi à briser son carapace. Pourtant, il n’avait cessé de penser à lui, aux quelques échanges qu’ils avaient eus. Levi semblait toujours le pousser dans ses retranchements, le forcer à voir des choses qu’il avait préférées ignorer.
Mais, comme à son habitude, Elio se convainquit que cela ne signifiait rien.
Ce jour-là, le vent soufflait plus fort que d’habitude, soulevant la neige en tourbillons dans la vallée. Elio se trouvait devant sa cheminée, un livre en main, mais son esprit n’était pas absorbé par les pages. Il était ailleurs.
Les souvenirs de sa femme et de sa fille lui revenaient, comme des vagues qui se brisaient contre les murs de sa conscience. Il s’éloigna de la cheminée et s’assit à son bureau. Une photo de sa fille et de sa femme, prise avant l’accident, était posée là, comme à son habitude. Il la fixait intensément, se noyant dans ce regard figé de bonheur.
Tout à coup, un bruit léger à la porte brisa le silence. Elio se figea. Il n’était pas du genre à accueillir des visiteurs, et ses habitudes ne le préparaient pas à l’idée que quelqu’un pourrait se tenir là.
Il se leva, un peu tendu, et s’approcha de la porte. Lorsqu’il l’ouvrit, il se retrouva face à Levi, qui se tenait là, comme s’il était parfaitement à sa place.
Levi ne dit rien, simplement un sourire qui semblait en dire long.
— Je t’ai vu rentrer, Doc. Tu ne m’as même pas salué.
Elio, pris au dépourvu, ne répondit pas immédiatement. Il se contenta de fixer Levi, essayant de comprendre ce qu’il faisait là, à cet instant précis. Pourquoi revenir après tout ce temps ?
Levi, insistant sur chaque mot, ajouta :
— Alors, on peut discuter ou tu vas encore me jeter dehors ?
Elio ne voulait pas céder. Il ne voulait pas admettre qu’il avait peut-être besoin de quelqu’un. Pas lui. Pas Levi. Mais, à sa grande surprise, il se sentit un peu fatigué de repousser cette présence qui semblait inévitable. Il s’écarta de la porte et fit un geste de la main, comme une invitation implicite.
— Entre.
Levi s’engouffra dans l’entrée sans un mot de plus, ses yeux scrutant les lieux avec une curiosité palpable. Elio referma la porte derrière lui, observant la silhouette de Levi qui se déplaçait sans bruit, comme un spectre silencieux dans son espace.
— Tu veux boire quelque chose ? proposa Elio d’une voix presque indifférente.
Levi, comme toujours, ne se laissa pas déstabiliser.
— Du café, si tu en as. Mais je veux pas te déranger.
Il s’assit sur le canapé, comme s’il se sentait chez lui. Elio s’efforça de ne pas montrer sa surprise. Lui qui avait l’habitude d’être seul, de tout contrôler, de n’accueillir personne, se retrouvait soudainement avec ce jeune alpha, assis dans son salon.
Elio alla dans la cuisine, préparant les tasses de café. Il se concentra sur ce geste quotidien, tentant de ne pas laisser son esprit se perdre dans des pensées inutiles.
Quand il revint, Levi était toujours là, assis sans bouger, les bras croisés derrière sa tête, comme s’il attendait quelque chose.
— Tu ne parles pas beaucoup, tu sais, remarqua Levi, un sourire léger aux lèvres.
Elio se laissa tomber dans un fauteuil en face de lui.
— C’est la manière que j’ai de m’exprimer.
Levi haussait un sourcil.
— Pas très accueillant.
— Je ne suis pas là pour être accueillant.
Un silence s’installa alors, lourd et presque suffocant. Aucun des deux ne savait vraiment quoi dire. Le temps semblait s’étirer, et chaque seconde semblait durer une éternité.
Finalement, Levi posa sa tasse sur la table basse, son regard se fixant dans celui d’Elio.
— Tu sais, tu pourrais nous rendre ça plus facile, tous les deux.
Elio se figea à son tour, une tension nouvelle dans ses muscles. Il savait que Levi n’allait pas se contenter de ce silence. Il savait que le jeune alpha ne lâcherait pas le morceau.
— Nous ?
Levi sourit encore, une lueur presque amusée dans les yeux.
— Tu te débrouilles très bien tout seul, Doc. Mais je ne suis pas du genre à partir. Et tu sais, je n’ai pas l’intention de m’éloigner.
Elio serra la mâchoire, se forçant à ne pas céder à la tentation de répondre avec agressivité.
— Ce n’est pas un jeu, Levi.
Levi le fixa, son regard presque doux.
— Si tu le dis. Mais peut-être que tu devrais commencer à y croire.
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