chapitre 5

La beauté du matin me faisait me sentir bien. Les boutons de fleurs s’ouvrant doucement et leur bonne odeur embaumait l’air, la fraîcheur me fit sentir nostalgique. C’était comme les matinée sur l’île. L’air pur, frais et doux aux odeurs de fleurs et de rosée du matin. Le temple de marbre brillait à la lumière du soleil. La délicatesse de la nature qui m’entourait.

Laniel me faisait marcher dans ces beaux jardins, les découvrant en même temps que moi. Il ne disait rien, il observait et profitait du moment de paix qui nous était donné. Puis nous fûmes forcés de rentrer, l’attaque de Suan effrayait tout le monde, craignant que quelqu’un puisse s’en prendre à nous. Au déjeuner, nous avons appris que notre union serait devancée de deux semaines, ce qui voulait dire que d’ici la semaine prochaine, nous serions mariés. Ça m’a brisé le cœur, j’imagine comment Suan doit se sentir. En y pensant, j'ai ressenti l’urgence de le voir.

-Pardonnez-moi, Laniel, mais j’aimerais m'absenter.

-Bien, mais puis-je vous demander pourquoi?

-Je veux aller voir Suan.

Il me sourit et me conduit dans sa chambre. La porte était ouverte, il dormait. Je me suis assise à côté de lui et j'ai posé mes mains sur sa poitrine, là où se trouvait la blessure. Nyx ne cessait de tourmenter mon esprit. Elle était la voix de la raison, je suivais pourtant mon cœur. Elle me réprimandait d'avoir embrassé mon ami, mais que pouvais-je faire d'autre? Je n'allais tout de même pas le laisser là, sans rien faire. Sans lui prouver que je l'aime.  J'espérais que Laniel ne se rend  pas compte de ma conversation interne. Il détectait des choses incroyables... Il s’approcha lentement, puis s’assit au bout du lit. Je regardais le beau visage de Suan, encore brûlant de fièvre. Nous sommes rester une bonne demi-heure à parler doucement de ma vie sur mon île, de Suan. 

-J’ai assez parlé de moi, dis-je. Comment viviez-vous?

-J’ai vécu dans un luxe, on m’a toujours dit que d’étudier était ma priorité, donc c’est ce que j’ai fait. J’ai passé toute mon enfance à étudier et à apprendre comment gérer un royaume. Je n’avais pas d’amis et les seules fois où je voyais mon père, il me disait qu’étant destiné à devenir futur roi, je devais épouser une princesse fortunée, par amour ou non. Je devais toujours être si sérieux. Je n’ai jamais jouis d’une telle liberté qu’était la votre. À votre contraire, je restais enfermé toute la journée dans la bibliothèque à étudier et à me faire taper sur les doigts si je ne faisais pas ce qui m’était demandé. Je vous envie beaucoup, Asuna, enfant de déesse et libre comme le vent. 

À chaque fois qu’il disait mon nom, c’était avec une telle douceur. Mais repensant à son enfance, il me faisait pitié. Il a même confirmé mon doute sur sa sincérité de sa réponse lorsque je lui ai demandé son avis sur l’alliance. Il n’en a vraiment rien à faire, il a vécu en apprenant que c’était une bonne chose, sans liberté, sans affection. Connaît-il l’amour?  Sait-il comment on se sent lorsqu’on est aimé? N’a-t-il jamais vraiment été qu’un futur roi, un successeur aux yeux de son père? Tant de questions à reporter pour une autre discussion. J'avais pris la main de Suan sans m’en rendre compte. Ses doigts se sont resserrés et il ouvrit les yeux lentement. Je me suis tout de suite penchée au-dessus de lui, ma main droite toucha son visage crispé de douleur. 

-Bon matin Suan, lui dis-je doucement. Tu te sens bien?

