Chapitre 1
Steven Anderson se tenait debout devant la grande baie vitrée du salon, observant d’un air absent le paysage urbain qui s’étendait à l’horizon. Le soleil du matin projetait une lumière dorée sur les gratte-ciel de New York, leur donnant un éclat presque irréel. Derrière lui, l’immense demeure de sa famille se tenait majestueusement, une incarnation de la richesse et du pouvoir.
À 17 ans, Steven avait tout pour lui. Il était beau, avec ses cheveux bruns légèrement en bataille et ses yeux bleus perçants qui semblaient capturer l’attention de quiconque croisait son regard. Mesurant 1,75 mètre, il avait la carrure d’un athlète et s’habillait avec une élégance rebelle, son style bad boy parfaitement étudié. Ses vêtements de marque épousaient ses muscles sculptés, témoignant d’heures passées à la salle de sport. À première vue, il semblait avoir une vie parfaite : une famille richissime, une grande sœur accomplie, et un avenir tracé dans l’or.
Mais malgré tout ce qu’il possédait, Steven se sentait étrangement vide. Sa famille, bien qu’aimante en apparence, était souvent trop absorbée par leurs affaires pour véritablement prêter attention à lui. Son père, Marc Anderson, était un magnat de la finance, constamment en voyage ou enfermé dans son bureau, traitant des affaires qui lui échappaient. Sa mère, Élisa, une ancienne mannequin reconvertie dans les affaires, était souvent prise dans des réceptions mondaines et des projets caritatifs. Quant à Sarah, sa sœur de 22 ans, elle avait déjà intégré l’entreprise familiale et brillait dans son rôle, confirmant encore une fois son statut de favorite.
Steven, lui, se sentait comme une ombre dans ce monde de lumière. Il était là, présent physiquement, mais son esprit était ailleurs. Et cet ailleurs avait un nom : Léna Cooper.
Léna était son amie la plus proche, celle qui avait grandi avec lui, celle qui connaissait ses secrets et ses faiblesses. Petite et élancée, avec ses 1,68 mètre, ses cheveux bruns et ses yeux noisette, elle était belle d'une manière naturelle et discrète, à l’opposé de la sophistication de son monde. Pour Léna, Steven était un confident, un allié fidèle. Mais pour Steven, Léna était bien plus que cela. Elle était l’objet de son obsession, un amour profond et secret qu’il gardait enfoui au plus profond de lui-même.
Chaque jour passé à ses côtés était à la fois un plaisir et une torture. Il aimait sa présence, son rire, la façon dont elle le regardait avec ses grands yeux pleins de confiance. Mais il souffrait aussi de la voir si proche de Ryle Williams, son meilleur ami. Ryle, avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus, avait tout pour lui plaire : il était charmant, intelligent, et surtout, il semblait se rapprocher de plus en plus de Léna. Une proximité qui ébranlait Steven, éveillant en lui une jalousie qu’il avait du mal à contenir.
Ce matin-là, en route pour le lycée Willostreet, Steven se perdit dans ses pensées. Il savait qu’il devait garder le contrôle, que son amour pour Léna devait rester un secret bien gardé. Mais chaque jour passé à ses côtés renforçait son désir de la posséder, de l’avoir rien que pour lui. Et chaque jour, ce désir devenait plus difficile à maîtriser.
Arrivé au lycée, Steven aperçut Léna près de l'entrée, discutant joyeusement avec Ryle. Il serra les poings, cachant son irritation derrière un masque de calme. Léna se tourna vers lui, un sourire éclatant illuminant son visage.
« Steven ! Enfin, tu es là ! » dit-elle en lui faisant signe de la rejoindre.
Il hocha la tête, forçant un sourire. « Désolé pour le retard. »
Ryle lui donna une tape amicale sur l’épaule. « On t’attendait pour aller en cours. »
Steven suivit le mouvement, gardant ses pensées pour lui. Tout en marchant à leurs côtés, il sentit la tension monter en lui, une tension qu’il ne pouvait partager avec personne. Léna continuait de rire et de parler, inconsciente de la tempête qui faisait rage dans le cœur de Steven. Il se promit de garder le contrôle, de ne pas laisser ses émotions prendre le dessus. Mais au fond de lui, il savait que cette promesse serait de plus en plus difficile à tenir.
La cloche du lycée Willostreet retentit, marquant le début des cours. Le son résonnait à travers les couloirs impeccablement propres, remplis d'élèves vêtus d’uniformes coûteux et de chaussures brillantes. Le bâtiment, avec ses colonnes de marbre et ses larges fenêtres, était aussi prestigieux que les étudiants qu’il accueillait. Mais pour Steven, cet endroit n'était qu'une autre cage dorée.
Alors qu’ils se dirigeaient vers leur première classe, Léna et Ryle discutaient avec enthousiasme des préparatifs pour la soirée de gala annuelle du lycée, un événement très attendu par tous. Chaque année, c’était l’occasion pour les familles les plus influentes de la ville de se retrouver, de parader en robes de créateurs et en costumes taillés sur mesure. Steven, lui, n'avait jamais vraiment apprécié ces événements. Pour lui, ils n'étaient qu'une autre vitrine de la superficialité qui entourait sa vie.
« Tu as déjà choisi ta robe, Léna ? » demanda Ryle avec un sourire complice.
