Chapitre 1 : Un Mariage Imposé
Le bruit des aiguilles frappant contre le tissu résonnait dans l'atelier de Yuna Han. Autour d'elle, les mannequins en bois portaient fièrement ses dernières créations, reflets de son talent et de sa passion pour la mode. Plongée dans son travail, elle ne remarqua pas son téléphone vibrer plusieurs fois avant qu’une assistante ne vienne timidement l’interrompre.
— Mademoiselle Han, votre père vous demande de rentrer immédiatement.
Yuna fronça les sourcils. Elle connaissait son père, Kang Han, un homme d'affaires autoritaire et froid. S'il demandait sa présence, ce n'était jamais bon signe.
— Encore une discussion sur mon avenir ? marmonna-t-elle en rangeant ses affaires.
Lorsqu'elle arriva à la demeure familiale, elle fut surprise de voir une autre famille présente. Une femme élégante, d'une cinquantaine d'années, sirotait son thé avec un calme glacial. Yuna la reconnut immédiatement : Akiko Takahashi, la matriarche du puissant conglomérat Takahashi.
Son regard s'arrêta sur l'homme assis à ses côtés. Il était grand, bien habillé, et dégageait une aura distante. Ses cheveux noirs étaient légèrement désordonnés, comme s'il ne se souciait pas vraiment de son apparence, bien qu'elle soit impeccable.
Renji Takahashi.
Yuna connaissait son nom, comme tout le monde dans leur milieu. Froid, stratège, indifférent aux rumeurs qui l'entouraient.
Son père brisa le silence avec une annonce qui la frappa comme une gifle.
— Tu vas épouser Renji Takahashi.
Un silence pesant tomba dans la pièce. Yuna, sous le choc, écarquilla les yeux avant de s’étouffer avec son café.
— Pardon ?! Vous plaisantez ?!
— Pas du tout, répondit calmement Akiko Takahashi. Nos familles ont trouvé un accord. Ce mariage est dans l'intérêt de nos deux entreprises.
Renji, jusqu'ici silencieux, croisa les bras et soupira.
— Je refuse.
Yuna le regarda, partagée entre la surprise et un brin de satisfaction. Enfin, quelque chose sur lequel ils étaient d'accord !
Son père ne se laissa pas décontenancer.
— Ce n'est pas une question de choix. Si vous refusez, vous porterez la responsabilité de la ruine de vos familles.
Le ton impérial de Kang Han fit frémir Yuna. Elle connaissait son père : quand il prenait une décision, il était impossible de le faire changer d'avis.
Renji ne cilla pas. Son regard vide balayait la pièce, comme s'il était ailleurs. Après une minute de silence, il se leva brusquement et quitta la salle sans un mot.
Plus tard dans la soirée, Yuna le retrouva sur la terrasse du jardin familial, une tasse de thé fumante entre les mains.
— Donc, tu n'es pas ravi non plus de cette situation, constata-t-elle en s'adossant à la rambarde.
Renji ne tourna même pas la tête vers elle.
— Tu crois que j'aurais accepté de mon plein gré ?
Yuna soupira.
— On doit trouver un moyen de sortir de cette galère.
Renji émit un rire sans joie avant de poser sa tasse.
— Ou alors, on fait semblant.
Elle arqua un sourcil.
— Faire semblant ?
Il se tourna enfin vers elle, son regard sombre fixant le sien avec intensité.
— On joue le jeu. En public, on est le couple parfait. En privé, on fait ce qu'on veut.
Yuna réfléchit un instant. L'idée était absurde... mais aussi leur seule issue.
— Marché conclu.
Elle tendit la main. Renji la regarda un instant, puis la serra doucement.
Mais alors que leurs doigts s'effleuraient, un frisson parcourut Yuna.
Ce mariage était censé être une prison. Mais pouvait-il devenir autre chose ?
À suivre...
