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Les Chaînes De La Couronne

Chapitre 1 -

PDV Zéphyr Aldolores :

Je m'appelle Zéphyr Aldolores. Prince de la Nouvelle- Aquitaine. Depuis petit, on m'a promis une couronne, un trône, un honneur, une gloire et une dignité. Mais se que je porte aujourd'hui sur mes épaules n'a rien d'honorifique. C'est une mission. Une mission que mon père m'a dignement confiée et je ferais tout pour la réussir. Je dois redorer mon père et honorer ma couronne, en détruisant le Duc Kane Charles-Coff. lui, qui vole les richesses du royaume et qui rit de notre sang royal. C'est vers lui que mes pas me mènent.

Je devrais craindre ce voyage, supplier qu’on m’accompagne. Mais non. J’ai choisi d’y aller seul. Je veux prouver que j’en suis capable. Je veux que mon père m’accorde enfin ce regard de fierté qu’il réserve aux vainqueurs.

Alors je me dirige en calèche vers un pub réputé dans cette région. Il paraît que le Duc a un certain goût pour la fête.

À peine arriver, que le froid me frappe de plein fouet. L’air est tranchant, mordant, comme si chaque souffle s’enfonçait dans mes poumons en lames de glace. J’avance, mes bottes s’enfonçant dans la neige dure, et déjà une pensée m’assaille : je viens d’entrer dans le territoire du Duc. Ma respiration se saccade légèrement et le doute s'installe dans un creux de ma tête.

La chaleur du pub m'engloutit brutalement, comme une gifle inverse du froid extérieur. La fumée des torches se mêle à l'odeur des bières renversées et de sueur. Des voix graves roulent contre les murs, et des rires trop sonores éclatent dans l'air chargé. Je baisse légèrement la tête en entrant. Prince ou pas, je sais qu'ici se titre ne me servira à rien. Au contraire, il me mettrait en danger. Je ne suis qu'un voyageur de plus, venu chercher l'oubli dans un verre trouble.

Je ne fais pas trois pas qu'un groupe d'hommes, installé autour d'une table poisseuse, détourne le regard vers moi. L'un deux, m'interpelle d'une voix éraillée :

— On n'a pas l'habitude de voir des gamins de ton genre dans ce trou. Tu t'es perdu, p'tit Prince ?

Je me fige. Mon cœur se serre à l'entente de ce mot. Prince. M'ont til reconnu ? Où n'est-ce qu'une provocation ? Je force un sourire, prudent.

— Je cherche simplement un endroit pour dormir.

Un silence. Puis un autre homme, le plus massif du groupe, éclate d'un rire grave. Il tape du poing sur la table, faisant tinter les verres.

— Alors t'a de la chance voyageur. Y'a un homme bien généreux qui occupe tout l'étage de l'auberge. Un homme qui paie toujours comptant et qui n'aime pas être dérangé.

Son regard luit d'une malice étrange. Je sais de qui il parle avant même qu'il n'ajoute :

— Le Duc Kane Charles-Coff.

Mes doigts se crispent, serrant le bout de la table. Ils savent. Ici, tout le monde semble savoir.

L'homme se penche vers moi, son haleine saturé d'alcool et de viande.

— Chambre 12, deuxième porte au fond du couloir. Mais prend garde, p'tit gars...y'en a beaucoup qui sont entrés là-haut. Peu en sont redescendus.

Un frisson me traverse, glacé, mais je garde le visage impassible. Je l'ai est remerciées d'un signe de tête, comme si ces informations n'avaient rien de vitale pour moi. Je m'installe à une table dans un coin sombre, essayant de disparaitre, mais leurs regards pèsent encore sur moi. Pour ne pas éveiller davantage de soupçons, je commande une bière. Elle est lourde, amère et me brûle la gorge. J'avale. Une fois. Deux fois, chaque gorgée m'ancre un peu plus dans cette salle bruyante, m'éloigne de mon rang, de mon masque princier.

" Sois l'un des leurs, me répète - je " Alors je bois. Encore.

Le temps devient flou, les éclats de voix se mélangent à la fumée, les visages se troublent. Je sens mes joues s'enflammer et la température de mon corps augmente considérablement. Ma tête bourdonne, et me fait mal, mais j'essaie tout de même de me lever. Mes jambes bacilles, je tombe, et peine à me relever. Les gens me regardent, rigolent et c'est parfait.

Un prince ne vacille pas, un voyageur, oui.