Léna hocha la tête. « Oui, ma mère m'a aidée à choisir. Elle est magnifique, je pense que tu vas adorer ! »
Steven, silencieux, écoutait d'une oreille distraite. Il imaginait déjà Léna dans cette robe, éblouissante, attirant tous les regards. L'idée que Ryle puisse être celui à ses côtés ce soir-là le rendait malade. Pourtant, il savait qu'il ne pouvait rien dire, rien faire pour changer la situation. Alors, il enfouit ses sentiments, comme il le faisait toujours.
« Et toi, Steven, tu vas avec qui au gala ? » demanda Léna en se tournant vers lui, brisant le silence qui commençait à devenir pesant.
Steven haussa les épaules, feignant l’indifférence. « Je n’y ai pas encore vraiment pensé. Ce genre de soirée n’est pas trop mon truc. »
« Tu dis ça tous les ans, mais tu finis toujours par venir, » répliqua Ryle en riant.
« Parce que je n’ai pas vraiment le choix, » répondit Steven, un sourire ironique aux lèvres.
Ils arrivèrent à la salle de classe, où ils prirent place à leur table habituelle. Steven s’assit entre Léna et Ryle, une position qui, en d'autres temps, aurait été parfaite. Mais aujourd’hui, c’était comme se retrouver coincé entre deux mondes qui s’éloignaient de plus en plus de lui.
Le professeur entra, commençant à distribuer les feuilles pour un examen surprise. Steven soupira intérieurement, se forçant à concentrer son esprit sur les questions devant lui. Mais, malgré ses efforts, ses pensées revenaient toujours à Léna. Pourquoi ne pouvait-il pas la sortir de son esprit, même pour un instant ?
Le cours se déroula sans incident, et dès que la cloche annonça la fin de l'heure, Léna se tourna vers Steven. « Ça te dit qu’on se retrouve après les cours ? J’ai besoin de ton avis sur quelque chose. »
Steven sentit son cœur s'accélérer. « Bien sûr, je suis là pour toi. »
Ryle les regarda avec curiosité. « Besoin d’aide pour un devoir ? Si c’est le cas, je peux vous rejoindre. »
Léna secoua la tête en riant. « Non, rien à voir avec l’école. C’est plus… personnel. »
Steven ne put s'empêcher de lancer un regard furtif à Ryle, cherchant à déceler une quelconque jalousie, mais son ami sembla prendre la réponse de Léna à la légère, sans y prêter trop d'attention. Pourtant, Steven savait qu’il y avait quelque chose de plus profond qui se jouait entre eux, quelque chose qui restait non-dit, même entre les meilleurs amis.
Lorsque les cours se terminèrent enfin, Steven rejoignit Léna à la sortie du lycée. Le soleil d'après-midi baignait la ville d'une lumière chaude, contrastant avec la froideur intérieure que Steven ressentait depuis le matin. Ils marchèrent ensemble en direction du parc voisin, un lieu qui avait vu grandir leur amitié au fil des années.
Le parc était presque désert à cette heure de la journée, offrant un havre de paix loin du brouhaha de la ville. Ils prirent place sur un banc, à l’ombre d’un grand chêne. Léna semblait nerveuse, triturant une mèche de ses cheveux bruns. Steven attendait, un peu inquiet de ce qu’elle allait lui dire.
« Steven… » commença-t-elle doucement, levant ses yeux noisette vers lui. « Je sais que je peux tout te dire, et c’est justement pour ça que j’ai besoin de ton avis. »
Steven hocha la tête, essayant de masquer l’appréhension qui montait en lui. « Tu peux tout me dire, Léna. Quoi qu’il arrive, je serai là pour toi. »
Elle sourit, un sourire timide qui fit battre le cœur de Steven un peu plus fort. « C’est à propos de Ryle. »
À l’entente de ce nom, Steven sentit son estomac se nouer. Bien sûr, c’était de Ryle qu’il s’agissait. Ça l’était toujours. Mais il se força à rester calme, à jouer le rôle du meilleur ami compréhensif.
« Qu’est-ce qu’il a fait cette fois ? » plaisanta-t-il pour alléger l’atmosphère.
Léna hésita, son sourire s’estompant légèrement. « Ce n’est pas vraiment ce qu’il a fait, c’est plutôt… ce que je ressens. »
Steven resta silencieux, un nœud se formant dans sa gorge. Il sentait que la conversation prenait un tournant qu’il redoutait depuis longtemps.
« J’ai l’impression que… je commence à avoir des sentiments pour lui, » avoua-t-elle finalement, sa voix teintée d’une confusion palpable. « Mais en même temps, je ne sais pas si c’est vraiment de l’amour ou si c’est juste une simple attirance. Et c’est là que j’ai besoin de toi, Steven. »
Le monde de Steven sembla s’effondrer autour de lui. Il aurait dû s’y attendre, mais entendre ces mots de la bouche de Léna était bien plus douloureux qu’il ne l’avait imaginé. Cependant, il savait qu’il devait rester fort, pour elle.
« Léna, c’est normal d’être confus dans ce genre de situation. » Sa voix se voulait rassurante, mais il sentait ses propres émotions vaciller. « Parfois, on a besoin de temps pour vraiment comprendre ce qu’on ressent. »
Léna soupira, ses épaules se relâchant légèrement. « Oui, tu as sûrement raison. Je ne veux pas gâcher notre amitié à cause de sentiments que je ne comprends même pas encore. »
Steven hocha la tête, cachant la douleur qui transperçait son cœur. « Prends le temps qu’il te faut, Léna. Et souviens-toi, je serai toujours là, quoi qu’il arrive. »
Elle lui sourit, reconnaissante. « Merci, Steven. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »
Ils restèrent un moment en silence, chacun perdu dans ses pensées. Pour Léna, ce silence était apaisant, un moment de calme dans le tourbillon de ses émotions. Pour Steven, c’était une torture silencieuse, une épreuve de plus dans sa lutte intérieure.
