L’intérieur de l'appartement était sombre, les lumières tamisées par des rideaux épais qui laissaient filtrer une lueur artificielle. L'air était lourd, comme si le temps lui-même avait décidé de suspendre son souffle, attendant ce qui allait se passer ensuite. Elisa entra, le cœur battant la chamade. Chaque pas semblait plus lourd que le précédent, chaque mouvement plus irréel. Elle n’avait jamais pensé qu’elle se retrouverait ici, dans cet endroit sinistre, avec des inconnus qui n’avaient rien d'humain à ses yeux. Ce n’était plus un simple rendez-vous. C’était un saut dans le vide.
L’homme qui l’avait fait entrer lui fit signe de s’asseoir dans un canapé en simili-cuir usé, son visage impassible, sans la moindre trace d’émotion. Ses yeux étaient sombres et distants, et Elisa sentit une pointe de terreur s’insinuer dans ses veines. Il s’assit en face d’elle sans un mot, l’observant de haut en bas, comme si elle n’était qu’un simple objet à analyser.
L’homme (d’une voix rauque) : « T’as bien réfléchi à ce que tu veux faire, Elisa ? »
Elisa baissa les yeux, fixant ses mains sur ses genoux, une nervosité palpable dans ses gestes. Elle avait dit à Max qu’elle était prête, mais maintenant, face à l’homme, ses mots semblaient presque vides. La peur avait pris toute la place. Mais elle n’avait plus le choix. Le visage de son père se superposait à ses pensées, son état critique, l’espoir qu’il puisse être sauvé. Cela suffisait à faire taire la voix du doute dans son esprit.
Elisa : « Oui… Je suis prête. »
Il la regarda encore un instant, comme s’il cherchait à détecter une fissure dans son apparence calme. Puis, il se leva d’un coup sec et s’éloigna vers une petite table où il récupéra une enveloppe. Il la posa devant elle, sans la regarder.
L’homme : « Voici l’adresse où tu dois te rendre ce soir. Tu y retrouveras quelqu’un qui va te guider. Rappelle-toi bien : il n’y a pas de retour en arrière. »
Elisa prit l'enveloppe avec une main tremblante, le cœur battant si fort qu'elle avait l’impression que tout l’immeuble pouvait l’entendre. Les mots résonnaient dans sa tête, les échos de la décision qu’elle venait de prendre. Pas de retour en arrière. Elle avait franchi une frontière invisible. Et la route qui se dessinait devant elle était plus sombre qu’elle ne l’avait imaginé.
L’homme : « Si tu veux vraiment sauver ton père, tu dois te montrer forte. Tu fais ça pour lui. »
Elisa hocha la tête sans répondre. Il n’y avait rien d’autre à dire. Elle avait déjà tout entendu, tout vu. C’était son seul choix. Elle savait qu’elle était en train de vendre quelque chose qu’elle ne pourrait jamais récupérer, mais c'était la seule chose qu’elle pouvait offrir. Elle se leva d’un coup, replaçant ses cheveux derrière ses oreilles, puis se dirigea vers la porte.
L’homme la suivit du regard, son expression toujours aussi glaciale. Avant qu’elle ne quitte la pièce, il lui lança, presque comme une remarque laissée en suspens :
L’homme : « Ne t’attends pas à de la clémence ici. Tu fais ça, et tu fais tout. Il n’y a pas de demi-mesures. »
Les paroles résonnèrent dans l’air, mais Elisa ne s’arrêta pas pour les digérer. Elle savait ce qui l’attendait. Tout ce qu’elle voulait maintenant, c’était sortir de cet endroit. Elle se sentait prisonnière, emprisonnée dans un cercle de décisions qu’elle ne pouvait plus contrôler.
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Le soir suivant, Elisa arriva à l’adresse indiquée. L’endroit était un hôtel miteux, dans un coin reculé de la ville, loin de tout ce qu’elle connaissait. La façade décrépie de l’immeuble semblait un miroir parfait de ce qu’elle ressentait à l’intérieur. Tout son être criait de fuir, de retourner en arrière, mais le visage de son père, le souvenir de son état, la poussait à avancer.
Elle entra à l’intérieur, un frisson lui parcourant l’échine. La réceptionniste, une femme d’âge moyen au regard perçant, la fixa un moment avant de lui tendre une clé.
Réceptionniste : « Chambre 303. »
Elle se dirigea vers l’ascenseur, sentant le poids de la situation peser sur ses épaules. Les murs semblaient se refermer sur elle à chaque étage qu’elle montait. Une fois arrivée devant la chambre, Elisa hésita. Elle regarda la porte, et puis, d’un geste déterminé, tourna la poignée.
À l’intérieur, une pièce simple, un lit, une petite table. Et là, dans le coin de la pièce, un homme l’attendait. Il se leva dès qu’elle entra, l’observant silencieusement. Il n’était pas comme les autres, pas tout à fait. Il avait l’air moins froid, moins distant. Peut-être que c’était ça qui effrayait Elisa le plus : l’idée qu’elle se retrouverait face à un inconnu, mais aussi face à elle-même, à ses propres limites.
Il s’approcha lentement, et Elisa sentit une bouffée de honte l’envahir. C’était comme si le temps s’était arrêté, suspendu, dans cette pièce. Tout ce qu’elle avait voulu éviter semblait se réaliser devant elle. Mais elle savait, au fond d’elle, qu’il n’y avait plus de retour possible. Elle était déjà trop loin.
L’homme (d’un ton doux, mais autoritaire) : « On va commencer. Tu vas bien faire ça, n’est-ce pas ? »
Elisa sentit la nausée monter dans sa gorge. Elle avait promis à Max, elle avait promis à son père. Mais rien ne la préparait à cela. Elle ferma les yeux un instant, se rappelant pourquoi elle était là. Son père. C’était pour lui.
Elle prit une grande inspiration, puis répondit d’une voix presque inaudible :
Elisa : « Oui, je vais bien faire ça. »
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