Je m'accroche aux escaliers et monte les marches une à une, fébrile. Le couloir est sombre, avec seulement une lampe qui n'éclairent plus très bien. La chambre 12 est là. En face de moi. J'hésite. Derrière la porte en bois, c'est lui. Le Duc. Celui que je dois affronter. Ma main tremble sur la poignée. Je prends une grande inspiration et j'entre doucement. J'espère qu'il n'y sera pas, ainsi je pourrais fouiller sa chambre et en découvrir plus sur lui.

Je titube dans la chambre, chaque pas me coûtant un effort immense. Mon regard cherche frénétiquement quelque chose - un indice, un papier, n'importe quoi qui pourrait m'être utile pour ma mission. Les tiroirs, les étagères, le bureau... Tout doit être passé au peigne fin. Mes mains tremblent autant à cause de l'alcool que de la peur.

Soudain, un bruit derrière moi, me fait figer. Le bois qui craque, la respiration...et puis la silhouette.

Chapitre 2 -

C'est Kane. Le Duc. Qui sort de la douche. L'air chaud de vapeur flotte encore autour de lui. Tors nu. Parfaitement sculpté. Mon cœur s'emballe, et je sens le rouge monter à mes joues.

Il s'immobilise quelques secondes, son regard perçant balaye la pièce, et finit par s'arrêter sur moi. Le contraste est brutal : moi, ivre et vulnérable, et lui, imposant, et maître de cette chambre.

- Es-tu un homme de joie ?

- Qu...quoi ?

- Tu a l'air d'avoir trop bu. C'est dangereux d'entrée dans la chambre d'un homme lorsque l'on est si vulnérable.

Je n'écoute plus se qu'il me dit. Je ferme le tiroir que je venais d'ouvrir comme si ce geste simple pouvait me sauver. Je continue de m'aggriper à celui si, pour ne pas tombé. Kane se rapproche lentement de moi et me porte, doucement jusqu'au lit, son bras ferme aggripant ma taille. Je me laisse faire, car je n'ai plus la force de me défendre. Assommé par l'effet de l'alcool, je m'endors sur ce lit, inconnus.

PDV Kane Charles-Coff :

Je ne comprends pas vraiment se que fait cet homme dans ma chambre mais le voir si vulnérable, me fait oublier ce détail et mon souffle se trouve.

Il dort à moitié, abandonné sur mes draps, sa respiration irrégulière fait légèrement trembler sa poitrine. Je m'approche. Il a un si joli visage d'ange, presque trop pur pour appartenir à ce monde.

Je pose ma main sur sa nuque, sa peau réagit aussitôt : un frisson passe le long de sa colonne vertébrale et son dos se cambre fébrilement, comme impuissant.

Je retiens mon souffle, suspendu à ses lèvres, comme si le voir dans cet état était la plus belle chose que porte cette terre. Une voix dans ma tête me dit d'arrêter, il dort. Il est ivre . Il n'est pas consentant. Alors même si en moi brûle un feu d'une chaleur qui me dévore. Je m'arrête. J'attends son approbation pour continuer.

Il ne tarde pas à me la donner, en agrippant ma main, et en la glissant vers sa clavicule. Je laisse ensuite ma main parcourir son torse bien tailler et m'arrête sur ses côtes où je sens la vie pulsée sous ma paume. Il gémit, un son à peine audible mais qui me fait chavirer et je perds le peu de contrôle qu'il me restait.

Quand j'ose enfin descendre plus bas jusqu'à son bas-ventre, il se cambre violemment et un gémissement s'échappe de ses lèvres entrouvertes. Je devrais le laisser dormir mais il m'a déjà donné son approbation et enfin je comprends : Ce n'est pas seulement un homme de joie, ou un homme bourré qui sait trompé de chambre, car cet homme si vulnérable, s'offre à moi. Il réagit à mon contact et je ne suis pas sûr de vouloir en assumer les conséquences.

Mon cœur bat à tout rompre, je me penche vers lui. Mes lèvres frôle ça joue, puis sa gorge. Il gémit encore, la tête basculée en arrière, offrant son cou comme une invitation silencieuse. Je mordille sa peau, doucement, juste assez pour le faire sentir que je peux le dévorer.

Mon bassin s'aligne contre le sien, je sens sa chaleur à travers nos vêtements épais.

Il est déjà dur, mais j'attends un instant.

J'hésite, je sais que je ne devrais pas, mais quand je le regarde, c'est paupières mi- closes, son souffle brisé. J'oublie toute raison.

