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Les Phéromones De L'Éternité .

Les premiers regards

Hazel

Il avait juré ne plus jamais approcher un oméga.

Et pourtant, cela faisait maintenant trois semaines qu’il venait dîner ici, toujours seul, toujours à la même table.

Il ne savait même pas pourquoi. Peut-être à cause de l’odeur : subtile, différente. Peut-être à cause de l’ambiance, du calme, du raffinement.

Ou peut-être à cause de lui.

Cet homme, là-bas, derrière le comptoir. Il ne souriait jamais. Ne parlait presque à personne. Il était toujours en costume trois pièces, regard perçant, gestes millimétrés.

Enzo.

Hazel l’avait appris sans même poser de questions : les serveurs murmuraient son prénom avec un respect presque religieux. C’était lui le propriétaire. Un oméga. Mais pas comme les autres. Pas comme elle.

Hazel serra sa mâchoire en repensant à son passé. Puis il inspira profondément. Il était là pour manger, rien d’autre.

Et pourtant… chaque soir, il restait un peu plus longtemps. Juste pour le regarder.

Ce soir-là, quelque chose changea.

Enzo leva les yeux. Pour la première fois. Son regard croisa le sien. Pas un sourire. Pas un mot. Juste une seconde suspendue dans le temps.

Hazel se redressa légèrement. Son cœur fit un battement de trop.

Ridicule. Il n’était pas un adolescent.

Il fit signe au serveur, demanda l’addition, puis se leva.

Sans réfléchir, il se dirigea vers le comptoir. Enzo ne bougea pas. Il l’observait, impassible, comme s’il évaluait s’il devait le chasser ou l’ignorer.

Arrivé à sa hauteur, Hazel ouvrit la bouche… puis hésita. Ce regard. Froid. Calme. Magnétique.

« Le service est parfait. » dit-il simplement.

Enzo cligna des yeux. Il pencha légèrement la tête.

« Tant mieux. Revenez, si cela vous convient. »

Sa voix était grave. Étrangement douce malgré le ton distant.

Hazel s’appuya contre le comptoir, un sourire en coin.

« C’est vous, Enzo ? »

« Je le suis. » répondit-il, sans détourner les yeux.

Hazel sentit un frisson le parcourir. Cet oméga était… déroutant.

« Vous avez une odeur différente. » murmura-t-il presque malgré lui.

Enzo haussa un sourcil, son regard se durcissant à peine.

« Je suis né pour qu’on me respecte, pas pour qu’on me respire. »

Hazel eut un petit rire, surpris. Il n’y avait aucun flirt dans cette réponse. Juste une mise en garde. Et ça le rendait encore plus intriguant.

Il recula d’un pas, les mains dans les poches.

« Très bien, Enzo. Je reviendrai. »

Le regard de l’oméga resta planté dans le sien, comme s’il cherchait à lire en lui.

« Faites donc. »

Deux mois qu’il venait, chaque semaine, au même endroit. Toujours à la même table, toujours au même moment.

Et Enzo, lui, était toujours là. Intouchable. Inébranlable.

Il ne souriait jamais. Mais il n’était pas froid, pas vraiment. Il était… précis. Il avait cette façon de poser une main sur l’épaule d’un serveur trop stressé, de redresser une assiette de travers avec calme. Tout en contrôle. Tout en silence.

Hazel n’avait jamais rencontré quelqu’un comme lui.

Un oméga dominant. Ça ne courait pas les rues. Encore moins avec autant d’élégance et de mystère.

Il avait fait ses recherches. Enzo ne s’affichait jamais en public. Pas de réseaux sociaux. Aucune rumeur de couple, ni passé amoureux connu. Il semblait avoir construit un mur entre lui et le monde.

Et Hazel se surprenait à vouloir le franchir.

Certains soirs, Enzo l’ignorait complètement. D’autres, leurs regards se croisaient une fraction de seconde. C’était tout. Mais pour Hazel, c’était suffisant pour revenir encore.

Il avait appris à reconnaître ses habitudes. Enzo sortait rarement de son restaurant. Il arrivait toujours une heure avant le service, repartait tard. Il goûtait chaque plat avant de l’autoriser à sortir en salle. Il parlait peu, mais quand il parlait, tout le monde écoutait.

Hazel, lui, se taisait. Il observait.

Et sans qu’il ne s’en rende compte, cette obsession discrète devenait une curiosité plus intime.

Le regard qui brûle

Enzo

Il était là. Encore.

Même table. Même posture faussement détendue. Même regard insistant qu’il croyait discret.

