𝑳𝒂𝒊𝒔𝒔𝒆-𝒎𝒐𝒊 𝒆̂𝒕𝒓𝒆 𝒍𝒂 𝒗𝒐𝒊𝒙 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒓𝒂𝒊𝒔𝒐𝒏, 𝒄𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒕𝒆 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒈𝒐𝒖̂𝒕𝒆𝒓 𝒂̀ 𝒍𝒂 𝒗𝒊𝒆 𝒖𝒏𝒆 𝒅𝒆𝒓𝒏𝒊𝒆̀𝒓𝒆 𝒇𝒐𝒊𝒔.
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Amara se regarda dans le miroir pendant que sa mère appliquait de l'huile de coco sur ses cheveux. « Maman, si tu continues à ajouter de l'huile, je vais être en retard, » dit-elle avec une pointe d'impatience.
Sa mère sourit doucement. « Je veux juste profiter un peu du moment avec toi, ma fille. »
Amara soupira, mais se laissa faire, appréciant secrètement l'attention maternelle. Une fois prête, elle sortit du manoir et monta dans le carrosse familial. Ce carrosse n'était pas très luxueux, mais il leur appartenait, et cela suffisait à Amara.
Le trajet vers l'église, située au centre de la capitale du royaume, fut rapide. La grande église avait été récemment rénovée, et son architecture majestueuse dominait le paysage urbain. Une fois arrivée, Amara se mêla à la foule, composée d'hommes, de femmes et d'enfants, venus assister au culte.
Après le culte, Amara se retrouva entourée par un groupe d'enfants souriants. « Bonjour, dame Amara ! » lancèrent-ils en chœur, leurs yeux pétillant de joie.
Amara leur rendit leur sourire. « Bonjour, mes petits. Savez-vous où je peux trouver le pasteur ? »
« Il est près de la fontaine, mademoiselle Amara, » répondit l'un des enfants.
Amara les remercia et se dirigea vers la fontaine. Sur son chemin, elle croisa une femme assise sur un banc. Cette femme captivait immédiatement l’attention par sa beauté saisissante. Ses cheveux noirs et lisses encadraient un visage aux traits parfaits. Ses sourcils garnis et ses yeux noirs profonds dégageaient une aura de mystère, tandis que ses lèvres charnues et roses ajoutaient une touche de douceur à son expression.
Amara ne put s’empêcher de la fixer. Malgré la robe noire simple qu'elle portait, la femme irradiait d'une beauté classique qui envoûtait Amara. Elle se demanda à quoi ressemblerait cette femme dans une robe de couleur vive, imaginant que cela ne ferait qu'accentuer sa grâce.
La femme, sentant ce regard insistant, releva lentement la tête. Elle avait les mains sur le visage, comme si elle était plongée dans des pensées profondes. Amara, perturbée par cette beauté mystérieuse, resta figée, incapable de détourner les yeux.
« Que me voulez-vous ? » demanda la femme d'une voix froide et intense, croisant finalement le regard d'Amara.
Amara, prise au dépourvu, resta sans voix. Elle était subjuguée par la beauté de cette femme et ne savait pas quoi répondre. Ses pensées étaient un tourbillon de questions et d'admiration.
« Vous m'avez l'air perdue dans vos pensées, » ajouta la femme avec une pointe de sarcasme.
Le pasteur arriva à ce moment-là, coupant court à la tension palpable. « Bonjour, Amara, » dit-il avec chaleur.
Amara sursauta légèrement, se reprenant. « Bonjour, pasteur, » répondit-elle avec un sourire.
« Demoiselle Amara, je vous présente Adora, » dit le pasteur en désignant la femme.
Amara sourit timidement. « Enchantée, » dit-elle, répétant mentalement le nom d'Adora comme pour en savourer chaque syllabe. « Quel joli nom, » pensa-t-elle.
Adora hocha simplement la tête en guise de réponse.
« Adora, que puis-je faire pour vous ? » demanda le pasteur.
Adora hésita un instant avant de répondre. « J'aimerais une audience privée, » dit-elle d'une voix ferme.