Je descends ma main entre ses cuisses, que j'ouvre sans résistance. Son dos se cambre, son corps tout entier vivre contre le mien. Je le pénètre d'abord du bout des doigts, lentement, pour préparer cet espace, mais, très vite, je comprends. Il est incroyablement étroit, tremblant, presque douloureux sous mes caresses. Je relève la tête, le cœur serré. Il n'a jamais été pris.

Un homme de joie... vierge ?

Mon esprit vacille légèrement, je devrais me retirer. Mais il se resserre sur mes doigts, avide, presque d'espérer.

- T...t'en vas pas...

Je le prend enfin, lentement, d'abord, laissant chaque centimètre le brûlé de l'intérieur. Il cri. Un son a moitié étranglé. Je la sens. Sa résistance. Sa douleur mêlé au plaisir. Je l'embrasse, essayant d'apaiser sa douleur. Quand je suis entièrement en lui, je murmure

" Désolé". Mais il ne me repousse pas, au contraire. Il m'invite à bouger, à le remplir encore. Je m'enfonce, plus profond, plus fort. Ses gémissements emplissent la pièce, son corps cède, se tord, se tend contre moi. J'ai l'impression de le possédez entièrement. Et lui, il abandonne chaque morceau de son honneur.

PDV Zéphyr Aldolores :

Une rai de lumière me chauffe le visage. Une douleur me martel le crâne avant même que mes paupières ne s'entrouve . Chaque battement de mon cœur résonne dans mes tempes comme un tambour de guerre. Ma gorge est sec, pâteuse, ampli d'un goût amer d'alcool qui m'arrache un haut-le-cœur. Ma tête bourdonne douloureusement et chaque muscle de mon corps me fait mal, me rappelant ce qu'il s'est passé...Je bouge à peine et déjà je sens le tissu sous mes doigts : des draps épais, lourd, bien plus soyeux que ceux d'une auberge ordinaire. Une couverture chaude m'écrase le corps. Ce n'est pas ma chambre. C'est l'auberge où j'ai laissé tomber ma fierté au fond d'une bière. L'air est saturé d'une odeur étrange : bois ciré, cuir et quelque chose de plus subtil, de plus sombre... une fragrance qui ne m'appartient pas.

Je me redresse légèrement essayant de me relever mais un éclair de douleur aiguë me transperce le bas du dos. La lumière grise du matin filtre à travers les rideaux, révélant un espace vaste : un tapis lourd au sol, une table massive, des étagères chargées de fiol et de cartes. Une chambre riche, mais pas ostentatoire. une chambre d'homme de pouvoir.

Et c'est alors que je le vois. Assis dans un large fauteuil, près de la fenêtre, il est là. Le duc. Kane Charles-Coff.

Qu'ai-je fait...?

Il n'a pas bougé d'un pouce depuis que je me suis réveillé. Son regard est fixé sur moi, brûlant, glacial, insondable. Un frisson glacé me parcourt l'échine.

- Enfin, réveillé,  murmure- t'il d'une voix grave, basse, et qui semble vibrer jusque dans ma poitrine.

Je tente de parler, mais ma gorge est sèche, mes mots s'étranglent. J'arrive seulement à souffler :

- Pourquoi.... pourquoi suis-je ici ?

Un sourire, imperceptible, étire ses lèvres.

- Tu a eu la brillante idée de monter dansa chambre hier soir. Sa voix n'est ni moqueuse, ni tendre. Simplement... factuelle. Comme un prédateur qui constate l'évidence.

- Tu a bu plus que tu ne pouvais supporter, je suppose que tu cherchais à oublier quelque chose. Ou quelqu'un.

- Je n'avais pas... l'intention de...

Les intentions n'ont aucune valeur, coupe t'il sèchement. Seules compte les actes.

Il se lève enfin. Sa silhouette se dresse dans la lumière pâle, haute, imposante, chaque geste mesuré. Son nombre englouti presque le lit où je me tiens encore prisonnier de la lourdeur de mon corps.

Je veux me lever, mais je reste cloué, comme tétanisé. Je sens encore sa marque partout sur mon corps, et jusque  dans ma chair la plus intime. Son souffle est régulier, presque calme. Comme si cette nuit ne comptait pas, qu'elle ne signifie rien. Pourtant cette nuit salit mon nom. Quand enfin, mon esprit remet dans l'ordre les événements, tout me revient. Ces mains, ça bouge, sa chaleur en moi. Je tente de m'appuyer sur mes coudes pour me lever.

