Chapitre 2
Le lendemain matin, Steven se réveilla avec un sentiment de lourdeur dans la poitrine. La nuit avait été agitée, hantée par des rêves confus où Léna et Ryle occupaient tous ses esprits. Leurs visages se mêlaient à ses pensées les plus sombres, l’obsession qu’il ressentait pour Léna prenant la forme d’une ombre qui le poursuivait sans relâche.
Il se leva lentement, jetant un coup d’œil à l’immense horloge murale qui trônait au-dessus de la cheminée. Il était encore tôt, mais Steven n’avait pas la moindre envie de rester allongé dans son lit. La lumière du matin filtrait à travers les lourds rideaux de sa chambre, baignant la pièce d’une clarté douce et dorée. Pourtant, cette lumière n’apportait aucun réconfort.
Après une douche rapide, Steven s’habilla avec soin. Il enfila une chemise noire ajustée, un jean foncé et sa veste en cuir préférée. Sa tenue était impeccablement choisie, reflétant son style de bad boy qui lui valait tant d’admiration au lycée. Mais ce matin-là, son apparence était le dernier de ses soucis.
Alors qu’il descendait les escaliers en marbre, il entendit des éclats de voix provenant de la salle à manger. Ses parents étaient déjà debout, discutant d’un ton animé. Steven ralentit le pas, hésitant à entrer. Il n’avait pas envie d’affronter une nouvelle discussion sur les affaires familiales ou sur les attentes démesurées de son père.
Marc Anderson, toujours aussi imposant dans son costume taillé sur mesure, parlait avec sa voix autoritaire habituelle. Élisa, assise en face de lui, feuilletait distraitement un magazine de mode tout en écoutant son mari d’une oreille. Sarah, leur fille aînée, était aussi présente, parfaitement maquillée et prête pour une nouvelle journée de travail. Elle représentait tout ce que Marc et Élisa espéraient chez un enfant : brillante, ambitieuse, et totalement dévouée à l’entreprise familiale.
Steven fit un effort pour entrer, affichant un sourire poli. « Bonjour. »
« Ah, Steven, te voilà enfin, » lança son père en le dévisageant. « Tu es prêt pour ce soir ? Le gala sera l’occasion de rencontrer des personnes importantes. Il est temps que tu commences à te montrer un peu plus dans les cercles qui comptent. »
Steven se contenta de hocher la tête, habitué aux remarques de son père. Ce dernier voyait en lui un potentiel inexploité, une pièce à façonner selon ses propres ambitions. Mais Steven ne partageait pas cette vision. Il n’avait aucun intérêt pour les affaires, et encore moins pour le monde impitoyable dans lequel baignait sa famille.
« Oui, je serai là, » répondit-il d’un ton neutre.
Sarah lui lança un regard complice. « Ne t’en fais pas, Steven. Tu n’auras qu’à sourire et te montrer aimable. Je me chargerai du reste. »
Steven força un sourire, mais au fond de lui, il se sentait de plus en plus étranger à cette famille. Il était comme un acteur jouant un rôle qui ne lui correspondait pas, enchaîné par des attentes qu’il ne souhaitait pas satisfaire.
Après un petit-déjeuner rapide, Steven quitta la maison, impatient de s’éloigner de cette ambiance oppressante. Il enfourcha sa moto, une bête noire et brillante qui contrastait avec les voitures de luxe stationnées dans l’allée. Le moteur vrombit puissamment alors qu’il démarrait, le vent frais du matin fouettant son visage. La sensation de vitesse lui procurait une brève évasion, une illusion de liberté qu’il savourait à chaque trajet.
Le trajet jusqu’au lycée se fit en silence, ses pensées revenant inévitablement à Léna. Qu’est-ce qu’elle pensait de lui ? Se doutait-elle de ce qu’il ressentait vraiment, ou continuait-elle à le voir comme un simple ami, un frère ? Ces questions tournaient en boucle dans son esprit, alimentant une frustration qu’il ne parvenait pas à apaiser.