Amara, intriguée par cette femme, demanda timidement, « Puis-je assister à cette discussion ? »
Adora fronça les sourcils. « Je préférerais que ce soit privé. »
Le pasteur intervint avec bienveillance. « Amara est une femme pure et une chrétienne dévouée. Elle pourrait nous apporter son aide et sa sagesse. »
Adora soupira mais finit par acquiescer. « Très bien, » dit-elle à contrecœur.
Ils se dirigèrent tous trois vers la résidence du pasteur, située dans l'enceinte de l'église. En chemin, Amara ne pouvait s'empêcher de jeter des regards furtifs à Adora, toujours fascinée par sa beauté et son aura mystérieuse.
Arrivés dans le bureau du pasteur, celui-ci invita Adora à s'exprimer. « Vas-y, mon enfant, qu'as-tu à me dire ? »
Adora prit une profonde inspiration avant de commencer. « Je n'arrive pas à l'oublier. Mon esprit est hanté par des rêves où mon amant meurt de manière de plus en plus cruelle. Je me sens seule depuis sa disparition, avec seulement mon père presque mourant à mes côtés. »
Amara sentit une vague de compassion l'envahir. Elle ne pouvait imaginer la douleur qu'Adora devait ressentir.
Le pasteur posa une main réconfortante sur l'épaule d'Adora. « Continuez-vous à faire ces rêves ? »
« Oui, » répondit Adora, les yeux brillants de larmes. « Chaque nuit, je revis sa mort. Cela me déchire le cœur. »
Adora baissa la tête, laissant couler librement ses larmes. « Je l'aimais tellement... Il était tout pour moi. Son sourire, sa voix, ses gestes... Tout me manque. Sans lui, je me sens perdue, incomplète. Il était ma moitié, ma raison de vivre. Chaque instant passé loin de lui est une torture. »
Le pasteur hocha la tête, compréhensif. « La douleur de la perte est immense, mais la vengeance ne vous apportera pas la paix. Dieu est toujours avec vous, même dans vos moments de solitude. Il ne vous abandonnera jamais. »
Adora serra les poings, la colère remplaçant la tristesse. « Je ne peux pas oublier ce qu'ils ont fait à mon amant. Je veux me venger. »
Elle se leva brusquement, prête à partir. « Vous ne comprenez pas, » dit-elle, la voix tremblante de rage.
Amara, choquée par cette réaction, se leva également. « Merci, pasteur, de m'avoir permis d'entendre cette histoire. La prochaine fois que je croiserai Adora, j'essaierai de la raisonner. »
Le pasteur hocha la tête, un sourire triste aux lèvres. « Que Dieu vous bénisse, Amara.»
Amara salua le pasteur et les enfants de l'église avant de monter dans son carrosse pour rentrer chez elle, son esprit tourmenté par les événements de la journée.
Le père d'Amara, Octave, un homme d'une cinquantaine d'années, attendait nerveusement devant la grande porte ornée de la salle du trône. Ses cheveux étaient un mélange de gris et de blanc, sa moustache et sa barbe finement taillées. Ses yeux gris, marqués par quelques rides, reflétaient la sagesse accumulée au fil des ans. Ancien soldat, Octave gardait une carrure musclée, témoin de son passé militaire.
Deux semaines s'étaient écoulées depuis qu'il avait demandé audience auprès du roi, un délai inhabituellement long qui ne faisait que renforcer son anxiété. Autrefois, il n'aurait pas attendu plus de trois ou quatre jours. Cette attente prolongée symbolisait la baisse de son influence et de son statut au sein du royaume. Cependant, il avait longuement réfléchi à la manière de rétablir l'honneur de sa famille et était déterminé à saisir cette opportunité.
Finalement, les portes s'ouvrirent dans un grincement solennel, révélant l'imposante salle du trône. Les murs de pierre étaient ornés de tapisseries somptueuses et de drapeaux aux couleurs royales. Au fond, sur un trône d'or finement sculpté, le roi siégeait avec majesté. Autour de lui, les ducs et les membres de l'entourage royal se tenaient dans une disposition formelle, leurs regards scrutateurs braqués sur l'homme qui venait de pénétrer dans la pièce.
