Je m'enferme dans ma chambre, et m'allonge sur mon lit, fatigué. Je me remets à peine de cette nuit que je dois déjà rendre des comptes à mon père. Je m'enferme ensuite, dans la salle de bain ou je frotte mon corps pour y faire partir les traces de cette nuit. Ça ne marche évidemment pas. Je reste un long moment, là. Seul, nu et tremblant. Je pleure silencieusement, la tête contre le marbre froid de la baignoire. Je pleure, car en une nuit j'ai risqué de perdre, mon honneur, ma mission, ma place dans ce palais. Et pourtant, au creux des larmes, je le revois. Ses yeux noirs, ses main sur ma peau, son souffle contre mon oreille.
Pourquoi...pourquoi est-ce que je le ressens encore ?
Mon corps tremble encore envahi par un mélange de douleur et d'un feu qui ne veut pas s'éteindre. Je finis par m'endormir. Quand je rouvre les yeux, la lumière du jour a déjà changé. Je me redresse lentement, chaque geste est une torture.
Quelqu'un frappe à la porte " Votre Altesse, un courrier " . Je reste figé. Une lettre ? Je marche jusqu'au bureau où a été posée la lettre, les jambes tremblantes. Le corbeau. L'emblème de Charles- coffe.
Zéphyr, mon prince.
Tu es parti si vite. Tu aurais au moins pu m'embrasser avant de fuir. J'ai trouvé ton médaillon très beau. Mais il ne vaut pas la chaleur de ton corps. Je te remercie pour cette délicieuse nuit que tu m'as offerte. Ton corps m'a révélé des secrets bien plus doux que toutes les armes de ton père. Reviens quand tu veux, je te promets d'être... plus doux.
- K.C
Je reste planter là, la lettre entre les doigts. Mon ventre se tord, mes mains tremblent. Je relis les mots. Encore. Encore. Encore. Je sers le papier. Mon médaillon ! J'ai oublié mon médaillon, lui montrant qui je suis. Il n'aurait pas dû le voir ! Je relis encore sa lettre, peut-être que ce n'est que le fruit de mon imagination. Mais non ! Il a bel et bien écrit ses mots sur ce papier, et plus je relis la lettre, plus ma peau se met à brûler, comme s'il me touchait encore. Comme si ces mots glisser directement dans mon bas-ventre. Ces mots tournent en boucle dans ma tête. Je me mord la lèvre jusqu'au sang. Je ferme les yeux et fait glisser ma main vers cette brûlure obscène. Je me maudis tellement. Je me maudis car je n'ai plus qu'une envie : le revoir.
PDV Kane Charles-Coff :
Je n'ai pas bougé depuis son départ. Je sens encore sa chaleur sous mes doigts comme une brûleur gravée dans ma chair. Le médaillon est posé sur la table à côté d'une bouteille de vin. Je le regarde, encore et encore, comme un trophée, ou plutôt... Une promesse dangereuse. Je sais qu'il reviendra. Même s'il me hais, même s'il me craint. Son corps le trahira, il ne pourra plus l'ignorer.
Je fais tourner le vin dans mon verre, pensif. Adrian, avait raison sur un point : ce prince est un outil parfait. Je me lève, traverse la chambre et ouvre la fenêtre, le vent froid me gifle le visage. Je souris, à la vue d'un corbeau. Il a reçu la lettre.
- Reviens-moi, Zéphyr de gré ou de force tu m'appartiens.
PDV Zéphyr Aldolores :
Je me redresse d'un bond, la peau moite. Mon drap trempé, colle à ma cuisse encore humide de cette nuit. Je fixe le plafond, le cœur battant comme une bête traquée. Un rêve...Non, un cauchemar. Ou peut-être une vérité que je refuse d'admettre.
Je serre mes draps, m'effondre à nouveau. Je n'ai plus de force. Tout me ramène à lui : sa voix, son regard, son odeur.
Je ferme les yeux, et malgré moi, ma main glisse entre mes cuisses. Mon corps s'embrase aussitôt, traître de ma volonté. Je me déteste pour ça. Je me retiens, me mord la lèvre jusqu'au sang. Ce plaisir ne peut pas venir de lui. D'un homme. Non. Impossible. Je ne peux pas céder. Pas à lui.
