Enzo
Le soir s’achevait doucement, et le calme revenait dans leur appartement, comme une trêve après la tempête. Assis près de la grande baie vitrée, Enzo regardait la ville s’illuminer, mais son esprit n’était tourné que vers une seule pensée : Hazel.
Les échos de leurs récentes disputes, les instants de passion déchaînée, et les silences lourds qui avaient précédé leur rapprochement refaisaient surface. Dans la pénombre chaleureuse de leur salon, les mots restaient suspendus dans l’air, prêts à être prononcés. Pour la première fois, Enzo se sentait prêt à briser définitivement le mur qu’il avait érigé autour de son cœur.
Hazel était assis sur le canapé, absorbé par la lecture d’un vieux carnet, son visage adouci par la lueur tamisée d’une lampe. Enzo se leva, hésita quelques instants, puis s’approcha doucement. Chaque pas était une lutte contre ses peurs, contre l’habitude de rester distant, insensible.
Arrivé devant Hazel, Enzo prit une profonde inspiration. Il posa délicatement sa main sur celle de son compagnon, cherchant le courage dans ce contact familier et rassurant. Ses yeux, habituellement si réservés, se remplirent d’une émotion nouvelle, brute et sincère.
« Hazel… » commença-t-il d’une voix tremblante, comme si chaque syllabe était une promesse, un espoir fragile. Il baissa légèrement les yeux, puis releva le regard, déterminé à affronter l’inconnu de ses sentiments.
« Je… je t’aime. »
Les mots sortirent enfin, clairs et sans détour. Pour la première fois, Enzo n’avait plus peur de les prononcer.
« Je t’aime, et je ne veux plus jamais être seul. »
Sa voix se fit plus assurée, tandis que le poids des années de silence et de peur se dissolvaient dans cet aveu.
Hazel leva les yeux, surpris, puis un doux sourire se dessina sur ses lèvres. Il serra la main d’Enzo, comme pour sceller cet instant, pour faire taire toutes les doutes.
« Moi aussi, Enzo, je t’aime, » répondit-il simplement, sa voix pleine de tendresse et de certitude.
Il se leva alors, et dans un geste lent et sincère, il enveloppa Enzo dans ses bras.
Au milieu de la pièce silencieuse, dans la douce lumière d’un soir qui se faisait complice, les deux hommes se retrouvèrent, unis par la force d’un amour enfin déclaré. Pour Enzo, ces mots n’étaient plus un écho lointain d’un passé douloureux, mais bien la promesse d’un avenir partagé, où la solitude ne serait plus qu’un souvenir.
La vie semblait retrouver une certaine harmonie. Pourtant, en silence, Enzo commença à ressentir des sensations étranges. Ses matins étaient désormais ponctués d’une fatigue inhabituelle, et ses sens, toujours si précis, percevaient un changement subtil dans l’air qui l’entourait.
Hazel, toujours attentif aux moindres variations, remarqua que l’odeur délicate qui émanait d’Enzo avait pris une teinte différente – un parfum légèrement altéré, mêlant une douceur nouvelle à ses notes habituelles, comme si quelque chose d’invisible s’était installé en lui.
Au début, Enzo ne prêta pas attention à ces signes. Il se disait que le stress, ou peut-être un simple changement de routine, pouvait en être la cause. Mais au fil des jours, la fatigue s’accumula, et des symptômes plus inquiétants firent leur apparition sans qu’il puisse comprendre leur origine.
Enzo se réveilla en sursaut, *une main pressée contre sa bouche*, *l'autre cramponnée à son ventre encore plat*. La nausée *monta comme une marée*, *acide et violente*. Il se précipita aux toilettes, *s'effondrant à genoux*, *les épaules secouées de spasmes*.
- *Ses phéromones avaient changé* : la *cannelle brûlée* s'était adoucie en *miel chaud*, avec une *note lactée* presque imperceptible.
- *Hazel*, *allongé à côté de lui*, *ouvrit un œil*, *les narines frémissantes*. *"Tu sens... différent."*
- Enzo *essuya ses lèvres d'un revers de main tremblant*. *"C'est rien. Juste un virus."*
*(Mensonge. Il comptait déjà les jours depuis ses dernières chaleurs*Quatre semaines de retard*.)*
Enzo *se tenait devant le rayon des inhibiteurs de phéromones*, *les doigts serrés autour d'un flacon*. *"Pour cacher l'odeur..."* murmura-t-il.
- *Son regard dériva vers les tests de grossesse*. *Deux boîtes atterrirent dans son panier*, *cachées sous une pile de mouchoirs*.
