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Obsession Criminelle

Chapitre 1:la promesse du sang

Le jour où mon père m’a vendue, il pleuvait.

Une de ces pluies lourdes, épaisses, qui lave les rues mais pas les péchés.

Les gouttes s’écrasaient contre les vitres teintées de la voiture, étouffant le bruit du moteur et mes pensées.

J’avais dix-sept ans. Une robe trop chère sur le dos, du rouge sur les lèvres, et l’impression que tout ce qui me restait avait déjà été pris.

Je ne pleurais pas. Pas parce que j’étais forte. Parce que ça ne servait plus à rien.

Le manoir se dressait devant moi comme un tombeau de marbre. Silencieux. Imposant. Froid.

Je savais où j’allais.

Ivan Volkov.

On chuchotait son nom dans les couloirs comme on chuchote un avertissement.

Le prince de la mafia russe. Un homme dont le pouvoir ne se criait pas — il s’imposait.

Rien que son regard suffisait à faire taire les hommes les plus dangereux.

Et maintenant, c’était à lui que j’appartenais.

Mon père ne m’a pas dit au revoir. Il a ouvert la portière, a attendu que je sorte, puis il est remonté dans la voiture.

Pas une main sur l’épaule. Pas un regard.

Juste un contrat signé, une dette effacée.

Et moi, laissée là.

J’ai traversé l’entrée, les talons résonnant sur le marbre, le cœur en feu sous une peau gelée.

Il était là.

Ivan Volkov.

Il portait un costume sombre, sans pli, sans défaut.

Ses yeux étaient clairs, glacés, presque inhumains.

Il m’a regardée. Longtemps.

Comme on regarde une œuvre d’art qu’on a volée, et dont on ignore encore si elle vaut vraiment le prix.

Il ne m’a pas touchée. Pas ce soir-là.

Il s’est approché lentement, a incliné légèrement la tête, puis a murmuré :

« T’es à moi maintenant, Liliana Valceri. Et je brise tout ce que j’aime. »

Ses mots ont coulé en moi comme du poison lent.

Ils ne hurlaient pas. Ils ne frappaient pas.

Ils s’insinuaient.

Une domestique est arrivée sans un mot. Elle m’a conduite dans une chambre vaste, luxueuse, et vide d’âme.

Un lit immense. Des murs blancs. Une robe de nuit noire posée sur les draps.

Pas de téléphone. Pas de serrure.

Seulement un miroir trop propre et une caméra dans un coin.

Je n’ai pas dormi.

Je suis restée assise, dos au mur, à écouter la pluie.

Et à me demander si Ivan Volkov m’avait achetée pour me posséder, ou pour me détruire lentement.

Mais au fond…

Est-ce qu’il y avait vraiment une différence ? Et si je n’étais pas là pour être aimée, ni même respectée,

peut-être que je pourrais apprendre à être crainte.

Parce qu’il y a une chose qu’ils oublient toujours, eux, les hommes puissants :

Même les choses brisées peuvent devenir dangereuses.Et moi, j’étais déjà en morceaux. Il ne restait plus qu’à choisir qui j’allais couper avec. Des éclats dans la peau, du silence dans la gorge, et une rage trop ancienne pour être nommée. Je n’étais plus une fille. J’étais une lame éparpillée dans un corps fatigué. Et si Ivan Volkov pensait qu’il m’avait achetée, il allait bientôt comprendre que certaines choses ne s’apprivoisent pas. Elles attendent. Elles saignent. Puis elles mordent.

Chapitre 2 : le collier et la cage dorée

Le lendemain matin, le silence dans la chambre me pesait comme une accusation.

Le voile gris de l’aube filtrait à peine à travers les rideaux épais, laissant une lumière froide et crue étendre ses doigts sur mes paupières lourdes.

Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, mon esprit prisonnier des murmures glacés d’Ivan, de ses mots qui résonnaient encore : « T’es à moi maintenant, Liliana Valceri. Et je brise tout ce que j’aime. »

Un coup discret à la porte me fit sursauter.

Je restai figée un instant, le cœur battant, la gorge nouée.

Pas besoin d’attendre une seconde frappe. Le garde s’effaça déjà dans l’ombre du couloir, laissant un petit paquet sur le seuil.

