Chapitre 9 : L'orage intérieur

Le ciel s’obscurcissait au-dessus de la ville, le vent hurlant dans les rues étroites comme un avertissement. Yuzhen serra les poings, sentant l'atmosphère lourde peser sur elle, mais ce n'était rien comparé à la tension palpable qui régnait entre les deux hommes devant elle.

Zhihao, son frère, se tenait droit, le regard perçant rivé sur Wei, l’autre homme qui, tout aussi déterminé, ne baissait pas les yeux. Ils se faisaient face comme deux lions prêts à en découdre, et Yuzhen pouvait presque sentir les étincelles crépiter entre eux, comme si un seul mot pourrait enflammer la situation.

« Yuzhen, » commença Zhihao, d’une voix grave. « Tu devrais rentrer à la maison. Avec moi. »

Yuzhen inspira profondément, chassant la peur et l’indécision qui menaçaient de l’envahir. Elle savait que ce qu’elle s’apprêtait à dire serait difficile à accepter pour l’un comme pour l’autre, mais elle ne pouvait plus reculer.

« Zhihao, » répondit-elle, calmement mais avec une fermeté indiscutable. « Je t'ai déjà dit que je ne rentrerai pas à la maison. Je dois être seule ce soir. »

Elle sentit le regard intense de son frère peser sur elle, mais avant qu’il ne puisse répliquer, Wei fit un pas en avant, son visage habituellement impassible déformé par l’inquiétude.

« Et moi alors ? Tu veux vraiment que je te laisse partir comme ça, seule ? Il va pleuvoir, tu le sais bien... »

Avant qu’elle ne puisse répondre, il attrapa son poignet, sa prise à la fois douce et insistante. « Laisse-moi au moins te ramener... »

Yuzhen baissa les yeux vers la main de Wei, ressentant une vague de colère monter en elle. Comment pouvait-il encore croire qu’elle accepterait de revenir après ce qu’il lui avait fait ? Il l'avait enfermée, refusant de la laisser sortir, sous prétexte de la protéger. Elle détestait cette cage dorée dans laquelle il l'avait enfermée, cette absence de confiance qui la poussait à s’éloigner.

« Non, Wei. » Elle se dégagea brusquement, son regard se durcissant. « Je ne veux pas de ta protection. Je veux juste... être seule. »

Zhihao, qui avait observé la scène en silence, ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Pourquoi semblait-elle si effrayée par l'idée de rester seule cette nuit-là, surtout alors que la pluie menaçait ?

« Pourquoi, Yuzhen ? » demanda-t-il, avec une inquiétude qu'il ne cherchait même pas à dissimuler. « Qu’est-ce qui te fait si peur ? Est-ce vraiment la pluie ? »

Yuzhen détourna le regard, luttant pour cacher la panique qui grondait en elle. « Ce n’est rien, Zhihao. Laisse-moi partir. S'il te plaît. »

Elle sentit la résistance des deux hommes, chacun tenant un de ses poignets, comme s'ils tentaient de la retenir, de l'empêcher de glisser entre leurs doigts. Mais elle se dégagea, se libérant de leur emprise, et sans un mot de plus, elle tourna les talons et s'éloigna vers l’arrêt de bus, sa silhouette se découpant dans la lumière blafarde des réverbères.

Zhihao resta un instant immobile, le regard fixé sur la route qu’elle empruntait. Il finit par pousser un soupir résigné. « Fais attention à toi, » murmura-t-il, même si elle ne pouvait plus l’entendre. Puis, se retournant, il décida de rentrer chez lui, l’esprit tourmenté par l'inquiétude.

Wei, cependant, ne bougea pas. Ses yeux suivirent la silhouette de Yuzhen jusqu’à ce qu’elle disparaisse à bord du bus. Son cœur battait la chamade, l’angoisse serrant sa poitrine. Le ciel était maintenant presque noir, les premiers grondements du tonnerre résonnant au loin. L'avait elle entendue ? Il savait que la pluie était imminente, et l’idée de la laisser seule lui était insupportable.

Sans réfléchir davantage, il se mit à marcher, suivant à distance le bus qui emportait Yuzhen. Lorsqu'il la vit descendre devant un petit immeuble modeste, il s'arrêta, observant de loin, hésitant. Devait-il la laisser ? Ou...

Finalement, il resta là, à l’abri d’un arbre, observant la fenêtre de l’appartement où la lumière s’allumait à l’intérieur. La pluie commença à tomber, d’abord en fines gouttes, puis en torrents, mais il ne bougea pas. Il resta planté là, fixant la fenêtre illuminée, les pensées tourbillonnant dans son esprit comme la tempête qui faisait rage autour de lui.

À l’intérieur, Yuzhen regarda un instant la pluie battre contre la fenêtre, le bruit de l’orage s’intensifiant. Son cœur battait à tout rompre, mais elle tenta de se calmer. Pourtant, l’angoisse monta en elle, irrésistible. Elle voulait sortir et trouver Wei pour se blottir dans ses bras comme la dernière fois.

Sans réfléchir, elle se réfugia dans le placard de sa chambre, son corps tremblant de la tête aux pieds. Les souvenirs refoulés menacèrent de faire surface, et elle serra les bras autour de ses genoux, essayant de chasser la panique. Le bruit de la pluie sur le toit résonnait dans son esprit comme un martèlement incessant, et malgré elle, ses yeux se fermèrent, la fatigue et le stress l’emportant finalement.

Lorsqu’elle se réveilla, le silence avait remplacé le bruit de la tempête. Il faisait encore nuit, mais l’orage était passé. Tremblante, elle sortit du placard et se dirigea vers la fenêtre, un pressentiment lui serrant le cœur.

Elle descendit les escaliers de son immeuble en courant, ses pieds nus frappant le sol humide du hall. Lorsqu’elle ouvrit la porte d’entrée, elle trouva Wei, recroquevillé sur le perron, trempé jusqu’aux os. Il était resté là toute la nuit.

« Wei ! » cria-t-elle en se précipitant vers lui. Elle posa une main sur son front, le sentant brûlant sous ses doigts. Une fièvre sévère s’était emparée de lui.

Inquiète, Yuzhen l’aida à se lever, le soutenant tant bien que mal jusqu’à son appartement. Elle le déposa sur le canapé, couvrant son corps glacé avec des couvertures, et s’assit à côté de lui, son cœur battant à tout rompre.

« Pourquoi as-tu fait ça, Wei ? » murmura-t-elle, ses yeux remplis de larmes qu’elle ne pouvait plus retenir.

Wei ouvrit les yeux, son regard embué par la fièvre. « Je ne pouvais pas te laisser seule, » dit-il faiblement. « Je voulais juste... être là, au cas où. »

Yuzhen sentit son cœur se serrer. Comment pouvait elle encore lui en vouloir après ça ?

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