Les Échos du passé.

Présent :

[Point de vue Enzo]

Il était seul dans la cuisine, tard, les lumières éteintes sauf une petite au-dessus du plan de travail.

Le silence du restaurant après le service avait toujours été son refuge. Il aimait ce moment. Ce vide. Ce calme qu’on ne pouvait pas lui arracher.

Mais ce soir… c’était différent.

Il avait encore en tête le regard de Hazel. Ses mots. Sa voix posée. Cette façon de lui dire « je veux lire une page de toi » comme si ce n’était rien — alors que c’était tout.

Et sans prévenir, un souvenir s’imposa.

Mathis.

La chaleur.

La peur.

Ce moment où tout aurait pu basculer, mais où il s’était recroquevillé comme un enfant trop lucide.

Parce que se donner… c’était se rendre.

Et lui, il avait passé sa vie à fuir l’idée de n’appartenir à personne.

Il inspira lentement, mains posées à plat sur l’inox froid. Il ferma les yeux. Il revit ce regard de déception. Cette gêne. Ce silence.

Et maintenant… voilà que Hazel surgissait avec ses grands yeux honnêtes, sa patience d’alpha qui n’a rien à prouver.

Il n’essayait pas de le prendre.

Il ne cherchait pas à le faire plier.

Et c’était bien ça le problème.

Hazel ne voulait pas son corps.

Il voulait le voir.

Lui.

Enzo rouvrit les yeux, tendus.

Ce n’était pas de la peur qu’il ressentait. Pas seulement.

C’était un danger plus profond : l’envie d’essayer.

Et il le savait… si jamais il baissait les armes cette fois, il ne saurait pas s’en relever.

La ligne à ne pas franchir

Enzo

Hazel était revenu. Comme chaque semaine. À croire qu’il avait fait du restaurant sa deuxième maison.

Enzo le vit entrer sans lever les yeux. Il le sentit, avant même de le voir. Cette aura calme, pesante, sans être menaçante. Ce parfum d’alpha qui ne l’envahissait pas… mais qui réveillait quelque chose en lui. Quelque chose qu’il ne voulait pas nommer.

Quand Hazel s’approcha du comptoir, Enzo s’y tenait déjà, raide, les bras croisés.

« Tu n’as pas réservé ce soir. »

Le ton était neutre. Glacial. Comme s’ils n’avaient jamais parlé.

Hazel ne se laissa pas démonter.

« Je passais dans le quartier. J’avais faim. »

Enzo le fixa. Longtemps. Puis il souffla, lentement.

« Tu dois arrêter de venir ici. »

Hazel fronça à peine les sourcils. « Pourquoi ? »

Enzo le contourna, fit mine de vérifier une commande. « Tu crois que c’est subtil ? Que personne ne remarque la façon dont tu me regardes ? »

Un silence. Puis il ajouta, plus bas :

« Tu ne me veux pas. Tu veux l’idée que tu te fais de moi. »

Hazel ne bougea pas.

« Je te regarde parce que tu me fascines. Pas parce que je fantasme sur un rôle. »

Enzo se crispa.

« Tu ne sais rien de moi. »

Hazel pencha un peu la tête, la voix plus grave, plus calme encore :

« Alors laisse-moi apprendre. Tu peux poser les limites. Je ne forcerai rien. Mais ne me rejette pas juste parce que tu as peur. »

Enzo ouvrit la bouche. La referma.

Il aurait voulu répondre. Hurler. L’envoyer balader.

Mais il ne trouva rien. Parce que ce qu’il venait d’entendre… c’était exactement ce qu’il redoutait.

Quelqu’un prêt à attendre.

À regarder derrière ses murs.

Et lui, Enzo, ne savait pas quoi faire de ça.

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