Derrière le miroir - Chapitre 1

Katsuki fulminait. Sa première mission était garde-du-corps, et évidemment, d'un incompétent ! L'idole, quel que soit son stupide nom, se pavanait devant lui, aussi bien qu'un affreux paon. Il s'observait dans chaque surface réfléchissante qu'il croissait. C'était insupportable ! Seulement deux heures s'étaient écoulées, la journée ne faisait que commencer. Il en avait déjà marre. Cet égocentrique avait réservé une salle de danse seulement pour s'admirer. Bakugo le détestait. Cela continuerait ainsi durant des heures interminables ! Il ne comprenait pas ce que ses fans lui trouvaient. Il était doté des pires défauts ! Le blond ne reconnaîtrait jamais que l'idole restait, tout de même, -un minimum- attirant avec ses attributs félins -compensant, sans mal, les infirmités de sa personnalité, accompagnés d'un excellent jeu d'acteur.

L'idole devrait survivre s'ils s'ignoraient au cours de toute la durée de ce stupide stage.

— Hé ! J'ai soif. Va me chercher une bouteille d'eau.

Et bien entendu, ça pouvait pas durer !

Le blond ne lui porta aucune attention, gardant sa posture droite près de l'entrée. Il n'était pas à son service ! Il se mordait la langue pour ne pas l'insulter de tous les noms possibles et inimaginables, les poings serrés. Une explosion pouvait très vite partir.

— Hé ! Le pseudo-héros !

''pseudo-héros''

Il prit une grande inspiration, se concentrant sur un point invisible. Il devait simplement l'ignorer, ne pas l'écouter. C'était facile. Il n'exploserait pas.

— Va me chercher une-

C'était trop !

Il n'allait certainement pas le laisser-faire. Il se préparait à lui aboyer ses quatre putains de vérités, lorsqu'une personne se précipita vers son insupportable protégé. Katsuki réagit rapidement. Il attrapa le bras de l'intrus et le plaça brusquement entre ses deux omoplates. Il était prêt à la plaquer au sol, s'abstenant néanmoins en voyant l'affreux sourire satisfait de l'autre. L'envie de relâcher l'intrus rampait sous ses doigts, brûlant sa peau.

— Espèce d'enfoiré !!

Cette voix.

Elle lui était horriblement familière. Ce n'était, en aucun cas, possible. Son ventre se tordait, lui donnant la nausée. C'était impensable, irréel.

— Izuku ! Quel plaisir de te voir ! J'ai un garde-du-corps, maintenant. Tu dois le remarquer.

Izuku.

Sa gorge s'amincissait. C'est impossible.

— J'ai entendu dire que tu allais enfin faire tes débuts ? Félicitation ! Tu rentres dans la cour des grands !

Sa prise se desserra sous la réalisation. L'individu en profita pour s'échapper et s'approcher de l'autre.

Il ne pouvait pas être lui.

— Fait pas comme si tu savais pas !

Le blond atteignit l'intrus suffisamment proche pour rester à porter de main. Il devait protéger l'autre imbécile. Il suivait la conversation d'une oreille, détaillant le dos de cette personne. Petit, plus grand que dans ses souvenirs, des cheveux bouclés d'un vert plus foncé, des épaules quelque peu plus larges. C'est lui.

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

— Ah ? Et ça ! Hein ?

La main de Dynamite suivit le mouvement d'Izuku, prêt à intervenir à tout moment. Il tendait un téléphone, l'écran face à l'idole narcissique. L'apprenti héros se figea en remarquant la main bandée. C'était un assez gros bandage. Comment avait-il bien pu se faire une si grande blessure ? Son cœur s'emballa, en proie à une bataille entre une colère irrationnelle, contre Dieu sait qui, et une peur incontrôlable.

— ''ça'' ? Oh ! Ma nouvelle musique ! Tu l'aimes ? Tout le monde l'aime !

— Ne fait pas l'innocent ! Tu nous l'as volé ! Bâtard ! C'était notre chanson !

Il ne l'avait jamais entendu jurer avant. Izuku devait vraiment être en colère. C'était tellement nouveau pour Katsuki qu'il était pris au dépourvu. Il ne savait pas comment réagir ou même quoi penser.