Sans un mot, sans un regard. Il n’y avait rien d’humain dans sa démarche, juste la mécanique implacable d’un homme dressé à obéir.

Je refermai la porte derrière lui, glissant mes doigts tremblants sur l’emballage.

À l’intérieur, une boîte noire, sobre.

J’ouvris lentement, découvrant un collier fin, argenté, orné d’un saphir d’un bleu aussi profond que l’océan en pleine nuit.

Pas un bijou d’ornement, mais une promesse froide, un piège délicat.

Mon esprit refusa d’y penser.

Il n’était pas question d’évasion, de rêve, ni même d’espoir.

Ce collier était une cage invisible, et je le savais.

Le silence fut brisé par le retour d’Ivan.

Il entra sans frapper, l’air assuré, presque royal.

Chaque pas qu’il faisait semblait marquer le sol, imprimant sa domination dans la pièce.

Son regard accrocha le mien, un éclair glacial traversant ses iris.

Il n’y avait pas une once de compassion, juste un contrôle absolu.

« Mets-le », ordonna-t-il, sa voix basse, sans appel.

Je reculai d’un pas, mon souffle se coupant dans ma poitrine.

Mais dans ses yeux, je lisais l’impasse.

Il n’était pas question de négociation.

Il s’avança, son visage près du mien.

Je sentis sa respiration sur ma peau, ses doigts effleurer délicatement ma nuque avant de saisir le collier.

Le contact brûlant de sa main fit courir un frisson involontaire le long de ma colonne vertébrale.

Il referma le fermoir autour de mon cou avec une précision presque tendre.

« Ce n’est pas un bijou », murmura-t-il, ses lèvres effleurant mon oreille. « C’est une laisse. Invisible, mais solide. »

Je n’eus pas la force de répondre.

Je savais que le collier n’était pas là pour décorer.

Il était un symbole, un rappel, un verrou.

Il recula, me jaugeant du regard, notant chaque frisson, chaque hésitation.

« Tu veux survivre ici ? » Sa voix se fit plus dure. « Alors retiens bien ceci : je contrôle tout. Ce que tu portes, ce que tu dis, ce que tu penses. »

Il se dirigea vers la porte, puis se retourna une dernière fois.

« Et si tu cherches à m’échapper, touche ce collier. Tu te rappelleras pourquoi tu ne peux pas. »

La porte claqua derrière lui, et le silence me submergea à nouveau.

Je me regardai dans le miroir, le bijou brillant faiblement sous la lumière.

Un collier, une promesse, une menace.

Je n’étais pas une amante, pas une épouse.

Juste un objet. Une pièce dans sa collection.

Mais même une pièce peut mordre si on la pousse trop loin.

Les jours suivants se transformèrent en un rituel de contrôle et d’obéissance.

Chaque mouvement était observé, chaque parole pesée.

Je marchais sur un fil invisible, où la moindre erreur pouvait coûter cher.

Ivan ne me laissait jamais seule longtemps.

Sa présence était comme une ombre menaçante, constante.

Il n’avait pas besoin de paroles pour imposer sa domination.

Un regard, un silence, un geste suffisaient à rappeler qui commandait.

Pourtant, sous cette armure glacée, parfois, un éclair traversait ses yeux.

Un mélange étrange de colère, de désir, et d’une douleur qu’il refusait de montrer.

Je ne savais pas si c’était pour moi ou pour lui-même, mais ça m’effrayait autant que ça m’attirait.

Une nuit, alors que le manoir était plongé dans le noir, j’ai surpris une conversation entre lui et un homme à son service.

Des mots comme « dette », « vengeance », et « héritage » flottaient dans l’air.

Ivan parlait d’un passé que je ne connaissais pas, d’un empire qu’il devait protéger à tout prix.

Et au milieu de tout ça, il y avait moi, une pièce échouée dans un jeu qui dépassait ma compréhension.

Mais je n’étais pas prête à me laisser écraser.

Chaque jour, je construisais une armure invisible.

Chaque nuit, je planifiais silencieusement ma survie.

Je n’étais pas qu’une proie. J’étais une combattante.

Et si le collier au cou était une cage, mon esprit, lui, restait libre.