J'ai échoué...? J'ai échoué, j'ai échoué, j'ai échoué...Que dira mon père s'il venait à apprendre que j'ai failli à ma mission ?

Il se penche en avant, plongeant son regard dans le miens.

- Ou crois-tu aller ?

Ça va grave mon prisonnier de chaîne invisible. Je ferme les yeux, le cœur connu en si fort contre ma poitrine. Il se redresse, son regard accroche le mien, hypnotisé par ses yeux d'un noir profond, presque moqueur.

- Je pensais que tu resterais un peu plus longtemps après ce que tu m'as offert cette nuit.

Un sourire cruel se dessine sur ses lèvres. Je sens le rouge me monter au joues.

- Lâche moi... Ce n'était rien...je murmure d'une voix rauque et brisé.

Il se penche effleurent mes lèvres d'un baiser paresseux. Mon corps se tord malgré moi.

- Tu dis sa, mais ton corps pense autre chose. Regarde le, se tendre sous mon simple contact.

Il dit cela en descendant sa main de mon flanc, s'arrête sur la hanche, la carresse avec une lenteur délibérée. Je me débat enfin, le repoussant d'un mouvement brutal. Je tombe presque du lit, mon roulant dans le drap à la hâte. Je sens mon propre sperme, ces traces, tout ce qui me crie que j'ai été souillé. Je trébuche jusqu'au coin de la pièce, a le temps. Mon regard passe devant un miroir. Je me vois, les joues rouges, les lèvres mordus et ma peau marquée de ses baisers. Je baisse la tête, incapable de supporter plus longtemps ce reflet.

- Tu peu partir maintenant, si tu veux. Mais n'oublie pas qu'à présent tu m'appartient.

Je me rhabille à la hâte, et sors de la chambre, claquant la porte derrière moi. Chaque pas est un enfer, mais je feinte la normalité, une fois au bar, ou des hommes y sont encore, la tête basculer sur la table, à moitié endormie avec une bière à la main.

PDV Kane Charles-Coff :

Je regarde la porte claquée, le silence retombe dans la chambre. Je m'assois sur le lit encore chaud de sa présence, son odeur persiste sur les draps froissés. Je ferme les yeux et le revois haletant, offert, brisé et sublime à la fois.

Je vois finalement un fragment de lumière d'une lueur dorée, caller sous les oreillers. C'est un médaillon. Je reconnais l'emblème de la famille royale. Je serre son médaillon dans ma main, je réfléchis. Ce n'était donc pas un homme de joie, ou un homme venu s'oublier le temps d'une nuit ?

Ce petit prince arrogant... vierge ? Et maintenant marqué de mon empreinte.

Un rire grave m'échappe. Je relève son médaillon, l'observant longuement. Le blason de la nouvelle Aquitaine brille sous le filet de la lumière matinale, qui s'infiltre dans la chambre.

- Alors...Zéphyr Aldolores, c'était donc toi. Tu pensais pouvoir me détruire ? Mais c'est moi qui te détruirai, toi et ton père...et je te posséderai.

Un sourire dangereux étire mes lèvres, un corbeau vint se poser sur le rebord de fenêtre.

- Et maintenant, voyons combien de temps tu tiendras avant de revenir me voir...

Chapitre 3 -

PDV Zéphyr Aldolores :

Les sabots de mon cheval frappent la terre gelée à un rythme affolé. Mon corps me fait toujours mal, chaque pas me ramène plus près du palais...plus près de mon père. Le froid me gifle, mais il ne parvient pas à masquer la chaleur brûlante de ma honte. La nuit dernière ne cesse de tourner dans mon crâne. L'alcool. Le rire des hommes au pub. La chambre. Ses yeux.

Je serre les points, une boule se forme dans ma gorge, j'avale difficilement. Si mon père venait à apprendre que j'ai perdu le contrôle, que je me suis montré aussi faible et que j'ai failli à ma mission me laissant me faire souiller ainsi... Ce serait la fin. Passe seulement la mienne, mais celle de son respect, de toute fierté qu'il aurait pu éprouver à mon égard.

Lorsque j'atteins enfin les portes massives du palais, deux gardes s'écartent avec raideur, l'un d'eux accourt presque, dans ma direction :

" Prince Zéphyr ! Vous êtes blessés ? ".

