"Non !" dit Phœbe, "tu ne dois pas, ma douce fille, penser à me cacher tous ces trésors. Ma vue doit être aussi charmée que mon toucher. Je dois me délecter des yeux de ce sein naissant. Permets-moi de l'embrasser. Je ne l'ai pas assez vu. Laisse-moi le baiser encore une fois. Quelle chair ferme, lisse et blanche ! Quelle forme délicate ! Et ce duvet délicieux ! Oh ! Laisse-moi contempler cette petite fente chérie et tendre ! C'est trop, je ne peux pas supporter ça ! Je dois ! Je dois !" Ici, elle prit ma main et, transportée de joie, la guida là où vous pourrez facilement deviner. Mais quelle différence dans l'état de la même chose ! Un épais buisson de boucles touffues marquait la femme complète et épanouie. Ensuite, la cavité où elle guidait ma main l'a facilement reçue ; et dès qu'elle l'a sentie en elle, elle s'est déplacée d'avant en arrière avec une telle friction rapide que je l'ai rapidement retirée, mouillée et collante. Immédiatement après, Phœbe est devenue plus calme, après deux ou trois soupirs et Oh ! profonds ! et en me donnant un baiser qui semblait faire s'échapper son âme de ses lèvres, elle a replacé les draps sur nous. Je ne dirais pas quel plaisir elle avait trouvé ; mais je sais que les premières étincelles de la nature incendiée, les premières idées de la pollution, m'ont été transmises cette nuit-là ; et que la connaissance et la communication avec les dépravés de notre sexe sont souvent aussi fatales à l'innocence que toutes les séductions de l'autre. Mais pour continuer. Lorsque Phœbe retrouva ce calme dont moi-même je n'étais pas encore satisfait, elle m'interrogea habilement sur tous les points nécessaires pour orienter les projets de ma vertueuse maîtresse envers moi, et par mes réponses, tirées d'une nature purement sincère, elle n'eut aucune raison de ne pas promettre tous les succès imaginables, dans la mesure où cela dépendait de mon ignorance, de ma naïveté et de ma chaleur de constitution.
Après un dialogue suffisamment long, ma camarade de lit me laissa me reposer, et je m'endormis, épuisé par les violentes émotions dans lesquelles j'avais été entraîné, lorsque la nature, qui avait été trop fortement émue et fermentée pour se calmer sans se soulager d'une manière ou d'une autre, me soulagea par l'un de ces rêves délicieux dont les transports sont à peine inférieurs à ceux de l'action réelle et éveillée.
Le matin, je me réveillai vers dix heures, parfaitement gai et reposé. Phœbe était déjà levée et me demanda de la manière la plus aimable comment j'allais, comment j'avais dormi et si j'étais prêt pour le petit-déjeuner. Elle évitait soigneusement, en même temps, d'augmenter la confusion qu'elle constatait en me regardant en face, par une allusion à la scène du lit de la nuit précédente. Je lui dis que si elle le souhaitait, je me lèverais et commencerais tout travail qu'elle voudrait bien me donner. Elle sourit ; aussitôt, la femme de chambre apporta le service à thé et je mis rapidement mes vêtements, lorsque ma maîtresse entra en waddlant. Je ne m'attendais pas à autre chose qu'à être réprimandée, voire même grondée, pour mon réveil tardif, mais j'ai été agréablement surprise par ses compliments sur mon apparence pure et fraîche. J'étais "un bouton de beauté" (c'était son style), "et tous ces beaux hommes m'admireraient énormément !" Les réponses que j'ai donné, je peux vous l'assurer, ne montraient aucune impolitesse ; elles étaient aussi simples et bêtes qu'elles le souhaitaient, et sans aucun doute, elles les flattaient infiniment plus que si j'avais montré une éducation éclairée et une connaissance du monde.
Nous avons pris notre petit-déjeuner, et à peine les ustensiles à thé avaient-ils été retirés, que deux paquets de linge et de vêtements ont été apportés : en bref, toutes les nécessités pour m'habiller entièrement, comme elles disaient.
Imaginez-vous, Madame, comment mon petit cœur coquet s'est emballé de joie à la vue d'une étoffe de soie blanche, fleurie d'argent, en effet passée, mais qui me semblait toute neuve, avec un bonnet en dentelle de Bruxelles, des chaussures à lacets, et le reste à l'avenant, tous des ornements d'occasion et obtenus instantanément pour l'occasion, grâce à l'assiduité et à l'industrie de la bonne Mme Brown, qui avait déjà un acheteur pour moi dans la maison, avant que mes charmes ne soient passés en revue ; car il avait non seulement insisté, bien sûr, pour voir au préalable les lieux, mais aussi pour que je me livre immédiatement à lui, en cas d'accord ; concluant fort à propos qu'une telle place, où j'étais, était trop chaude pour confier la garde d'une telle marchandise périssable qu'est la virginité.
Le soin de me parer de mes plus beaux atours pour le marché fut ensuite confié à Phœbe, qui s'acquitta de sa tâche, sinon bien, du moins parfaitement selon toutes les exigences, excepté ma propre impatience de me voir ainsi parée. Lorsque ce fut fini et que je me regardai dans le miroir, je ne pus cacher ma joie enfantine devant ce changement : un changement, en vérité, pour le pire, car j'aurais certainement mieux value rester dans la simplicité élégante de ma tenue rustique que dans cet attirail maladroit, disgracieux et clinquant auquel je ne pouvais cacher mon étonnement.
Cependant, les compliments de Phœbe, où elle n'oublia pas de mentionner sa contribution à mon apprêt, me confortèrent quelque peu dans les premières impressions que j'ai jamais eues concernant ma personne. Qui, cela va sans vanité, était alors suffisamment attrayante pour justifier l'intérêt qu'on me portait. Et il sera sans doute approprié de vous en décrire un portrait peu flatteur.
J'étais grande, mais pas trop pour mon âge, qui n'avait guère plus de quinze ans ; ma silhouette parfaitement droite, taille fine, légère et libre sans avoir recours à un corset ; mes cheveux étaient auburn, brillants et doux comme de la soie, coulant sur ma nuque en boucles naturelles, et ne faisant qu'accentuer la blancheur d'une peau lisse ; mon visage était un peu trop rubicond, bien que mes traits fussent délicats, et avec une forme ovale dans l'ensemble, sauf là où une fossette sur mon menton avait un effet loin d'être désagréable ; mes yeux étaient aussi noirs qu'on puisse l'imaginer et plutôt languissants que pétillants, sauf en certaines occasions, où il m'a été dit qu'ils étincelaient de façon surprenante ; mes dents, que je préservais toujours avec soin, étaient petites, uniformes et blanches ; ma poitrine était bien développée, et l'on pouvait déjà deviner davantage la promesse que la réalité d'un sein rond et ferme, qui, en peu de temps, tint sa promesse. En somme, tous les éléments de beauté les plus prisés universellement, j'en avais, ou du moins ma vanité m'interdisait de contester le jugement des juges souverains, les hommes, qui, tous ceux que j'ai jamais connus ont rendu un tel verdict en ma faveur. Et j'ai même rencontré dans mon propre sexe quelques personnes qui, en recherchant mes défauts physiques, ont paradoxalement fait l'éloge de mes qualités encore plus explicitement. Ceci est certes un peu trop de vanité de ma part ; mais je serais ingrate envers la nature et envers mon apparence, à laquelle je dois de si exceptionnels bienfaits de plaisir et de fortune, si je taisais, par affectation de modestie, la mention de ces dons précieux.
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