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Larmes Du Crépuscule

Titre : Les Larmes du Crépuscule

La mer était calme ce soir-là, reflétant le ciel teinté d’orange et de pourpre. Sur la falaise, un jeune homme se tenait, le vent jouant avec ses cheveux sombres. Ses yeux, d’un gris profond, fixaient l’horizon sans vraiment le voir.

Il s’appelait Elias. Et ce soir, il attendait quelqu’un.

— Tu es venu…

La voix derrière lui était douce, tremblante presque. Elias ne se retourna pas tout de suite. Il ferma les yeux un instant, retenant une douleur sourde dans sa poitrine.

— Évidemment, répondit-il enfin. Je t’ai toujours attendu, Adrian.

L’autre garçon s’approcha lentement, hésitant. Adrian était plus petit, plus frêle, avec des mèches blondes qui dansaient sous la brise marine. Son regard était chargé d’émotions, d’un mélange de culpabilité et de tristesse.

— Elias, je…

— Ne dis rien.

Elias inspira profondément et serra les poings. Il ne voulait pas entendre des excuses, ni des explications. Ce serait inutile. Tout avait déjà été dit, tout avait déjà été fait.

Adrian s’approcha encore, jusqu’à pouvoir effleurer la manche d’Elias du bout des doigts.

— J’aurais aimé que les choses soient différentes.

Elias laissa échapper un rire amer.

— Moi aussi.

Ils restèrent là, silencieux, à écouter le bruit des vagues s’écrasant contre les rochers.

Il fut un temps où ils auraient tout donné l’un pour l’autre. Ils avaient grandi ensemble, partagé les mêmes rêves, les mêmes espoirs. Mais la réalité avait fini par les séparer.

Adrian était parti.

Il avait choisi une autre voie, une autre vie. Il avait laissé Elias derrière lui, avec des promesses brisées et des souvenirs devenus douloureux.

— Pourquoi es-tu revenu ? demanda Elias.

Adrian baissa les yeux.

— Parce que… je n’ai jamais cessé de penser à toi.

Elias tourna enfin la tête vers lui. Ses prunelles grises brillaient sous la lumière mourante du soleil.

— Tu mens.

— Non…

Adrian leva une main tremblante pour toucher le visage d’Elias, mais ce dernier recula légèrement.

— Si tu avais pensé à moi… tu ne m’aurais pas abandonné.

Un silence pesant s’installa. Adrian avait l’air de vouloir dire quelque chose, mais les mots lui manquaient.

Elias soupira.

— C’est trop tard, Adrian.

Le blond ferma les yeux un instant, comme s’il encaissait un coup.

— Alors, c’est fini ? demanda-t-il, la voix brisée.

— Ça l’est depuis longtemps.

Adrian trembla légèrement, puis il recula d’un pas. Il ne pouvait pas s’effondrer ici. Pas maintenant.

— Je suis désolé…

Elias sourit tristement.

— Moi aussi.

Le vent se leva, plus fort cette fois, emportant avec lui les derniers fragments d’un amour perdu.

Et sous le ciel embrasé du crépuscule, ils se tournèrent le dos, marchant chacun dans une direction opposée, laissant derrière eux tout ce qu’ils avaient été.

Elias quitta la ville peu après cette nuit-là. Il voyagea sans but précis, cherchant à oublier, mais l’ombre d’Adrian le hantait toujours. Il s’installa finalement dans une petite ville côtière, où il devint professeur, enseignant à des enfants qui lui rappelaient parfois la douceur qu’il avait perdue.

Adrian, lui, retourna à sa vie d’avant, mais rien ne lui semblait plus avoir de sens. Il se jeta à corps perdu dans le travail, s’efforçant de ne pas penser à Elias, mais chaque nuit, son absence le rongeait.

Un jour, en passant devant une librairie, il tomba sur un roman. Sur la couverture, un paysage familier : une falaise face à la mer. Il ouvrit le livre, lut la première phrase, et son cœur se serra.

C’était leur histoire. Écrite par Elias.

Et en cet instant, il comprit qu’il ne pourrait jamais l’oublier.

L'Écho des Promesses

Le vent s’engouffrait entre les ruelles de la ville, soulevant quelques feuilles mortes qui tourbillonnaient sous la lumière tamisée des réverbères.

Elias marchait d’un pas lent, son manteau serré autour de lui. Il était rentré ici après des années d’absence, pensant que le temps avait effacé les fantômes du passé. Mais il se trompait.

Chaque rue, chaque coin de cette ville semblait murmurer un souvenir. La librairie où il passait des heures. Le petit café au coin de la place, où il écrivait en buvant son thé noir. Et bien sûr… la falaise.

Il n’était pas encore prêt à y retourner.