— Ah ? Moi ? J'ai fait ça ? Je suis navré pour vous...

— Non, tu l'es pas ! Tu l'as fait exprès !

— Peut-être bien, et alors ?

— Je vais te- Lâche-moi ! Je vais le massacrer !

Dynamite devait intervenir et jouer son rôle de garde-du-corps. Il barra le haut du torse du vert, maintenant fermement son épaule contre son torse. Il l'éloigna de quelques pas. Cette nouvelle posture lui permettait sans mal de jeter un œil à son visage. Ce dernier était plissé d'une telle manière qu'il n'aurait pu même l'imaginer. Il était méconnaissable. Ses yeux verts semblaient si petits, tout comme son nez, ses taches de rousseur disparaissaient derrière son teint rouge de rage. Son visage paraissait trop petit pour exprimer une émotion aussi néfaste. Sa lèvre se relevait, montrant sa rangée de crocs. Il sentait une vibration sourde contre son bras venant du fond de la poitrine du vert. Il ne tremblait pas de colère. Était-il en train de grogner silencieusement contre le félin ?

Ce visage froissé portait un coup direct à son cœur. Il lui rappelait beaucoup trop facilement la haine à laquelle il devra faire face le moment où Izuku se rendra compte de qui le retenait. Ses paumes devenaient moites.

— Excuse-moi ? Tu vas me-?, ricana-t-il. Me fait pas rire ! Tu ne vas rien faire. Laisse-moi te rappeler que je suis un grand idole, très bientôt international. Tandis que toi... Toi, tu n'es rien, qu'un moins-que-rien.

L'image dégoûtée qu'il renvoyait en regardant de haut en bas le vert était de trop -surtout après de tels propos ! Bakugo lâcherait Izuku, le laissant se déchaîner sur cet enfoiré -il l'aiderait avec plaisir-, si seulement son bas n'avait pas été agrippé par une main aussi glaciale. Il pouvait toujours se retirer et aller chercher la bouteille tant désirée, laissant ces deux-là seuls.

Son plan fut rapidement abandonné lorsque cette main froide s'accrochait fermement, enfonçant son bras d'autant plus contre sa poitrine. Ce geste reporta son attention sur lui et lui rappela pour quel enfoiré il travaillait. Son visage était encore plus fermé. Il s'étonnait que ce soit même possible. Il détestait définitivement cette expression. Il redoutait le moment où elle se retournera contre lui. Il réalisait, à présent, qu'il avait un animal dans les bras. Il semblait prêt à tuer. Pour la première fois depuis sa première année de Yuei, Bakugo Katsuki, alias le grand et jeune Dynamite avait peur -beaucoup plus que face à un vilain, ironiquement.

— Tu crois que tu es au-dessus de tout le monde ? Tu crois qu'il ne va rien t'arriver quand je dirais à tout le monde que tu as volé ma chanson ! Tu vas tomber de haut ! Plus personne ne voudra être-

Sa voix criarde était devenue plus rauque et transpirée la haine.

Le temps se figea. Le soi-disant idole international avait porté la main sur Izuku. Sa tête se tourna sous la force. Ses yeux rencontraient ceux de Bakugo. La forme de sa main prenait place sur sa joue rougie. Ils s'observèrent attentivement, étonnés des événements. Ce contact semblait les calmer tous les deux.

— Ferme-là ! Ferme-là !

Le félin s'approcha subitement, attrapant une poignée des doux cheveux verts. Il le tira pour lui faire face. Le geste ramena toute l'animosité des deux. Dynamite était prêt à agir, quelle que soit sa mission d'origine. Il fut retenu par cette main froide, plantant ses ongles dans sa chair. Il espérait réellement que c'était une demande silencieuse de ne pas intervenir, si ce n'était pas le cas, il s'en voudrait de l'avoir mal interprété.

— Tu penses vraiment que quelqu'un va t'écouter ? C'est ridicule ! Même avec toutes les preuves au monde, personne, je dis bien personne, ne te croira !

