Sergio se réveilla de bonne heure, et s'apprêta pour sa journée qui s'annonçait chargé. Vêtu d'un de ses implacables costumes, qui lui conférèrent une allure majestueuse, il se passa sa veste sur le corps et sorti de la maison. Dehors, un cortège exorbitant de voiture l'attendait pour démarrer.
-Tout est prêt monsieur, vint lui annoncer l'un de ses gardes du corps.
Sergio lança un coup d'œil du côté de la grande muraille afin de vérifier si l'inconnue d'hier n'était de nouveau cachée derrière. Les grands yeux noirs de cette femme le hantaient toujours. Sergio mit ses lunettes de soleil et prit place dans sa voiture. Comme à son habitude, tout au long du trajet, il ne jeta ne serais-ce qu'un seul coup d'œil admiratif au paysage. Sergio avait maintenu sa tête baissée dans ses papiers. Arrivé devant le palais du sultan Khalid, Sergio vit une horde de journaliste qui l'attendait avec des caméras et des micros dans les mains. Il retira nerveusement ses lunettes, lorsqu'il remarqua que presque tous les alentours du palais étaient entourés par les journalistes. En colère, Sergio murmura quelques choses dans sa langue, puis ordonna d'arrêter sa voiture.
-Si vous voulez mon avis monsieur, rencontrer les journalistes seraient une bonne idée. Cela ne fera que redorer votre réputation, dit l'un de ses gardes.
Mathias pouffa puis se passa une main rageuse dans les cheveux.
-Monsieur, souvenez-vous que vous n'aimez pas ça, lui rappela son chauffeur et presque conseillé.
-Monsieur mais votre mère serait..
-Assez, gronda Sergio.
Il avait toujours été question de sa mère songea-t-il. Si aujourd'hui il portait un titre qui était plus un joug pour lui qu'un sujet de gloire, c'était également de sa faute. Si aujourd'hui il était à Marrakech, à supporter une chaleur extravagante c'était de sa faute. Jouant sur sa respiration, Sergio réussit à mettre de l'ordre dans ses pensées et opta pour le choix le plus raisonnable ; celui que lui aurait conseillé Mathias. Alors d'un coup sec, il ouvrit la portière et sortir à la rencontre des journalistes qui affluèrent vers lui. Les questions fusaient de toutes parts et leurs appareils photos n'arrêtèrent d'émettre des flashes.
-Monsieur le duc, quelle est la raison de votre venue à Marrakech ; pensez-vous redorer la relation existante entre votre pays et le Marrakech ; monsieur le duc, les rumeurs circulants sur votre union avec Georgina Campbell sont-elles vrais ? Allez-vous réellement vous mariez ?
-Je suis ici pour réaliser l'un des rêves de mon feu père, le duc Alexandre Montefeltro. Je vais bientôt faire construire ici, l'un des plus grands hôtels palace jamais vu dans l'Orient.
Sergio connaissait bien les journalistes pour leur comportement à poser les questions des plus personnelles. Il répondit autant qu'il pouvait mais ne prononça rien concernant les rumeurs d'une union entre Georgina Campbell et lui. Il ne voulait même pas y penser d'ailleurs, c'était l'une des magouilles de sa mère.
-Et en ce qui concerne votre union votre Georgina Campbell ?
-Monsieur attendez, répondez.
Sans plus rien ajouter, Sergio remit ses lunettes de soleil et marcha d'un pas assuré vers l'immense bâtisse à la décoration typiquement orientale dresser devant lui. A son arriver, le personnel l'accueillir tel qu'un prince en s'inclinant. Sergio n'aimait pas toutes ses formalités alors, il passa entre eux, sans perdre du temps.
-Monsieur vous auriez pu.....
-La prochaine fois que tu me reprendra sur mon habitude tu seras viré, dit-il d'une voix pleine d'autorité au garde engagé par sa mère. Compris ?
-Bien monsieur, répondît se dernier le teint blême.
Guidé par un personnel du sultan, Sergio arriva dans le bureau de ce dernier, ou il l'attendait déjà debout. Le voyant, Sergio remarqua que le temps ne l'avait pas épargné, bien au contraire. L'ayant vu, ce dernier se précipitamment vers lui en affichant un faux sourire sur son visage.
-Bien venu à Marrakech Duc Sergio Montefeltro, dit-il. Je suis bien heureux de travailler avec vous.
Sergio remua simplement la tête, et accepta son poignet de main.
-Je dirais que pour vous les années n'ont pas passé, commenta le sultan en proposant un siège à Sergio.
-Je ne dirai pas pareil de vous.
