« 𝑱'𝒆𝒏 𝒅𝒆𝒗𝒊𝒆𝒏𝒔 𝒂𝒄𝒄𝒓𝒐, 𝒄𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒏𝒔𝒆́𝒆𝒔 𝒔𝒐𝒏𝒕 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆... 𝒎𝒂 𝒓𝒂𝒊𝒔𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒗𝒊𝒗𝒓𝒆. 𝑼𝒏𝒆 𝒃𝒖𝒍𝒍𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒎'𝒆𝒎𝒑𝒆̂𝒄𝒉𝒆 𝒅𝒆 𝒔𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆𝒓 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒂 𝒓𝒆́𝒂𝒍𝒊𝒕𝒆́ 𝒅𝒖 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒆. »
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« Bonsoir, père. Que fais-tu dehors à une heure si tardive ? » demanda Diana en s'approchant de son père, une touche d'inquiétude dans la voix.
Son père, un homme au regard sévère mais empli d'affection, lui répondit d'une voix grave : « Bonsoir, ma fille. Je m'inquiétais de te savoir dehors à une heure pareille. Ce n'est pas prudent, même pour une jeune fille comme toi, aussi forte sois-tu. »
Diana sourit doucement, touchée par la sollicitude de son père. « Ne t'inquiète pas pour moi, père. Tu m'as déjà appris à me défendre. Je sais me débrouiller. »
Son père hocha la tête, un léger sourire aux lèvres. « Très bien, rentrons à la maison alors. »
Alors qu'ils marchaient côte à côte, le silence de la nuit fut soudain troublé par une ombre mouvante. Diana plissa les yeux, distinguant une silhouette dans l'obscurité. Elle posa une main sur le bras de son père et lui dit doucement : « Père, continue ta route. Nous sommes déjà tout près de la maison. Je vais me rafraîchir un instant. »
Son père hésita, l'inquiétude voilant son regard, mais finit par acquiescer. « Ne tarde pas trop. » Puis, il reprit le chemin de la maison, la laissant seule.
Diana s'approcha lentement d'Adora, son cœur lourd de préoccupations. Lorsqu'elle fut suffisamment proche, elle posa doucement une main sur l'épaule d'Adora, mais celle-ci se dégagea immédiatement, le visage fermé.
« Adora, que fais-tu ici. » demanda Diana, sa voix teintée d'une légère anxiété.
Adora tourna vers elle un regard glacé, ses yeux brillant d'une douleur indicible. « Qu'est-ce que ça peut bien te faire, Diana ? » répliqua-t-elle sèchement.
Diana sentit une vague de tristesse l'envahir, mais elle refusa de se laisser submerger. Elle prit une profonde inspiration, baissant légèrement les yeux avant de les relever pour fixer Adora avec détermination. « Tu me demandes vraiment ce que ça peut me faire de te voir comme ça ? » Sa voix tremblait légèrement, mais son ton restait ferme. « Je ne sais pas pourquoi tu souffres, Adora, mais pense un peu à ton père. Il se fait un sang d'encre pour toi. Nous nous faisons tous du souci pour toi. »
Adora serra les poings, ses lèvres se contractant en une fine ligne. « Et tu crois que je fais quoi quand je disparais ? » Elle cracha presque ses mots. « Tu penses que je m'amuse ? Je travaille jour et nuit pour gagner de l'argent, afin d'acheter des médicaments pour mon père. Toi, tu ne comprends rien à ce que je traverse. Alors, occupe-toi de tes affaires, Diana, et laisse-moi tranquille. »
Diana recula légèrement, touchant instinctivement le tissu de sa robe. La colère et la peine se mêlaient en elle, mais elle savait qu'elle devait rester forte. « Je ne suis peut-être pas au courant de tout ce que tu traverses, Adora, mais je suis là. Je suis là pour toi, comme je l'ai toujours été. Tu es comme une petite sœur pour moi. Si tu as besoin de moi, je suis prête à prendre dix jours de congé, à tout laisser pour être à tes côtés. Après tout ce que nous avons vécu ensemble, je ne peux pas te laisser seule, comme ça. Pense à ton père, à ce qu'il ressent. Pense à toi. »
Adora, toujours en proie à ses propres démons, resta silencieuse un moment, une lueur de tristesse passant fugacement dans ses yeux. Elle détourna le regard, murmurant presque pour elle-même : « Je n'ai besoin de l'aide de personne... »
Diana fit un pas en avant, déterminée à ne pas la laisser sombrer dans cette solitude auto-imposée. « Tu n'es pas seule, Adora. Tu n'as pas à porter ce fardeau toute seule. »
Adora serra les dents, refusant de montrer la moindre faiblesse. Mais quelque chose dans la voix de Diana, sa sincérité palpable, fit vaciller sa détermination. Elle tourna à nouveau le regard vers elle, les yeux emplis de larmes qu'elle tentait désespérément de retenir.
Diana, ressentant toute la douleur de son amie, fit un dernier pas en avant. « Je t'en prie, ne te détruis pas en cherchant désespérément à sauver ton père. Il a besoin de toi, tout autant que tu as besoin de lui. Passe du temps avec lui, Adora. Sois là pour lui, tout comme il a toujours été là pour toi. »
Adora murmura, presque pour elle-même, « Si tu savais, ce n'est pas tout... » Sa voix était frêle, manquant de vie, comme si elle voulait parler, mais en était incapable. Ses lèvres bougeaient à peine, et elle semblait avoir du mal à émettre le moindre son. Diana remarqua que c'était la première fois qu'elle voyait autant de noirceur et de tristesse dans les yeux d'Adora. Un frisson parcourut son corps. Ces yeux ne ressemblaient en rien à ceux de la Reine, même dans leurs moments les plus sombres.
Diana, sentant toute la peine d'Adora, s'approcha doucement d'elle et lui tendit une main apaisante. « Laisse-moi te raccompagner chez toi, » dit-elle, remplie de sollicitude.
Adora, épuisée par ses propres émotions, hocha la tête et prit la main de Diana. Les deux jeunes femmes commencèrent à marcher en silence vers la maison d'Adora, qui se trouvait juste à côté. La proximité de leurs maisons rappelait à Diana les jours insouciants où elles jouaient ensemble dans le jardin, avant que la vie ne devienne si compliquée. Elles arrivèrent rapidement devant la maison d'Adora.
Une fois à l'intérieur, elles entendirent la voix du père d'Adora, Monsieur Ackerson, qui cria depuis la cuisine : « Ah, te voilà enfin. Qui t'a raisonnée cette fois-ci ? Notre pasteur, peut-être ? » Diana retint un sourire à cette remarque.
Monsieur Ackerson, qui était en train de couper des légumes sur le plan de travail, ne se retourna pas immédiatement. « Viens m'aider au lieu de me regarder comme une truche, » dit-il en continuant son travail.
Adora soupira et répondit : « Papa, tu sais très bien que je pourrais te trouver une domestique pour t'aider. »
Monsieur Ackerson réfuta immédiatement : « Oh, pour que tu t'enfouilles encore pendant des semaines ? Pas question ! C'est toi qui vas me préparer ces plats dorénavant, et ne discute pas ! »
Adora, incapable de résister, baissa les yeux et accepta : « D'accord, tu as gagné... pour cette fois. »
Monsieur Ackerson se tourna alors vers Diana avec un sourire. « Diana, ma chère, je ne m'attendais pas à ce que ce soit toi qui la ramène. Tu restes dîner ? »
Diana secoua doucement la tête, un sourire attendri sur les lèvres. « Merci, Monsieur Ackerson, mais mon père m'attend déjà à la maison. Je dois partir. »
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