Chapitre 3 :la brûlure et le silence

La première semaine passa comme une gifle lente.

Chaque jour avait le goût métallique du contrôle.

Chaque nuit, celui de la peur.

Le collier était toujours là, froid contre ma peau, trop léger pour me blesser, trop présent pour que je l’oublie.

Comme lui.

Ivan Volkov ne me parlait pas souvent. Mais quand il le faisait, ce n’était jamais pour rien.

Chaque mot était une lame douce, chaque silence une punition déguisée.

Il ne haussait pas le ton. Il n’avait pas besoin.

Le simple poids de son regard suffisait à me rappeler que je n’étais qu’un corps entre ses murs. Une dette vivante.

Ce soir-là, on m’avait ordonné de porter une robe.

Serrée. Rouge. Trop ouverte pour être confortable.

J’avais l’impression d’être nue dans un piège tendu par un chasseur patient.

Quand je suis entrée dans le salon, il m’attendait déjà.

Debout près du feu qu’il ne regardait pas.

C’était moi qu’il fixait.

Son regard était une morsure sans contact.

Il ne dit rien pendant de longues secondes. Puis il s’approcha.

Chaque pas résonnait dans mes nerfs.

Quand il arriva à ma hauteur, il effleura ma joue du dos de sa main.

Un contact presque tendre, presque cruel.

« Tu sais à quoi tu ressembles, Liliana ? »

Je ne répondis pas. Il détestait qu’on parle sans y être invité.

Il se pencha à mon oreille.

« À une proie qui pense qu’elle peut apprendre à mordre. »

Je le fixai. Peut-être trop longtemps.

Alors il m’attrapa par le menton, doucement, mais avec une pression suffisante pour faire taire tout courage.

Son visage était tout près du mien. Trop près.

« Tu veux me défier ? » souffla-t-il.

Sa voix était calme, mais son regard…

Son regard disait qu’il pouvait me briser en un mot, en un geste, et que je n’en aurais même pas le temps de supplier.

Il recula d’un pas et tourna autour de moi, comme un prédateur sûr de sa victoire.

« Je pourrais faire de toi ce que je veux, ici. Tu le sais ? »

Je le savais.

Je n’étais pas idiote.

Mais une part de moi se tendit, pas de peur… d’orgueil.

Je ne voulais pas être une poupée obéissante, pas même pour survivre.

Il s’approcha à nouveau, mais cette fois, il prit ma main.

Il la porta à sa bouche, y laissa un baiser sans chaleur, puis murmura contre ma peau :

« Tu crois que je veux te blesser, Liliana ? »

Je ne répondis pas.

Il sourit.

« Peut-être. Mais parfois… j’ai juste envie de voir jusqu’où tu peux encaisser sans t’écrouler. »

Je sentis mes ongles s’enfoncer dans ma paume. Il aurait pu m’humilier. Il aurait pu m’ordonner de m’agenouiller. Il ne l’a pas fait. Pas ce soir.

Il préférait ce jeu plus lent. Plus pervers. Me laisser me consumer de l’intérieur, sans jamais franchir la ligne — mais toujours en l’effleurant.

Il me tendit un verre. Du vin rouge, épais, presque noir.

Je le pris. Je n’avais pas le choix.

Il leva son verre, me regardant à travers.

« À ta patience… ou à sa fin. »

J’ai bu. Une gorgée.

Il sourit. Pas parce que je l’avais obéi. Mais parce que j’avais hésité.

Il adorait ça. Voir jusqu’où je plierais.

Jusqu’à quand je tiendrais.

Jusqu’à quel point je me laisserais posséder sans disparaître.

Et moi, dans ce silence empoisonné, j’ai compris une chose :

Il voulait que je me brise… mais lentement. Il voulait voir la fissure dans mes yeux. L’instant précis où je cesserais d’être Liliana pour devenir son jouet.

Je suis restée droite. Mécanique. Fière, même si mes jambes tremblaient à l’intérieur.

Et dans ma tête, une pensée grandissait comme une graine noire :

Fais-moi mal, Ivan. Blesse-moi si tu veux. Mais le jour où je reprendrai le contrôle… je ne tremblerai plus. Je te regarderai tomber.

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