Finalement, ils décidèrent de rentrer chez eux, le soleil commençant à décliner. Sur le chemin du retour, Léna retrouva son sourire, parlant avec enthousiasme du gala à venir, comme si leur conversation n’avait été qu’un mauvais rêve. Steven l’écoutait distraitement, tentant de se convaincre que tout irait bien, qu’il pourrait continuer à cacher ses sentiments. Mais au fond de lui, il savait que quelque chose avait changé, et que leur relation ne serait plus jamais la même.
Arrivés devant la demeure des Anderson, Léna lui fit un signe de la main avant de s'éloigner, légère et insouciante. Steven la regarda s’éloigner, son cœur lourd de tout ce qu’il ne pouvait pas dire, de tout ce qu’il ne pouvait pas faire. Quand elle disparut de sa vue, il poussa un profond soupir et entra dans la maison.
Les couloirs étaient silencieux, les domestiques se faisant discrets. Steven monta directement dans sa chambre, s’enfermant dans ce qui était devenu son refuge. Il s’approcha de la fenêtre, observant les lumières de la ville qui commençaient à s’allumer une à une. La vue était magnifique, mais pour lui, elle n’avait rien de rassurant.
Il savait que la soirée serait longue, et que le sommeil serait difficile à trouver. Tout ce qu’il désirait, tout ce qu’il aimait, lui échappait. Et malgré tous ses efforts pour rester maître de lui-même, l’obsession qu’il nourrissait pour Léna ne faisait que croître, devenant chaque jour un peu plus difficile à contenir.
Chapitre 2
Le lendemain matin, Steven se réveilla avec un sentiment de lourdeur dans la poitrine. La nuit avait été agitée, hantée par des rêves confus où Léna et Ryle occupaient tous ses esprits. Leurs visages se mêlaient à ses pensées les plus sombres, l’obsession qu’il ressentait pour Léna prenant la forme d’une ombre qui le poursuivait sans relâche.
Il se leva lentement, jetant un coup d’œil à l’immense horloge murale qui trônait au-dessus de la cheminée. Il était encore tôt, mais Steven n’avait pas la moindre envie de rester allongé dans son lit. La lumière du matin filtrait à travers les lourds rideaux de sa chambre, baignant la pièce d’une clarté douce et dorée. Pourtant, cette lumière n’apportait aucun réconfort.
Après une douche rapide, Steven s’habilla avec soin. Il enfila une chemise noire ajustée, un jean foncé et sa veste en cuir préférée. Sa tenue était impeccablement choisie, reflétant son style de bad boy qui lui valait tant d’admiration au lycée. Mais ce matin-là, son apparence était le dernier de ses soucis.
Alors qu’il descendait les escaliers en marbre, il entendit des éclats de voix provenant de la salle à manger. Ses parents étaient déjà debout, discutant d’un ton animé. Steven ralentit le pas, hésitant à entrer. Il n’avait pas envie d’affronter une nouvelle discussion sur les affaires familiales ou sur les attentes démesurées de son père.
Marc Anderson, toujours aussi imposant dans son costume taillé sur mesure, parlait avec sa voix autoritaire habituelle. Élisa, assise en face de lui, feuilletait distraitement un magazine de mode tout en écoutant son mari d’une oreille. Sarah, leur fille aînée, était aussi présente, parfaitement maquillée et prête pour une nouvelle journée de travail. Elle représentait tout ce que Marc et Élisa espéraient chez un enfant : brillante, ambitieuse, et totalement dévouée à l’entreprise familiale.
Steven fit un effort pour entrer, affichant un sourire poli. « Bonjour. »
« Ah, Steven, te voilà enfin, » lança son père en le dévisageant. « Tu es prêt pour ce soir ? Le gala sera l’occasion de rencontrer des personnes importantes. Il est temps que tu commences à te montrer un peu plus dans les cercles qui comptent. »
Steven se contenta de hocher la tête, habitué aux remarques de son père. Ce dernier voyait en lui un potentiel inexploité, une pièce à façonner selon ses propres ambitions. Mais Steven ne partageait pas cette vision. Il n’avait aucun intérêt pour les affaires, et encore moins pour le monde impitoyable dans lequel baignait sa famille.
« Oui, je serai là, » répondit-il d’un ton neutre.
Sarah lui lança un regard complice. « Ne t’en fais pas, Steven. Tu n’auras qu’à sourire et te montrer aimable. Je me chargerai du reste. »
Steven força un sourire, mais au fond de lui, il se sentait de plus en plus étranger à cette famille. Il était comme un acteur jouant un rôle qui ne lui correspondait pas, enchaîné par des attentes qu’il ne souhaitait pas satisfaire.
Après un petit-déjeuner rapide, Steven quitta la maison, impatient de s’éloigner de cette ambiance oppressante. Il enfourcha sa moto, une bête noire et brillante qui contrastait avec les voitures de luxe stationnées dans l’allée. Le moteur vrombit puissamment alors qu’il démarrait, le vent frais du matin fouettant son visage. La sensation de vitesse lui procurait une brève évasion, une illusion de liberté qu’il savourait à chaque trajet.