En arrivant à Willostreet, Steven remarqua immédiatement l’atmosphère particulière qui régnait dans l’enceinte du lycée. Les élèves parlaient entre eux avec excitation, leurs discussions tournant autour du gala de ce soir. Les préparatifs étaient déjà en cours, avec des décorations somptueuses installées dans le hall d’entrée. Mais Steven n’avait pas la tête à la fête. Il cherchait Léna du regard, espérant avoir l’occasion de lui parler avant que Ryle ne les rejoigne.
Il la trouva près de son casier, en train de discuter avec une de leurs amies communes. Léna portait une simple robe bleue qui mettait en valeur la douceur de ses traits. Elle était belle, naturellement belle, sans artifice ni prétention. En la voyant, Steven sentit une vague de chaleur l’envahir, suivie immédiatement d’un pincement douloureux au cœur.
« Salut, Léna, » dit-il en s’approchant d’elle.
Léna leva les yeux et lui sourit, un sourire sincère qui effaça momentanément les doutes de Steven. « Salut, Steven. Tu es arrivé tôt ce matin. »
« J’avais besoin de prendre l’air, » répondit-il avec un sourire en coin. « Tu as bien dormi ? »
Léna haussa les épaules. « Plus ou moins. J’ai beaucoup pensé à notre conversation d’hier. »
Steven sentit son estomac se nouer à nouveau. « Ah, oui ? »
Elle hocha la tête, son regard devenant plus sérieux. « Oui, et je voulais te remercier. Tu as toujours les bons mots pour me rassurer. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »
Ces mots, bien que réconfortants, laissèrent Steven dans un état d’agitation intérieure. Il voulait être plus pour Léna, il voulait qu’elle le voie autrement, qu’elle comprenne enfin ce qu’il ressentait. Mais il savait que ce n’était pas le moment, pas avec tout ce qui se passait autour d’eux.
Alors qu’ils continuaient à parler, Ryle apparut soudain, interrompant leur conversation. Il portait son sourire habituel, celui qui lui valait tant de sympathie de la part des autres. « Hey, vous deux ! Prêts pour ce soir ? »
Steven sentit une bouffée de frustration monter en lui, mais il la réprima immédiatement. Il ne pouvait pas se permettre de montrer ses émotions, pas devant Léna et Ryle.
« Prêt comme jamais, » répondit-il d’un ton faussement enjoué.
Léna, quant à elle, semblait encore hésitante, comme si elle cherchait à comprendre ses propres sentiments. Elle lança un regard rapide à Ryle, puis à Steven, avant de se forcer à sourire.
« Ce sera amusant, j’en suis sûre, » dit-elle, plus pour elle-même que pour les autres.
La journée passa rapidement, les cours se succédant sans que Steven ne puisse vraiment se concentrer. Son esprit était ailleurs, perdu dans un tourbillon d’émotions contradictoires. Il avait hâte que la soirée arrive, tout en la redoutant. Il savait que ce gala pourrait changer beaucoup de choses, mais il ignorait encore si ce serait en bien ou en mal.
En fin d’après-midi, Steven rentra chez lui pour se préparer. La maison était en effervescence, les domestiques s’affairant à préparer tout ce dont la famille Anderson aurait besoin pour l’événement. Steven monta directement dans sa chambre, fermant la porte derrière lui pour échapper à cette agitation.
Il prit une longue douche, essayant de se détendre, mais ses pensées continuaient de tourner en boucle. Il savait que ce soir serait crucial, qu’il devrait maintenir le masque des apparences tout en gardant ses sentiments sous contrôle. Il choisit un costume noir, sobre mais élégant, et ajusta sa cravate devant le miroir. L’image qui lui renvoya son reflet était celle d’un jeune homme parfait, prêt à affronter le monde. Mais Steven savait que ce n’était qu’une façade, un mensonge qu’il se racontait à lui-même.
