le piège se renferme

                **Un quartier en silence**

Le quartier n’est plus le même. Depuis la mort de Kamel, il flotte une odeur de peur et de défiance dans l'air. Les murs tagués racontent des histoires qu’on préfère ignorer. Les regards se croisent sans jamais s’accrocher trop longtemps. Les rues d’habitude bruyantes sont devenues silencieuses, comme si tout le monde attendait que quelque chose d’encore plus grave ne se produise.

Je marche vite, capuche rabattue, regard vissé sur le sol. Chaque bruit me fait sursauter. Dans cette ville, les ombres ne sont pas juste des illusions, elles sont réelles. Quand j'arrive devant ma porte, une feuille pliée est glissée sous le battant. Mes doigts tremblent en la ramassant.

_"T’es le prochain."_

Mon sang se glace. J'ai l'impression qu'un poids vient de s'abattre sur ma poitrine. Une blague ? Non, ici, on ne joue pas à ce genre de jeu. Soit on est du bon côté du flingue, soit on est du mauvais. Et moi, j'ai l'impression d'être en plein milieu.

Je ne peux pas rester là. Il faut que j’en parle à Layla et Samir

               **Réunion sous tension**

Le local abandonné où on se retrouve d'habitude sent l'humidité et le renfermé. Un vieux canapé troué, une ampoule clignotante, et là, en face de moi, Layla et Samir. Le silence est pesant.

Je balance le papier sur la table.

— Quelqu’un nous vend.

Layla attrape la note, la lit, puis la froisse d’un geste sec.

— C’est une blague ? dit-elle d’une voix froide.

— Non, c’est sérieux, coupe Samir. Et je crois savoir qui.

Il hésite. Trop longtemps.

— Accouche, frère, grogne Layla, les poings serrés.

Samir inspire profondément avant de lâcher un nom. Un seul.

— Sofiane.

Un silence écrasant s’abattit sur nous. Nos cerveaux carburent à toute vitesse.

Sofiane, c’est un pote. Un gars du quartier. On a grandi ensemble, fait les 400 coups. C’était un frère. Mais là, tout s’effondre.

— C’est pas possible, je murmure.

— Si, insiste Samir. J’ai entendu des trucs. Il fréquente les grands, les mecs qui gèrent la came. Ils parlent de Kamel comme si c’était une étape nécessaire. Comme si c’était un coup prévu.

Layla frappe la table si fort qu’un verre posé là bascule et roule au sol.

— Si c’est vrai, il doit payer.

Elle ne tremble pas. Elle ne doute pas. Layla, c’est un feu qu’on ne peut pas éteindre.

Mais comment savoir si c’est bien Sofiane ? On ne peut pas accuser sans preuves. Et si on se trompe, on est morts.

 

                  **Le piège tendu**

On décide de le tester. Lui donner un faux plan, un faux rendez-vous. Un appât pour voir s’il nous vend vraiment.

Lieu du rendez-vous : le parking souterrain près du centre commercial.

Là où il n’y a pas de caméras.

Là où personne ne viendra nous sauver.

On arrive avant l’heure, tapis dans l’ombre, cœurs battants. L’air sent l’huile et l’essence froide. On se cache derrière une rangée de voitures abandonnées, scrutant l’entrée.

Puis une silhouette apparaît.

Sofiane.

Mais il n’est **pas seul.**

Deux autres mecs avancent derrière lui, leurs mains cachées sous leurs vestes.

Layla me lance un regard. C'est clair.

**Il nous a vendus.**

Sofiane sort son téléphone. Il tape quelque chose. Une seconde plus tard, mon portable vibre dans ma poche.

_"T’es mort."_

Mon souffle se coupe. Ma gorge se serre.

Le piège s’est retourné contre nous.

Layla glisse une main sous sa veste. Samir se recule lentement, prêt à fuir.

Mais moi, je fixe Sofiane.

**Pourquoi ?**

Un bruit de pas résonne. D'autres silhouettes apparaissent à l’entrée du parking. **Ils sont plus nombreux qu'on le pensait.**

On est pris au piège.

**On doit se tirer. Maintenant.**

 

                **Fin du Chapître 6

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