chapitre 2

Aurelio la regarda un instant, ses yeux dorés scrutant les profondeurs de son regard impénétrable. Un frisson léger parcourut l’air autour d’eux, comme si la pièce elle-même retenait son souffle. Mais il ne répondit pas immédiatement. À la place, il se redressa et se tourna vers l’homme avec la mallette, un léger signe de tête l'incitant à continuer l’échange. Serena, cependant, ne le quittait pas des yeux, son esprit tournant à toute allure, analysant chaque mouvement, chaque détail.

L’homme avec la mallette s’avança lentement, mais avant qu’il ne puisse entamer la transaction, un bruit soudain retentit : des coups de feu, discrets mais perçants, provenant de l’entrée du club. Le chaos s’installa instantanément. Les hommes de Salvi se levèrent, l’atmosphère se chargeant d’électricité, comme une tempête prête à éclater. Mais Serena n’avait pas bougé d’un pouce. Elle savait que ce moment viendrait.

Aurelio se tourna rapidement vers ses hommes, son expression glaciale ne trahissant aucune émotion. Il n'était pas un homme qui perdait le contrôle. Mais quelque chose d'autre s'était déclenché, un défi qu'il n'avait pas anticipé. Il tourna à nouveau son regard vers Serena, une lueur d'amusement et de méfiance dans ses yeux.

— "C’est toi, n’est-ce pas ?" dit-il lentement, son ton tranchant comme un rasoir.

Serena sourit légèrement, un sourire froid et calculateur, avant de répondre :

— "Si tu veux savoir si je suis derrière tout cela, tu n’as qu’à suivre les cadavres."

Le vacarme croissant ne faisait qu'accentuer la tension. Livia était là, dehors, prête à agir. Mais Serena savait que la situation n’était plus aussi simple que prévue. Elle s'était infiltrée dans le repaire des Salvi pour collecter des informations et frapper au bon moment, mais le moment où elle pourrait atteindre son but n’était pas encore venu. Pas tant que le terrain restait aussi incertain.

Aurelio se rapprocha d’elle, chaque pas résonnant comme une menace qui se faisait plus pressante.

— "Tu joues un jeu dangereux, Bellanova. Tu crois vraiment pouvoir me battre ?"

Serena ne répondit pas immédiatement. Ses yeux étaient fixés sur lui, une détermination de fer derrière la beauté glacée de son visage. Elle savait que la guerre qui s’était ouverte entre eux ne serait pas décidée ce soir. Ce n’était pas une simple question de pouvoir ou de vengeance, mais de domination, une guerre sans fin qui marquerait Naples à tout jamais.

Mais à cet instant, elle n’était plus simplement l’héritière d’un clan rival. Elle devenait un adversaire à sa hauteur. Une force qui ne se laisserait pas subjuguer, ni par les hommes de Salvi, ni par Aurelio lui-même. Elle s’était préparée à cela. Elle l’avait voulu.

Un nouveau coup de feu éclata, plus proche cette fois. Une détonation qui fit trembler le sol sous leurs pieds. Le chaos devenait irrémédiable, et Aurelio, sans un mot de plus, donna l’ordre de sécuriser l’endroit. Les portes étaient verrouillées. Plus de sorties.

Serena prit une grande inspiration. Il était temps de montrer à Aurelio que, même dans la guerre, certaines règles pouvaient être brisées. Elle ne comptait pas simplement détruire son empire. Non. Elle voulait qu’il en souffre. Elle voulait que chaque mouvement qu’il fasse soit une tentative désespérée de sauver ce qu’il pensait invincible.

Elle fit un pas en arrière, son regard toujours fixé sur lui.

— "Ce soir, Aurelio, tu vas comprendre que la seule chose que tu contrôles, c’est ta propre chute."

Les mots, froids et implacables, flottèrent dans l’air alors que la tension entre eux atteignait son apogée. La guerre, leur guerre, venait de commencer. Et cette fois, il n’y aurait pas de retour en arrière.

......................

Aurelio scruta Serena dans un silence lourd, ses yeux dorés cherchant à percer l'énigme qui se cachait derrière son calme glacé. Dans l'ombre de ce club, entre les lumières tamisées et le bruit sourd des hommes armés qui se préparaient à l'affrontement, il y avait une guerre qui allait bien au-delà des simples luttes de pouvoir. C'était une guerre de volonté, de fierté, de survie.

Le bruit des coups de feu s'intensifiait, mais, étrangement, Serena restait immobile. Elle observait les hommes de Salvi se préparer. Leurs visages étaient tendus, mais l'inquiétude n'effleurait même pas son esprit. Elle savait exactement ce qu'elle faisait. La situation était sous contrôle, du moins pour l'instant.

— "Tu n’as pas peur de mourir ce soir, Bellanova ?" demanda Aurelio, un léger sourire en coin.

Il était amusé par la froideur avec laquelle elle affrontait ce danger. Il savait qu’il n’était pas un homme que l’on pouvait défier sans conséquences. Pourtant, cette audace chez Serena le fascinait, mais la mise en scène de la rivalité entre leurs clans n’était plus une simple question de rivalité. Cela devenait personnel. Très personnel. Et il n’avait pas l’intention de la laisser s’échapper indemne.

