Affront du pouvoir

"𝑱𝒆 𝒗𝒐𝒖𝒅𝒓𝒂𝒊𝒔 𝒕'𝒐𝒇𝒇𝒓𝒊𝒓 𝒖𝒏 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒆 𝒏𝒐𝒖𝒗𝒆𝒂𝒖,𝒔𝒂𝒏𝒔 𝒉𝒂𝒊𝒏𝒆 𝒆𝒕 𝒑𝒍𝒆𝒊𝒏 𝒅'𝒂𝒎𝒐𝒖𝒓 , 𝒎𝒐𝒏 𝒆𝒏𝒇𝒂𝒏𝒕.𝑵𝒆 𝒄𝒉𝒂𝒏𝒈𝒆 𝒋𝒂𝒎𝒂𝒊𝒔,𝒅𝒆𝒎𝒆𝒖𝒓𝒆 𝒍𝒂 𝒑𝒖𝒓𝒆𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒄𝒆 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒆"

۞

La salle à manger du palais était somptueusement décorée, un chef-d'œuvre d'opulence et de grandeur. Les murs étaient tapissés de riches tentures de soie brodées de fil d'or, et de grandes fenêtres ornées de rideaux de velours rouge laissaient entrer la lumière du matin. Au centre, une longue table en acajou étincelant trônait majestueusement, couverte de vaisselle en porcelaine fine et de couverts en argent massif. Des chandeliers en cristal suspendus au plafond diffusaient une lumière douce et chaleureuse, ajoutant à l'atmosphère luxueuse de la pièce.

Arténa, la reine, était assise depuis quelques minutes à la gauche de la table, à la place qui lui était réservée. Son fils, Ulysse, un jeune homme de seize ans, entra et prit place en face d'elle, à la droite de la table. En attendant le roi, ils commencèrent à discuter.

« Bonjour, mère. Comment s'est passée votre journée ? » demanda Ulysse avec un sourire.

Arténa lui rendit son sourire, ses yeux brillants de tendresse. « Ma journée s'est bien passée, merci. Et toi, mon cher ? As-tu passé une bonne journée ? »

Ulysse hocha la tête avec enthousiasme. « Oui, je me suis entraîné toute la journée avec le commandant à manier l'épée. C'était très amusant. »

Ulysse, avec ses cheveux blanc-jaune rappelant la neige sous un éclat doré, et ses yeux bleus perçants, continuait de partager ses anecdotes d'entraînement, sa silhouette légèrement musclée se détachant dans sa tenue royale grise. La reine et son fils continuaient à échanger des rires, profitant de ce moment de complicité. Mais cette ambiance chaleureuse fut brusquement interrompue lorsque la porte massive de la salle à manger s'ouvrit, annonçant l'arrivée du roi. Il entra avec une démarche assurée, ses yeux perçants scrutant immédiatement ceux de sa femme et de son fils.

Le roi se dirigea vers la tête de la table, là où il siégeait toujours. D'un geste impérieux, il ordonna aux gardes et aux domestiques présents dans la pièce de sortir, souhaitant un dîner véritablement privé. Les serviteurs se retirèrent en silence, laissant la famille royale seule, les gardes prenant position juste derrière la porte pour veiller à leur protection.

Le roi s'assit et regarda fixement Arténa, un sourire cruel étirant ses lèvres. « J'ai une annonce à faire, » dit-il, savourant déjà l'effet de ses mots.

Arténa demeura impassible, ses yeux se posant sur lui sans émotion visible, comme si ses paroles étaient un coup d'épée dans l'eau, tombant sans effet.

Le roi prit une gorgée de vin avant de continuer, savourant visiblement l'effet de ses paroles. « J'ai décidé de prendre une concubine. »

La déclaration ne provoqua aucune réaction de surprise ou de colère chez Arténa. Elle demeura immobile, ne montrant ni émotion ni intérêt.

« Et pourquoi m'en informer ainsi, en plein repas ? » demanda la reine, sa voix étrangement calme malgré la tempête intérieure.

Le roi se pencha légèrement en avant, ses yeux brillant de malice. « Parce que j'aime voir cette expression sur ton visage, Arténa. J'aime te rappeler que tu n'es qu'un pion sur l'échiquier de ma vie. Rien de plus. »

Arténa serra les poings sous la table, luttant pour maintenir une apparence de dignité. Puis, d'une voix calme mais chargée de sarcasme, elle répondit : « Avez-vous besoin d'une concubine pour satisfaire vos plaisirs malsains, mon seigneur ? »

Le roi fut momentanément choqué, puis un sourire ironique étira ses lèvres. « Vous n'avez pas su me satisfaire, Arténa. J'ai bien le droit de chercher ailleurs. »

Arténa ne fléchit pas, ses yeux fixés droit dans ceux du roi. « Je ne vous ai pas satisfait avec quatre enfants. »

Ulysse, spectateur silencieux de cet échange tendu, sentit une tension glaciale s'installer dans la salle à manger luxueuse.