Depuis des semaines, cet alpha venait. Toujours seul. Toujours silencieux. Et toujours à l’heure. Enzo n’était pas idiot — il avait remarqué sa présence dès la deuxième visite. Il avait l’habitude qu’on l’observe.

Mais lui… c’était différent.

Cet homme ne venait pas pour la cuisine. Il venait pour lui.

Enzo avait tout fait pour l’ignorer. Il ne supportait pas qu’on le scrute. Surtout un alpha.

Surtout un alpha qui avait l’air aussi sûr de lui.

Et pourtant, chaque soir, il finissait par chercher son visage dans la salle.

Aujourd’hui, Hazel — oui, il connaissait son prénom maintenant — l’observait avec cette même intensité calme, comme s’il cherchait à déchiffrer une énigme.

Enzo passa derrière le bar, rangea un verre sans réelle utilité, juste pour détourner les yeux.

Il inspira. L’odeur de l’alpha était légère, mais distincte. Pas agressive. Presque apaisante. Et ça… c’était dérangeant.

Il détestait l’effet que ce regard avait sur lui. Comme si chaque fois qu’il croisait ses yeux, il se sentait vu. Pas comme un oméga, ni comme un chef d’entreprise. Mais comme… un être humain.

Un frisson désagréable lui remonta l’échine.

Il releva enfin les yeux, planta son regard dans celui de Hazel, au loin.

Un silence électrique s’installa.

Hazel ne baissa pas les yeux. Il soutint son regard, calme, presque curieux.

Alors Enzo fit quelque chose qu’il ne faisait jamais.

Il esquissa un sourire. Léger. Presque imperceptible.

Puis il tourna les talons et disparut en cuisine.

Hazel

Il ne rêvait pas.

Il en était sûr.

Enzo avait souri. Pas un vrai sourire. Pas chaleureux. Pas invitant. Mais un sourire quand même.

Un frisson lui parcourut l’échine. Court. Sec. Imprévisible.

Hazel resta figé. Son verre de vin à la main, il n’avait même pas eu le réflexe de répondre. Il s’était contenté de le fixer, comme un idiot. Comme un gamin pris en flagrant délit d’admiration.

Pourquoi ça me fait ça ?

Il n’aimait pas les omégas. Il se l’était répété comme un mantra depuis des années. Leur parfum trop sucré. Leur dépendance émotionnelle. Leur pouvoir biologique sur lui. Il les évitait comme la peste.

Mais Enzo…

Enzo ne lui faisait rien de tout ça. Il ne sentait pas comme les autres. Il ne se comportait pas comme les autres. Il ne cherchait rien de lui.

Et c’était exactement ce qui rendait l’obsession plus profonde. Plus ancrée.

Hazel reposa son verre, sans le finir. Il n’avait plus faim. Ni soif.

Il n’avait qu’une envie : comprendre. Savoir pourquoi cet oméga, qu’il ne connaissait presque pas, parvenait à faire vaciller tout ce qu’il croyait figé en lui.

Il reviendras pour comprendre mettre un mot sur ce qu’il se passe en lui .

Le restaurant était presque vide ce soir-là. Il avait attendu. Patient. Jusqu’à ce que la dernière table paie l’addition, que les lumières commencent à se tamiser doucement pour annoncer la fermeture.

Enzo était là, assis au comptoir, en train de relire quelque chose sur une tablette. Détendu. Seul. Accessible.

Hazel inspira un bon coup, puis s’approcha.

Il sentait son cœur cogner dans sa poitrine comme un rappel qu’il prenait un risque. Mais il était temps.

« Est-ce que je peux m’asseoir ? »

Enzo releva les yeux lentement. Aucun étonnement dans son regard. Presque comme s’il l’avait prévu.

« Ce n’est pas un bar. » répondit-il sans agressivité, mais sans chaleur non plus.

Hazel sourit. « Et pourtant, je n’ai pas envie de partir sans vous avoir parlé. »

Un silence.

Enzo posa la tablette, croisa les bras.

« Parlé de quoi ? »

Hazel haussa les épaules. « De vous. De ce que vous cachez. De pourquoi vous avez souri, l’autre soir. »

Un éclat très discret passa dans le regard d’Enzo. Il se redressa légèrement.

« Vous êtes jeune. »

Hazel pencha la tête, intrigué. « Et alors ? »

« Trop jeune pour moi. » répliqua Enzo, net, comme s’il venait de clore la discussion d’un trait de scalpel.

Mais Hazel ne recula pas. Il planta ses yeux dans les siens, intensément.