- *La pharmacienne*, *une bêta aux yeux perspicaces*, *sourit en voyant son hésitation*. *"Vous avez besoin d'aide ?"*
- *"Non, c'est... pour un ami."* *Enzo rougit*, *les oreilles brûlantes*.
*(Dans les toilettes d'un café voisin, *les deux bandes roses apparurent*. *Positif*.)*
*(Cabinet du Dr. Laurent, *spécialiste des grossesses omégas*.)*
- *L'échographie révéla* :
- *Un embryon*, *minuscule point blanc niché dans un utérus cicatriciel*.
- *Des parois utérines trop fines*, *marquées par un traumatisme ancien* (accident d'enfance ?).
- *Le verdict* : *"Grossesse à risque. Fausse couche probable... ou pire."*
- Enzo *serra les poings*, *les ongles enfoncés dans ses paumes*. *"Ne dites rien à Hazel. *Pas encore*."*
*(Hazel rentra plus tôt du travail, *les bras chargés de nourriture*. *Son nez frémit* – *l'odeur d'inhibiteur lui brûla les narines*.)*
*"Enzo ?"* *Sa voix était dangereusement calme*. *"Pourquoi tu sens le *médicament* ?"*
Enzo *se figea*, *une main posée instinctivement sur son ventre*. *"Je... J'ai mes raisons."*
Hazel *lâcha les sacs*, *s'approchant comme un prédateur*. *"Tu me caches quelque chose."* *Sa main *effleura la taille d'Enzo*, *remontant vers son abdomen*.
*Le téléphone d'Enzo vibra*. *L'hôpital*. *"Rappel : Consultation suivi grossesse à risque."*
Hazel *attrapa l'appareil*, *les yeux écarquillés*. *"GROSSESSE ?!"*
*(La vérité éclata. *Cris. Larmes. Hazel *blêmit* en entendant les mots *"risque vital"*.)*
*"TU VOULAIS MOURIR SANS ME LE DIRE ?!"* *Sa voix *fissura les murs*.
Enzo *recula*, *les mains en bouclier*. *"Je savais que tu réagirais comme ça !"*
*"COMME ÇA ?! *OUI*, je veux que tu *VIVES*, putain !"*
« Enzo, pour ta santé… je pense qu’il faut que tu envisages d’avorter. Cette grossesse te met en danger. »
Le silence qui suivit fut assourdissant. Enzo, encore sous le choc des événements, sentit en lui une colère sourde monter, mêlée à une douleur profonde et à la peur d’un avenir qu’il ne souhaitait pas voir se dessiner de cette manière. Ses yeux se firent durs, et dans un élan de fureur et de désespoir, il répliqua :
« Non ! Je ne peux pas… Je préfère l’élever seul si c’est ce que tu veux ! »
Ces mots, prononcés avec une violence inattendue, résonnèrent dans l’appartement comme une déchirure. Pour la première fois, Hazel vit Enzo s’éloigner, se refermer derrière une armure de colère et de trahison. La douleur dans la voix d’Enzo, mêlée à l’indignation, traduisait une blessure plus profonde encore : celle de se sentir rejeté dans un moment où il avait le plus besoin de soutien.
La tension monta rapidement dans la pièce. Les voix se firent plus fortes, chaque mot étant chargé de regrets, de peurs et d’accusations. Hazel, les yeux embués de larmes, tenta de se justifier :
« Enzo, je t’aime, mais je ne peux pas rester les bras croisés en te voyant te mettre en danger. C’est la seule solution pour te protéger. »
Enzo, le visage crispé par la douleur, répliqua avec amertume :
« Me protéger ? Tu veux me protéger en m’empêchant de vivre, en me retirant ce qui me rend unique… Ce petit être qui grandit en moi, c’est une partie de moi que je ne peux pas abandonner. Je préfère l’affronter, même si je dois le faire seul, plutôt que d’être dépossédé de ma vie ! »
Les mots se déchaînèrent, entre cris et sanglots. Hazel, surpris par l’intensité de cette manifestation, sentit ses propres émotions se brouiller. La colère se mêlait à la peur, et le parfum enivrant – toujours présent, rappelant leurs instants les plus passionnés – semblait flotter tristement dans l’air, témoin silencieux de leur désarroi.
Les regards se percutèrent, et dans ce face-à-face, la rupture semblait inévitable. Hazel, malgré tout, essaya de tendre la main pour calmer la tempête, mais Enzo, meurtri et déterminé, se détourna, laissant échapper d’une voix brisée :
« Je ne veux plus de tes décisions dictées par la peur. J’ai besoin de choisir ma voie, même si cela signifie la traverser seul. »
*(Hazel *partit comme une tempête*, *claqua la porte*, *sans un mot de plus*.)*
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