Même si je le sais déjà, je suis perdu. Je n'ai plus de fierté, plus de gloire. Il ne me reste que ce feu qui me ronge.
Lorsque le jour se lève, je me redresse et enfouis mon visage dans mes mains. Mon souffle et rauque, désordonné. Je n'arrive pas à m'apaiser.
Le médaillon... Mon médaillon. Symbole de ma famille, de mon rang, de mon honneur. S'il le garde, il déteint ma chute. Il peut tout détruire définitivement.
Je rassemble des vêtements sombres, j'enfile soigneusement une cape à la hâte, le cœur battant à m'en fendre la poitrine. Chaque pas résonnait dans les couloirs du palais comme s'il trahissait ma peur.
Quand j'attends les écuries, un garde lève la tête, surpris. Il me demande ce que je fais ici, mais je n'attends pas de lui répondre, et saute sur le premier cheval prêt, je le pousse dans la nuit.
Le manoir apparaît enfin, sombre et majestueux sous la lune. Mon cheval est épuisé. Je descends du cheval en vitesse, courant presque vers la grande porte. Pourtant, je n'ai ni arme, ni plan, juste ma rage et ce besoin maladif de le revoir.
Quand j'ai franchi la grande porte, j'ai senti un froid me traverser l'échine. Le couloir est désert, trop silencieux. Je m'attendais à devoir argumenter, inventer une excuse, ou même Coran pour les domestiques, mais il était vide.
Arrivée devant la porte de la chambre, je me fige, la poignée n'est pas verrouillée. La porte est même restée entrouverte comme si l'on m'attendait.
Je suis restée immobile quelques secondes, le front perlé de sueur et mon souffle bloqué. Mes yeux s'accrochent au détail. Chaque signe crie la même vérité : il savait. Il savait que je reviendrai.
Une colère glacée ma traversée, aussitôt brisée par le frisson d'une peur plus intime. Kane... Pourquoi lui faut-il toujours me devancer comme s'il lisait dans mes pensées ? Je me suis approché, ma main tremblait quand j'ai effleuré la porte. Elle a cédé sans résistance, s'ouvrant sur l'obscurité de la chambre. Une odeur de vin, de feu consumer et autre chose, plus sombre, plus troublant...
Je n'ai pas osé appeler, pas osé souffler un mot. Mes pas m'ont guidé malgré moi, à travers la pénombre, le coeur cognant dans mes tempes. Puis j'ai aperçu au fond de la pièce, un reflet qui m'attendait dans l'ombre.
Il était là. Kane
Assis, dans un fauteuil près du lit, comme s'il n'avait pas bougé depuis des heures. Comme s'il m'avait attendu. Il semble calme, serein. Mon médaillon pend contre sa poitrine nu, brillant à la lueur des rayons de soleil qui s'échappe des rideaux. Son regard me transperce.
- Zéphyr...te voilà enfin revenu.
Je m'avance, le souffle coupé, mes yeux fixés sur ce médaillon, ce morceau de moi-même, contre sa peau.
- Donne-le-moi...ma voix est plus rauque que je ne l'aurais voulu.
Je tend la main, presque comme une enfant réclamant son jouet.
Il sourit. Un sourire lent, cruel. Chaque pas qu'il fait résonne dans toute la pièce.
- Oh...tu viens seulement pour ça ? Murmure t'il, faussement vexé. Qu'elle désillusion. J'espérai que tu venais pour moi.
Mes poings se ferment, mes ongles s'enfoncent dans mes paumes.
- Donne-le-moi ! Criai-je, ma voix tremblante.
Je le hais. Et pourtant, je le désire.
Il s'arrête tout près. Son odeur m'enveloppe aussitôt, lourde, entêtante. Je retiens ma respiration, comme si cela pouvait m'empêcher de céder.
- Viens le chercher, alors... souffle t'il en abaissant le médaillon, l'offrant à portée de main.
Mon regard s'y accroche. Hypnotisé. J'avance un pas, puis un autre. Ma main effleure son tors brûlant. Ses muscles se contractent sous mes doigts. Je voudrais reculer, courir, disparaitre..mais mes jambes refusent de m'obéir.
Alors je tends la main vers la chaîne. Mes doigts tremblent quand je la frôle. Mon souffle s'arrête.