Le trajet jusqu’au lycée se fit en silence, ses pensées revenant inévitablement à Léna. Qu’est-ce qu’elle pensait de lui ? Se doutait-elle de ce qu’il ressentait vraiment, ou continuait-elle à le voir comme un simple ami, un frère ? Ces questions tournaient en boucle dans son esprit, alimentant une frustration qu’il ne parvenait pas à apaiser.
En arrivant à Willostreet, Steven remarqua immédiatement l’atmosphère particulière qui régnait dans l’enceinte du lycée. Les élèves parlaient entre eux avec excitation, leurs discussions tournant autour du gala de ce soir. Les préparatifs étaient déjà en cours, avec des décorations somptueuses installées dans le hall d’entrée. Mais Steven n’avait pas la tête à la fête. Il cherchait Léna du regard, espérant avoir l’occasion de lui parler avant que Ryle ne les rejoigne.
Il la trouva près de son casier, en train de discuter avec une de leurs amies communes. Léna portait une simple robe bleue qui mettait en valeur la douceur de ses traits. Elle était belle, naturellement belle, sans artifice ni prétention. En la voyant, Steven sentit une vague de chaleur l’envahir, suivie immédiatement d’un pincement douloureux au cœur.
« Salut, Léna, » dit-il en s’approchant d’elle.
Léna leva les yeux et lui sourit, un sourire sincère qui effaça momentanément les doutes de Steven. « Salut, Steven. Tu es arrivé tôt ce matin. »
« J’avais besoin de prendre l’air, » répondit-il avec un sourire en coin. « Tu as bien dormi ? »
Léna haussa les épaules. « Plus ou moins. J’ai beaucoup pensé à notre conversation d’hier. »
Steven sentit son estomac se nouer à nouveau. « Ah, oui ? »
Elle hocha la tête, son regard devenant plus sérieux. « Oui, et je voulais te remercier. Tu as toujours les bons mots pour me rassurer. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »
Ces mots, bien que réconfortants, laissèrent Steven dans un état d’agitation intérieure. Il voulait être plus pour Léna, il voulait qu’elle le voie autrement, qu’elle comprenne enfin ce qu’il ressentait. Mais il savait que ce n’était pas le moment, pas avec tout ce qui se passait autour d’eux.
Alors qu’ils continuaient à parler, Ryle apparut soudain, interrompant leur conversation. Il portait son sourire habituel, celui qui lui valait tant de sympathie de la part des autres. « Hey, vous deux ! Prêts pour ce soir ? »
Steven sentit une bouffée de frustration monter en lui, mais il la réprima immédiatement. Il ne pouvait pas se permettre de montrer ses émotions, pas devant Léna et Ryle.
« Prêt comme jamais, » répondit-il d’un ton faussement enjoué.
Léna, quant à elle, semblait encore hésitante, comme si elle cherchait à comprendre ses propres sentiments. Elle lança un regard rapide à Ryle, puis à Steven, avant de se forcer à sourire.
« Ce sera amusant, j’en suis sûre, » dit-elle, plus pour elle-même que pour les autres.
La journée passa rapidement, les cours se succédant sans que Steven ne puisse vraiment se concentrer. Son esprit était ailleurs, perdu dans un tourbillon d’émotions contradictoires. Il avait hâte que la soirée arrive, tout en la redoutant. Il savait que ce gala pourrait changer beaucoup de choses, mais il ignorait encore si ce serait en bien ou en mal.
En fin d’après-midi, Steven rentra chez lui pour se préparer. La maison était en effervescence, les domestiques s’affairant à préparer tout ce dont la famille Anderson aurait besoin pour l’événement. Steven monta directement dans sa chambre, fermant la porte derrière lui pour échapper à cette agitation.
Il prit une longue douche, essayant de se détendre, mais ses pensées continuaient de tourner en boucle. Il savait que ce soir serait crucial, qu’il devrait maintenir le masque des apparences tout en gardant ses sentiments sous contrôle. Il choisit un costume noir, sobre mais élégant, et ajusta sa cravate devant le miroir. L’image qui lui renvoya son reflet était celle d’un jeune homme parfait, prêt à affronter le monde. Mais Steven savait que ce n’était qu’une façade, un mensonge qu’il se racontait à lui-même.
Le gala se déroulait dans une salle de réception somptueuse au cœur de Manhattan. En arrivant, Steven fut immédiatement frappé par l'opulence des lieux : des lustres en cristal pendaient du plafond, diffusant une lumière douce sur les invités qui arrivaient par vagues. Les tables étaient couvertes de nappes blanches immaculées, parsemées de roses rouges et de couverts en argent. Un orchestre jouait doucement en fond, ajoutant une touche d'élégance à l'ensemble.
Steven rejoignit ses parents, qui étaient déjà entourés de plusieurs invités. Sa mère, Élisa, rayonnait dans une robe longue en satin vert émeraude, tandis que son père discutait affaires avec un autre homme d'affaires influent. Sarah, quant à elle, se mêlait aux conversations, son sourire de façade solidement en place. Elle incarnait parfaitement l’héritière modèle, celle qui savait comment se comporter dans ce genre de soirée.
Steven fit de son mieux pour se montrer poli, échangeant quelques mots avec les invités, souriant lorsque c'était nécessaire. Mais son esprit restait.
Steven fit de son mieux pour se montrer poli, échangeant quelques mots avec les invités, souriant lorsque c'était nécessaire. Mais son esprit restait concentré sur une seule chose : l’arrivée de Léna. Il savait qu’elle viendrait accompagnée de Ryle, et cette idée le tourmentait. Mais il ne pouvait pas se permettre de laisser ses émotions transparaître, pas ce soir.