Chapitre 2 : Le Pacte
Les jours qui suivirent l'annonce du mariage furent un tourbillon d'obligations et de formalités. Yuna n’avait pas eu un seul instant pour souffler. Entre les essayages pour la robe, les interviews organisées par leurs familles et les interminables réunions sur l'organisation du mariage, elle se sentait piégée. Mais le pire restait les apparitions publiques avec Renji.
Assise sur la banquette arrière d’une voiture de luxe, elle jeta un coup d'œil furtif à son "fiancé". Il était aussi impassible qu’une statue de marbre, les yeux rivés sur son téléphone. L’atmosphère était pesante. Chaque sortie officielle exigeait qu’ils sourient, qu’ils se regardent avec tendresse, qu’ils jouent un rôle.
— Tu pourrais au moins faire semblant de t’intéresser à ce qui se passe, murmura-t-elle entre ses dents.
Renji leva les yeux vers elle, l’air aussi détaché que d’habitude.
— Pourquoi faire ? Tu fais déjà très bien semblant pour nous deux.
Yuna croisa les bras, agacée. Ce type allait lui rendre la vie impossible.
Le soir, elle retrouva Renji dans l’un des salons privés de la résidence Takahashi. Ils devaient discuter des règles de leur pacte. Assise face à lui, Yuna sortit un carnet et déclara :
— Bon, posons quelques bases. On doit être convaincants en public, donc on devra établir une liste de choses à faire et à éviter.
Renji haussa un sourcil, amusé par son ton professionnel.
— Une liste ? T’es toujours aussi organisée ?
Elle l’ignora et griffonna sur son carnet.
Règle 1 : Se comporter comme un vrai couple en public.
Règle 2 : Ne pas se mêler de la vie privée de l’autre.
Règle 3 : Pas de sentiments.
Yuna posa son stylo et fixa Renji, attendant son approbation.
— Pas de sentiments, répéta-t-il en esquissant un sourire en coin. Facile.
— Contente que ça te plaise, répliqua-t-elle sarcastiquement.
Ils scellèrent leur accord d’une simple poignée de main, mais Yuna ne pouvait s’empêcher de ressentir un léger frisson. Elle se persuada que ce n’était que l’angoisse de cette situation absurde.
Le lendemain, le premier test de leur pacte eut lieu. Ils devaient assister à une soirée mondaine organisée par un puissant investisseur. Yuna, vêtu d’une robe élégante qu’elle avait dessinée elle-même, fit son entrée au bras de Renji.
Les flashs des photographes fusèrent. Des dizaines de regards curieux se tournèrent vers eux.
— Souris, souffla Renji en baissant la tête vers elle.
Elle leva les yeux, surprise. Il afficha un sourire si parfait qu’il en était presque dérangeant. Yuna inspira et fit de même.
Pendant toute la soirée, ils jouèrent leur rôle à la perfection. Renji lui servait à boire, glissait des mots doux à son oreille. Yuna riait à ses blagues, posait sa main sur la sienne, simulant l’affection.
Mais alors qu’elle commençait à se détendre, une voix familière la fit se raidir.
— Eh bien, quel spectacle intéressant.
Yuna se retourna et son sourire disparut.
Soo-jin Lee. Sa meilleure amie, et sa plus grande rivale.
La jeune femme s’approcha, une coupe de champagne à la main, et fixa Renji avec un intérêt certain.
— Alors, c’est toi l’heureux élu ? murmura-t-elle en le scrutant.
Yuna sentit une pointe d’inquiétude monter en elle. Soo-jin était du genre à aimer les jeux de manipulation. Et elle venait tout juste d’entrer dans la partie.
À suivre...
Chapitre 3 : Masques et Manipulations
Yuna sentit une bouffée d’agacement monter en elle alors que Soo-jin faisait lentement le tour de Renji, un sourire en coin sur les lèvres. Sa "meilleure amie" ne manquait jamais une occasion de la provoquer, et ce soir ne ferait pas exception.
— Alors, Renji Takahashi, dit-elle d’une voix mielleuse. J’avoue que je suis surprise. Yuna et toi… un couple ?