— …

— Laisse-moi te donner un conseil, abandonne. Tu sembles ne pas l'avoir compris, alors je vais être généreux et t’expliquer clairement la situation: Tu n'es qu'un minable sans alter, un moins-que-rien ! Tu penses sérieusement que tu allais faire tes débuts un jour ?, ricana-t-il. Sois réaliste ! Tu n'as toujours pas compris qu'ils te gardent seulement pour que tu fasses pas de vagues ? Pour que tu ne puisses pas aller voir un quelconque concurrent, assez malheureux et minable pour accepter une chose sans valeur comme toi. Tu ne débuteras jamais. Pauvre petite chose, tu-

Chaque mot prononcé enrageait d'avantage Katsuki. Ses paroles lui étaient amèrement familières. La caractérisation de ''sans valeur'' était définitivement de trop. Il leva son poing prêt à le lui coller au visage, avant de voir une tête verte se cogner violemment contre celle de l'idole. Izuku avait attendu calmement -pas du point de vue de son pauvre avant-bras l’acéré- que l'imbécile s'approchait suffisamment pour lui donner un coup de tête. Rapidement, le plat de son pied le repoussa violemment. Le vert s'appuyait sur Dynamite, lui permettant de mettre toute sa force dans sa jambe sans en tomber.

En voyant ce connard à terre, Bakugo se sentait si fier de son ami d'enfance -encore plus que s'il l'avait fait lui-même. D'autres émotions le rejoignaient, une sensation douce qui faisait battre son cœur plus vite et un sentiment de ne plus vouloir voir Deku sortir de sa vie.

— J'ai été suffisamment patient avec toi. Je n'accepterais plus que tu me parles comme ça.

— Je saigne ! Tu m'as défiguré ! Quand le directeur le verra, tu vas être renvoyé ! Personne ne voudra d'un moins-que-rien violent, d'un-un sans alter incompétent ! Tu-

Il déglutit en voyant le duo de regards noirs qui lui était lancé. Il était définitivement mort.

Des bruits de pas précipités se rapprochaient hâtivement d'eux.

— Izu- Wow... Il s'est passé quoi ici ?

— Merde. Qu'est-ce que t'as fait, 'Zuku..?

Le premier était un garçon un peu plus grand qu'Izuku. Il arborait un sourire narquois en voyant le félin à terre. Il passa sa main dans ses cheveux gris, tout en lançant un regard à la seconde personne. Celle-ci s'amusait de la situation, se penchant en avant vers l'idole. Ses longs cheveux roux, regroupés en une queue basse, se balançaient doucement derrière lui.

— C'est toi qui lui as fait ça, Izu' ?

— Je dois sortir, souffla le concerné. Si je reste une seconde de plus avec lui, je vais le tuer.

— Tu es enfin à ta place maintenant !

— Tu-Toi !, commença la star.

— Rei.

— T'inquiète, Neil ! Sort 'Zuku. Je m'occupe de lui !

— Q-Quoi ! Je vais le dire au directeur ! Vous allez-

— Mais oui, bien sûr. On a quelques trucs à se dire, tous les deux...

— T'as pas le droit de me-

— ''Droit'' ? Tu connais ce mot, toi ?

— Allez, viens Izu'. Sortons d'ici. Il y a une mauvaise odeur dans l'air ici.

Les trois marchaient vers la sortie, sans se retourner.

Le gris lui lançait quelques coups d’œils, insistant pour que le vert relâchât le bras de Bakugo. Il refusait, s'accrochant d'autant plus. L'apprenti héros ne trouva d'autres choix que de suivre le mouvement -ce qu'il aurait fait de toute manière. Il plaça maladroitement son bras sur les épaules d'Izuku. Il ignorait les lourds regards qu'il recevait et détailla Deku. Il avait eu la mauvaise personne à protéger. Il en était convaincu après cette scène.

— Izuku ? Pourquoi tu veux pas le lâcher ?

— …

— Deku ?-

— Comment tu l'as appelé ? Je ne suis pas japonais, donc arrête-moi si je me trompe.

Cela expliquait pourquoi son visage et ses yeux étaient si fins.

— Tu viens d’insulter Izuku ?

— Neil... Sortons juste...

— Mmh... Comme tu voudras...

Neil accentuait d'autant plus ses regards. Chaque mouvement était un prétexte pour lui donner une œillade rude -si c'était même possible. Dynamite regrettait le temps de ses patrouilles.