Le roi n'a pas du tout apprécié la répartie d'Arténa. C'était un homme difficile à apaiser. Pendant une audience avec le nouveau dirigeant familial, il n'a pas supporté entendre que son fils était faible, alors qu'Arténa faisait allusion à son passé. C'était comme si chaque mot d'Arténa ravivait une plaie, rappelant que c'était à cause de lui que trois de leurs enfants étaient morts. Cela l'avait profondément tourmenté à l'époque, et il était inconsolable. C'est pourquoi, peu à peu, il avait commencé à accorder davantage de crédit aux stratégies d'Arténa. S'il l'avait écoutée dès la deuxième fois, peut-être que la vie de ses deux autres fils aurait été épargnée. Mais le mal était fait. C'est pourquoi il lui avait dit d'une voix retenue, avec tout le poids de sa maîtrise : "Ça suffit, Arténa." Il avait accompagné ces mots d'un regard froid.

Il y eut un moment de pause. Puis, d'une voix glaciale, il ajouta : « Reine Arténa, je vous ordonne de sortir de cette pièce. »

Arténa resta calme, déposa ses couverts avec grâce, et se leva. Elle quitta la salle sans un mot, laissant derrière elle une tension palpable.

Après que la reine ait quitté la salle à manger, Ulysse se retrouva seul avec le roi. Il se tourna vers son père, les sourcils froncés. « Père, pourquoi avez-vous besoin d'une concubine ? À quoi servirait-elle ? »

Le roi termina de mâcher sa première bouchée avant de répondre. « Pour assurer la succession du trône. »

Le jeune homme serra les poings sous la table, luttant pour contenir sa colère. Il se sentait dévalorisé, ignoré par son propre père qui ne croyait pas en ses capacités.

Ulysse, le regard brillant de colère, rétorqua : « Père, pourquoi ne croyez-vous pas en moi? Vous m'accusez de tomber facilement malade et que je suis novice en combat, mais je fais des grands progrès . Si vous preniez au moins la peine de me voir pendant un de mes entraînements, vous le remarqueriez aussi. Et sa majesté alors ?»

Le roi fut momentanément silencieux, surpris par l'audace de son fils. Puis, avec un soupir lourd de tristesse et de frustration, il répondit : « Ulysse, je sais que tu t'entraînes dur. Mais il y a des choses que tu ne comprends pas encore. »

Bien que souvent brutal envers Arténa, le roi l'aimait vraiment. Avant la perte de leurs enfants, leur relation était joyeuse et sans gêne. Depuis leur disparition, la tension était devenue palpable. Il soupira et expliqua à Ulysse : « Je n'ai pas envie de forcer votre mère à faire ce qu'elle ne veut pas. C'est pour ça que je prends une concubine. »

Dans ses pensées, il espérait peut-être que cela rendrait Arténa jalouse et qu'elle reviendrait vers lui. C'était son espoir secret.

Du côté d'Arténa, elle était avec sa fidèle servante Diana, une métisse au teint caramel, aux yeux bruns foncés, aux cheveux bouclés qu'elle avait tressés en une mèche, et avec des taches de rousseur sur le nez. Diana avait une apparence enfantine malgré ses 26 ans. Elle servait la reine depuis ses 18 ans.

Diana remarqua que ce soir, la reine n'avait pas envie de parler. Pendant qu'elle brossait les cheveux d'Arténa, elle demanda doucement : « Votre Majesté, puis-je savoir pourquoi vous êtes sortie avant le roi et le prince héritier ? »

Arténa répondit simplement : « Le roi m'a ordonné de sortir. »

Diana comprit vite qu'ils s'étaient encore disputés sur un sujet particulier. Elle hésita, n'osant pas poser plus de questions. La reine, cependant, la regarda à travers le miroir et dit soudainement : « Le roi veut prendre une concubine. »

Diana s'arrêta un instant, puis continua à brosser les cheveux. « Je suis désolée, ma Reine. Croyez-vous au coup de foudre ? »

Arténa resta silencieuse un moment, réfléchissant à la question.

Arténa répondit d'un ton neutre : « Le coup de foudre n'est qu'une attirance physique. »

Diana arrêta de brosser les cheveux de la reine et baissa les yeux, visiblement attristée.

La reine ajouta après un moment de réflexion : « Mais le coup de foudre peut évoluer et devenir plus profond que ça. Ça commence d'abord par une attirance physique, puis ça devient des sentiments plus profonds. »

Diana sourit à la reine et partagea : « Mon fiancé dit souvent que la première fois qu'il m'a vue, il a eu le coup de foudre. »

Arténa rit doucement. « Diana, tu es vraiment naïve. »

Diana répondit avec assurance : « Mais non, ma Reine, je crois en l'amour. Je crois aussi aux belles histoire. Un jour, vous trouverez cet amour. Ce n'est pas forcément un mariage ou une union, mais l'amour des personnes qui vous entourent, ma Reine. Je suis sûre que vous le trouverez. Vous le méritez bien. »

Elle reprit le brossage des cheveux d'Arténa avec soin. Vers la fin de la soirée, vers 21 ou 22 heures, Diana rentra chez elle, croisant son père sur le chemin.

Episodes

Télécharger maintenant

Aimez-vous ce travail ? Téléchargez l'application et vos enregistrements de lecture ne seront pas perdus
Télécharger maintenant

Bien-être

Les nouveaux utilisateurs peuvent télécharger l'application pour débloquer 10 chapitres gratuitement.

Recevoir
NovelToon
Ouvrir la porte d'un autre monde
Veuillez télécharger l'application MangaToon pour plus d'opérations!