Renji, fidèle à lui-même, se contenta d’un regard indifférent. Yuna, en revanche, sentait les regards des convives qui s’étaient arrêtés pour observer l’échange. Elle ne pouvait pas se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse.
— Pourquoi ça te surprend autant, Soo-jin ? répliqua-t-elle en attrapant le bras de Renji avec une aisance feinte. On a juste su garder notre relation discrète.
Soo-jin arqua un sourcil, amusée.
— Ah, vraiment ? Pourtant, il y a quelques semaines encore, tu jurais que les mariages arrangés étaient une prison.
— Et pourtant, me voilà, répondit Yuna avec un sourire éclatant. Comme quoi, les sentiments évoluent.
Renji serra discrètement la main de Yuna, un geste subtil, mais suffisant pour lui signaler qu’il suivait son jeu. Il prit la parole à son tour, d’une voix calme et posée.
— Yuna et moi avons découvert qu’on se complétait mieux qu’on ne le pensait. Parfois, les meilleures relations commencent par une surprise.
Soo-jin les fixa un instant avant d’éclater de rire.
— C’est fascinant. J’ai hâte de voir comment tout cela va évoluer.
Elle s’éloigna enfin, mais Yuna savait que ce n’était que le début. Soo-jin n’abandonnait jamais une partie si facilement.
Après la réception, Renji et Yuna montèrent dans la voiture qui les ramènerait à la résidence Takahashi. Dès que la porte se referma, Yuna soupira bruyamment.
— C’était épuisant.
— Tu t’es bien défendue, admit Renji. Elle voulait te piéger, mais tu lui as tenu tête.
— C’est toujours comme ça avec Soo-jin, répondit-elle en massant ses tempes. Elle ne se contente pas de regarder, elle teste, elle cherche la faille.
— Tu crois qu’elle nous a crus ?
— Non, lâcha Yuna en tournant la tête vers lui. Mais elle ne sait pas encore où frapper. C’est une manipulatrice, elle va attendre, observer… et attaquer quand on s’y attendra le moins.
Renji hocha lentement la tête, semblant analyser la situation. Puis, contre toute attente, il esquissa un sourire.
— Ça risque d’être intéressant.
Yuna roula des yeux.
— Ça t’amuse, hein ?
— Disons que j’aime les jeux de stratégie.
Elle croisa les bras.
— Eh bien, j’espère que tu es aussi bon acteur que stratège, parce que ce mariage va être notre plus grand défi.
Renji ne répondit rien, mais son regard devint plus sérieux. Il savait autant qu’elle que ce jeu était dangereux. Et qu’un faux pas pourrait tout faire s’écrouler.
Quelques jours plus tard, Yuna reçut un message inattendu. C’était une invitation à un dîner privé organisé par Akiko Takahashi, la mère de Renji. Elle fronça les sourcils en lisant le message. Pourquoi voulait-elle la voir seule ?
— Un dîner avec ta mère ? demanda-t-elle à Renji plus tard.
Il haussa un sourcil.
— Elle ne m’en a pas parlé. Tu devrais y aller, mais fais attention. Ma mère ne fait jamais rien sans raison.
Le soir venu, Yuna se rendit au restaurant indiqué. Elle fut accueillie par Akiko Takahashi elle-même, impeccable dans une robe élégante, un sourire poli aux lèvres.
— Installe-toi, Yuna, dit-elle d’une voix douce.
Yuna obéit, tentant de masquer son malaise. Elle savait que cette femme était une figure puissante et influente, et qu’elle ne devait pas la sous-estimer.
— Je vais être directe, poursuivit Akiko en croisant les doigts sous son menton. Ce mariage est une opportunité pour notre famille. Mais je veux être sûre que tu es à la hauteur.
Yuna sentit son estomac se nouer. C’était donc un test.
— Je comprends, répondit-elle calmement. Mais je peux vous assurer que je prends ce mariage au sérieux.
Akiko la fixa un moment, avant d’esquisser un léger sourire.
— Nous verrons bien, ma chère.
Yuna comprit à cet instant que son combat ne faisait que commencer.
À suivre…
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