Après ce qui lui sembla une éternité, les portes de la salle s'ouvrirent à nouveau, laissant entrer un nouveau flot d’invités. C’est alors que Steven la vit. Léna entra au bras de Ryle, et tout le reste sembla s'effacer autour d’eux. Elle portait une robe de soie rouge, simple mais terriblement élégante, qui mettait en valeur sa silhouette délicate. Ses cheveux bruns cascadaient en boucles douces sur ses épaules, et ses yeux noisette brillaient sous la lumière des lustres. Elle était tout simplement magnifique.
Mais ce n’était pas la vision de Léna qui le frappa le plus. C’était son regard, posé sur lui. À l’instant où leurs yeux se croisèrent, le temps sembla suspendre son vol. Léna s'arrêta net, figée sur place, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Elle était habituée à voir Steven en mode "bad boy", avec son look rebelle, mais ce soir-là, il était différent, méconnaissable.
Steven portait un costume noir parfaitement taillé, qui épousait sa silhouette athlétique avec une élégance qu’elle ne lui avait jamais vue. La chemise blanche qu’il portait contrastait avec ses cheveux bruns soigneusement coiffés en arrière, dégageant son visage aux traits ciselés. La cravate noire et les boutons de manchette en argent ajoutaient une touche de raffinement à l’ensemble. Steven n’était pas seulement beau ce soir-là, il était époustouflant.
Léna sentit ses joues s’empourprer, un mélange de surprise et d’émotion la submergeant. Pourquoi n’avait-elle jamais remarqué à quel point il était séduisant ? Son cœur accéléra encore, comme si chaque battement la rapprochait un peu plus de la vérité qu’elle refusait d’admettre depuis si longtemps.
Ryle, à côté d’elle, continuait d’avancer, mais il remarqua bientôt que Léna ne le suivait plus. Il se tourna vers elle, une lueur de confusion dans les yeux. « Tout va bien, Léna ? »
Elle sursauta légèrement, tirée de ses pensées. « Euh, oui… Oui, tout va bien, » balbutia-t-elle en tentant de reprendre contenance. Mais son regard revint immédiatement vers Steven, incapable de se détourner de lui.
Steven, de son côté, avait remarqué le trouble de Léna. Il sentit une étrange chaleur se répandre dans sa poitrine, une lueur d’espoir qu’il n’osait à peine nourrir. Il s’approcha d’elle, laissant le reste de la salle disparaître à ses yeux.
« Léna, tu es… absolument magnifique ce soir, » dit-il doucement, sa voix légèrement rauque, trahissant l’émotion qu’il tentait de maîtriser.
À ses mots, Léna sentit une vague de chaleur envahir ses joues, les rendant rouges. Elle baissa brièvement les yeux, essayant de dissimuler sa gêne. « Merci, Steven… » murmura-t-elle, avant de relever les yeux pour croiser à nouveau son regard. « Tu… tu es très beau aussi. Je ne t’ai jamais vu comme ça. »
Son cœur battait tellement fort qu’elle se demandait s’il ne pouvait pas l’entendre. Elle se sentait étrangement nerveuse, comme si elle redécouvrait Steven sous un nouveau jour. Une partie d’elle voulait lui dire combien il était irrésistible, combien il lui faisait de l’effet à cet instant précis, mais elle se retint, ne sachant pas vraiment comment interpréter ces nouvelles émotions.
Ryle, qui observait la scène d’un air intrigué, ne semblait pas remarquer le malaise de Léna. Il sourit à Steven, ignorant la tension subtile qui venait de s’installer entre eux. « On a de la chance d’avoir des partenaires aussi splendides ce soir, pas vrai ? »
Steven se contenta de sourire poliment, mais à l’intérieur, son cœur était en ébullition. Il voulait dire à Ryle que Léna n’était pas seulement splendide ce soir, qu’elle l’était tous les jours, que chaque instant passé à ses côtés était à la fois un bonheur et une torture. Mais il se contenta de hocher la tête, ses yeux rivés sur Léna, capturant chaque expression sur son visage.
Léna, quant à elle, se sentait de plus en plus perdue. Les compliments de Steven résonnaient dans son esprit, créant un tourbillon de sentiments qu’elle peinait à comprendre. Pourquoi se sentait-elle soudainement si vulnérable, si sensible à sa présence ? Elle avait toujours apprécié son amitié, mais ce soir, c’était différent. C’était comme si une barrière invisible s’était brisée entre eux, laissant entrevoir des émotions qu’elle n’avait jamais osé explorer.
La musique changea, signalant le début de la première danse. Ryle se tourna vers Léna avec un sourire charmant, lui tendant la main. « M’accorderais-tu cette danse, mademoiselle ? »
Léna hésita une fraction de seconde, son regard passant furtivement de Ryle à Steven. Elle savait qu’elle devrait accepter, que c’était ce que tout le monde attendait d’elle. Pourtant, une partie d’elle ne voulait pas lâcher Steven, pas après ce moment étrange et intense qu’ils venaient de partager.
Finalement, elle se força à sourire et prit la main de Ryle. « Avec plaisir, » répondit-elle d’une voix douce, bien que son cœur ne soit pas vraiment à la fête.
