Après ce qui s’était passé avec Windi, Yusuké décida d’aller lui demander pardon. En chemin, il acheta les bonbons dont elle raffolait pour les lui offrir. Arrivé chez elle, il utilisa un sifflet qu’ils employaient pour se fixer des rendez-vous secrets et s’amuser. Il siffla trois fois, ce qui signifiait dans leur code secret : « rendez-vous sous le grand arbre derrière le jardin de ton père ». Il attendit des heures sous l’arbre, mais Windi ne venait toujours pas. Elle était probablement en colère contre lui.
Il retourna près de la maison Burgo et siffla en morse cette fois-ci. Il savait que toute la famille Burgo comprenait le morse, c’est pourquoi ce n’était pas le plan idéal pour leurs petites escapades. Cependant, c’était le seul moyen de communiquer avec Windi. Il se plaça derrière le potager de la mère de Windi et siffla : « .--/../-./-../../ /-./. /-/. /..-./.-/-.-./…./ . /.--./.-/… /---./. /-/.----./.-/../--/. /./- /..-././.-./.-/.. /-/---/..- /--.-/---/.-././…/-/. /./-./…/./--/-…/.-.././ -/---/..- /.-../.- /…-/../ /.-/.-../---/.-./… /.-/-/-/./-../… /--/---/../ /-.././…/-./-/.-/.-../.- /.--./---/.-./-/./».
En résumé, il disait : « Windi, ne te fâche pas. Je t’aime et ferai tout pour que nous restions ensemble toute notre vie. Attends-moi devant la porte. » Il se dirigea vers la porte et, juste au moment où il s’apprêtait à frapper, elle s’ouvrit. C’était la mère de Windi. Elle l’invita à entrer, lui offrit un siège et de l’eau, et commença à lui demander des nouvelles de sa famille. Il affirmait que tout le monde se portait bien tout en cherchant Windi des yeux, mais elle n’était pas présente dans le salon. Déçu, il donna les bonbons à la mère de Windi et dit : « S’il vous plaît, pouvez-vous dire à Windi que je suis vraiment désolé pour ce qui s’est passé ? Bonne journée à vous, madame. » Il ouvrait la porte lorsqu’il fut interrompu par la voix de Windi qui disait : « Yusuké, attends ! » en sanglotant. « Je suis désolée », dit-elle.
Yusuké tourna la tête et vit que le visage de Windi était baigné de larmes. Il ne voulait pas la voir pleurer, alors il décida de faire de l’humour pour détendre l’atmosphère. En réponse à ses excuses, il dit : « Ah ! Ce n’est pas trop tôt ! Tu voulais me faire attendre encore longtemps ? »
— Désolée, dit Windi en souriant.
— Ah ! La théorie de maman fonctionne vraiment. Deux négatives donnent souvent un positif, se dit-il à voix basse.
— Quoi ! Tu veux dire que c’est ta mère qui s’occupe de ton éducation ? reprit la mère de Windi.
— Oui, cela pose-t-il un problème ?
— Oui, tu risques de ne pas être normal ou pire, de devenir une calculatrice humaine, répondit la mère de Windi.
— Vous la connaissiez ? demanda Yusuké.
— Oui, elle était la tacticienne de notre équipe d’aventuriers. Elle prévoyait tout, on aurait presque dit qu’elle pouvait prédire l’avenir. À nos côtés, nous avons accompli des exploits, répondit la mère de Windi.
— Wahou ! Je n’aurais jamais imaginé cela de ma mère, affirma Yusuké.
— Ce n’est pas tout, elle a aussi des défauts. Comme quand elle joue aux échecs toute seule, elle se met à converser avec elle-même. Et quand nous décidions de jouer avec elle, elle nous infligeait une raclée à tel point que nous perdions l’envie d’y jouer, ou quand elle pesait le sel pour sa cuisine, ou encore son regard de tueur quand on la dérangeait.
Tout cela rappela des souvenirs à Yusuké. Ils se moquèrent quelques instants, puis Yusuké et Windi partirent s’amuser. Le frère de Windi voulut les suivre, mais ils le semèrent comme d’habitude.
Cinq ans plus tard, Yusuké avait treize ans et Windi douze ans. Il était temps pour Yusuké d’aller étudier à l’Académie de Magia, dans la capitale. Comme Windi n’avait pas encore l’âge d’y entrer, elle devait attendre encore un an. Yusuké devait suivre un marchand qui se rendait à la capitale. Avant son départ, son père s’approcha de lui pour lui donner des conseils. Il dit : « Mon fils, vois-tu, la capitale est très grande et là-bas, il n’y a pas que de la bonne nourriture, de belles maisons et de jolis objets de tout genre. Il y a aussi de la discrimination, de la pauvreté, de la souffrance, de l’antipathie et bien d’autres mauvaises choses. Je t’ai enseigné les deux formes de magie qui existent : les ténèbres et la lumière. Tu as un don inné pour la magie de lumière. Tu as même été béni par le Dieu du Soleil en personne. Écoute-moi bien, fiston, n’utilise jamais la magie ’es ténèbres là-bas, sinon tu seras exécuté. Pour la lumière, tu peux en faire ce que tu veux, même si je doute que tu puisses accomplir des exploits avec. Sois prudent et respecte tes professeurs et tes aînés. Surtout, ne cherche pas d’ennuis à la famille royale. Compris ? »
— Oui, père, répondit Yusuké.
— Alors bonne chance.
Puis ce fut au tour de sa mère.
— Yusuké, je t’ai appris tout ce que je savais sur les sciences physiques, chimiques, vitales et les mathématiques. Ce que tu feras là-bas sera encore plus difficile que ce que je t’ai appris ici. Un conseil, tâche de ne pas t’attirer d’ennemis et n’oublie pas qu’en combat, la théorie et la pratique ne font plus qu’un. Sois prudent.
Windi, quant à elle, lui dit :
— Yusuké, dans un an, je te rejoindrai et je serai beaucoup plus forte que toi.
C’est ainsi que Yusuké quitta sa demeure familiale pour se rendre à la capitale.
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Comments
ZodiacKiller
Je suis obsédée par cette histoire! J'ai besoin de ma dose d'écriture dès que possible!
2024-07-17
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