Le gala se déroulait dans une salle de réception somptueuse au cœur de Manhattan. En arrivant, Steven fut immédiatement frappé par l'opulence des lieux : des lustres en cristal pendaient du plafond, diffusant une lumière douce sur les invités qui arrivaient par vagues. Les tables étaient couvertes de nappes blanches immaculées, parsemées de roses rouges et de couverts en argent. Un orchestre jouait doucement en fond, ajoutant une touche d'élégance à l'ensemble.
Steven rejoignit ses parents, qui étaient déjà entourés de plusieurs invités. Sa mère, Élisa, rayonnait dans une robe longue en satin vert émeraude, tandis que son père discutait affaires avec un autre homme d'affaires influent. Sarah, quant à elle, se mêlait aux conversations, son sourire de façade solidement en place. Elle incarnait parfaitement l’héritière modèle, celle qui savait comment se comporter dans ce genre de soirée.
Steven fit de son mieux pour se montrer poli, échangeant quelques mots avec les invités, souriant lorsque c'était nécessaire. Mais son esprit restait.
Steven fit de son mieux pour se montrer poli, échangeant quelques mots avec les invités, souriant lorsque c'était nécessaire. Mais son esprit restait concentré sur une seule chose : l’arrivée de Léna. Il savait qu’elle viendrait accompagnée de Ryle, et cette idée le tourmentait. Mais il ne pouvait pas se permettre de laisser ses émotions transparaître, pas ce soir.
Après ce qui lui sembla une éternité, les portes de la salle s'ouvrirent à nouveau, laissant entrer un nouveau flot d’invités. C’est alors que Steven la vit. Léna entra au bras de Ryle, et tout le reste sembla s'effacer autour d’eux. Elle portait une robe de soie rouge, simple mais terriblement élégante, qui mettait en valeur sa silhouette délicate. Ses cheveux bruns cascadaient en boucles douces sur ses épaules, et ses yeux noisette brillaient sous la lumière des lustres. Elle était tout simplement magnifique.
Mais ce n’était pas la vision de Léna qui le frappa le plus. C’était son regard, posé sur lui. À l’instant où leurs yeux se croisèrent, le temps sembla suspendre son vol. Léna s'arrêta net, figée sur place, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Elle était habituée à voir Steven en mode "bad boy", avec son look rebelle, mais ce soir-là, il était différent, méconnaissable.
Steven portait un costume noir parfaitement taillé, qui épousait sa silhouette athlétique avec une élégance qu’elle ne lui avait jamais vue. La chemise blanche qu’il portait contrastait avec ses cheveux bruns soigneusement coiffés en arrière, dégageant son visage aux traits ciselés. La cravate noire et les boutons de manchette en argent ajoutaient une touche de raffinement à l’ensemble. Steven n’était pas seulement beau ce soir-là, il était époustouflant.
Léna sentit ses joues s’empourprer, un mélange de surprise et d’émotion la submergeant. Pourquoi n’avait-elle jamais remarqué à quel point il était séduisant ? Son cœur accéléra encore, comme si chaque battement la rapprochait un peu plus de la vérité qu’elle refusait d’admettre depuis si longtemps.
Ryle, à côté d’elle, continuait d’avancer, mais il remarqua bientôt que Léna ne le suivait plus. Il se tourna vers elle, une lueur de confusion dans les yeux. « Tout va bien, Léna ? »
Elle sursauta légèrement, tirée de ses pensées. « Euh, oui… Oui, tout va bien, » balbutia-t-elle en tentant de reprendre contenance. Mais son regard revint immédiatement vers Steven, incapable de se détourner de lui.
Steven, de son côté, avait remarqué le trouble de Léna. Il sentit une étrange chaleur se répandre dans sa poitrine, une lueur d’espoir qu’il n’osait à peine nourrir. Il s’approcha d’elle, laissant le reste de la salle disparaître à ses yeux.