Alors qu’ils se dirigeaient vers la piste de danse, Léna ne put s’empêcher de jeter un dernier coup d’œil à Steven. Ses yeux bleus la fixaient avec une intensité qui lui donna des frissons. Elle détourna rapidement le regard, essayant de se concentrer sur la musique et sur les mouvements de la danse. Mais même en tournoyant au rythme de la mélodie, elle sentait toujours le regard de Steven sur elle, un regard qui semblait lui dire tellement de choses qu’il n’avait pas besoin de mots pour s’exprimer.
Quant à Steven, il les regarda s’éloigner, un mélange de frustration et de désir brûlant en lui. Il aurait tout donné pour être à la place de Ryle, pour sentir Léna contre lui, pour plonger son regard dans le sien et lui murmurer tout ce qu’il n’avait jamais osé dire. Mais il savait que ce moment n’était pas encore venu, que son amour pour elle devait rester secret, du moins pour l’instant.
La soirée ne faisait que commencer, et Steven pressentait qu’elle ne serait pas sans surprises. Mais quoi qu’il arrive, il était prêt à affronter ce qui se présenterait.
Chapitre 3
La nuit s'était installée à Manhattan, recouvrant la ville d’un voile sombre parsemé des lumières vives des gratte-ciel. À l'intérieur de la salle de réception, l'atmosphère était animée par les conversations, les rires et la musique. Les invités dansaient, discutaient, se mêlaient à la foule dans une ambiance où luxe et élégance étaient les maîtres mots. Mais pour Steven, tout cela n’était qu’un fond sonore lointain.
Il observait Léna et Ryle danser au milieu de la piste, leurs mouvements fluides accompagnant le rythme de la musique. Chaque sourire échangé entre eux, chaque geste complice, déclenchait en lui une vague d’émotions qu’il peinait à contrôler. Pourtant, il se força à rester impassible, dissimulant ses véritables sentiments derrière un masque de froideur et de calme.
Alors qu’il restait en retrait, près du buffet, il sentait les regards des autres jeunes femmes présentes se poser sur lui. Steven avait l’habitude d’attirer l’attention, et ce soir ne faisait pas exception. Plusieurs filles lui lançaient des sourires suggestifs, espérant l’inciter à les inviter à danser. Mais Steven les ignorait, ses pensées entièrement focalisées sur Léna. Il se sentait prisonnier de ses propres émotions, comme un spectateur impuissant regardant un film dont il connaissait la fin.
À un moment, la danse prit fin, et Léna et Ryle quittèrent la piste. Steven détourna le regard, feignant de s'intéresser à un tableau accroché au mur pour ne pas croiser le regard de Ryle. Il ne voulait pas provoquer une confrontation inutile, surtout pas dans un endroit aussi public. Pourtant, il ne put s’empêcher de jeter un coup d'œil discret à Léna, espérant capter une expression, un signe de ses pensées.
Léna semblait troublée, son regard cherchant quelque chose ou quelqu’un dans la salle. Elle se mordilla légèrement la lèvre inférieure, un geste qu'elle faisait souvent lorsqu’elle était nerveuse. Steven la connaissait trop bien pour ne pas remarquer ces petits détails. Il pouvait deviner qu’elle n’était pas aussi à l’aise qu’elle essayait de le montrer.
Ryle proposa à Léna d’aller se rafraîchir au bar, et elle accepta avec un sourire crispé. Tandis qu'ils s'éloignaient, Steven les suivit des yeux, ses pensées tourbillonnant dans son esprit. Il n’aimait pas la façon dont Ryle se comportait avec Léna, comme si elle lui appartenait. Mais il n’était pas en position de dire quoi que ce soit. Léna n’était pas à lui. Pas encore.
Alors qu'il restait planté là, une silhouette familière s'approcha de lui. C'était Sarah, sa sœur, qui, après avoir terminé une conversation avec un partenaire d’affaires, venait à la rencontre de Steven. Elle portait une robe noire élégante qui soulignait son allure professionnelle et sophistiquée.
« Ça va, petit frère ? » demanda-t-elle en le regardant avec un mélange de curiosité et d'inquiétude. « Tu as l’air un peu ailleurs ce soir. »
Steven haussa les épaules, tentant de paraître nonchalant. « Rien de spécial. Juste pas très fan de ce genre de soirées. »
Sarah le scruta attentivement, son instinct de grande sœur percevant ce que Steven tentait de dissimuler. « Tu sais, Steven, je te connais. Quoi que ce soit qui te tracasse, tu devrais peut-être en parler. »
Il évita son regard, se sentant soudainement exposé. Il n’avait jamais été du genre à se confier, surtout pas sur des sujets aussi personnels. « Je t’ai dit que tout allait bien, Sarah. »
Mais Sarah n’était pas dupe. Elle savait que Steven cachait quelque chose, même si elle n’en connaissait pas les détails. Elle posa une main légère sur son épaule, lui adressant un sourire compréhensif. « D’accord. Mais souviens-toi que je suis là si tu as besoin de parler. »
Steven hocha la tête, reconnaissant de sa présence, mais aussi soulagé qu’elle n’insiste pas davantage. Il appréciait sa sœur, même si leur relation était parfois compliquée par les attentes familiales. Elle était l’image de la perfection que leur père voulait voir en lui, et cela avait souvent créé une distance entre eux. Pourtant, ce soir-là, il sentit une rare complicité, comme si elle comprenait, sans le dire, qu'il traversait quelque chose de difficile.
Après cet échange, Sarah le laissa seul, repartant vers le groupe d’invités avec qui elle discutait. Steven, lui, se retrouva à nouveau face à ses pensées tumultueuses. Il savait qu’il ne pourrait pas rester ici indéfiniment, à observer Léna de loin. S’il voulait ne serait-ce qu’un peu de paix intérieure, il devait au moins lui parler, même brièvement.