Je ne réponds rien, je descends du cheval et leur demande de le ramener aux écuries. Je franchis le seuil et avance dans le couloir, mes bottes claquent contre le marbre froid. Chaque bruit résonne comme un coup de tonnerre. Je prie pour atteindre mes appartements sans croiser personne... mais le destin n'est jamais aussi clément.

- Prince Zéphyr.

La voix me parvient de derrière l'épaule, basse, traînante, presque amusée. Je me retourne.

C'est Adrian, l'un des hommes de main de mon père. Haut, mince, avec ce sourire qui ne quitte jamais ses lèvres mais qui n'a rien de chaleureux. Un homme qui observe trop, parle peu, mais dont chaque mot est une lame soigneusement aiguisée.

Il me salue d'un mouvement de tête. Ses yeux glissent sur moi comme s'il déshabillait mon âme.

- Vous voilà enfin, rentrer. Votre absence a été... remarqué.

Je ravale durement ma salive, et réfléchis à une réponse.

-J'avais besoin... de prendre l'air.

Un éclat lui dans ses prunelles.

- L'air des tavernes est réputé, n'est ce pas ?

Mon cœur rate un battement. Comment...?

Je détourne le regard, mais il poursuit, d'un ton léger, presque joueur :

- On dit que certains voyages mènent à de bien étranges rencontres. Certains reviennent changer...d'autres marqués.

Ces mots s'insinuent en moi, comme du poison.

S'est-il ce qu'il s'est passé ? A-t-il appris que je suis monté jusqu'à la chambre du duc ?

Je me raidis, incapable de répondre. Chaque muscle de mon corps hurle de garder le silence, de ne rien laisser paraître.

Il esquisse un sourire fin, presque poli, avant de s'incliner légèrement.

- Quoi qu'il en soit, je suis heureux de vous revoir sain et sauf. Votre père le sera aussi.

Je reste figé, immobile, longtemps après son départ. Mes mains tremblent. Derrière ces phrases apparemment innocentes, je sens une vérité menaçante : quelqu'un sait.

Je traverse le couloir, le cœur battant si fort que je crois qu'il va éclater. Je voudrais courir jusqu'à ma chambre, m'y enfermée, disparaître. Mais une voix, grave, autoritaire, m'arrête net.

- Zéphyr

Mon sang se glace.

Je me retourne lentement. Là. Au bout du hall. Mon père m'attend. Droit, imposant dans son manteau orné du sceau royal, les bras croisés dans le dos. Ses yeux me scrutent, acéré, comme si rien ne pouvait leur échapper. Je m'incline aussitôt, essayant de masquer mon trouble.

- Père.

Il s'avance vers moi, c'est pas lourd résonne dans l'espace vide. Chaque seconde me paraît interminable. Quand il s'arrête enfin devant moi, il se penche légèrement, de façon presque intime, mais son regard me clou sur place.

- Tu étais absent cette nuit.

Ce n'est pas une question. C'est une accusation

Je cherche mes mots, ma gorge se sert.

- J'avais besoin...de réfléchir. De prendre l'air.

Son sourcil se hausse.

- Dans une taverne ?

Mon cœur rate un battement. Est-ce Adrian qui... ? Je ravale la panique.

- Oui...j'avais besoin de me mêler un peu au peuple, de sentir l'ambiance.

Un silence tombe point mon père me fixe, comme s'il tentait de percer mon crâne pour lire mes pensées.

- Zéphyr... Tu sais ce que j'attends de toi point tu es mon héritier, tu représentes cette maison. Tu n'as pas le droit à l'erreur.

Ces mots tombent comme un poignard. Je baisse les yeux, honteux, incapable de répondre. Il m'effleure l'épaule d'une main lourde.

- Je n'ai pas le temps pour tes caprices. Le duc Kane Charles-Coff est dans notre royaume. Chaque geste compte. Chaque regard. Crois-tu que lui, se laisserait aller à l'ivresse des Tavernes ?

J'ai envie de crier, de lui dire qu'il ne sait rien, qu'il ne connaît pas la vérité. Mais je reste muet. Si je parlais, si je laissais échapper la moindre bride... tout serait perdu.

Alors je hoche la tête.

- Oui, Père.

Il s'écarte, me jauge une dernière fois, puis tourne les talons.

- Va te reposer. Et que je ne te vois plus jamais, pareil faiblesse.

Je reste seul, le souffle court point mes jambes tremble point je n'ai échappé à la catastrophe que de justesse. Mais les taux se resserrent.

Adrian sait.

Mon père soupçonne.

Et moi...je suis prisonnier de mes propres mensonges.

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