Ils finirent par arriver à une terrasse. Les trois s'installèrent à une table. L'air était frais et le soleil tapait. Ce décor détendait le vert. Ses épaules s'affaissaient et son souffle se calmait doucement.

— C'était quoi ce bordel, Deku ? Cet enfoiré-

— Shiyo, il a volé notre chanson.

— Quoi !, s'indigna Neil.

— Je suis allé le voir sur un coup de tête. Il nous l'a volé, Neil ! On devait commencer avec !

— Et tu l'as agressé ? C'est pour ça qu'il était par terre ?

— Il-Il dit que c'est ma faute, si on avait pas encore fait nos débuts... Je le sais, mais l'entendre...

Ses mots poignardaient directement le cœur de deux autres. Ils étaient encore plus horribles dans cette bouche. Katsuki n'aimait pas la tournure de la conversation. Une fois de plus, cela était trop familier, terriblement familier pour lui.

— Izuku, ce n'est pas à cause de toi-

— Arrête. On le sait tous. Et maintenant... Avec ce que j'ai fait...

— Non, Izu'-

— Je l'ai frappé. Vous pourrez faire tout ce que vous voulez, ça changera pas... Vous auriez plus de chance sans moi-

— Tu t'es juste défendu, Deku. Il t'insultait et t'a même frappé ! Tu n'as rien fait de mal, tu n'as rien à te reprocher.

— Il t'as quoi !

Il remarquait qu'Izuku gardait le visage baissé. Il le releva, remarquant une énorme marque rouge sur sa joue. Neil paniqua en la voyant, se levant précipitamment.

— Je fais te chercher de la glace !

— Non- Attend- Neil !

Il était déjà parti. Le vert soupira en portant une main à sa joue. Il sentait la chaleur derrière sa paume.

— De- Izuku ?

Il avait oublié qu'il était à côté de lui. Il avait été si silencieux et calme. Il peinait à le reconnaître. Il était loin de la personne dont il se souvenait, criarde et explosive. Pour autant, il resterait le même Katsuki avec qui il avait grandi. Il lui inspirait autant la crainte, due à leur malheureux passé commun, que de la protection.

— T'en veux pas.

— …

— Il l'a bien mérité. Si t'avais rien fait, je l'aurais fait exploser !, accompagna-t-il ses dires à l'action de sa main libre. Si je le vois ou entends qu'il a encore dit des trucs sur toi ou s'il te touche encore, je vais-

— Katchan !-

— Il a pas à te dire ça et encore moins à te toucher !

— Mais il-

— Comme-Comme je l'ai fait...

— Quoi ?

— Je n'aurais pas dû... Je... Yuei m'a changé-

— J'ai remarqué. Tu es plus calme et silencieux-

— Ça te pose un-...

— Peut-être pas autant que ça, souriait le vert.

Bakugo se figea face à ce sourire. Il n'avait pas changé, des petites fossettes apparaissaient sous ses yeux plissés. Il ne l'avait pas vu depuis si longtemps. Cela lui réchauffait le cœur. Il n'avait aucune envie de lui rappeler de mauvais souvenirs et d'effacer ce sourire.

— Je... Je suis désolé... Pour tout ce que j'ai... fait... Je le regrette vraiment. Je veux m'excuser convenablement, si je peux faire quelque chose pour que tu me pardonnes...

— ...

— J'ai voulu passer chez toi l'année dernière pour m'excuser. J'y avais réfléchi toute l'année. Mais j'ai entendu que tu étais parti à l'étranger... Je pensais que je ne pourrais plus jamais te revoir...

Se souvenir de cet affreux moment lui broyait le cœur. Un poids alourdissait désagréablement sa poitrine et son ventre. Il avait l'impression de revivre ces sentiments.

— Je suis rentré au bout de sept mois. Le Japon me manquait trop. Et... Aux États-Unis... Tout tournait autour des héros, encore plus qu'ici... Ça me faisait trop de mal... Tout me rappelait continuellement que tu étais en train de devenir un grand héros alors que moi... Moi, je suis un incapable... J'entendais encore et encore les paroles d'All Might, c'était insupportable...

— All Might ?

— Je l'ai rencontré le jour où le vilain de boue-.... Il... Un sans alter ne peut pas devenir un héros. C'est un rêve inaccessible...