Octave, malgré sa nervosité, avança d'un pas décidé. Son visage trahissait une détermination farouche, bien que ses mains légèrement tremblantes révélassent son inquiétude. Lorsqu'il atteignit le centre de la salle, il s'inclina profondément devant le roi, respectant le protocole avec une précision exemplaire.
« Votre Majesté,» commença-t-il d'une voix ferme mais respectueuse, « je vous remercie de m'accorder cette audience. »
Le roi, un homme à l'apparence austère mais dont les yeux pétillaient d'intelligence, hocha légèrement la tête en signe de reconnaissance. « Vous m'avez demandé audience avec insistance. Parlez donc, que souhaitez-vous ? »
Prenant une profonde inspiration, Octave redressa les épaules. « Votre Majesté, je viens solliciter votre soutien pour une affaire d'une grande importance. Ma famille, autrefois respectée et influente, a vu son statut décliner ces dernières années. J'ai besoin de votre aide pour rétablir notre position au sein du royaume de sylvanor. »
Un murmure parcourut l'assemblée des ducs et des conseillers. Le roi leva une main pour imposer le silence, ses yeux perçants fixés sur l'homme devant lui. « Et pourquoi devrais-je accorder ma faveur à votre famille ? »
Octave, sentant le poids des regards et la pression de l'instant, répondit avec une sincérité désarmante. « Votre Majesté, ma famille a toujours servi avec loyauté et dévouement à la couronne. Nous avons combattu pour le royaume, contribué à sa prospérité. Tout ce que je demande, c'est une chance de prouver à nouveau notre valeur. »
Le roi resta silencieux un moment, pesant les mots de son interlocuteur. Enfin, il parla avec une gravité mesurée. « Votre demande est sérieuse et mérite considération. Cependant, les temps ont changé et le royaume a besoin de prouver la loyauté et l'efficacité de ses serviteurs. Que proposez-vous en échange de ce soutien ? »
Octave sentit une bouffée de soulagement et de détermination le traverser. « Votre Majesté, il est temps de prendre une concubine. »
Un murmure d'étonnement parcourut l'assemblée. Le roi fronça légèrement les sourcils. « Pourquoi prendre une concubine ? » demanda-t-il, curieux mais intrigué par cette proposition inattendue.
Octave continua avec assurance, « Votre Majesté, il ne vous reste plus qu'un seul fils, et ce fils partira bientôt en guerre. Si je peux me permettre, il faut assurer le statut politique et l'héritage familial. Vous ne devez pas rester avec un seul héritier, mais assurer la continuité de la lignée royale. Notre prince héritier a déjà fait face à de nombreuses épreuves, y compris des problèmes de santé dans sa jeunesse. »
À ces mots, le visage du roi se durcit. Il serra le poing avec force, sa colère à peine contenue. Il n'aimait pas qu'on dise que son fils était faible. Cependant, il garda son calme, sachant que c'était la vérité. Lui aussi avait peur de perdre son fils unique s'il partait en guerre. Il hocha la tête, incitant Octave à continuer.
« Pour garantir la stabilité du royaume, je propose les services de ma fille, Amara. »
Il prit une pause, observant les réactions autour de lui avant de poursuivre. « Amara est en bonne santé, elle a à peine 17 ans et elle est vierge. Si vous avez un enfant avec elle, il sera bien éduqué et cela renforcerait la lignée royale. C'est une solution avantageuse pour assurer la prospérité et la stabilité du royaume. »
Le roi observa Octave avec un intérêt renouvelé. « Votre fille, dites-vous ? Très bien. Je vais considérer votre proposition. Pour l'instant, vous êtes autorisé à rentrer chez vous et à attendre ma décision. Soyez assuré que je n'oublierai pas votre loyauté.»
Octave s'inclina profondément, le cœur battant la chamade. « Merci, Votre Majesté. Votre bienveillance est grandement appréciée. »
Alors qu'il se retirait de la salle du trône, il sentit un mélange de soulagement et d'incertitude. L'avenir de sa famille reposait désormais entre les mains du roi.
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