Serena le défia du regard.

— "La peur, Aurelio, c’est pour les faibles. Et ce soir, je vais te montrer que la guerre que nous menons dépasse tes simples machinations."

Aurelio ricana, mais son rire ne tarda pas à se faner lorsqu’il aperçut le mouvement à l’entrée du club. Un homme s’avança, en sueur, les yeux écarquillés.

— "Capo… les portes sont verrouillées. Les hommes de Bellanova… ils sont à l’intérieur. On a été piégés."

Un instant de confusion s'empara de la pièce. Les hommes de Salvi se figèrent, scrutant l’obscurité, tendus. Mais Serena, elle, n’avait même pas bougé. Elle savait déjà ce qui se passait. Livia, sa cousine et plus fidèle alliée, avait réussi à percer les défenses du club. Il ne restait plus qu’à attendre le signal.

Aurelio, comme un serpent prêt à frapper, ordonna d’une voix froide :

— "Tous les hommes, aux positions. Personne ne sort tant qu'on n’a pas mis fin à ce chaos."

Les membres de la pègre se précipitèrent dans les couloirs, se préparant à chaque possibilité. Serena suivait chacun de leurs mouvements, les observant avec un calme implacable. Ce n’était pas juste une attaque, mais une déclaration de guerre. Elle avait déclenché ce feu, et elle n’allait pas le laisser s’éteindre avant qu’elle n’en soit la seule à sortir vainqueur.

Dans cette atmosphère d'incertitude, un autre homme, grand et maigre, s’avança vers Serena. Il portait un masque d’allié, mais il n’était qu’un autre pion dans le grand échiquier de la mafia napolitaine. Il s’approcha d’elle et chuchota :

— "Livia a réussi à neutraliser l’une des issues. Nous avons un chemin de sortie. Mais il va falloir bouger vite."

Serena hocha la tête lentement. Le moment était venu de déclencher la phase finale de son plan. Elle s’éloigna de l’homme, jetant un dernier regard à Aurelio, qui, malgré la situation chaotique, semblait être dans son élément. Il se déplaçait avec une précision mortelle, ordonnant à ses hommes de se réorganiser tout en scrutant la pièce comme un prédateur en quête de sa proie.

Les cliquetis des armes étaient devenus une symphonie macabre, l’adrénaline emplissant l’air lourd de tension. Mais Serena n’était pas là pour fuir. Elle n’était pas une victime dans ce jeu. Elle était là pour prendre ce qu’elle méritait.

Elle se tourna lentement vers Aurelio, son regard brillant d’une promesse de destruction imminente.

— "Tu te crois invincible, mais tu as oublié une chose, Salvi. La guerre n’est jamais gagnée par la force brute seule. Elle se gagne par ceux qui savent où frapper. Et ce soir, ce n’est pas toi qui décideras des règles du jeu."

Avant qu'il ne puisse répondre, elle s’élança à travers la pièce, le bruit de ses talons claquant contre le sol en écho à son audace. Dans le même instant, Livia fit sa réapparition, surgissant des ténèbres pour lui offrir la couverture nécessaire. Elles se frayèrent un chemin vers la sortie, un chemin que seules elles connaissaient.

Mais alors que Serena s’éloignait, un cri perça l’air. Le corps d’un homme s’effondra à ses pieds, une balle en plein cœur. Elle tourna brièvement la tête. Aurelio était derrière elle, ses yeux brûlant d'une rage contenue, mais aussi d’une fascination nouvelle. Il ne s’agissait plus seulement d’un affrontement de clans. Il s’agissait de deux volontés de fer se heurtant dans l’obscurité.

Serena sourit froidement. Il était temps de montrer à Aurelio la seule vérité qui comptait dans ce monde brutal : il n’y avait pas de place pour l’hésitation, pas de place pour la clémence. Seule la survie primait. Et ce soir, elle comptait bien survivre, coûte que coûte.

Le chaos régnait, les hommes tombaient autour d’eux, mais dans ce tumulte, il n’y avait plus de question de vainqueur. La partie était encore loin d’être terminée. Et à mesure que Serena s’échappait dans les ombres, elle savait que ce n’était que le début.

Aurelio, furieux, observa la scène, les dents serrées. Il la suivait, sans un mot. Il savait maintenant qu’il ne pouvait pas la sous-estimer. Pas maintenant. Pas jamais. Mais dans son esprit, une pensée persistait : ce n’était pas juste une guerre entre clans. Cela devenait un duel entre deux âmes déterminées à ne jamais se soumettre.

Episodes

Télécharger maintenant

Aimez-vous ce travail ? Téléchargez l'application et vos enregistrements de lecture ne seront pas perdus
Télécharger maintenant

Bien-être

Les nouveaux utilisateurs peuvent télécharger l'application pour débloquer 10 chapitres gratuitement.

Recevoir
NovelToon
Ouvrir la porte d'un autre monde
Veuillez télécharger l'application MangaToon pour plus d'opérations!