— …

— À ce moment, je voulais juste m’éloigner le plus possible du monde des héros.

— Et tu es devenu une starlette ?

— Pas encore. Bientôt j'espère !

— Tu... vas réussir !

— Je... Je ne sais pas si je te pardonne, si je t'ai déjà pardonné ou si je pouvais te pardonner... Tout est si confus et après autant de temps... Je ne sais pas... Désolé...

— Je-... Je comprends... Je veux juste que tu saches que je... Je veux que tu fasses partie de ma vie. Je ne supporterais pas de te laisser repartir... Pas après tout ce temps. Ces dernières années, sans toi... Il me manquait quelque chose. Je t'ai toujours eu dans ma vie et tout à coup, tu avais disparu...

— Katchan...

— J'attendrais le temps qu'il faut, je me contenterais de ce que tu me donnes. J'accepterais ta décision. Je-Je te veux juste dans ma vie.

— Merci, Katchan. Ça compte beaucoup pour moi.

— Et si tu l'acceptes, je préférerai être ton garde-du-corps, plutôt qu'à cet enfoiré.

— Tu es son garde-du-corps ? Pourquoi tu ne m'as empêché de lui...? Tu m'as retenu mais..?

— Parce que c'est un putain d'enfoiré qui le mérite !

— Il t'as engagé, tu peux pas-

— Regarde, c'est ce que j'ai fait !

— Tu risques d'avoir des problèmes !

— Je m'en fous !

— Katchan, soupira-t-il.

— Alors, nerd ? Besoin d'un garde-du-corps ? Peut-être pas avec des coups de pied pareils.

— Attends, pourquoi tu es garde-du-corps ? J'ai lu un article sur toi et tes camarades le mois dernier, tu n'as pas été renvoyé ? Tu n'aurais pas quitté Yuei, non plus... Ça ne te ressemblerait pas... Est-ce que Yuei essaie d'aider à la réorientation en tant que plan B ? Ce serait possible au vu des nombreuses attaques que vous avez vécues... Vous n'êtes même pas encore professionnels que vous avez dû combattre des vilains plus puissants et plus souvent que la plupart des pros héros. Ça ne fait aucun doute que vous serez tous dans les meilleurs, mais ça n'empêche pas à ce que certains veulent changer de voie, avec autant de danger se serait plus judicieux-

— Toujours un nerd.

Katsuki l'écouta murmurer. Il était content de pouvoir à nouveau profité de ce son et ne pas l'avoir coupé involontairement par son commentaire. Il s'apercevait seulement maintenant que ce bruit lui avait manqué. Il regrettait toutes les fois où il avait souhaité le silence en les entendant. Il ne se rendait vraiment pas compte de ce qu'il avait. Toujours à reprocher à Deku ses chuchotements soi-disant insupportables, purement puisqu'il n'arrivait pas à déterminer ce qu'il disait. Il aurait tout bonnement dû écouter calmement, comme s'il s’agissait d'un simple et léger bruit sourd.

En le regardant, il s'étonnait à quelle vitesse sa bouche allait pour sortir tous ses mots aussi rapidement. Il ne bégayait à aucun moment. Il se demanda s'il n'avait pas soif à parler autant et aussi vite. En début de journée, Bakugo avait attendu l'autre enfoiré sur une terrasse similaire à un autre étage. Il y avait des distributeurs, l'un d'eux lui avait volé son argent et sa boisson ! En regardant par-dessus son épaule, il remarqua que des distributeurs similaires étaient contre le mur. Il voulait se lever pour aller chercher quelque chose à boire -et peut-être à manger, midi était proche. Quelque chose retenait son bras, lui rappelant qu'il était toujours coincé dans la main d'Izuku. Le mouvement sembla le ramener à l'instant présent.

— Ah ! Pardon ! J'ai recommencé..

— Tu dois avoir soif à parler autant. Les distributeurs sont derrières.

— Ah ? Merci, mais-

— Faut que tu me lâches si tu veux boire quelque chose.

— Quoi ?-

— 'ZUKU !! Ça va ? Ça fait mal ? Tiens, met ça sur ta joue- Ton front ! T'as une bosse !

