Chapitre 17 : Le week-end décisif

Julie et Léa partirent tôt le samedi matin, le coffre de la voiture rempli de snacks, de couvertures et de vêtements légers. La route les menant à la mer était bordée d’arbres dont les feuilles d’automne flamboyaient sous le soleil matinal. Pour la première fois depuis des semaines, Julie ressentait une forme de calme intérieur. Ce week-end loin de tout était exactement ce dont elle avait besoin : oublier Lucas, Adrien, et ses dilemmes constants.

Arrivées à la maison de la cousine de Léa, elles furent accueillies par le parfum apaisant du sel marin. La maison, simple et chaleureuse, était située à quelques pas de la plage. Un vrai coin de paradis. Le premier jour fut dédié à la détente : balades au bord de l’eau, discussions interminables sur des sujets légers, et même quelques tentatives maladroites de baignades malgré la fraîcheur automnale.

La mer, étale et tranquille, semblait absorber toutes les tensions accumulées dans l’esprit de Julie. Chaque vague qui venait mourir sur le sable effaçait un peu de son anxiété. Elle se sentait loin des complications de sa vie amoureuse, presque libérée. Elles passèrent des soirées à rire, à cuisiner ensemble, et à regarder des films, s’efforçant d’oublier les tracas de la réalité.

Mais la tranquillité du voyage ne fut que de courte durée. Le dimanche soir, alors qu’elles marchaient le long de la plage sous la lumière douce de la lune, le téléphone de Julie vibra dans la poche de sa veste. Le nom de Lucas s’afficha à l’écran, comme une ombre ramenant avec lui tous les doutes et les peurs qu’elle avait essayé de laisser derrière.

Le cœur battant, Julie répondit à l’appel.

« Lucas ? »

La voix de Lucas était calme tu, mais teintée d’une fatigue émotionnelle. « Julie… Mon père ne va pas mieux. On part pour Paris demain matin. On ne sait pas combien de temps on va y rester. »

Julie resta silencieuse, sentant la panique monter. Elle savait que ce moment arriverait, mais entendre ces mots lui donnait un choc bien réel.

« Je… je suis désolée d’apprendre ça. »

« Je voulais que tu saches… avant de partir. Je sais que c’est compliqué entre nous en ce moment, mais je tiens à toi, Julie. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais tu comptes pour moi. »

Ces mots, bien que réconfortants, ne firent qu’accentuer la confusion dans l’esprit de Julie. Elle savait que Lucas avait besoin de soutien, mais pouvait-elle vraiment tout abandonner pour lui, alors qu’elle-même se sentait perdue ?

« Lucas, je… je ne sais pas quoi dire. Je pense à toi, vraiment. Mais je ne sais pas où je me situe en ce moment. »

Il y eut un long silence à l’autre bout du fil. Julie pouvait presque sentir la douleur de Lucas à travers le téléphone, la distance qui se creusait lentement entre eux.

« Je comprends. Je ne te demande pas de venir. Je voulais juste que tu saches où on en est. »

Ils échangèrent quelques mots supplémentaires avant que Julie ne raccroche, la gorge nouée. Elle s’assit sur un rocher, fixant l’horizon, tandis que Léa s’approchait et posait une main réconfortante sur son épaule.

« Ça va ? » demanda Léa doucement, voyant l’expression de Julie.

« Je ne sais pas, » répondit Julie, la voix tremblante. « Lucas part demain pour Paris. Je ne sais pas si je dois aller avec lui, ou… rester ici, et essayer de me retrouver. »

Léa, qui avait toujours su apporter des conseils pragmatiques, s’assit à côté d’elle. « Julie, tu ne peux pas tout gérer en même temps. Tu ne peux pas être partout à la fois, ni te sacrifier à chaque instant pour les autres. Peut-être qu’il est temps de penser à toi. De te demander ce que tu veux vraiment. »

Julie hocha la tête, sachant que Léa avait raison, mais cela ne rendait pas la situation moins douloureuse. Elle se sentait prise au piège entre ses désirs et ses responsabilités, entre son cœur et sa raison.

« Si tu décides de rester ici et de ne pas aller à Paris, ça ne veut pas dire que tu abandonnes Lucas, » poursuivit Léa. « Ça veut juste dire que tu as besoin de prendre du recul, et il a besoin de régler ses problèmes avec sa famille. Vous ne pouvez pas tout porter sur vos épaules. »

Julie resta silencieuse, fixant la mer qui, malgré la marée montante, semblait toujours aussi calme. Elle ne pouvait pas se permettre de prendre une décision impulsive, mais elle savait qu’elle devait enfin commencer à penser à elle-même, et pas uniquement à ce que les autres attendaient d’elle.

Le week-end à la mer, bien qu’apaisant, ne résolvait pas tous ses problèmes. Mais il lui offrit quelque chose d’encore plus précieux : un moment de répit pour réfléchir et réaliser qu’elle avait aussi le droit de vivre pour elle-même.

Ce soir-là, sous le ciel étoilé, Julie fit le premier pas vers un nouveau départ.

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