Ce soir-là, il s’était réfugié dans un bar discret, peu fréquenté. Il n’avait pas envie de croiser d’anciennes connaissances, encore moins de répondre à leurs questions. Il s’installa dans un coin, commandant un verre de whisky qu’il laissa reposer devant lui.

Il ne buvait pas vraiment. Il pensait.

Jusqu’à ce qu’une voix qu’il croyait ne plus jamais entendre brise son silence.

— … Elias ?

Son cœur manqua un battement.

Il leva lentement les yeux, et ce fut comme un coup de tonnerre dans sa poitrine.

Adrian était là, debout devant lui.

Elias fixa Adrian sans un mot, comme s’il doutait encore de la réalité de cette rencontre. Les années avaient passé, mais Adrian restait le même… ou presque. Son visage était plus mûr, marqué par le temps et peut-être par des regrets. Ses yeux, d’un bleu profond, brillaient d’une lueur indéchiffrable.

— C’est bien toi… murmura Adrian en s’asseyant en face de lui, comme s’il craignait qu’Elias s’évapore.

Elias détourna le regard, son cœur battant à un rythme qu’il ne contrôlait plus.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il, sa voix plus froide qu’il ne l’aurait voulu.

Adrian esquissa un sourire triste.

— Je pourrais te poser la même question.

Un silence pesa entre eux. Puis Adrian inspira profondément.

— J’ai lu ton livre.

Elias tressaillit. Il n’avait jamais imaginé qu’Adrian tomberait dessus un jour.

— Alors, tu sais…

— Oui.

Leurs regards se croisèrent enfin, et Elias sentit quelque chose se briser en lui. Une barrière invisible qu’il avait construite pour se protéger.

— J’ai fait une erreur, Elias.

Le cœur d’Elias se serra.

— C’est trop tard, Adrian…

Mais Adrian secoua la tête, tendant une main hésitante vers lui.

— Pas si tu me laisses te prouver que je t’aime encore.

Elias hésita. Puis, lentement, il posa sa main sur celle d’Adrian.

Et sous les lumières tamisées du bar, le passé s’effaça un instant, laissant place à une possibilité… celle d’un nouveau départ.

...ΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩ...

Elias sentit la chaleur de la main d’Adrian contre la sienne, un contact qu’il croyait perdu à jamais. C’était doux, presque fragile, comme s’ils étaient deux âmes hésitantes au bord du précipice.

— Tu veux vraiment rattraper le temps perdu ? demanda Elias à voix basse.

Adrian serra doucement ses doigts.

— Je veux surtout te prouver que je n’ai jamais cessé de t’aimer.

Elias baissa les yeux, son cœur battant furieusement contre sa poitrine. Il aurait voulu lui en vouloir encore, le repousser, lui dire que les années avaient creusé un fossé entre eux. Mais la vérité, c’est qu’il n’avait jamais réussi à l’oublier.

— Donne-moi une chance, murmura Adrian. Une seule.

Elias ferma les yeux un instant, puis soupira.

— D’accord… mais pas ici. Viens.

Il se leva, entraînant Adrian avec lui hors du bar. Dehors, l’air était frais et le ciel étoilé. Ils marchèrent en silence, leurs mains se frôlant parfois, jusqu’à ce qu’Elias s’arrête devant un endroit familier : la falaise.

— Tu te souviens de cet endroit ? demanda-t-il.

Adrian hocha la tête, le regard perdu dans l’immensité de la mer.

— Comment l’oublier ? C’est ici que je t’ai perdu…

Elias soupira et tourna la tête vers lui.

— Et c’est peut-être ici que je vais te retrouver.

Adrian le fixa, surpris.

— Elias…

Mais il n’eut pas le temps de finir. Elias venait de poser sa main sur sa joue, le caressant doucement.

— Embrasse-moi, Adrian… Fais-moi croire que tu es revenu pour de bon.

Adrian ne se fit pas prier. Lentement, il réduisit l’espace entre eux, effleurant d’abord les lèvres d’Elias dans un baiser hésitant, presque timide. Puis, lorsqu’il sentit qu’Elias ne le repoussait pas, il approfondit le baiser, mettant dans cet instant toute la passion, tout l’amour qu’il avait retenu pendant des années.

Le vent soufflait autour d’eux, mais rien n’aurait pu briser ce moment.

Lorsqu’ils se séparèrent enfin, Adrian posa son front contre celui d’Elias, un sourire tendre sur les lèvres.

— Je suis là… et cette fois, je ne partirai plus.

Elias le regarda, une lueur douce dans les yeux.

— Alors, reste.

Et cette nuit-là, sous un ciel parsemé d’étoiles, ils s’aimèrent à nouveau comme si le temps n’avait jamais existé entre eux.

...****************...

Fin.

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