C'était le roux qui était resté seul avec l'idole après leur départ. Il avait couru pour rapporter la glace à Izuku. Il n'attendit pas longtemps avant de la poser sur sa joue. Il resta étrangement un genou à terre devant Deku.

— AH ! C'est froid ! Ça va-

— Non ! Ça va pas ! T'as pleuré ! Toi-

Rei lança un regard au blond, déterminé à l'accuser de tout le malheur du monde. Il s’était abstenu en voyant l'humidité collant de ses cils. Il ne semblait pas avoir pleuré comme Izuku, il n'en restait pas loin.

— J'ai croisé Neil en venant. Il m'a dit que tu avais besoin de glace pour ta joue, mais il m'a rien dit pour ton front si j'avais su-

— Où est parti Neil ?

— Chez le directeur. Il a juste dit qu'il avait une conversation à avoir avec le dirlo. J'en sais pas plus, mais ça sent pas bon.

— On va se faire renvoyer, il doit essayer de recoller les morceaux.

Pendant que les deux parlaient, Katsuki s'éclipsa aux distributeurs. Il bougeait son bras nouvellement retrouvé. Il commençait justement à développer des crampes. Il prit des boissons et retourna s'asseoir. Il avait suivi la conversation, peu convaincu que ce Neil puisse arranger les choses. Il se demandait s'il pourrait aider en tant que témoin.

Il ouvrit une cannette, la plaçant entre les mains de Deku. Il racontait ce qui s'était passé au roux. Il buvait sa boisson calmement. Il rectifiait lorsque les propos du vert étaient beaucoup trop gentils et tolérants pour la situation, ne disant rien dans le cas contraire. Il prit la dernière canette et la porta à la bosse d'Izuku. Son bras passait derrière sa tête et s'appuyait sur le haut de celle-ci, de manière à ne pas lui barrer la vue. Il sursauta légèrement au froid inattendu, lui lançant quelques coups d’œils durant son histoire.

— Le connard ! Je vais aller le-

— Rei !

— Bien, bien... Je ne fais rien faire... Pour l'instant.

Le vert retenait son ami qui était prêt à partir. Sous la surprise de Bakugo, Rei ne se remit pas à genoux, il s'assit en tailleur sur la table. Izuku le réprimanda, n'étant pas une manière de s'asseoir. Il n'écoutait rien, grommelant quelque chose d'indéchiffrable. Ils ressemblaient à un enfant et sa mère.

— Je ne savais pas que tu avais un enfant, Deku. J'ai plein de choses à rattraper ! Qui est l'autre parent ?

Ses joues étaient rouges alors qu'il essayait de trouver ses mots. Aucune parole compréhensible ne sortait de sa bouche.

— Et t'es qui toi ?

— Héro Dynamite.

— Ce n'est plus Ground Zero ? Tu as changé de nom ?

— Ouais, récemment.

— Et c'est quoi ton vrai nom, Dyna' ?

— M'appelle pas comme ça ! Katsuki Bakugo.

— Je préfère Dyna'.

— HAHH ! Répète pour voir la starlette !!

— Dyna' ! Dyna' !

— Calmez-vous ! J'ai pas envie que vous vous disputez ! Rei, soit gentil, s'il te plaît...

— D'accord, d'accord. Désolé 'Zuku, ne t'énerve pas...

— Pourquoi tu es ici Dyna-mite..? D'où tu connais 'Zuku ?

— On est...

— Des amis d'enfance ! Katchan est à Yuei, il va vite devenir un grand héros !

— Ça me dit quelque chose... J'ai déjà entendu ça quelque part...

— Et il est là pour être le garde-du-corps de Shiyo-

— Plus maintenant. Mon offre était sérieuse, Deku.

— ''Deku'' ? C'est quoi ça, Dyna' ?

— Ne t'inquiète pas, Rei. C'est... Une habitude...

— Pardon ?

— Une mauvaise habitude que j'aimerais perdre.

— Hein ? Je comprends rien... Je suis perdu...

— Tu n'es pas le seul..., accorda ledit Deku.

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Comments

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c super vivement la suite

2021-12-10

0

ZOREL08

ZOREL08

j adore mzis je veux lire la suite moi

2021-11-08

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