Chapitre 4 : Les Échos de la Nuit

Wei ralentit la voiture alors qu'ils approchaient du manoir, jetant un coup d'œil à sa droite.

Yuzhen dormait paisiblement sur le fauteuil passager, ses traits adoucis par le sommeil.

Son visage, habituellement marqué par une certaine tension, semblait plus serein, presque vulnérable. Wei sentit son cœur se serrer en la regardant, une émotion douce et étrange l'envahissant.

Il se gara devant l'entrée et coupa le moteur. Le silence qui s'ensuivit était entrecoupé seulement par le souffle régulier de Yuzhen. Il resta un moment immobile, hésitant à la réveiller.

Ses yeux glissèrent sur ses cheveux délicatement éparpillés sur son front, sa respiration calme qui soulevait légèrement sa poitrine. Dans cette lumière tamisée, elle paraissait encore plus belle, un contraste saisissant avec la force de caractère qu'elle montrait d'habitude.

Wei soupira doucement, ses pensées se bousculant. Depuis combien de temps ne s'était-il pas permis de s'attarder ainsi sur quelqu'un ? De se sentir connecté à une autre personne d'une manière aussi intime, même s'il ne comprenait pas encore tout à fait pourquoi ?

Il tendit la main, hésitant un instant avant de repousser une mèche de cheveux qui tombait sur le visage de Yuzhen. Son geste était empreint d'une tendresse qu'il ne se serait jamais imaginé capable de ressentir. Le contact de ses cheveux contre sa peau déclencha une vague de chaleur inattendue en lui.

"Yuzhen..." murmura-t-il doucement, à mi-chemin entre une prière et une simple tentative de la réveiller.

Elle remua légèrement, mais ne se réveilla pas. Wei la regarda encore un instant, son cœur battant plus fort. Un sourire tendre naquit sur ses lèvres, une expression si rare pour lui que cela aurait surpris n'importe lequel de ses employés.

Il sortit silencieusement de la voiture, fit le tour et ouvrit doucement la portière du côté passager. Il s'accroupit pour être à son niveau, hésitant à la réveiller.

Finalement, il prit une décision. Avec une délicatesse infinie, il glissa un bras sous ses jambes et un autre sous ses épaules. La soulevant avec précaution, il la serra contre lui, sentant la chaleur de son corps contre le sien.

Yuzhen bougea légèrement dans son sommeil, sa tête venant se nicher contre son torse, cherchant inconsciemment plus de confort. Wei sentit un frisson traverser son dos. Cette proximité était nouvelle pour lui, presque intimidante, mais étrangement apaisante.

Il traversa le hall du manoir, ses pas résonnant doucement sur le marbre. Tout était si calme, comme si le monde entier s'était arrêté pour eux seuls.

Une fois arrivé à l'étage, il poussa la porte de la chambre d'ami d'un coup d'épaule. Le lit, large et accueillant, se trouvait au centre de la pièce. Avec la même précaution qu'il avait utilisée pour la porter, Wei déposa Yuzhen sur le matelas.

Elle remua à peine, s'étirant inconsciemment avant de se blottir contre l'oreiller. Wei tira doucement les couvertures pour la couvrir, prenant soin de ne pas déranger son sommeil. Il resta un moment debout à côté du lit, la regardant dormir dans la chambre autrefois inhabité.

Il s'assit finalement sur le bord du lit, sa main frôlant la sienne. Cette proximité le troublait, mais en même temps, il n'avait pas envie de partir. Il se surprit à se demander comment une simple présence pouvait bouleverser autant sa vie, lui, l'homme d'affaires redouté et respecté, toujours maître de ses émotions.

"Wei..." l'entendit-il murmurer alors qu'elle semblait faire un cauchemar.

...****************...

Dans son sommeil agité, Yuzhen se retrouva dans une pièce sombre, un vaste hall d'apparence froide. Les murs semblaient se resserrer autour d'elle, et un écho lointain de voix familières résonnait. Ses quatre frères, figures de son passé révolu, apparurent, leurs visages marqués par une froideur glaciale.

"Yuzhen, tu n'as plus de place ici," dit l’un d'eux d'une voix distante. "Nous avons une nouvelle famille maintenant."

Elle tenta de leur répondre, mais sa voix était étranglée par une douleur lancinante. Ils se détournaient d'elle, un à un, leur mépris palpable.

Ses yeux se posèrent alors sur une silhouette familière, celle de sa sœur adoptive, qui se tenait au centre de la pièce, un sourire triomphant aux lèvres.

"Tu vois, Yuzhen, ils m'ont choisie," dit sa sœur d'une voix mielleuse. "Tu ne comptes plus pour eux."

La douleur était telle que Yuzhen s'effondra au sol, pleurant des larmes amères. L'air était devenu lourd, presque insupportable. Mais le pire était encore à venir. Wei fit son apparition, son regard dur et impassible, contrastant fortement avec la tendresse qu'il avait montrée dans son autre vie.

"Grande sœur," dit-il froidement. "Je n'ai plus besoin de toi."

Ces mots furent comme des coups de poignard. Sa vision devint floue alors qu’elle le voyait s’éloigner, sa silhouette se fondant dans l’obscurité.

Le cauchemar s'intensifiait, les murs se rapprochant, l'ombre envahissant tout. Elle tendit les bras vers Wei, mais il était trop loin, trop inaccessible.

...****************...

Yuzhen se réveilla en sursaut, le souffle court, les draps trempés de sueur. Son cœur battait la chamade et une douleur lancinante pulsait dans sa poitrine.

Wei assit près d'elle, la fixait avec une inquiétude palpable. Ses yeux se posant sur son visage avec une tendresse sincère.

"Ça va ? " demanda-t-il, ses doigts se posant doucement sur sa joue.

Elle leva les yeux vers lui, ses larmes toujours fraîches. "Je… j’ai fait un cauchemar," murmura-t-elle, sa voix tremblante. "Ils m’ont abandonnée... et toi aussi."

Wei ne savais pas de qui elle voulait parler mais il était certain d'une chose, prenant sa main dans la sienne. "Ce n'était qu'un rêve," dit-il doucement. "Rien de tout cela n’est réel. Je ne partirai pas."

Il serra sa main avec une assurance calme, sa chaleur et sa présence apaisant les échos douloureux du rêve. Yuzhen, encore secouée, chercha son regard, trouvant une sincérité réconfortante dans ses yeux.

"Mais dans mon rêve… tu t’éloignais aussi," confia-t-elle dans un chuchotement brisé.

Wei la regarda, ses yeux se remplissant de compassion.

"Je suis là maintenant, Yuzhen. Je ne te laisserai pas."

Il l’attira doucement dans ses bras, la serrant contre lui dans une étreinte protectrice. Yuzhen se laissa aller à cet élan de réconfort, sentant son cœur se calmer peu à peu.

Ils restèrent ainsi dans le silence, la seule lumière venant de la lampe projetant une lueur douce autour d'eux. Wei caressa doucement ses cheveux, murmurant des mots apaisants, essayant de dissiper les ombres de ses cauchemars.

Avec chaque minute qui passait, la tension de Yuzhen se relâchait, laissant place à une douceur réconfortante. Peu à peu, le calme et la chaleur de l'étreinte de Wei se frayèrent un chemin à travers ses craintes et ses douleurs.

"Merci," dit-elle finalement, sa voix à peine audible. "Merci d'être là."

Wei ne savais quoi lui répondre. Cette femme était apparue du jour au lendemain dans sa vie et il semblerait qu'il lui était maintenant impossible de lui lâcher la main.

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