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Sang Et Secret, La Loi Du Clan

**Chapitre 1 : L’ombre de Donateli**

Les rues de Naples s’endormaient doucement sous la lueur pâle des réverbères. Mais pour Donateli, la nuit ne faisait que commencer. Assis dans un fauteuil de cuir au fond de son club privé, un cigare entre les doigts, il observait les allées et venues de ses hommes avec la satisfaction d’un roi sur son trône.

— Ce soir, on doit récupérer le chargement au port, dit Fabio, son bras droit, en consultant son téléphone.

Donateli expira lentement une volute de fumée et fixa son homme d’un regard perçant.

— Tout est sécurisé ?

— Aussi sûr que la mort elle-même, capo.

Le mafieux esquissa un sourire en coin. Mais au moment où il s’apprêtait à prendre une gorgée de whisky, la porte du club s’ouvrit avec fracas. Une femme élégante, vêtue d’une robe rouge fendue jusqu’à la cuisse, apparut sous les regards médusés. Esperanza.

— Donateli, on a un problème, dit-elle d’une voix sensuelle mais glaciale.

Elle s’approcha lentement, chacun de ses pas résonnant sur le parquet ciré. Tous les hommes de la salle s’étaient figés. L’arrivée d’Esperanza signifiait souvent des ennuis. Ou du plaisir. Parfois les deux.

— Quel genre de problème, bella ? demanda Donateli en levant un sourcil.

Elle s’assit sur la table face à lui, croisant les jambes avec une nonchalance calculée.

— Quelqu’un essaie de jouer avec toi. On a intercepté un message codé. Un rendez-vous secret, ce soir, au même port où tu récupères ton chargement.

Le silence se fit pesant. Donateli posa lentement son verre et échangea un regard avec Fabio.

— Qui ose s’attaquer à moi ?

— C’est justement la question… et je compte bien y répondre, murmura Esperanza en se penchant légèrement vers lui, un sourire mystérieux aux lèvres. La porte se referma dans un bruit sourd derrière elle, et un silence pesant s’installa dans la pièce. Les hommes présents, qui jusque-là parlaient à peine, se figèrent, observant la silhouette de la femme qui avançait lentement vers Donateli. Ses talons résonnaient sur le sol en marbre comme un écho de menace.

Donateli n’eut même pas l’amabilité de se lever. Il regarda Esperanza sans cligner des yeux, son visage impassible.

— Je t’ai dit que je viendrais, murmura-t-elle, sa voix douce, mais inflexible. Et ce soir, tu as besoin de moi.

Fabio, gêné, fit un pas en arrière, jetant un regard inquiet à son patron. La tension était palpable. Esperanza n’était pas une inconnue pour Donateli. Elle avait une réputation bien établie, et ses talents étaient aussi redoutés que respectés. Mais ce n’était pas la première fois qu’elle venait troubler ses affaires, et ce soir, il ne pouvait se permettre de perdre le contrôle.

— Et pourquoi, Esperanza, devrais-je avoir besoin de toi ? demanda-t-il, un léger sourire amusé au coin des lèvres.

La femme s’arrêta devant lui, son regard profond croisant le sien. Elle haussait les épaules, comme si tout était évident.

— Parce que même un roi a parfois besoin d’une reine pour gouverner dans l’ombre.

**Chapitre 2 : Le jeu des ombres**

Le port était plongé dans une obscurité inquiétante, seulement brisée par les halos des lampadaires. Donateli et ses hommes avançaient prudemment entre les containers, fusils à l’épaule. À quelques mètres d’eux, Esperanza se déplaçait avec la grâce d’une féline, armée d’un petit pistolet glissé sous sa robe moulante.

— Reste près de moi, murmura Donateli en attrapant son poignet.

— Tu as peur pour moi ou tu as simplement envie de me toucher ? répondit-elle, un brin moqueuse.

Il ne répondit pas, se contentant de lui jeter un regard intense. Ils n’eurent pas le temps de s’attarder sur leur échange, car un bruit métallique retentit à quelques mètres. Fabio leva une main et tous se figèrent.

— On a de la compagnie, souffla-t-il.

Soudain, une silhouette émergea de l’ombre. Un homme en costume sombre s’avança, les mains levées en signe de paix.

— Messieurs… et charmante demoiselle, salua-t-il d’un ton mielleux. Je m’appelle Lorenzo, et je crois que nous avons des intérêts communs.

Donateli fronça les sourcils.

— Tu crois mal.

— Oh, vraiment ? Alors pourquoi tes hommes sont déjà en train d’ouvrir mes caisses ?

Un silence de plomb s’abattit sur le groupe. Fabio jeta un regard nerveux vers un container entrouvert où, en effet, plusieurs caisses avaient été forcées.

— Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? grogna Donateli.

Lorenzo éclata de rire.

— Voilà une belle énigme à résoudre. Mais en attendant…

En une fraction de seconde, des dizaines d’hommes surgirent des ombres, braquant leurs armes sur Donateli et sa bande.

Esperanza jura à voix basse.

— On dirait bien qu’on est tombés dans un piège, murmura-t-elle.

Donateli, impassible, se tourna vers elle avec un sourire dangereux.

— J’adore les jeux de stratégie, bella. Il suffit juste de trouver le bon coup à jouer…

Et le premier coup fut un tir. Le chaos éclata.

Un éclair jaillit dans l’obscurité, suivi du bruit assourdissant d’une détonation. Fabio riposta immédiatement, son arme rugissant dans la nuit. Donateli, d’un geste rapide, attrapa Esperanza et la plaqua contre un container pour la mettre à couvert.

— Reste ici, ordonna-t-il.