Il ressera ma main. Le simple fait de respirer lui faisait mal, alors de parler. Et quelle question idiote. Il s’est fait tirer une flèche la veille et j’ose lui demander s'il va bien. Il me souriait légèrement, essayant de ne pas penser à sa douleur. Laniel se leva poliment et quitta. J’ai attendu qu’il ferme la porte et je me suis allongée à côté de mon ami. Son bandage était encore gorgé de sang, mais il refusait que je lui change. Sa fièvre ne descendait pas non plus, ce qui m'inquiétait. Nyx ne cessait de hurler dans ma tête, essayant de me remettre à ma place et essayant de le protéger des ennuis que je peux lui causer. Nous étions ses enfants, comme elle le disait souvent. Elle souffrait de le voir dans cet état, tout comme moi.

La cloche sonnait, annonçant une réunion au conseil. Toujours allongée à côté de lui, je me suis relevée et je l’ai embrassé. Il répondit à mon baiser, puis je quittai sa chambre. Ma robe était froissée, mais je m’en fichais. Je devais me rendre à la salle du conseil. J’ai pris mon siège, aux côtés de mon père, mais quelque chose avait changé dans son regard. 

-Mes chers, c’est avec beaucoup de peine que, je crois ne rien vous apprendre, le jeune Clawster s’est fait tirer hier soir. Un traître est parmi nous.

Juste à ces mots, les membres du conseil se mirent à parler, à ignorer les moindres mots qui sortaient de la bouche d’Arlimh. Il essayait de reprendre contrôle de la salle, mais échouait. J'ai déployé mes ailes et créé un grand courant d'air dans la pièce. Les hommes du conseil, tout frissonnant, se turent et laissèrent la parole au roi.Après l’avoir trop longtemps entendu répéter les mêmes bouts de phrases inachevées, je me suis levée. 

-Membres du conseil, ambassadeurs des trois royaumes, bienvenue. Comme vous le savez tous maintenant, Suan, mon garde, à été tiré d’une flèche qui, à l’avis de la déesse en moi, et non pas celle du médecin, serait empoisonnée. Un homme ou une femme se cacheraient dans le palais. Une possible taupe du royaume de Dragun Nithe. Sir Lukas de Nordica, la reine a-t-elle accepté de nous venir en aide?

-Oui votre altesse, et elle vous salue.

-Bien. Maintenant que ceci est réglé, revenons-en au menu du jour. Premièrement, il faut trouver le criminel, ou la criminelle, toujours introuvable. Personne n'était assez précis encore dans notre armée pour avoir œuvré à ce crime, dis-je en lisant le plan du jour que le roi avait écrit.

-Je propose de retracer l’origine de la flèche, commença Liam, par où elle aurait pu être tirée dans la chambre du garde et par qui.

-Excellente idée, appuya le père de Suan. Voilà une chose de réglée, me dit-il . J’enverrai mon équipe formée d’enquêteurs spécialisés. Il retrouverons au minimum les origine de l’Arme et ils pourront peut-être relever des empreintes.

-Bonne idée en effet, dis-je avant de continuer, me demandant pourquoi rien de tout cela n'avait été pensé avant. Deuxième point du jour, nous devons savoir à quelle type de menace nous avons à faire. Je vous le rappelle, lors de mon rituel avec Nyx, nous avons détecté les pensées du roi du Sud, planifiant de mettre fin aux races Elfique, Féérique et Louvienne en les exterminant. Nous devons donc savoir s’il compte mettre son plan en marche et être prêt à toutes éventualités. 

-Nous devons envoyer des espions, suggéra mon père, enfin sorti de son monde. 

Sur ses mots, le courrier arriva. Un lettre s’adressait au conseil, mais était au nom du père de Suan.

-Mon fils aîné nous apporte de bien mauvaises nouvelles, votre altesse, se désola-t-il. Étant le nouveau général stratège du royaume du Sud, il nous informe d’un complot envers les races magiques. D’après ses gardes et la patrouille du royaume, le trois quart de la population Louvienne a été réduite à l’esclavage et les fées qui vivaient dans la cité et en banlieu sont retenue prisonnières dans les cachots, les ailes de chacunes sont arraché en public sur la grande place, une fois par semaine.