Rassemblant son courage, Steven se dirigea vers le bar où Léna et Ryle discutaient. Ryle était en train de raconter une histoire amusante, ce qui fit rire Léna. Cette vision fit sourire Steven malgré lui, car il aimait entendre ce rire, même si ce n’était pas lui qui en était à l’origine.
À son approche, Léna le remarqua et son sourire s’effaça légèrement, remplacé par une expression de surprise mêlée de nervosité. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il vienne la voir, et son cœur recommença à battre la chamade. Quand il fut assez près, elle s’adressa à lui, tentant de maîtriser sa voix. « Steven, tu nous rejoins ? »
Steven hocha la tête, feignant la légèreté. « Bien sûr, pourquoi pas. » Il fit un signe au barman pour commander un verre, tout en jetant un regard à Léna. « Tu t’amuses bien ? »
Léna acquiesça, mais ses yeux semblaient dire autre chose. « Oui, c’est sympa. Mais c’est un peu… » Elle s’interrompit, ne trouvant pas les mots. En réalité, la présence de Steven la troublait tellement qu’elle avait du mal à se concentrer sur autre chose.
Ryle, qui ne percevait pas la tension sous-jacente, continua à plaisanter, ignorant les regards échangés entre Léna et Steven. Mais Léna, incapable de contenir son malaise, préféra faire diversion. « Je vais aller aux toilettes. Je reviens tout de suite. »
Elle se leva précipitamment, échappant temporairement à la situation. Steven la regarda s’éloigner, sentant une pointe d’inquiétude. Il savait qu’il avait un effet sur elle, mais il ne voulait pas la mettre mal à l’aise. Il était piégé dans ses propres sentiments, luttant contre l’envie de tout lui avouer.
« Tu veux un autre verre ? » demanda Ryle, coupant court à ses pensées.
Steven secoua la tête. « Non, merci. » Il observait toujours la direction dans laquelle Léna était partie, espérant qu’elle ne se sentait pas trop oppressée. Il se surprit à souhaiter qu’elle revienne rapidement, ne supportant plus la distance qui semblait les séparer à chaque instant.
Quelques minutes plus tard, Léna revint, visiblement plus calme. Elle sourit à Steven, mais il pouvait voir que quelque chose clochait toujours. Pourtant, il n’osa pas aborder le sujet, ne voulant pas gâcher la soirée. À la place, il décida de jouer le jeu, de prétendre que tout allait bien, tout comme elle le faisait.
La soirée continua ainsi, avec des échanges cordiaux et des regards volés. Steven s’efforça de rester distant, de ne pas laisser ses sentiments prendre le dessus. Il se rappela ses propres résolutions : ce n’était pas le moment d’avouer ce qu’il ressentait, pas tant que Léna n’avait pas elle-même clarifié ses sentiments.
Mais il savait aussi que cette attente le rongeait, chaque seconde passée à dissimuler son amour pour Léna le rapprochait un peu plus du point de rupture. La soirée touchait à sa fin, et les invités commençaient à partir, fatigués mais satisfaits. Steven se préparait à rentrer, la fatigue émotionnelle pesant lourdement sur ses épaules.
Alors qu’il récupérait sa veste, Léna s’approcha de lui, un peu hésitante. « Steven, tu veux bien me raccompagner chez moi ? Je crois que Ryle a déjà prévu de partir avec d’autres amis. »
Son cœur fit un bond dans sa poitrine, mais il se força à garder son calme. « Bien sûr, je te raccompagne. »
Ils quittèrent ensemble la salle de réception, marchant côte à côte dans la nuit fraîche de New York. Aucun des deux ne parlait, laissant le silence et les lumières de la ville combler le vide. Pourtant, ce silence n’était pas inconfortable. Il y avait une certaine intimité, une connexion silencieuse entre eux qui semblait parler plus fort que les mots.
En atteignant l’appartement de Léna, ils s’arrêtèrent devant la porte, hésitant sur la suite à donner à ce moment. Léna se tourna vers Steven, ses yeux brillants sous les réverbères. Le silence qui régnait entre eux était lourd de sous-entendus, de mots non prononcés. Les battements de cœur de Léna résonnaient dans ses oreilles, tandis qu’elle cherchait quelque chose à dire, quelque chose qui ne trahirait pas l’intensité de ce qu’elle ressentait.
« Merci de m’avoir raccompagnée, » finit-elle par murmurer, sa voix à peine plus forte qu’un souffle. Elle essaya de sourire, mais son visage trahissait un mélange de nervosité et de confusion.
Steven hocha la tête, son regard ancré dans le sien. Il aurait voulu dire tant de choses, mais il savait que ce n’était ni le moment ni le lieu. Les mots restèrent coincés dans sa gorge, remplacés par une simple phrase : « C’est normal, Léna. Je veux que tu sois en sécurité. »
Léna baissa les yeux un instant, jouant avec la clé de son appartement entre ses doigts. Elle se sentait tiraillée entre l’envie de prolonger cet instant et la crainte de ce que cela pourrait signifier. Depuis qu’elle avait vu Steven sous un nouveau jour, cette nuit-là, elle ne parvenait plus à penser clairement. Le trouble qu’il suscitait en elle, la chaleur de ses regards, tout cela la déstabilisait.