Chapitre 3 :la brûlure et le silence

La première semaine passa comme une gifle lente.

Chaque jour avait le goût métallique du contrôle.

Chaque nuit, celui de la peur.

Le collier était toujours là, froid contre ma peau, trop léger pour me blesser, trop présent pour que je l’oublie.

Comme lui.

Ivan Volkov ne me parlait pas souvent. Mais quand il le faisait, ce n’était jamais pour rien.

Chaque mot était une lame douce, chaque silence une punition déguisée.

Il ne haussait pas le ton. Il n’avait pas besoin.

Le simple poids de son regard suffisait à me rappeler que je n’étais qu’un corps entre ses murs. Une dette vivante.

Ce soir-là, on m’avait ordonné de porter une robe.

Serrée. Rouge. Trop ouverte pour être confortable.

J’avais l’impression d’être nue dans un piège tendu par un chasseur patient.

Quand je suis entrée dans le salon, il m’attendait déjà.

Debout près du feu qu’il ne regardait pas.

C’était moi qu’il fixait.

Son regard était une morsure sans contact.

Il ne dit rien pendant de longues secondes. Puis il s’approcha.

Chaque pas résonnait dans mes nerfs.

Quand il arriva à ma hauteur, il effleura ma joue du dos de sa main.

Un contact presque tendre, presque cruel.

« Tu sais à quoi tu ressembles, Liliana ? »

Je ne répondis pas. Il détestait qu’on parle sans y être invité.

Il se pencha à mon oreille.

« À une proie qui pense qu’elle peut apprendre à mordre. »

Je le fixai. Peut-être trop longtemps.

Alors il m’attrapa par le menton, doucement, mais avec une pression suffisante pour faire taire tout courage.

Son visage était tout près du mien. Trop près.

« Tu veux me défier ? » souffla-t-il.

Sa voix était calme, mais son regard…

Son regard disait qu’il pouvait me briser en un mot, en un geste, et que je n’en aurais même pas le temps de supplier.

Il recula d’un pas et tourna autour de moi, comme un prédateur sûr de sa victoire.

« Je pourrais faire de toi ce que je veux, ici. Tu le sais ? »

Je le savais.

Je n’étais pas idiote.

Mais une part de moi se tendit, pas de peur… d’orgueil.

Je ne voulais pas être une poupée obéissante, pas même pour survivre.

Il s’approcha à nouveau, mais cette fois, il prit ma main.

Il la porta à sa bouche, y laissa un baiser sans chaleur, puis murmura contre ma peau :

« Tu crois que je veux te blesser, Liliana ? »

Je ne répondis pas.

Il sourit.

« Peut-être. Mais parfois… j’ai juste envie de voir jusqu’où tu peux encaisser sans t’écrouler. »

Je sentis mes ongles s’enfoncer dans ma paume. Il aurait pu m’humilier. Il aurait pu m’ordonner de m’agenouiller. Il ne l’a pas fait. Pas ce soir.

Il préférait ce jeu plus lent. Plus pervers. Me laisser me consumer de l’intérieur, sans jamais franchir la ligne — mais toujours en l’effleurant.

Il me tendit un verre. Du vin rouge, épais, presque noir.

Je le pris. Je n’avais pas le choix.

Il leva son verre, me regardant à travers.

« À ta patience… ou à sa fin. »

J’ai bu. Une gorgée.

Il sourit. Pas parce que je l’avais obéi. Mais parce que j’avais hésité.

Il adorait ça. Voir jusqu’où je plierais.

Jusqu’à quand je tiendrais.

Jusqu’à quel point je me laisserais posséder sans disparaître.

Et moi, dans ce silence empoisonné, j’ai compris une chose :

Il voulait que je me brise… mais lentement. Il voulait voir la fissure dans mes yeux. L’instant précis où je cesserais d’être Liliana pour devenir son jouet.

Je suis restée droite. Mécanique. Fière, même si mes jambes tremblaient à l’intérieur.

Et dans ma tête, une pensée grandissait comme une graine noire :

Fais-moi mal, Ivan. Blesse-moi si tu veux. Mais le jour où je reprendrai le contrôle… je ne tremblerai plus. Je te regarderai tomber.

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