Les murmures de la nuit

𝑻𝒖 𝒔𝒐𝒖𝒇𝒇𝒓𝒆𝒔, 𝒕𝒖 𝒍𝒆 𝒔𝒂𝒊𝒔, 𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒎𝒂𝒍𝒈𝒓𝒆́ 𝒕𝒂 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆 𝒑𝒊𝒆𝒏𝒆 , 𝒖𝒏 𝒆́𝒍𝒂𝒏 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒂𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏 𝒃𝒓𝒖̂𝒍𝒆 𝒆𝒏 𝒕𝒐𝒊 , 𝒕𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒔𝒔𝒂𝒏𝒕 𝒂̀ 𝒂𝒊𝒅𝒆𝒓.

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Octave descendit du carrosse avec un léger balancement dû à l'excès de joie et de vin qu'il avait partagé avec ses amis pour célébrer leur succès. Il marcha vers Elisiane, qui l'attendait comme chaque soir à l'extérieur du manoir. Amara, observant depuis l'ombre de la porte, vit son père s'approcher d'Elisiane avec un sourire radieux. Elisiane, absorbée par ses pensées concernant le dîner qu'elle avait préparé seule pour économiser de l'argent pour son mari, répondit à son sourire avec une légère appréhension voilée par des préoccupations intérieures.

« Bonsoir, mon amour, » dit Octave en enlaçant tendrement sa femme.

Elisiane répondit d'un ton doux, bien qu'une inquiétude voilée marquait ses traits.

Amara et Fénix, leur fils de vingt-quatre ans, rejoignirent leurs parents dans le hall. Amara ne pouvait s'empêcher de remarquer l'excès de joie inhabituelle de son père, se demandant ce qui pouvait bien se passer.

Le dîner fut servi dans une atmosphère chargée d'excitation et d'appréhension. Amara, incapable de contenir sa curiosité plus longtemps, posa la question qui brûlait sur toutes les lèvres : « Père, pourquoi êtes-vous si joyeux ce soir ? Quelle nouvelle importante avez-vous à nous annoncer ? »

Octave, légèrement ivre mais rempli d'une fierté paternelle, sourit à sa fille. « Ma chère Amara, » commença-t-il d'une voix émue, « notre famille s'apprête à évoluer. J'ai arrangé une proposition pour toi auprès du roi. »

Les mots tombèrent comme une bombe dans la pièce. Fénix éclata de rire, pensant à une plaisanterie de mauvais goût. « Vous plaisantez, n'est-ce pas ? » demanda-t-il en regardant son père, incrédule.

Octave secoua la tête, son expression sérieuse. « Non, c'est la vérité. Le roi considère sérieusement ma proposition. Elisiane, ma chère, et toi, Amara, vous devez vous préparer. »

Elisianne, d'abord surprise puis désemparée, fixa Octave avec incrédulité. Comment pouvait-il envisager de fiancer leur fille à un homme beaucoup plus âgé, même dans ce royaume où les traditions pouvaient parfois sembler déconcertantes ?

Amara, quant à elle, se tourna vers son père, les yeux remplis de questions. « Mais père, qu'ai-je fait pour mériter cela ? »

Octave posa une main paternelle sur l'épaule de sa fille et déclara, « C'est grâce à toi, mon joyau, mon trésor. Tu es la clé de notre avenir. »

Après le dîner, les mots étaient trop lourds pour que quiconque continue de parler. Chaque membre de la famille se retira dans sa chambre, chacun perdu dans ses pensées. La chambre d'Amara se trouvait juste à côté de celle de ses parents, tandis que celle de Fénix était un peu plus éloignée.

Dans leur chambre, Octave demanda à Elisiane de lui retirer ses chaussures. La pièce était vaste et richement décorée, avec des rideaux de velours rouge qui encadraient les fenêtres donnant sur les jardins éclairés par la lueur argentée de la lune. Pendant qu'Elisiane s'exécutait, tremblante et les larmes aux yeux, murmura : « Êtes-vous sûr de vouloir marier Amara au roi ? Elle est si jeune pour cela. Imaginez que les gens de la cour la rejettent et qu'elle soit maltraitée au château. »

Octave fronça les sourcils, sa mâchoire se contractant. Il l'attira brusquement vers lui, son visage se transformant en une expression de colère contenue. « Peu importe, cela la fera grandir. Il faut bien forger son caractère. Que tu le veuilles ou non, elle deviendra la concubine du roi. Peut-être même qu'elle mettra au monde l'héritier. Tu ne veux pas que notre famille évolue, hein ? Tu ne veux pas que notre famille retrouve sa puissance d'antan ? » cracha-t-il, ses paroles empreintes d'une autorité implacable.

Elisiane, la voix tremblante, murmura : « Je désire ce que vous désirez, mon cher mari, mais Amara est bien trop jeune pour se marier avec sa majesté le roi. Elle n'est pas assez forte mentalement pour devenir mère ou porter l'héritier. Je pense que vous devriez annoncer au roi l'annulation de cette demande. Je vous en supplie, mon mari, faites-le. »

Octave éclata de rire, un rire sarcastique et amer. « Tu penses vraiment que je vais demander une convocation pour dire au roi que j'annule ma proposition ? » Il empoigna le cou de sa femme avec une force inattendue, la faisant se crisper sous sa poigne. « Tu penses vraiment que je vais faire cela juste parce que tu me le demandes ? » ajouta-t-il d'une voix rauque, ses yeux lançant des éclairs de colère.

Elisiane commença à s'étouffer, les larmes coulant sur ses joues. « Je vous en supplie, faites-le. »

Octave la jeta violemment de l'autre côté de la chambre. « Ta soumission n'est pas négociable, » cracha-t-il avec mépris. « Après tout ce que j'ai fait pour toi et ta famille, tu oses me parler ainsi ? Tu me donnes des ordres maintenant, sale femme ? J'ai sauvé ta famille de la pauvreté et tu oses décider de l'avenir des enfants que tu as mis au monde grâce à moi ? C'est moi qui décide ici. »

Il gifla Elisiane avec une violence choquante, son visage déformé par une rage inextinguible. Les coups pleuvaient sur elle, et elle ne pouvait que gémir faiblement sous la brutalité de son mari. L'agression brutale continua pendant plusieurs minutes, laissant Elisiane brisée et meurtrie.

La chambre d'Amara était modeste, décorée avec des meubles anciens qui avaient vu des jours meilleurs. Les murs étaient couverts de tapisseries défraîchies, témoignant du manque de rénovation dans le vieux manoir familial. Assise sur son lit, Amara se recroquevilla sous sa couverture, tremblante. Elle pouvait entendre chaque son provenant de la chambre de ses parents à travers les murs minces et peu insonorisés. Elle voulait venir en aide à sa mère, mais elle se sentait paralysée par la peur et l'impuissance. Elle savait trop bien ce que son père était capable de faire lorsqu'il était en colère. Les souvenirs douloureux des violences passées la hantaient, l'empêchant de bouger.

Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues alors qu'elle priait, priait de tout son cœur pour que la scène horrible cesse bientôt. Chaque gémissement de sa mère, chaque coup asséné par son père, brisait un peu plus son âme. Elle ne pouvait que rester là, impuissante et brisée, attendant que l'horreur prenne fin.

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