Prenant une inspiration, Léna releva les yeux vers Steven, décidée à ne pas laisser le moment s’échapper si facilement. « Tu veux monter un moment ? Je... je pourrais te faire un café, si tu veux. »
Steven sentit son cœur s’accélérer. Il était partagé entre l’envie de rester près d’elle, de profiter de ces instants de calme et de proximité, et la nécessité de garder ses sentiments sous contrôle. Il savait qu’accepter risquait de compliquer encore plus les choses. Mais le regard que Léna posait sur lui était irrésistible, et avant même qu’il ait pleinement réfléchi à sa réponse, il acquiesça.
« Pourquoi pas, » dit-il avec un léger sourire. « Un café ne me fera pas de mal. »
Léna hocha la tête, soulagée de ne pas avoir à dire au revoir tout de suite. Elle ouvrit la porte de son appartement et l’invita à entrer. L’intérieur était cosy, décoré avec des couleurs chaudes et des meubles confortables. Steven s’y sentait bien, entouré par l’atmosphère douce et apaisante qui caractérisait l’endroit. Il la suivit jusqu’à la petite cuisine où elle commença à préparer du café, le bruit du percolateur emplissant l’espace.
Ils échangèrent quelques banalités pendant que le café infusait, mais l’électricité entre eux était palpable. Chaque mouvement, chaque regard, semblait chargé de sens. Steven s’adossa contre le comptoir, les bras croisés, essayant de se donner une contenance. Léna lui tournait le dos, concentrée sur la préparation, mais il pouvait voir la tension dans ses épaules.
Quand elle se retourna enfin, deux tasses à la main, elle lui en tendit une. Leurs doigts se frôlèrent, un contact bref mais suffisant pour envoyer une décharge à travers leurs corps. Léna rougit légèrement, baissant les yeux sur sa tasse pour cacher son trouble. Steven, lui, se sentait pris au piège entre ce qu’il voulait dire et ce qu’il devait retenir.
Ils s’assirent dans le salon, Léna sur le canapé et Steven dans un fauteuil adjacent. Pendant un instant, ils se contentèrent de siroter leur café en silence, laissant le bruit de la ville au loin les envelopper. Mais l’intensité de leur lien les rattrapait à chaque seconde.
Léna finit par poser sa tasse sur la table basse, levant les yeux pour affronter le regard de Steven. « Tu es différent ce soir, » dit-elle doucement. « Je ne sais pas, c’est comme si je te voyais pour la première fois… » Sa voix se brisa légèrement à la fin de sa phrase, trahissant la confusion qui l’habitait.
Steven sentit son cœur se serrer. Il aurait voulu lui dire que lui aussi se sentait différent, qu’être avec elle changeait tout, mais il se retint. Ce n’était pas le moment d’exposer ses sentiments. Alors, il se contenta de sourire légèrement, cherchant les mots les plus neutres possibles. « Peut-être que ce soir est simplement spécial. Tout le monde se montre sous un autre jour. »
Léna hocha lentement la tête, mais elle n’était pas satisfaite de cette réponse. Elle sentait qu’il y avait plus, qu’il y avait des choses non dites, des émotions non exprimées. Et pourtant, elle n’osait pas creuser davantage, par peur de ce qu’elle pourrait découvrir.
« C’est vrai, » murmura-t-elle. « Mais je pense que ce n’est pas seulement ce soir… »
Un silence lourd s’installa à nouveau entre eux, rempli de sous-entendus. Léna sentait son cœur battre trop fort, ses pensées s’emmêler. Elle ne savait plus quoi faire, ni quoi dire. Elle avait l’impression que quelque chose se jouait à cet instant, quelque chose de crucial, mais elle n’arrivait pas à saisir ce que c’était.
Steven, de son côté, luttait contre l’envie de la prendre dans ses bras, de lui dire tout ce qu’il ressentait, de mettre fin à cette torture. Mais il savait qu’il ne pouvait pas. Pas maintenant. Pas tant qu’il n’était pas sûr que Léna partageait ses sentiments, et qu’elle ne considérait pas Ryle comme plus qu’un ami. Alors, il fit ce qu’il faisait de mieux : il se protégea derrière un mur de calme apparent.
Finalement, Léna se leva, brisant l’atmosphère lourde. « Il est tard, » dit-elle doucement. « Tu devrais peut-être rentrer, Steven. »
Steven se leva à son tour, déposant sa tasse à côté de la sienne. « Tu as raison, » répondit-il avec un sourire qui ne parvenait pas à atteindre ses yeux. « Merci pour le café, Léna. »
Elle le raccompagna jusqu’à la porte, le cœur lourd de cette étrange soirée. Quand ils furent face à face, elle hésita un instant, puis se pencha pour lui donner un baiser sur la joue. Un geste simple, mais qui fit brûler la peau de Steven là où ses lèvres l’avaient touché.
« Bonne nuit, » murmura-t-elle, ses yeux brillants de mille émotions qu’elle ne parvenait pas à comprendre.
Steven la regarda une dernière fois, gravant son image dans sa mémoire. « Bonne nuit, Léna. »
Puis il se retourna et partit, laissant derrière lui un vide dans le cœur de Léna. Alors qu’elle refermait la porte, elle se sentait étrangement vide, comme si quelque chose d’essentiel venait de lui échapper. Elle ne savait pas quoi, mais elle savait que cette nuit-là, quelque chose avait changé entre eux. Quelque chose qu’elle n’arrivait pas encore à nommer, mais qui la hanterait longtemps après que Steven ait disparu dans la nuit new-yorkaise.
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