Chapitre 3: Une nouvelle maison

Wei ouvrit la porte d'entrée d'un geste fluide, révélant une vaste demeure qui semblait tout droit sorti d'un rêve.

Le manoir, construit dans un style contemporain, était bordé de larges baies vitrées offrant une vue imprenable sur des jardins magnifiquement entretenus.

Yuzhen, debout à ses côtés, ne put cacher son émerveillement. Ses yeux s'écarquillèrent tandis qu'elle laissait son regard se perdre dans les détails somptueux de l'intérieur.

"Bienvenue chez moi," dit Wei d'une voix calme, tranchant avec l'image de l'homme d'affaires glacial qu'il affichait en public.

Yuzhen hocha la tête, mais son cœur se serra douloureusement. L'image de cette somptueuse maison contrastait violemment avec les souvenirs de sa première vie. À cette époque, après l'accident, sa famille l'avait reléguée à un débarras froid et humide. Cette maison luxueuse lui rappelait cette vie où elle ne l'avait jamais réellement aidé.

Le secrétaire de Wei, un homme aux traits sévères nommé Zhang, observait la scène avec une incrédulité mal dissimulée.

Jamais il n'aurait imaginé voir son PDG, habituellement distant et froid, se comporter avec autant de douceur. C'était comme si une toute autre personne se tenait devant lui.

Cependant, Wei ne prêta aucune attention au regard inquisiteur de Zhang. Il était entièrement focalisé sur Yuzhen, cherchant à comprendre l'expression de tristesse qui avait soudainement envahi son visage.

"Est-ce que ça va ?" demanda-t-il, son front se plissant légèrement d'inquiétude.

Elle tourna lentement la tête vers lui, dissimulant sa tristesse derrière un sourire faible.

"Oui, tout va bien. C’est juste… incroyable," répondit-elle, ses yeux scintillant d'une émotion qu'elle ne pouvait partager avec lui.

Comment pourrait-elle lui expliquer qu'elle se souvenait d'une vie où il n'avait jamais eu la chance de connaître ce genre de luxe, où il avait été rejeté par tous, y compris par elle ?

Wei resta silencieux un instant, son regard perçant scrutant le visage de Yuzhen. Il sentait qu'il y avait quelque chose qu'elle ne disait pas, mais il ne pouvait mettre le doigt dessus. Elle était un mystère pour lui, un mystère qu'il n'était pas certain de pouvoir résoudre.

Finalement, Wei secoua la tête comme pour chasser ses pensées et se redressa.

"Je dois me rendre à l'entreprise pour une réunion. Mais je ne peux pas te laisser seule ici avec ta blessure à la main. Si tu fais un faux mouvement et que tu aggraves ta situation, je ne me le pardonnerais pas," dit-il avec une fermeté qui surprit même Zhang.

Il se tourna vers son secrétaire.

"Zhang, je veux que tu restes ici pour surveiller Yuzhen. Assure-toi qu'elle ne se fatigue pas trop et qu'elle n'essaie pas de faire quoi que ce soit de risqué."

Zhang acquiesça immédiatement, même s'il était encore sous le choc de voir son patron montrer autant de sollicitude.

"Oui, monsieur," répondit-il, avant de jeter un coup d'œil à Yuzhen.

Wei prit une dernière fois la main valide de Yuzhen, la serrant doucement comme par peur de la blesser.

"Je reviendrai dès que possible," murmura-t-il avant de quitter la maison, le bruit de la porte se fermant résonnant lourdement dans l'immense demeure.

Yuzhen regarda autour d'elle, essayant de trouver un moyen de s'occuper pendant l'absence de Wei.

Cependant, l'atmosphère de la maison lui pesait. Elle se sentait comme une étrangère dans cet endroit qui était maintenant son nouveau foyer temporaire. Après une heure passée à feuilleter des magazines sans vraiment les lire, elle décida qu'elle devait sortir. Elle ne pouvait pas rester enfermée ici, à ressasser le passé.

Discrètement, elle se glissa hors du salon où Zhang travaillait en silence. Elle connaissait son objectif : le circuit de formule un.

Dans sa vie précédente, c'était l'un des rares endroits où elle se sentait libre, vivante. Ce besoin irrésistible de ressentir à nouveau cette liberté la poussa à quitter la maison, semant habilement Zhang qui ne se doutait de rien.

Le circuit était presque vide lorsqu'elle y arriva, une légère brise balayant la piste. Elle s'assit sur un des bancs, fermant les yeux pour écouter le bruit fantôme des voitures qui autrefois la faisaient vibrer. Mais alors qu'elle tentait de se perdre dans ses souvenirs, une sonnerie de téléphone brisa la quiétude du lieu.

...****************...

Zhang était paniqué lorsqu'il appela Wei. "Monsieur, je suis désolé, mais... Mademoiselle Yuzhen a disparu."

Le silence qui suivit était lourd de tension. Wei, qui se trouvait en pleine réunion avec ses cadres, se leva brusquement, ses yeux sombres trahissant son inquiétude.

"Qu'est-ce que tu veux dire par 'disparu' ?" demanda-t-il d'une voix dangereusement calme, ce qui fit frissonner Zhang à l'autre bout du fil.

"Je... je pense qu'elle a quitté la maison. J'ai cherché partout, mais je ne la trouve pas."

Wei raccrocha sans un mot de plus, ses pensées tourbillonnantes. Il ne pouvait pas croire qu'elle ait pu simplement partir ainsi. Avait-elle, elle aussi fini par le fuir ? Non, elle était différente. Ce qu'il voyait dans ses yeux étaient différents.

Il se tourna vers ses employés, tous figés par la peur de sa réaction, mais il ne dit rien. Il attrapa simplement ses clés et quitta la salle de réunion sans explication, laissant ses subordonnés abasourdis.

"Annulez tous mes rendez-vous," ordonna-t-il en passant devant son assistante.

Il roula à toute allure, ses pensées revenant sans cesse à Yuzhen. Il ne comprenait pas ce qui l’avait poussée à partir, mais une chose était sûre : il ne pouvait étrangement plus lâcher cette femme. Il s'empressa d'appeler sur le numéro de téléphone qu'il avait enregistré alors qu'elle était a l'hôpital, inconsciente.

"Où es-tu ?" demanda-t-il d'une voix grave, une fois qu'elle eut décroché.

Il se précipita vers l'adresse qu'elle lui avait indiqué.

...****************...

Yuzhen sursauta en entendant sa voix, son cœur battant la chamade en voyant l'inquiétude sur son visage.

"Wei… je suis désolée, je…"

Il la prit dans ses bras avant qu'elle ne puisse finir sa phrase, son étreinte surprenante et rassurante à la fois.

"Ne pars plus jamais comme ça," murmura-t-il, sa voix teintée d'une émotion qu'elle ne lui connaissait pas.

"Je suis désolée," répéta-t-elle, surprise.

C'était la première fois que quelqu'un s'inquiéter réellement pour elle. Avant elle pouvait disparaître pendant des jours sans que personne ne s'en aperçoive alors que lui l'avait cherché au bout de quelques heures.

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