— Pas question ! répliqua-t-elle en armant son pistolet.

Les balles sifflaient de toutes parts. L’air était chargé de poudre et d’adrénaline. Donateli repéra Lorenzo, accroupi derrière un empilement de caisses, un sourire toujours accroché à ses lèvres, comme s’il s’amusait de la situation.

— Ce n’est pas contre toi, Donateli, cria Lorenzo par-dessus les tirs. Juste du business !

— Mauvaise réponse, gronda le mafieux avant de lever son arme.

Mais avant qu’il ne puisse tirer, une grenade fumigène atterrit à leurs pieds, obscurcissant le champ de bataille. Des ombres se mouvèrent dans la brume.

— Ils nous encerclent ! s’écria Fabio.

— Pas pour longtemps, répliqua Donateli.

Esperanza se pencha vers lui, un sourire audacieux aux lèvres.

— Alors, roi des échecs, quel est ton prochain coup ?

Donateli jeta un regard vers le chaos et ajusta son manteau.

— On change les règles du jeu.

**Chapitre 3 : L’échappée sanglante**

Les balles fusaient dans l’obscurité, se répercutant sur les containers en un concert assourdissant. Donateli plongea derrière une pile de caisses, entraînant Esperanza avec lui. Son souffle était court, mais son regard, lui, était aussi vif qu’un prédateur en chasse.

— Bordel, on est encerclés ! grogna Fabio en rechargeant son arme.

— Je déteste être pris au piège, répondit Donateli en jetant un regard meurtrier vers Lorenzo, qui riait à quelques mètres.

Esperanza se redressa légèrement, jetant un coup d'œil rapide autour d’elle.

— Il y a une issue vers les quais, murmura-t-elle. Si on se faufile par là…

— Et qu’on se fait descendre comme des chiens ? Non merci, bella, répliqua Donateli. On a besoin d’une diversion.

Fabio, accroupi non loin, hocha la tête.

— Laissez-moi faire.

Avant que Donateli ne puisse réagir, son bras droit saisit une grenade flash et la lança au beau milieu des hommes de Lorenzo. Une explosion lumineuse embrasa la zone, aveuglant instantanément leurs adversaires.

— Maintenant ! hurla Esperanza.

Sans hésiter, Donateli attrapa sa main et se mit à courir, esquivant les balles qui sifflaient dans l’air. Ils atteignirent enfin une petite embarcation amarrée au bout du quai. Fabio bondit à bord et démarra le moteur dans un grondement sourd.

— Montez !

Esperanza se retourna une dernière fois vers Lorenzo, toujours sonné, et lui envoya un baiser moqueur avant de grimper à bord.

— Ce n’est que partie remise, murmura-t-elle en s’asseyant près de Donateli.

Celui-ci, le regard fixé sur l’horizon nocturne, serra les poings.

— Ce fils de chien va le payer.

Le vent marin fouettait leur visage tandis que le bateau s’éloignait du port en pleine nuit. Fabio, concentré sur la navigation, jetait des regards furtifs derrière eux.

— Si ces enfoirés ont un bateau, on est foutus, grogna-t-il.

— Ils ne s’attendaient pas à notre fuite, répliqua Donateli en s’accoudant au rebord. Mais Lorenzo ne laissera pas passer ça. Il va vouloir nous traquer jusqu’au bout.

Esperanza, le regard perdu dans les vagues noires, serra les bras autour de sa poitrine.

— Il faut qu’on disparaisse pour quelques jours. On ne peut pas retourner en ville tant qu’on ne sait pas qui nous a trahis.

Donateli posa un regard attentif sur elle. Il connaissait cette lueur dans ses yeux : de la peur, oui, mais aussi une détermination sans faille.

— J’ai une planque, au sud. Un endroit sûr où on pourra réfléchir et planifier notre revanche.

Fabio esquissa un sourire en coin.

— J’espère que c’est un endroit où il y a du whisky.

Donateli lâcha un léger rire avant de redevenir sérieux. Lorenzo avait osé s’attaquer à lui. Il avait tenté de le piéger, et quelqu’un de proche lui avait facilité la tâche. Cela ne resterait pas impuni.

Le bateau s’éloignait vers l’inconnu, mais une chose était certaine : la guerre ne faisait que commencer.

Le silence pesant de la mer contrastait avec l’adrénaline qui battait encore dans leurs veines. Chaque respiration était un rappel qu’ils avaient frôlé la mort. Fabio accéléra, l’embarcation fendant les eaux sombres à vive allure.

— Si Lorenzo a des hommes partout, on est pas tirés d’affaire, grommela-t-il en fixant l’horizon.

Donateli alluma un cigare, tirant une bouffée avant de répondre d’une voix posée :

— Il pense avoir gagné ce soir. C’est là qu’il fait une erreur.

Esperanza le scruta du coin de l’œil. Malgré la tension, un sourire effleura ses lèvres.

— Tu as un plan ?

Il souffla une volute de fumée, ses yeux brillants de calcul.

— D’abord, trouver qui nous a trahis. Ensuite, faire regretter à Lorenzo d’avoir osé me défier.

Fabio ricana en tapotant son arme.

— Ça, j’aime l’entendre.

Le bateau longea une crique déserte avant que Donateli ne fasse signe à Fabio de ralentir.

— On accoste ici.

L’endroit était isolé, parfait pour disparaître quelques jours. En sautant sur le sable, Donateli tendit une main à Esperanza, qui la prit sans hésiter.

— Lorenzo a frappé fort ce soir, murmura-t-elle.

— Pas assez, répondit Donateli avec un regard sombre.

L’heure de la riposte approchait.

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