Les messages

Le reste de la semaine se déroula tranquillement, comme d'habitude. Les journées passaient, les heures s'égrenaient lentement, et rien de particulier ne venait perturber cette routine monotone. J'avais l'impression que tout tournait autour de l'ordinaire, de ce qui était prévisible, jusqu'à ce que le week-end arrive. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais vivre, mais j'étais loin d'imaginer à quel point il allait être bouleversant.

Ce samedi-là, mes parents m'avaient invitée à passer la journée chez mon oncle pour l'anniversaire de son fils, mon cousin. C'était une occasion de se retrouver en famille, mais dès notre arrivée, je sentis que l'ambiance serait loin d'être chaleureuse. Les visages étaient fermés, les conversations peu animées, et, honnêtement, je ne me sentais pas du tout à ma place. Personne ne venait vers moi pour discuter, et je me retrouvai assez vite isolée dans un coin. La seule chose qui parvint à égayer cet après-midi fut le gâteau d'anniversaire. Il était délicieux, mais même cette petite joie semblait insuffisante pour rendre la journée agréable. J'avais l'impression que chaque minute s'étirait interminablement, comme un poids que je portais sans pouvoir le poser.

Vers la fin de l'après-midi, alors que je tentais de survivre à cet ennui palpable, je reçus un message de Nikolai, un ami proche. Cela me réconforta un peu, car c'était l'occasion d'échapper à la morosité ambiante. Nous avons commencé à discuter de tout et de rien, comme nous avions l'habitude de le faire. Cependant, peu à peu, la conversation prit une tournure inattendue.

Nikolai, dans un de ses messages, me confia qu'il éprouvait des sentiments pour Julia, mais aussi pour moi. À ce moment précis, une sorte de confusion s'empara de moi. J'avais toujours pensé que mon amitié avec Nikolai était solide, mais là, il m'avait mise dans une position délicate. Il me disait qu'il m'aimait, et pour un instant, j'avais l'impression que cela pouvait être réciproque. Peut-être que je ressentais quelque chose pour lui aussi, mais je n'étais pas sûre. Je savais que mes émotions étaient en grande partie influencées par un sentiment de dépendance affective, quelque chose qui m'empêchait de prendre du recul pour analyser la situation avec clarté.

Alors, dans un élan de sincérité, je lui répondis que j'avais l'impression de ressentir la même chose. Cependant, je lui fis aussi comprendre que, malgré tout, il était en couple avec Julia, et que je respectais leur relation, malgré les difficultés qu'ils traversaient. Je ne voulais pas être un obstacle entre eux. Après tout, ils étaient tous deux mes amis, et je ne voulais pas compromettre cette amitié.

Mais ce qui suivit me laissa sans voix. Nikolai me révéla qu'il était un garçon "collant" et qu'il aimait les photos. Intriguée, je lui demandai ce qu'il entendait par là. Il répondit sans détour qu'il parlait de nudes. J'étais sous le choc. Jamais je n'avais imaginé que Nikolai, un ami avec qui j'avais partagé tant de souvenirs, puisse être impliqué dans de telles choses. Comment pouvait-il demander cela, alors qu'il était en couple avec Julia ? Cela me semblait incompréhensible. Il me demanda de ne pas en parler aux filles, et je restai là, abasourdie, ne sachant plus quoi penser de cette situation.

Le lundi arriva, et la tension monta encore. Je n'osais pas en parler aux filles, mais, à la récréation de 10 heures, je ne pus me retenir et confiai tout à Vicky et Maria. Nous décidâmes de lui attribuer un nom de code afin de pouvoir discuter de tout cela en toute discrétion, sans que Julia ne se doute de rien. Mais, comme souvent dans ce genre de situation, les choses ne se passèrent pas comme prévu.

Au déjeuner, Vicky, sans réfléchir, mentionna Nikolai devant Julia. Elle l'interrogea immédiatement, demandant de qui nous parlions. Nous essayâmes de rester évasives, mais l'air de rien, la tension était palpable. Julia insista, et finalement, à la sortie du self, après une bonne dose de pression, nous lui expliquâmes tout. Je lui montrai les messages, lui racontai la conversation que j'avais eue avec Nikolai, et elle partit immédiatement, accompagnée de Vicky, pour aller lui parler. Il était évident que les choses allaient dégénérer.

Quelques heures plus tard, Julia revint, mais elle était distante, glaciale. Elle m'annonça qu'elle avait quitté Nikolai, mais elle me fit clairement comprendre qu'elle m'en voulait. Ce n'était pas tant l'acte de le quitter qui la perturbait, mais plutôt le fait que j'aie insinué que le sentiment qu'il éprouvait pour moi était réciproque. J'avais simplement voulu être honnête sur mes émotions, mais elle ne semblait pas vouloir me comprendre. Elle ne cherchait pas à voir au-delà de la surface, de ce que j'avais ressenti dans l'instant, et la situation devint de plus en plus tendue.

Maria, toujours aussi loyale, me regarda un instant, puis tourna son regard vers Julia. Après quelques secondes de silence, Julia, d'une voix froide, se tourna vers Maria et lui dit :

"Maria, viens, on va marcher toutes les deux."

Maria, bien sûr, accepta immédiatement, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Mais moi, j'étais là, debout, seule, avec un sentiment de trahison qui m'envahissait peu à peu. Vicky, quant à elle, m'adressa un regard triste et me dit doucement :

"Je suis désolée, Maryanna, je vais avec les filles."

Et elles partirent. Une fois encore, je me retrouvais seule, abandonnée. Comme si cela ne changerait jamais. J'avais l'impression que tout ce que je faisais, toutes mes tentatives pour maintenir une certaine harmonie dans notre groupe d'amis, étaient vouées à l'échec. Je ne pouvais m'empêcher de penser que, malgré tout, je finirais toujours seule.

C'est alors qu'une main tapota doucement mon épaule. Je sursautai, surprise, et me retournai. Un garçon, plus grand que moi, se tenait là, avec un regard calme mais sincère.

"Je suis désolé de t'embêter, mais j'ai l'impression que tes amies t'ont abandonnée", dit-il d'une voix douce.

Je le regardai un instant, sans vraiment savoir comment réagir. Que pouvait-il bien savoir de ma situation ? Mais sa remarque, bien que simple, eut un impact sur moi. J'avais l'impression d'être invisible, de n'être qu'un simple spectateur dans l'histoire qui se déroulait autour de moi, sans pouvoir y participer activement.

"Ce n'est pas qu'une impression..." répondis-je en baissant la tête, la tristesse m'envahissant à nouveau.

Le garçon sembla comprendre. Il n'insista pas, mais resta là, à mes côtés, sans me juger. Parfois, il ne faut pas beaucoup de mots pour que quelqu'un comprenne ce que l'on ressent. Et parfois, un simple geste de présence peut suffire à apaiser un cœur brisé.

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