Le lendemain, alors que les rayons timides du matin perçaient à travers les rideaux de sa chambre, Aina se réveilla avec un sourire, les souvenirs de la veille encore vibrants dans son esprit. Elle se sentait flottante, comme si le monde avait pris une autre dimension, plus douce, plus colorée. Elle repensa au baiser échangé, aux mots silencieux qui s’étaient glissés entre elles. Mais peu à peu, une ombre de doute s’immisça dans son esprit, une petite voix discrète qui remettait en question la réalité de ce qu’elle vivait.
Elle s’assit sur le bord de son lit, le regard perdu. Ce qu’elle ressentait pour Anastasia était si fort, si soudain, qu’elle craignait d’avoir imaginé des sentiments que l’autre ne partageait peut-être pas de la même manière. Le cœur battant, elle se demanda si elle avait mal interprété ce baiser, si, dans sa recherche d’un lien sincère, elle n’avait pas projeté ses désirs sur Anastasia.
En fin de matinée, elle se décida à sortir, incapable de rester enfermée avec ses pensées. Elle prit la direction du jardin, espérant que cet endroit familier apaiserait ses craintes. À son arrivée, elle découvrit Anastasia déjà là, assise sur leur banc habituel. Elle semblait pensive, les yeux fixés sur les fleurs qui s'épanouissaient autour d'elles.
Aina s’approcha doucement, le cœur serré. « Salut, Anastasia… » murmura-t-elle, essayant de contenir le flot d’émotions qui menaçait de la submerger.
Anastasia releva la tête et lui offrit un sourire doux, bien que teinté d'une pointe de tristesse. « Salut, Aina. Je pensais justement à toi. »
Le silence qui s’installa ensuite n’avait plus la même douceur qu’auparavant. C’était un silence chargé d’incertitude, de questionnements, comme si chacune attendait que l’autre brise la barrière invisible qui semblait s’être érigée entre elles.
Finalement, Anastasia prit la parole, la voix un peu hésitante. « Aina… à propos de ce qui s’est passé hier… » Elle baissa les yeux, soudain troublée. « Je crois que… j’ai un peu peur de ce que je ressens. »
Ces mots frappèrent Aina en plein cœur, comme une vague qui déferle sans prévenir. Elle hocha la tête, sentant elle aussi cette peur, ce vertige de s’être abandonnée à quelque chose de plus fort qu’elle. « Moi aussi, » répondit-elle d’une voix douce. « C’est tellement… nouveau. »
Anastasia reprit d’un ton plus ferme, comme pour se convaincre elle-même : « Tu sais, j’ai toujours pensé que l’amour, le vrai, celui qu’on ne remet pas en question, arriverait sans hésitation, sans crainte. Mais avec toi… c’est différent. Je me sens à la fois comblée et terrifiée. »
Aina, les mains jointes, la regarda avec une intensité qu’elle ne pouvait dissimuler. « Peut-être que c’est parce que ce qu’on ressent est sincère, justement. Ce genre d’amour, celui qui naît entre les ombres et les doutes, n’en est-il pas plus vrai, plus puissant ? »
Anastasia lui sourit, reconnaissante pour ces paroles, mais le trouble n’avait pas disparu de ses yeux. Elles restèrent assises là, en silence, essayant de trouver la paix dans la présence de l’autre, mais l’apaisement n’était plus aussi simple qu’avant.
À cet instant, Aina comprit qu’aimer signifiait aussi accepter les incertitudes, les peurs et les vulnérabilités. Que ce sentiment nouveau, cet amour naissant, ne pourrait grandir qu’en traversant ces moments de doute.
Elle prit la main d’Anastasia dans la sienne, et pour la première fois, ce geste ne fut pas motivé par un élan romantique, mais par une volonté de soutenir, de rassurer. « Peu importe où cela nous mène, je serai là, Anastasia. Prête à marcher avec toi, même dans l’incertitude. »
Anastasia acquiesça doucement, et une nouvelle lueur d’espoir brilla dans son regard. Les deux jeunes femmes restèrent assises dans le jardin, main dans la main, apprenant qu’aimer pouvait être à la fois merveilleux et difficile. Ce chapitre de leur relation, plus complexe et plus fragile, marquait le début d’un voyage vers la découverte d’elles-mêmes.
Ce jour-là, elles quittèrent le jardin, chacune avec le sentiment qu’un nouveau défi les attendait, mais confiantes que, malgré les peurs, leur lien était assez fort pour traverser l’épreuve du doute.
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