Laniel se leva et quitta. Son père nous regarda gravement.

-Mon fils s’est fait arraché les ailes plutôt dans sa vie et il n’est plus le même. Il a perdu sa joie de vivre et son entrain. J’imagine qu’il ne peut s’empêcher de repenser à ce jour et à toute la douleur que ça lui avait apporté. 

-Donc une fée sans ailes…

-Perd ses pouvoirs et sa liberté, finit-il. On doit sauver les fées et les loups de Dragun Nithe.

-Se serait une mission suicide, lança un ancien ami du roi du Sud. Tout le monde sait que la garde royale d’Alvon est la plus forte et mieux entraînée que n’importe laquelle de nos armées et ce, grâce à Allan Clawster. Ensuite, admettons que nous parvenions à entrer dans la capitale, nous n’arriverons pas à en sortir sans perdre qui que ce soit. 

-Je vous l'accorde, l’Armée que j’ai montée est sans pitié, mais je peux entraîner les chevaliers d’Alféa et de la Nouvelle-Alféa. 

-Ça pourrait peut-être marcher, mais même si nous allions sauver nos semblables à Dragun Nithe, nous ne pourrons pas éviter une guerre, et donc, il faudrait protéger les habitants de nos royaumes en les faisant aller vers le nord, dans les villages abandonnées et dans les campagnes de Nordica. Plusieurs de nos soldats devront escorter le peuple afin que rien de mal ne lui arrive et que cette même escorte devra les protéger. Ensuite, les soldats du Nord pourraient nous rejoindre, mais seulement si la reine accepte de nous aider à combattre.

-Elle a accepté, répéta son ambassadeur.

-Je lui ai envoyé une lettre parlant de garder les habitants à l'abri de toute violence, mais je n’ai jamais parlé de combattre à nos côtés, lança Paon. Maintenant, Asuna, Je vous prierais bien d’aller voir si mon fils va bien. Les adultes gèreront le reste. Nous vous remercions cependant, vous avez fait un bon travail. 

Je suis parti. J’ai envoyé un oiseau messager chercher Laniel qui fut facile à trouver. Il était allé se réfugier dans sa chambre. Je m’y suis rendu et quand il m'a dit d’entrer, j'ai réalisé que la pièce était légèrement différente de toutes les autres. Les murs étaient d'un doux crème et les rideaux, encore en velours, étaient d’un vert profond, tout comme sa literie.  Le reste était identique aux autres pièces, mais juste ce changement de couleur était suffisant pour tout changer à mes yeux. Il était assis sur son lit, la tête entre les mains. Il ne s’était jamais montré aussi vulnérable, ce qui me fit chaud au cœur. J'allai m’asseoir à côté de lui et je me penchai pour voir son visage.

-Que vous arrive-t-il?

-Rien en particulier. Seulement, je ne peux pas supporter l’idée que d’autres subissent le même sort que moi.

-Que vous est-il arrivé? Souhaitez-vous m’en parler?

Il fit non de la tête, retenait ses larmes en essayant de ne pas me regarder. De mes mains, je lui tourna la tête vers moi et il fondit en larmes. Il souffrait et je le ressentais de tout mon être. Nous avons déjeuné ensemble, dans la salle à manger. Elle était vide et froide. Laniel se leva ensuite et me conduit à la chambre de Suan.

-Je crois que vous devriez aller le voir, dit-il. Je ne peux vous empêcher ce geste et encore moins vous demander d'abandonner vos sentiments pour lui.

Je le regardai en panique, il savait. Je n'ai pourtant pas eu le temps de répliquer que nous y étions déjà. Il ouvrit la porte pour moi et la referma après que j'entrai dans la pièce. 

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