Choqué, le sultan ne s'attarda par sur sa remarque et continua à lui fait la conversation. Ce dernier se mit à lui narrer l'histoire de son royaume de long en large. Cette histoire, Mathias la connaissait déjà depuis son enfance. On le préparait à être duc depuis que son père vivait encore et par conséquent, il avait dû apprendre par cœur, l'histoire de presque tous les royaumes.
-Et si nous parlons de ce qui vous a amené ici? Questionna le sultan.
Sergio ne voulant pas non plus converser à propos de cela, accueillir néanmoins cette décision avec joie. Il en avait assez de voir le sultan se tromper sur les dates marquantes de l'histoire de son royaume.
-Bonne idée, dit-il.
Sergio fit signe du doigt à l'un de ses gardes, qui lui remit aussitôt un dossier dans les mains.
-Comme vous le savez déjà, le site de construction est tout près d'ici. Il est assez vaste pour le périmètre souhaité et le sol est assez solide pour supporter un immeuble de cette taille.
Pour toute réponse, Sergio décida de voir le site de construction lui-même afin d'en juger. Les deux hommes se mirent donc à faire le tour du palais afin de rejoindre le lieu de construction. Chemin faisant, le sultan ne manqua d'exposer sa richesse aux yeux de Sergio, en lui montrant du doigt, chaque chose qui lui donnait gloire. Sergio aurait aimé en rire, mais la chaleur l'irritait au point ou les muscles de sa mâchoire tressautèrent presque.
-Là, s'est mon harem, dit le sultan avec un air suffisant.
-Quoi? S'offusqua Sergio croyant mal avoir entendu.
Le sultan se répéta fièrement l'air aucunement outré. Sergio eut l'envi de lui sauter sur la gorge car pour lui, posséder un harem était une chose horrible. Depuis quand est-ce qu'il avait un harem au Marrakech se demandait-il.
-C'est mon harem et il y a en tout trente-deux femmes, les plus belles du royaume.
Lorsque Sergio entendit que les femmes étaient les plus belles du royaume, il se souvint de la femme aux yeux noirs qui l'espionnait hier. Il n'avait peut-être aperçu tout son visage en raison de son voile, mais ses grands yeux noirs, suffisaient pour le hanter. Bien qu'il détestait les harems, et qu'il pensait que c'était un fait qui avec le temps avait disparu, il voulut néanmoins aller y faire un tour.
-Vous me le faite visiter ? demanda Sergio.
Le sultan accepta et le conduisit vers une immense demeure sous forme d'un hall. Dès qu'ils passèrent la porte en bois de la demeure, les premières femmes commencèrent à se montrer.
-elle s'est Soraya ma préférée, dit le sultan en pointant le doigt vers une femme que Sergio ne prit même pas le temps d'observer.
Il baladait la tête de gauche à droite à la recherche de la femme qui l'avait espionné hier. Elles n'étaient pas toutes voilées dans la demeure alors cela lui rendait la tâche facile. Il ne s'attardait pas trop sur certaines. Dégouté, il eut l'envi de quitter ce lieu abominable, mais quelques choses en lui le motivait à avancer.
Le sultan quant à lui trainait les pas en arrière, puisqu'il s'arrêtait à chaque porte pour saluer ses amantes préférées. Sergio remarqua qu'une chambre était éloignée de toutes les autres. Ce n'était pas vraiment une chambre, mais un espace délimité par du tissus de couleurs variés. C'était sous forme d'une tente. Lorsqu'il s'approcha de plus près, il vit à travers les reflets que lui lançaient les tissus, une ombre fine se mouvoir avec élégance. Il écarta l'un des pans des tissus, et entra à l'intérieur. Mais la femme resta de dos, et ne lui lança aucun regard.
- Tourne-toi, ordonna le sultan en entrant à son tour.
Timidement, la jeune femme se retourna la tête baissée. Elle portait une longue robe en soie blanche sans motif. Sur sa tête était posé un voile de couleur verte et qui fermait presque la totalité de son visage. Sur un autre ordre du sultan, la jeune femme releva la tête, et Sergio vit que le voile ne recouvrait pas ses yeux. Debout comme un piqué, la jeune femme baisa de nouveau la tête. Elle était grande et mince, dans sa prestance, elle semblait embarrassée ou troublée.
-Nous l'avons normé Chahrazad, elle n'a jamais prononcé un seul mot depuis sa venue ici.
Sergio semblait ne pas avoir attendu le reste de la phrase, tellement il était captivé par le bout de femme qui se tint devant lui. Vue de près, ses yeux étaient plus captivants qu'hier. Bien que Sergio aurait préférer observer encore et encore ses yeux, il était fière de l'intimidé au point où elle gardait la tête baissée. Ravit était-il de constater que son charisme n'avait pas changé.
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