D’un geste brutal, il m’attrape par la nuque et me plaque contre lui. Nos poitrines s’écrasent, le reste de mes forces s’évaporent, frappées hors de mon corps. Sa poigne se resserre, je me retrouve coincé contre lui. Sa chaleur contre moi, et une partie de moi veut brûler avec lui.
Sa bouche s’abat sur la mienne, pas violemment, mais fermement, m’arrachant un gémissement malgré moi. Le goût du vin et du sang se mêle entre nos lèvres. Mon corps me trahit, mes forces m’abandonnent, ma tête tombe sur son torse. Il prolonge le baiser, affame mes lèvres comme pour les goûter encore et encore. Je suffoque, et il me libère, mais son regard me dévore, sans détour.
— Voilà, souffle-t-il, un doux air aux lèvres. Pas le prince sage. Pas l’héritier orgueilleux. Juste Zéphyr. Mon Zéphyr.
Je tente d’arracher ma médiation, mais me retourne et me cloue contre le mur. Le bois claque dans mon dos. Sa main m’étrangle, m’empêchant de fuir. Mon cœur se débat dans ma poitrine, affolé, prêt à exploser. Un frisson mortel m’échappe, mes jambes se dérobent. Ses doigts s’attachent à ma gorge, à ma peur, et dominent. Je retiens un gémissement.
— Voilà, docile malgré toi. Tu vois, comme c’est facile ?
Il me pousse en arrière et je bascule sur le lit, lourdement. Le poids de Kane m’enveloppe tout entier. Il ne me laisse aucun répit. Ses lèvres s’animent à ma bouche, m’embrassent, m’écrasent. Il m’étreint avec une brutalité maîtrisée. Une source de chaleur se répand en moi. Je suffoque, mais je le veux, j’aspire à ce désir de vouloir, je le hais et je le veux, ailés d’une même soif, d’une même ardeur.
Il murmure près de mon oreille, sa voix s’élève, brûlante comme ma peur.
— Reprends-le, si tu en es capable.
Ses doigts glissent sur ma peau, la chaleur m’embrase, me consume. Un cri étranglé résonne dans la pièce sombre, pressant, dominant. Je retiens un gémissement.
— Ah, tu ne veux pas partir, n’est-ce pas ?
— Tais-toi…
Sa main glisse lentement de ma gorge à ma poitrine, effleurant ma peau comme si le monde chutait, chaque frisson… Ses doigts s’attardent.
Ses mains déchirent presque ma chemise, dévoilant ma peau offerte. Il se penche, y dépose une traînée de baisers brûlants, puis mord jusqu’à ce que je suffoque en douleur et plaisir.
Je suffoque, mes doigts se crispent sur ses épaules. Chaque mouvement me consume, chaque poussée me fait basculer un peu plus loin dans le gouffre où s’enflamment désir et domination.
Je serre les draps, incapable de lutter. Chaque geste de Kane me vole un peu plus. Ses doigts descendent, explorent sans pudeur, s’imposent. Je tremble, partagé entre honte et vertige.
— Regarde-le, souffle-t-il à mon oreille. Si fier, si royal… et pourtant tu te cambres pour moi.
Sa voix me foudroie. Mon corps me trahit, cherchant sa force. Lorsqu’il s’empare enfin de moi, je retiens un cri étranglé, submergé par la vague. Il s’enfonce sans douceur, sans ménagement, comme s’il revendiquait ce qui ne devrait jamais lui appartenir.
Le monde se réduit à lui, sa présence écrasante, à cette union brutale qui m’arrache toute résistance. Mes gémissements finissent par briser le silence de la pièce, plus fort, plus désespérés.
Kane sourit contre ma bouche, vainqueur.
Mon prince n’a jamais été aussi vrai qu’entre ses bras.
Je ferme les yeux, mais ses mains me forcent à les rouvrir.
— Non, Zéphyr, regarde-moi. Je veux voir ton regard se tordre de plaisir.
Le monde se réduit à lui, à sa présence écrasante, à cette union brutale qui m’arrache toute résistance. Mes gémissement finissent par briser le silence de la pièce, plus fort, plus désespérés.
Kane sourit contre ma bouche, victorieux.
— Mon Prince n’a jamais été aussi vrai qu’entre mes bras.
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