« Ce n’est pas mon âge qui vous dérange. C’est que je vois à travers vous. »

Le silence retomba. Plus pesant. Plus électrique.

Et pour la première fois… Enzo ne répondit pas.

L’aiguille sous le verrou.

Point de vue Enzo]

Le silence dura quelques secondes de trop.

Hazel ne bougeait pas. Il ne cherchait pas à le séduire. Pas à le dominer. Juste… à comprendre. C’était presque plus dangereux.

Enzo inspira lentement, ses doigts glissant sur le bord de sa tablette comme pour se donner une contenance.

Puis, il leva à nouveau les yeux vers lui, plus incisif cette fois.

« Tu crois voir à travers moi ? »

Un sourire bref, glacial, fendit ses lèvres.

« Tu n’es pas le premier alpha à confondre obsession et intuition. »

Hazel ne broncha pas. Il encaissa la pique sans ciller.

Mais Enzo n’en avait pas fini.

« Je ne suis pas un puzzle à résoudre pour flatter ton ego. Si tu cherches un défi, tu ferais mieux de choisir une montagne plus jeune… et moins dangereuse. »

La phrase avait claqué comme un fouet. Mais malgré ses mots, Enzo se surprit à fixer un détail sur Hazel : la tension discrète de sa mâchoire, le calme qui ne cédait pas.

Cet alpha ne ressemblait pas à ceux qu’il avait connus. Il ne s’écrasait pas. Il ne forçait pas.

Il attendait. Avec patience. Avec respect.

Et ça, Enzo le sentait. Et malgré lui… il trouvait ça troublant.

La phrase avait été sèche. Tranchante. Le genre de pique qui aurait dû lui faire tourner les talons.

Mais Hazel resta là. Imperturbable. Il n’avait pas besoin de gagner. Juste… de dire la vérité.

Il s’approcha d’un pas, s’arrêta à bonne distance, assez près pour être entendu. Assez loin pour ne pas envahir.

« Je ne te vois pas comme un défi, Enzo. »

Le prénom, glissé naturellement, fit tressaillir l’oméga presque imperceptiblement.

Hazel poursuivit, d’une voix plus calme.

« Je ne veux pas te résoudre. Je veux apprendre à te lire… si tu veux bien me laisser une page. »

Un silence.

Il pouvait sentir la tension dans l’air. Comme si quelque chose venait de craquer — pas un grand fracas, non. Juste une fêlure, fine, mais réelle.

Enzo ne répondait pas. Il le fixait. Ses yeux, d’un calme glacial d’ordinaire, étaient maintenant voilés d’un doute qu’il n’arrivait pas à masquer.

Hazel conclut doucement :

« Je suis peut-être jeune, mais je sais reconnaître quelqu’un qui souffre en silence. Et je ne suis pas venu pour en profiter. Je suis venu parce que… tu me fais envie. Pas ton corps. Toi. »

Un battement.

Deux.

Enzo baissa enfin les yeux. Pas par faiblesse. Mais parce qu’il ne s’attendait pas à ça.

Et pour la première fois, il n’avait rien à répondre.

Hazel – 3 ans plus tôt

Il croyait que c’était ça, l’amour.

Il croyait qu’il avait trouvé la personne avec qui il passerait le reste de sa vie.

Claire était une oméga. Belle à couper le souffle. Doux. Intelligente. Le genre de femme qui vous regardait comme si vous étiez tout l’univers. Hazel avait foncé, la tête la première, sans se poser de questions.

Ils avaient emménagé ensemble après six mois. Il pensait déjà au marquage. À l’avenir.

Et puis, un jour, claire avait changé. Subtilement d’abord. Il rentrait plus tard. Évitait les discussions sérieuses. Son parfum avait quelque chose de différent — plus nerveux, plus tendu.

Jusqu’à ce que Hazel découvre la vérité.

Un autre alpha.

Depuis des semaines.

Claire s’était contenté de hausser les épaules, comme si ce n’était pas grave.

« Tu es gentil, Hazel. Trop gentil. Mais tu ne faisais plus vibrer mes instincts. »

Cette phrase-là l’avait brisé.

Comme si l’amour ne comptait pas. Comme si ce qu’il était ne suffisait pas, parce qu’il ne provoquait plus assez.

Hazel était parti. Sans colère, sans cris. Juste… vidé.

Depuis ce jour, il avait juré de ne plus laisser un oméga s’approcher de lui. De ne plus jamais se laisser piéger par ces jeux de phéromones et de liens fragiles.

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