« Léna, tu es… absolument magnifique ce soir, » dit-il doucement, sa voix légèrement rauque, trahissant l’émotion qu’il tentait de maîtriser.
À ses mots, Léna sentit une vague de chaleur envahir ses joues, les rendant rouges. Elle baissa brièvement les yeux, essayant de dissimuler sa gêne. « Merci, Steven… » murmura-t-elle, avant de relever les yeux pour croiser à nouveau son regard. « Tu… tu es très beau aussi. Je ne t’ai jamais vu comme ça. »
Son cœur battait tellement fort qu’elle se demandait s’il ne pouvait pas l’entendre. Elle se sentait étrangement nerveuse, comme si elle redécouvrait Steven sous un nouveau jour. Une partie d’elle voulait lui dire combien il était irrésistible, combien il lui faisait de l’effet à cet instant précis, mais elle se retint, ne sachant pas vraiment comment interpréter ces nouvelles émotions.
Ryle, qui observait la scène d’un air intrigué, ne semblait pas remarquer le malaise de Léna. Il sourit à Steven, ignorant la tension subtile qui venait de s’installer entre eux. « On a de la chance d’avoir des partenaires aussi splendides ce soir, pas vrai ? »
Steven se contenta de sourire poliment, mais à l’intérieur, son cœur était en ébullition. Il voulait dire à Ryle que Léna n’était pas seulement splendide ce soir, qu’elle l’était tous les jours, que chaque instant passé à ses côtés était à la fois un bonheur et une torture. Mais il se contenta de hocher la tête, ses yeux rivés sur Léna, capturant chaque expression sur son visage.
Léna, quant à elle, se sentait de plus en plus perdue. Les compliments de Steven résonnaient dans son esprit, créant un tourbillon de sentiments qu’elle peinait à comprendre. Pourquoi se sentait-elle soudainement si vulnérable, si sensible à sa présence ? Elle avait toujours apprécié son amitié, mais ce soir, c’était différent. C’était comme si une barrière invisible s’était brisée entre eux, laissant entrevoir des émotions qu’elle n’avait jamais osé explorer.
La musique changea, signalant le début de la première danse. Ryle se tourna vers Léna avec un sourire charmant, lui tendant la main. « M’accorderais-tu cette danse, mademoiselle ? »
Léna hésita une fraction de seconde, son regard passant furtivement de Ryle à Steven. Elle savait qu’elle devrait accepter, que c’était ce que tout le monde attendait d’elle. Pourtant, une partie d’elle ne voulait pas lâcher Steven, pas après ce moment étrange et intense qu’ils venaient de partager.
Finalement, elle se força à sourire et prit la main de Ryle. « Avec plaisir, » répondit-elle d’une voix douce, bien que son cœur ne soit pas vraiment à la fête.
Alors qu’ils se dirigeaient vers la piste de danse, Léna ne put s’empêcher de jeter un dernier coup d’œil à Steven. Ses yeux bleus la fixaient avec une intensité qui lui donna des frissons. Elle détourna rapidement le regard, essayant de se concentrer sur la musique et sur les mouvements de la danse. Mais même en tournoyant au rythme de la mélodie, elle sentait toujours le regard de Steven sur elle, un regard qui semblait lui dire tellement de choses qu’il n’avait pas besoin de mots pour s’exprimer.
Quant à Steven, il les regarda s’éloigner, un mélange de frustration et de désir brûlant en lui. Il aurait tout donné pour être à la place de Ryle, pour sentir Léna contre lui, pour plonger son regard dans le sien et lui murmurer tout ce qu’il n’avait jamais osé dire. Mais il savait que ce moment n’était pas encore venu, que son amour pour elle devait rester secret, du moins pour l’instant.
La soirée ne faisait que commencer, et Steven pressentait qu’elle ne serait pas sans surprises. Mais quoi qu’il arrive, il était prêt à affronter ce qui se présenterait.
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Comments
Gohan
trop addictif 😍
2024-12-30
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