Elisa se leva à nouveau, mais cette fois, ellene se rendit pas à l'hôpital. Elle resta là, figée dans la cuisine, le téléphone toujours entre ses mains, son esprit englué dans des pensées contradictoires. L'argent était là, dans le sac. Son père avait besoin de cette opération. Mais tout autour d’elle semblait se dérober. Elle n’arrivait plus à discerner ce qui était juste et ce qui ne l’était pas. Chaque geste, chaque pensée, semblait l'éloigner de la fille qu’elle avait été.
Elle se tourna vers la fenêtre. Le monde dehors semblait inchangé, paisible, indifférent à la tempête qui faisait rage en elle. Le soleil brillait, mais Elisa ne le voyait plus. Ce n'était plus qu'une lumière froide et distante, une lumière qui ne pouvait réchauffer le froid qui s'était installé dans son cœur.
Le son du téléphone la fit sursauter. Un autre message. Cette fois-ci, c'était de sa mère.
Message de sa mère : "Elisa, il faut que tu viennes à l'hôpital. Le médecin veut te parler."
Elisa sentit une vague de panique l'envahir. L'urgence dans les mots de sa mère résonnait comme un écho de la réalité cruelle qu’elle ne pouvait fuir. Elle saisit son sac et s’élança hors de la maison, sans réfléchir davantage. Son corps était comme une marionnette, guidé par un sentiment de devoir, de responsabilité. Mais son cœur battait plus fort à chaque pas.
Lorsqu’elle arriva à l’hôpital, elle aperçut sa mère dans le hall, les yeux gonflés de larmes. Elisa s’approcha d'elle, mais avant même qu’elle ne puisse parler, sa mère la prit dans ses bras.
Mère : « Elisa, je suis désolée. J’ai eu peur. Mais il y a quelque chose d’autre que tu dois savoir. »
Elisa se détacha légèrement, se forçant à garder son calme. Le médecin avait demandé à la voir, mais il y avait quelque chose d’inquiétant dans le ton de sa mère.
Elisa : « Qu’est-ce qu’il se passe, maman ? »
La mère d'Elisa regarda autour d’elle, comme si elle cherchait ses mots. Puis, enfin, elle souffla.
Mère : « Ton père… il a besoin de plus que cette opération. Il faut aussi un traitement de longue durée. Et l’hôpital ne pourra pas tout prendre en charge. »
Un frisson parcourut le dos d'Elisa. Elle se sentit prise au piège. Tout ce qu’elle avait fait semblait insignifiant face à cette nouvelle vérité.
Elisa : « Il y a des fonds pour ça, non ? »
Mère (d’un ton hésitant) : « Il y a des possibilités, mais ça prend du temps. Ce n’est pas aussi simple que ce que l’on pensait. »
L’angoisse monta d’un cran. Elle regarda sa mère, se sentant de plus en plus désorientée. Tout ce qu’elle avait sacrifié, tout cet argent, n’était pas suffisant. Elle se sentait comme un pion dans un jeu qu’elle ne comprenait plus, où les règles changeaient sans cesse.
Elisa (d’une voix faible) : « Alors, quoi ? Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
Sa mère baissa les yeux, et Elisa comprit. Elle ne répondit pas immédiatement, mais son silence en disait long. Elisa se tourna, incapable de continuer à regarder sa mère dans les yeux.
Elle n'avait plus de solutions. Aucun plan. Aucune issue. Le poids de ce qu’elle avait fait, de ce qu’elle allait continuer à faire, la submergeait. Chaque décision semblait l’entraîner plus loin dans un abîme dont elle ne pourrait jamais sortir. Elle avait essayé d’agir avec la meilleure intention, mais il était trop tard pour changer de cap.
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Quelques jours plus tard, Elisa se retrouvait à nouveau dans le même endroit. Le même endroit où elle avait tout commencé. Le même endroit où elle avait accepté ce qu'elle pensait être une solution, une voie sans issue qui, en réalité, n'était qu'un cercle vicieux. Elle avait accepté l’argent de Victor. Mais ce n’était pas que l’argent qui la hantait. C’était tout le reste. Son âme, sa dignité, tout ce qu’elle avait mis de côté pour sauver son père.
Elle se souvenait de ce qu’il lui avait dit : « Tout ira bien, Elisa. Tu as pris la bonne décision. » Mais le doute grandissait chaque jour. Elle savait qu'elle s'était éloignée d’elle-même, qu'elle n’était plus la personne qu’elle était avant. Et cette transformation, aussi lente soit-elle, la marquait à jamais.
Ce soir-là, elle reçut un autre message. Un message de Victor.
Message de Victor : « Alors, Elisa ? Es-tu prête ? »
La question la fit frissonner. Elle savait ce qu'il voulait dire. Cela faisait maintenant plusieurs jours que cette nouvelle vie s’était imposée à elle, et elle ne pouvait plus faire machine arrière. Son corps, son esprit, tout était épuisé. Mais il y avait une part d’elle qui se sentait... vidée. Elle n’était plus celle qu’elle était. Elle n’était plus Elisa. Elle était devenue un instrument de survie, une ombre d’elle-même, prête à tout pour sauver les siens.
Elle regarda son téléphone, hésitant un instant. Puis, elle appuya sur le bouton pour répondre.
Elisa : « Oui, je suis prête. »
Les mots étaient prononcés, mais ils n’avaient aucun goût. Ils n’étaient qu’une validation de la spirale infernale dans laquelle elle s’était engouffrée. Elisa ne savait plus si elle avait encore le choix, ou si tout cela n’était qu’une illusion.
Tout ce qu’elle savait, c’était qu’il était trop tard pour revenir en arrière.
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